Le saxophone est un instrument de musique à vent, appartenant à la famille des bois. Il a été inventé par le Belge Adolphe Sax et breveté à Paris le ..
Il ne doit pas être confondu avec le saxhorn, de la famille des cuivres, mis au point, lui aussi, par Adolphe Sax. Le saxophone est généralement en laiton, bien qu'il en existe certains en cuivre, en argent, en plastique. ou plaqués en or..
Anatomie du saxophone Le corps du saxophone est composé de trois parties soudées ou collées réalisées en laiton : le corps conique, le pavillon et la culasse reliant les deux. Les clés (au nombre de 19 à 24 selon les membres de la famille et le modèle) commandent l'ouverture et la fermeture des trous latéraux percés sur le corps (appelés cheminées). L'extrémité haute du corps est prolongée horizontalement par le bocal (démontable) qui porte le bec (en ébonite, en métal, en bois, ou encore depuis peu en plastique ABS par impression 3D), équipé d'une anche simple attachée avec une ligature. Il existe différentes sortes de becs permettant d'obtenir le son souhaité en fonction de l'ouverture et de la forme du bec (bec classique, bec jazz...), ainsi que différentes sortes de ligatures (métal, métal plaqué or, plaqué or rose, plaqué argent, plaqué platine, cuir, cuir avec lamelle d'or, d'argent, etc.).
Le son du saxophone est produit à l'aide du bec et de l'anche (en général en roseau, mais peut aussi être en matière synthétique). C'est la vibration de l'anche sur la facette du bec qui permet l'émission du son par mise en vibration de la colonne d'air contenue dans le corps de l'instrument. Les anches ont elles aussi leur incidence sur le son du saxophone, selon leur coupe. thumb|right|Becs, anches, ligatures, et protège-bec de saxophone ténor. thumb|right|Un bec de saxophone alto (pièce noire). Bien que métallique, le saxophone appartient à la famille des bois du fait de son mode de production des notes, par la vibration d'une anche simple battante en bois contre le bec. Il est cependant parfois considéré (à tort) comme faisant partie de la section cuivres dans les musiques populaires (telles que le rock, la pop, le rhythm and blues, le funk ou la musique soul) où il est associé aux trompettes et aux trombones (instruments à embouchure).
De plus, comme il tend à se rapprocher de la sonorité des cordes (ceci est stipulé dans le brevet d'invention du saxophone), on peut de façon anecdotique en faire un « chaînon manquant » unissant cordes, bois, cuivres et percussions (grâce aux sons slappés).
Le saxophone s'accorde avec les autres instruments en faisant légèrement varier l'enfoncement du bec (modulable grâce au liège entourant l'extrémité du bocal). Quand le son est trop bas, on enfonce le bec, quand il est trop haut, on tire le bec. Il présente quelques ressemblances avec la clarinette (notamment le soprano), dont il diffère cependant par sa perce conique au lieu d'être cylindrique. C'est d'ailleurs cette dernière particularité qui lui permet d'être un instrument octaviant (alors que la clarinette quintoie) : le but même d’Adolphe Sax lorsqu'il imagina son nouvel instrument. C'est-à-dire qu'en appuyant sur la clé du pouce gauche (clé d'octave) la note monte d'une octave, alors qu'à la clarinette, cette même clé, appelée clé de douzième, fait quintoyer la note. Types de saxophones
Les saxophones conçus par Adolphe Sax comprenaient 14 tailles, dont 7 sont utilisées aujourd'hui : le saxophone contrebasse, très rare, en mi ; le saxophone basse, assez rare, en si ; le saxophone baryton, en mi ; le saxophone ténor, en si ; le saxophone alto, en mi (courbe, et extrêmement rarement droit) ; le saxophone soprano, en si (droit, semi-courbe, ou plus rarement courbe) ; le saxophone sopranino, assez rare, en mi.
thumb|10 saxophones différents de Jay C. Easton.
On trouve parfois quelques reliques des séries en ut et fa voulues au départ par Adolphe Sax (tonalités d'orchestre), en plus des séries en si et mi (tonalités d'harmonie) : le saxophone C-melody en ut, ténor non transpositeur, très rare aujourd'hui ; le saxophone mezzo-soprano extrêmement rare, en fa ; quelques rares sopranos en ut ; les tubax, mis au point en 1999. Leur perce plus étroite en fait des instruments différents, plus proches en réalité du sarrussophone pourvu d'une anche simple) : le saxophone sous-contrebasse en si ; le tubax en mi
Le facteur munichois Benedikt Eppelsheim, actif de la fin des années 1990 à 2023, s'est spécialisé dans la production d'instruments dans les registres extrêmes, notamment le saxophone piccolo rare, en si, mis au point en 2002, parfois appelé « soprillo » ou « sopranissimo ». Dont le musicien " Alexis Henaff", est trop fort.
Vers la fin des années 1980, la firme Akai conçoit l'Electronic Wind Instrument (EWI), un instrument électronique équipé d'un contrôleur MIDI, rappelant le saxophone.
Les plus utilisés sont le soprano, l'alto, le ténor et le baryton. Ils composent le quatuor de saxophones. Dans les quatuors de saxophones, le soprano est parfois remplacé par un second alto.
La plupart des saxophones actuels sont des instruments dits transpositeurs, c'est-à-dire que la note figurant sur la partition ne correspond pas à celle jouée par l'instrument. Ainsi lorsqu'un saxophoniste alto fait un doigté de do, l'instrument produit un mi. Il y a ainsi un décalage d'une sixte majeure vers le bas. Donc pour transposer une partition en ut pour un saxophone alto en mi, il faut y ajouter 3# à l'armure et descendre les notes de deux lignes. Pour les saxophones sopraninos (resp. soprano, ténor, basse), le décalage est d'une seconde majeure vers le haut (resp. d'une neuvième majeure, treizième majeure, seizième majeure vers le bas). La transposition permet d'éviter de recourir trop souvent aux lignes supplémentaires dans l'écriture des partitions et rend identiques les doigtés. L'usage d'autres clés de lecture (clé de fa3 ou d'ut4) sert également cet objectif.
Sax avait conçu deux séries de saxophones : une première dont les instruments étaient accordés en ut ou en fa, était destinée aux orchestres symphoniques, la deuxième série (celle que nous connaissons aujourd'hui) était accordée en si et mi et devait servir pour les fanfares militaires. Cependant, les musiciens d'orchestre ayant boudé les instruments de Sax, alors qu'ils trouvaient de nombreux débouchés dans les musiques militaires nouvellement réformées, les instruments en ut ou en fa tombèrent peu à peu en désuétude : ils ne sont plus fabriqués après 1930 par les principaux facteurs de saxophones.
Le saxophone comporte trois registres : grave, médium et aigu, sur une tessiture de deux octaves et une quinte. Dans de nombreuses musiques contemporaines et actuelles, on utilise aussi le suraigu dont les notes sont obtenues à partir de doigtés spéciaux permettant de faire sonner une harmonique particulière.
Du fait de son invention tardive, et même si des compositeurs comme Bizet ou Ravel ont reconnu ses mérites et l’ont parfois utilisé, le saxophone occupe une place marginale dans la musique classique et se trouve rarement représenté dans les orchestres symphoniques. Cependant, il reste incontestablement un instrument majeur du jazz, et la musique contemporaine en a fait l'un de ses instruments fétiches depuis les années 1980, en soliste comme en petits ensembles.
Histoire de la facture du saxophone
Le Belge Antoine Joseph Sax, dit Adolphe Sax (1814-1894), a cherché inlassablement à perfectionner les instruments de musique, et plus particulièrement les instruments à vent ; il en a amélioré la justesse, la qualité de la sonorité ainsi que la facilité de jeu (il a déposé 33 demandes de brevets).
Cette ambition de perfectionnement des instruments à vent se voit également dans l’invention du saxophone. Il écrit lui-même, dans le brevet d’invention : « On sait que, en général, les instruments à vent sont soit trop durs, soit trop mous comme sonorité ; c’est particulièrement dans les basses que l’un ou l’autre de ces défauts est le plus sensible. [...] Il n’y a que les instruments à vent en cuivre dont l’effet fait pâtir les autres en plein air [...]. Quant aux instruments à cordes, tout le monde sait que, en plein air, leur effet est nul à cause de la faiblesse du timbre ; ce qui rend leur emploi presque impossible dans de semblables conditions. Frappé de ces divers inconvénients, j’ai cherché le moyen d’y remédier en créant un instrument qui, par le caractère de sa voix, pût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédât plus de force et d’intensité que ces derniers. Cet instrument, c’est le saxophone. »
En 1841, Adolphe Sax présente le saxophone basse (qui est en fait un saxophone baryton) au jury de l’Exposition de l'industrie belge, comme une invention s'inscrivant dans la lignée des grandes innovations musicales du (améliorations du piano, système Boehm, clarinette basse et contrebasse, piston pour les cuivres...). Dans le rapport de cette exposition, il est mentionné : . Adolphe Sax partira s'installer dès 1842 à Paris pour se confronter aux autres meilleurs facteurs instrumentaux européens, non sans conflit (voir .).
Le tout premier saxophone construit par Sax, à Paris (rue Myrha dans le ), en 1842, était un saxophone baryton en fa. Ce tout premier saxophone présentait toutes les caractéristiques du saxophone actuel : tube métallique à perce conique, bec à anche simple et système de clés Boehm, mais il avait encore la forme générale d'un ophicléide.
En 1844, le saxophone est exposé pour la première fois à l'Exposition Industrielle de Paris. Le de cette même année, Berlioz, un grand ami de Sax, dirige lors d'un concert son choral « Chant sacré » qui inclut le saxophone. En décembre, le saxophone fait ses débuts d'orchestre au Conservatoire de Paris dans l'opéra de Jean-Georges Kastner, Le Dernier Roi de Juda.
Le , Sax dépose le brevet numéro 3226 pour « un système d'instruments à vent dits saxophones » qui comporte huit instruments. La réorganisation complète des musiques régimentaires et l'adoption par l'armée française, en 1845, des instruments de son invention (saxhorns, saxophones, saxotrombas) ont placé Sax en position de monopole de fourniture de ces instruments.
Le brevet d'invention de Sax expire en 1866. La compagnie Millereau fait alors breveter le Saxophone-Millereau, qui possède une clé de fa bifurquée. En 1881, Sax étend son brevet d'invention original : il allonge le pavillon pour inclure un si et un la grave, et étend également vers le haut en ajoutant fa et sol à l'aide d'une quatrième clé d'octave.
Entre 1886 et 1887, l'Association des Ouvriers invente la clé de trille pour le do main droite, le système de demi-trou pour les premiers doigts de la main, l'anneau de réglage d'accord et la double clé. Elle améliore également le sol articulé pour que la clé de sol puisse être maintenue tandis que n'importe quel doigt de la main droite est employé, améliore le fa bifurqué et ajoute un si grave. Lecomte inventera en 1888 la clé d'octave simple ainsi que des rouleaux pour le passage mi-ut grave.