Les Drúedain (singulier Drúadan), ou Hommes des Bois (woodwoses en Anglais), sont, dans le légendaire de l'écrivain britannique , un peuple d'Hommes compté parmi les Edain.
Ils sont présents en Beleriand aux côtés du peuple de Haleth en forêt de Brethil au Premier Âge, à Númenor et en Terre du Milieu au Second Âge. À la fin du Troisième Âge, ils ne constituent plus qu'un peuple primitif, peu nombreux, vivant dans la forêt de Drúadan, en Anórien, et sur le cap d'Andrast, au sud-ouest du Gondor.
De petite taille, peu avenants et farouches, ils vivent séparément des autres races des Hommes ainsi que des autres peuples de la Terre du Milieu. Ils sont toutefois des ennemis implacables des Orques, et, à ce titre, fournissent une aide décisive aux Rohirrim durant la guerre de l'Anneau.
Histoire interne Description physique Les Drúedain sont une race physiquement distincte des autres Humains. Petits et trapus, certains ne dépassant pas quatre pieds de haut (soit ), ils ont la poitrine large, les fesses épaisses, les membres courts, épais et noueux. Selon les canons des Elfes et des autres Hommes, leur visage est disgracieux, large, plat, dénué d'expression, avec des yeux noirs profondément enfoncés qui rougeoient lorsqu'ils sont en colère.. Leur chevelure est éparse, et ils sont dépourvus de pilosité au-dessous du niveau des sourcils, à l'exception de quelques individus présentant une courte mèche noire sur le menton.
Aux oreilles des autres races, leur voix est basse et gutturale. Par contraste, leur rire est riche et profond, suscitant le rire en retour. Ils rient volontiers, en travaillant ou en jouant, là où les Elfes et les autres Hommes chanteraient plutôt. Ils possèdent une vue perçante, et un sens de l'odorat très développé.
Appréciés des Elfes malgré leur apparence, les Drúedain ont toujours été un peuple peu nombreux, de faible longévité, et souvent victimes des Orques qui leur opposent une haine viscérale et mutuelle.
Habitat et capacités Au Premier Âge, les Drúedain vivaient en petites communautés isolées dans les territoires contrôlés par le peuple de Haleth, et en bonne intelligence avec ce dernier. Ils habitaient des abris sommaires construits autour du tronc de grands arbres ou dans des tentes, utilisant les grottes comme entrepôts ou comme dernier refuge en cas de grand froid.. Les Drúedain étaient particulièrement réputés pour leur talent de chasseurs et de pisteurs. Outre leurs capacités naturelles, un odorat exceptionnel et une vue perçante, ils possédaient une connaissance étendue des plantes, comparable à celle des Elfes. C'est de cette connaissance qu'ils tiraient le poison pour leurs flèches, redoutées par leurs ennemis, à commencer par les Orques.
L'habillement des Drúedain est sommaire. Dans Le Seigneur des anneaux, leur chef ne porte qu'une courte ceinture d'herbes. Dans le conte La Pierre fidèle, tiré des Contes et légendes inachevés, le Drúadan se pare de jambières de cuir, que son peuple utilise dans les contrées difficiles afin de se protéger des pierres et des épines.
En fait de techniques, les Drúedain n'apprirent jamais l'écriture des Elfes, contrairement aux autres Edain, se contentant de simples signes de piste. De même, ils continuèrent à utiliser des outils de pierre et de silex longtemps après que les échanges avec les peuples environnant avaient rendu les outils métalliques accessibles. Leur connaissance des plantes les ayant dotés de pigments, ils révélèrent un talent rare à la sculpture et à l'ornementation. Leurs créations les plus importantes étaient des figures particulièrement réalistes, représentant soit leurs ennemis fuyant, soit eux-mêmes. Ces figures étaient nommées , et étaient redoutées des ennemis des Drúedain, qui les croyaient capables de communiquer avec leurs auteurs. Ce sont de telles sculptures que Pippin vit, jalonnant la route montant à Dunharrow.. Des contes, comme celui de La Pierre fidèle, circulaient parmi les Edain, attestant de liens étroits entre une pierre de garde et son sculpteurDans la note 11 de l'essai sur les Drúedain (voir ci-dessous), Tolkien souligne la similarité entre ce lien réciproque de la pierre à son créateur et la capacité de Sauron à transférer une partie de son pouvoir aux fondations de Barad-dûr et à l'Anneau, lui-même en ressortant affaibli d'autant si l'un ou l'autre était détruit., la force de celui-ci pouvant animer la statue en cas d'extrême nécessité..
Un autre trait remarquable des Drúedain était leur capacité à rester assis immobiles des jours durant, méditant ou au contraire menant une garde attentive, dont la seule intensité suffisait à éloigner les intrus. Leur immobilité était telle qu'il était facile de les confondre avec des pierres de garde, beaucoup étant sculptées précisément à cet usage, comme substitut d'un gardien Drúadan en chair et en os.
Histoire et migrations Premier Âge
Les historiens du Gondor pensent que les Drúedain furent les premiers Hommes à passer l'Anduin, le grand fleuve qui traverse le Gondor, cherchant un refuge contre les persécutions dont ils faisaient l'objet, dans les régions au sud du Mordor.
Une branche, probablement la plus nombreuse, s'installa dans les collines aux pieds des Montagnes Blanches, de part et d'autre de la chaîne. Une autre branche, qui s'était mêlée au peuple de Haleth, traversa avec lui les Montagnes Bleues, et entra en Ossiriand avant de s'installer dans la forêt de Brethil.. Du fait du passage de Húrin parmi le peuple de Haleth, quelques Drúedain vivaient également parmi les gens de la Maison de HadorTolkien avait l'intention de faire de Sador, serviteur dans la maison de Hurín auquel le jeune Turin s'attache particulièrement, un Drúadan ..
Indifférents aux guerres du Beleriand et hostiles aux Orques, les Drúedain du sud n'apparaissent plus dans l'histoire du Premier Âge. Ils devaient, pour leur propre compte, faire face à l'oppression exercée par de nouveaux peuples d'Hommes venus de l'est et soumis à Morgoth. L'autre branche de ce peuple partagea le destin du peuple de Haleth, progressivement détruit par la guerre. À la fin du Premier Âge, il ne restait que quelques familles, qui se réfugièrent à l'embouchure du Sirion, après le sac de Doriath.
Second Âge Du fait de leur participation à la guerre, les Drúedain survivants furent autorisés à embarquer pour Númenor, une île située entre la Terre du Milieu et les Terres Immortelles. Cependant, beaucoup préférèrent rester dans leurs territoires autour des Montagnes Blanches et sur Andrast, nommé de ce fait Drúwaith Iaur, « (ancien) pays des Drúedain ». Redoutés pour leurs flèches empoisonnées, ces territoires furent évités par les Hommes originaires de l'Enedwaith fuyant les Númenóréens. C'est probablement à cette époque qu'ils édifièrent Dunharrow comme refuge contre les Hommes venus de l'est, inféodés à Sauron. Au cours des années, les incursions de plus en plus fréquentes des Númenóréens sur les territoires côtiers les repoussèrent aux extrémités est et ouest des Montagnes Blanches.
Ceux qui s'embarquèrent pour Númenor y prospérèrent pour un temps, mais ne prirent pas part aux guerres menées par l'île, car ils craignaient la mer. Les annales de Númenor. font état d'un conte, La Femme du marinIl s'agit d'une référence au conte « Aldarion et Erendis », Contes et légendes inachevés, . Dans la du chapitre sur les Drúedain, Christopher Tolkien remarque que cet ajout ne figure pas dans le conte en question. Il souligne également que la seule mention de la présence des Drúedain à Númenor est cette , ainsi qu'une note volante disant que les Drúédain venus à Númenor s'étaient éteints bien avant la Submersion., les mentionnant. Inquiets des voyages d'Aldarion, ils lui demandèrent sans succès d'y renoncer. Doués d'une capacité particulière de clairvoyance, ils ne sentaient plus, disaient-ils, le sol de Númenor solide sous leurs pieds, et s'embarquèrent par deux ou trois pour la Terre du Milieu. Il n'en restait plus aucun sur l'île au moment de la « Submersion ».
Troisième Âge
À la fin du Troisième Âge, il ne subsiste plus que deux petites communautés de Drúedain, l'une en Drúwaith Iaur et l'autre dans la Forêt de Drúadan. Le destin de la première est inconnu, ces terres n'étant que très peu peuplées. La seconde fut ignorée au début du Troisième Âge, malgré l'usage de la Vallée Fardière, au sud de la forêt, par les Gondoriens pour le transport des pierres des Montagnes Blanches.
C'est cette dernière communauté, menée par Ghân-buri-Ghân, qui apparaît au cours de la Guerre de l'Anneau.. Sauron avait envoyé une importante troupe d'Orques en direction de la Forêt de Drúadan afin de ralentir ou d'arrêter les Rohirrim avant même que ceux-ci puissent atteindre Minas Tirith assiégée. Les Drúedain tinrent le bataillon à l'écart de la forêt, les Orques redoutant leurs flèches empoisonnés, et guidèrent les Rohirrim par des chemins oubliés, empruntant des routes construites au temps de la plus grande puissance du Gondor et oubliées depuis.
Merry remarqua la ressemblance entre les statues de Dunharrow et les Drúedain, ressemblance qui paraît avoir échappé aux Rohirrim, qui n'établissaient pas de relation entre les « Hommes Sauvages » et les bâtisseurs du refuge dans la montagne.
En contrepartie de leur aide, Théoden s'engagea à faire cesser les persécutions dont les Drúedain étaient victimes. Aragorn Elessar leur fit également don à perpétuité de la Forêt de Drúadan, et interdit à tout homme d'y pénétrer sans leur autorisation..
Langue
De la langue des Drúedain, appelée « wosien » ou « drughien » par Édouard Kloczko, seuls quelques mots sont connus : Drughu, le nom que se donnaient les Drúedain au Premier Âge, gorgûn, leur nom pour les Orques, ainsi que les noms de personnes Aghan (qui signifie peut-être « guérisseur »), Ghân-buri-Ghân (qui signifie « Ghân fils de Ghân ») et Sadog..
Dénominations Les Drúedain se désignaient eux-mêmes par les termes Drûg (singulier Drû) ou Drughu (où le gh est une spirante), termes repris par le peuple de Haleth pour les désigner. Les Elfes construisirent sur cette base les termes sindarins Drúin et Drúath (singulier Drú). Constatant leur opposition à Morgoth et leur haine des Orques, les Elfes adjoignirent à ce nom le suffixe honorifique -edain (singulier -adan), les désignant à la fois comme Humains et comme amis des Elfes sans les confondre avec les Trois Maisons des Edain, donnant Drúedain (singulier Drúadan). En quenya, le terme devint Rúatani (singulier Rúatani) par transformation de Drû en Rú..
Pour les langues des Hommes de la Terre du Milieu, Elfhelm de Rohan utilise le terme Woses (de l'anglo-saxon , dans wudu-wása, « Homme sauvage des bois »), « traduction » du rohirique rógin (singulier róg). Le terme Púkel-men, de l'anglo-saxon , « gobelin, démon » désigne seulement les statues réalisées par les Drúedain., et exprime la crainte qu'elles inspirent aux Rohirrim, sans doute à l'origine de leur méfiance à l'égard de leurs auteursLes Rohirrim se défient de ce qu'ils perçoivent comme de la magie, comme l'attestent les réactions d'Éomer et de Gríma quand il est fait référence au passage de la Communauté en Lothlórien..
Histoire externe Mentions Les Drúedain apparaissent pour la première fois sous la plume de Tolkien dans Le Seigneur des anneaux, sous la forme des Statues des Púkel-men sur le chemin de Dunharrow (, ). La description des statues semble avoir été écrite d'un trait par Tolkien, sans brouillon préliminaire, et ne connut presque aucune modification jusqu'à la version publiée, hormis la correction du nom original, Hoker-men (du vieil anglais « moquerie, dérision, mépris »), en Pookel-men, puis Púkel-men'..