Le Lot-et-Garonne (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API., ou localement) est un département français. Il se trouve en région Nouvelle-Aquitaine, en Guyenne, pour la rive droite de la Garonne et en Gascogne pour la rive gauche. Son nom vient de deux cours d'eau : le Lot et la Garonne. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 47. Sa préfecture est Agen.
Histoire
Le département du Lot-et-Garonne a été formé en 1790. Le chef-lieu est partagé entre les communes d'Aiguillon et d'Agen, avant de revenir définitivement à cette dernière. Pour créer le nouveau département de Tarn-et-Garonne en 1808, le département est amputé des cantons de Montaigu-de-Quercy, de Bourg-de-Visa, de Valence d'Agen et d'Auvillar.
Jusqu'au , le Lot-et-Garonne faisait partie de l'ancienne région Aquitaine ; il fait désormais partie de la région Nouvelle-Aquitaine.
vignette|gauche|Carte du département du Lot-et-Garonne en 1790. vignette|centré|Le Lot-et-Garonne et les provinces et pays qui occupaient son territoire avant la Révolution :
Emblèmes Blason
Géographie
vignette|Carte du Lot-et-Garonne.
Il forme une haute plaine sillonnée par les rivières nées dans le Massif central ou dans les Pyrénées. Il compte les vallées de la Lède et du Lot, de la Baïse, de l'Avance et du Drot, de la Gélise, de l'Osse et de la Garonne. Entre ces vallées s'étire un paysage de collines. Le point culminant du département se situe sur la commune de Sauveterre-la-Lémance et s'élève à aux confins de la Dordogne. La partie occidentale du département est incluse dans les landes de Gascogne.
Toutes les rivières du département sont tributaires des bassins de la Garonne (qui traverse le département sur ) et du Lot (sur ). Le climat est aquitain, tempéré par les influences océaniques avec des hivers frais, un été précoce et chaud ( en hiver et en été). La moyenne pluviométrique avoisine par an.
Le département de Lot-et-Garonne fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine.
Relief La partie septentrionale du Lot-et-Garonne, entre Garonne, Lot et Dropt, est plutôt constituée de collines calcaires aux formes vallonnées.
Hydrographie
Climat
Le Lot-et-Garonne se situe dans la zone climatique océanique. Mais il s'agit d'un climat océanique dégradé avec une amplitude thermique annuelle plus marquée et des précipitations moins abondantes que sur le littoral aquitain. De plus, à la différence du littoral, le printemps (surtout à sa fin) y est plus arrosé que l'hiver. Les vents dominants sont d'ouest sans être exclusifs.
+ Données climatiques Lot-et-Garonne (Agen)Données météorologiques en ligne de la station d'Agen-La Garenne sur le site d'Infoclimat : http://www.infoclimat.fr/climatologie/index.php?s=07524&aff=details Moyenne nationale Insolation1984 heures par an1973 heures par an Précipitations716 millimètres par an770 millimètres par an Brouillard70,6 jours par an40 jours par an Orage30 jours par an22 jours par an Neige4,8 jours par an14 jours par an
Démographie
vignette|220px|L'évolution des naissances et des décès de 1806 à 1951.
Si le Lot-et-Garonne compte en selon les derniers résultats de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), il demeure moins peuplé qu'au milieu du car il a connu un déclin démographique prononcé sur près d'un siècle. Après avoir enregistré une nette reprise démographique après la Seconde Guerre mondiale, sa population ne progresse plus de manière régulière au cours des 25 dernières années.
La dépopulation du Lot-et-Garonne entre 1841 et 1921
vignette|220px|L'évolution de la population de l'Agenais entre 1841 (année du maximum) et 1982.
La dépopulation est le fait marquant de l'histoire démographique du département au cours d'une centaine d'années. Il est possible de distinguer trois grandes phases. D'abord une période de croissance continue, depuis la fin du jusque vers 1836–1841, suivie d'une baisse de la population, révélée par le recensement de 1846. Désormais, le Lot-et-Garonne, tout comme les départements voisins, perd des habitants et ce mouvement se poursuit jusqu'à l'entre-deux-guerres.
Le Lot-et-Garonne a gagné en quarante ans, soit en moyenne tous les cinq ans ; la progression fut la plus forte entre 1821 et 1836 avec un gain supérieur à sur quinze ans. Si le maximum fut effectivement atteint en 1841 avec un peu plus de , il faut considérer que la période de croissance était interrompue dès 1831.
Pendant , d'un recensement à l'autre, le Lot-et-Garonne a perdu des habitants. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Lot-et-Garonne ne comptait plus que contre en 1841, soit une perte de . L'inquiétude liée à cette situation est perceptible à travers la réflexion amère de l'archiviste départemental, commentant les résultats de 1911 : « la race agenaise, pourtant si gracieuse et si alerte, tend de plus en plus à s'éliminer du sol français. Tous les jours elle fond sous nos yeux ».
Entre 1841 et 1921, seules douze communes dont les trois chefs-lieux d'arrondissement : Agen, siège de préfecture, Marmande et Villeneuve-sur-Lot ainsi que quelques cités industrielles (Tonneins, Casteljaloux, Miramont-de-Guyenne, Lavardac, Fumel) ne perdent pas d'habitants. À l'opposé, près de 30 % des communes ont perdu plus de la moitié de leur population. Toutes les autres communes enregistrent de forts taux de recul de leur population, la moitié d'entre elles perdant près de 50 % de leurs habitants. Seules les communes rurales proches des vallées connaissent des diminutions moins fortes.
La réduction du nombre de naissances est la principale cause du dépeuplement du Lot-et-Garonne. En un siècle, de 1846 à 1946, il a perdu plus de du fait de décès trop nombreux par rapport aux naissances, déficit en partie compensé, seulement, par un apport migratoire de plus de , principalement entre les deux guerres et durant la Seconde Guerre mondiale en raison de l'accueil de réfugiés. C'est entre 1901 et 1921 que le recul de la population est le plus prononcé en raison d'un déficit naturel qui frôle (déficit des naissances et pertes humaines pendant la Première Guerre mondiale) alors que les apports migratoires sont négligeables.
Il est difficile de cerner les causes de la dénatalité. Deux choses au moins sont acquises : la baisse de la fécondité, que l'on peut mesurer à partir des années 1850, et le vieillissement de la population qui interdit ensuite toute reprise. La faible fécondité témoignait d'une limitation volontaire des naissances de la part des habitants. Il n'y a pas eu d'études précises sur les moyens utilisés pour parvenir à ce résultat. Un médecin, bon connaisseur des campagnes, a écrit que la répression sévère des avortements relèverait la natalité d'un quart. La baisse de la fécondité aurait débuté très tôt au sein de la bourgeoisie, puis aurait gagné les propriétaires ruraux vivant de la polyculture. La relative richesse de la plaine de la Garonne permettait de vivre largement ou même de s'enrichir, à condition de restreindre les dimensions du ménage.
Du fait de son solde migratoire positif, le Lot-et-Garonne a gagné quelque entre 1821 et 1901, ce qui est peu, si l'on songe que cela représentait un peu moins de . Entre 1821 et 1851, l'absence de grands bouleversements explique l'importance des excédents pendant cette période, ceux-ci étant d'ailleurs plus élevés durant les deux premières décennies que pendant la dernière. De 1851 à 1861, au contraire, les départs l'emportèrent sur les arrivées, du fait des dérèglements apparus dans plusieurs domaines d'activité : crise de l'ancien système de production agricole, repli de certaines activités industrielles, déclin de la batellerie, sur la Garonne et ses affluents, consécutif à la concurrence de nouveaux modes de transport.
Le Lot-et-Garonne offrait pourtant l'originalité d'être l'un des rares départements ruraux français ayant connu un excédent des arrivées sur les départs sur la période qui court jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Périgourdins, Caussenards, Limousins, Pyrénéens ou encore Aveyronnais se sont dirigés vers cette région ; de nombreux toponymes dans le Marmandais évoquent en effet aujourd'hui l'Auvergne, les Auvergnats, Aurillac, les Rouergats, Landais de la côte (Marensin) venus pour le gemmage des pins maritimes dans les landes de Lot-et-Garonne. Tout autre fut l'arrivée des paysans de l'Ouest, qui débuta seulement à la fin du ; la plus importante, la migration des Vendéens, commença vers 1890, culminant au début du et s'éteignit un peu avant la Première Guerre mondiale.
Bien que modeste, l'apport des étrangers ne peut être négligé. Avant 1850, on en comptait moins de en Lot-et-Garonne. Ce nombre s'accroît fortement après 1860, le maximum étant atteint en 1881 avec . Plus de 90 % de ces étrangers étaient espagnols. Une petite minorité d'entre eux venait comme saisonniers agricoles ; certains se fixèrent progressivement en prenant en bail des métairies.
La plupart s'installèrent dans les principales villes de l'Agenais, occupant en majorité des emplois industriels, comme ouvriers et manœuvres ; ils se regroupèrent dans quelques quartiers, tels qu'à Agen, celui de la Porte du Pin où ils étaient plus de , ou encore dans le Néracais et le Casteljaloux pour répondre au besoin de main-d'œuvre de l'industrie et de la construction des lignes de chemin de fer.
Entre les deux guerres, l'arrivée massive des Italiens, originaires pour la plupart de la région de Venise, a été à l'origine de l'augmentation de la population étrangère en Lot-et-Garonne, si bien qu'en 1936 les Italiens représentaient environ 60 % des étrangers. Aucune autre tentative de peuplement n'a rencontré autant de succès, les Polonais étant peu nombreux (moins de ) malgré une progression régulière de leurs effectifs, l'intérêt des Suisses très limité et la proportion d'Espagnols toujours assez stable. Cette population étrangère était beaucoup plus jeune que les autochtones, la moitié des individus ayant moins de et 2,5 % seulement plus de (contre 9 % pour l'ensemble du Lot-et-Garonne). Arrive en effet une majorité de jeunes adultes, pour la plupart à la tête d'une famille nombreuse. De plus, ces Italiens conservèrent une fécondité beaucoup plus forte pendant quelques années, ce qui expliquait la proportion des enfants de moins de , de l'ordre de 30 % contre 23 % dans les pays garonnais. Toutefois, ces immigrés, plus particulièrement les Italiens, se sont si parfaitement intégrés dans leur nouveau territoire qu'ils ont très vite adopté les habitudes locales en matière de fécondité.
Cet apport migratoire entre les deux guerres a donc été un élément plutôt favorable pour le Lot-et-Garonne durement touché par la dénatalité et par les pertes liées aux combats de la guerre de 1914–1918. Mais, contrairement à d'autres régions qui ont servi d'exutoire aux migrations parce qu'elles avaient besoin d'une main-d'œuvre industrielle, il s'agissait dans ce cas de mouvements de repeuplement des campagnes.
Les nouvelles formes de l'évolution démographique après 1945 De l'entre-deux-guerres aux années 1980, le Lot-et-Garonne a gagné plus de . Par rapport à la période précédente, il s'agit d'un changement fondamental qui s'explique, en grande partie, par la place prise désormais par les villes dans le processus général de croissance de la population de cette région : les centres urbains ont connu, depuis 1936, une progression soutenue, au rythme de 5 à 10 % entre chaque recensement, alors que le monde rural enregistrait un recul continu. Cependant, si la population s'accroît régulièrement, c'est presque toujours à un rythme plus lent que celui de la France et cette croissance est surtout le fait des villes les plus importantes. Cette croissance repose plus sur les apports migratoires que sur le solde naturel régulièrement déficitaire depuis le milieu des années 1970.