La Suède est une monarchie constitutionnelle, ce qui signifie qu'aujourd'hui, le roi, Charles XVI Gustave, n'exerce que des fonctions honorifiques en tant que chef de l'État. Elle est organisée selon le principe de séparation des pouvoirs et d'une démocratie représentative à régime parlementaire monocaméral. L'unique chambre du parlement, la Diète royale (Riksdag), dont les membres sont élus au suffrage universel pour un mandat d'une durée de quatre ans, est la plus importante institution politique du pays. La participation électorale aux élections générales est généralement très élevée, n'ayant jamais été inférieure à 79 % des inscrits. La majorité électorale y est de 18 ans.
Régime politique et institutions Pouvoir exécutif Le roi, chef de l'État
Depuis l'adoption de la constitution de 1974, la monarchie suédoise est intégralement constitutionnelle. Le roi, chef de l'État, ne détient aucun pouvoir politique et ne participe pas à la vie politique. Il ne participe donc pas aux délibérations du gouvernement et ne contresigne pas ses décisions. Le roi a en fait essentiellement des fonctions honorifiques et de représentation : d'après la constitution, il représente l'unité de la Nation et la Suède sur le plan international (ainsi, c'est lui qui reçoit les chefs d'État étrangers lors de visites officielles)« Les institutions politiques et administratives de la Suède », fiche d'information, sweden.se
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Il ouvre néanmoins la session annuelle du Parlement, dirige le Conseil des ministres spécial, est le Président du Conseil consultatif des Affaires étrangères, a le grade le plus élevé de l'Armée et remet chaque année le diplôme officiel aux lauréats des Prix Nobel lors d'une cérémonie fastueuse. Il reçoit également les lettres de créance des émissaires étrangers et signe celles des émissaires suédois à l'étranger« Le système politique », HejaSverige, culture et politique suédoises.
Le , l'égalité sexuelle dans la succession royale a été instaurée. L'actuel souverain est Charles XVI Gustave, en place depuis septembre 1973, et son héritière est sa fille Victoria, duchesse de Västergötland.
Le gouvernement En Suède, le gouvernement, titulaire du pouvoir décisionnel, est constitué des ministres et du Premier ministre.
Le Premier ministre
Le Premier ministre (Statsminister), chef du gouvernement, est nommé par le président du Riksdag, et investi par les parlementaires. Le chef du gouvernement est censé être représentatif des forces politiques composant la majorité parlementaire à la Diète royale. Une fois nommé, il a la charge de former le gouvernement en nommant chacun de ses membres, qu'il a également le pouvoir de renvoyer. Il préside le Conseil des ministres, qui se réunit une fois par semaine et peut être remplacé, en cas d'absence, par un vice-Premier ministre ou par un autre ministre. Le Premier ministre peut demander à être relevé de ses fonctions au président de la Diète royale s'il souhaite démissionner ou en cas de vote de censure prononcé par les parlementaires à son encontre.
L'actuel Premier ministre est Ulf Kristersson, président du Parti modéré de rassemblement (PPE).
Les ministères Les différents ministères ont à leur charge la préparation des projets de loi à soumettre au Parlement et la promulgation des lois, décrets et directives administratives. Le gouvernement exerce la politique étrangère, nomme les juges et certains hauts fonctionnaires et examine certains recours ne relevant pas de la compétence des tribunaux. Les ministères sont tenus de travailler en collaboration étroite et lorsqu'un dossier relève de la compétence de plusieurs ministères différents, ils ont l'obligation de le prendre en charge conjointement. Les projets et déclarations les plus importants à soumettre au Riksdag doivent au préalable faire l'objet d'un communiqué auprès des autres ministères. C'est le cas notamment des réponses formulées aux questions au gouvernement.
Chaque ministère a sous sa responsabilité des secrétaires d'États, chargés de conduire certains travaux, ainsi qu'un personnel politique constitué de chargés de presse et de conseillers politiques qui l'assistent dans ses activités. Ces différents mandats prennent fin lors de chaque changement de gouvernement. Les ministres peuvent participer aux débats parlementaires, mais ceux d'entre eux qui occupent un mandat de député doivent renoncer à leur droit de vote et se faire remplacer par leur suppléant tant qu'ils restent membres du gouvernement. S'ils démissionnent en cours de mandat, ils retrouvent leurs fonctions de députés jusqu'à la fin de la législature.
Pouvoir législatif Le Riksdag
La Diète royale est la chambre unique du Parlement. Véritable pivot du régime politique, il occupe une place centrale dans le système institutionnel suédois. Il exerce le pouvoir législatif et contrôle l'action du gouvernement, qui est responsable devant lui. Le régime monocaméral date de 1971, remplaçant un régime bicaméral incluant une chambre haute élue au suffrage indirect.
Régime électoral Le Riksdag est composé de 349 députésCe chiffre était au départ fixé à 350, mais un nombre impair lui a été préféré avec le souci de favoriser le dégagement d'une majorité absolue en cas de rapport de force étroit élus au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans renouvelable depuis 1994 (3 ans avant). En cas de dissolution, des élections extraordinaires sont organisées, et leurs résultats ne valent que pour le temps restant de la législature normalement en cours. Dans tous les cas des élections dites générales sont organisées tous les quatre ans et permettent le renouvellement de l'intégralité des assemblées délibératives du pays, du Riksdag aux conseils municipaux. Sont électeurs et éligibles tous les citoyens suédois âgés d'au moins dix-huit ans qui résident ou ont résidé en Suède.
Les députés sont élus au scrutin proportionnel plurinominal selon une version modifiée de la méthode de Sainte Laguë. Sur les 349 sièges à pourvoir, 310 le sont dans le cadre de circonscriptions au sein desquelles le nombre de mandats en jeu varie en fonction de la démographie. Les 39 mandats restants sont des mandats compensatoires : ils sont distribués au niveau national entre les différents partis en tenant compte des résultats de la répartition par circonscription, afin de corriger les imperfections induites par cette dernière pour faire en sorte que la répartition finale corresponde le plus possible au vote des électeurs. Seuls les partis ayant rassemblé au moins 4 % des suffrages exprimés sur l'ensemble du territoire sont admissibles à la répartition des sièges. À défaut, un parti qui aurait obtenu au moins 12 % des voix dans une circonscription peut avoir des élus mais ne peut bénéficier des mandats compensatoires. Les électeurs peuvent aussi, s'ils le souhaitent, exprimer un vote préférentiel : ils sont pour cela invités à choisir leur candidat préféré au sein de la liste pour laquelle ils ont décidé de voter. Les votes préférentiels ne sont pris en compte lors de la répartition des sièges que pour ceux des candidats ayant obtenu un nombre de ces votes équivalent à au moins 8 % des votes qui se sont portés sur la liste sur laquelle figure leur nom. Autrement la répartition s'opère entre les différents candidats selon l'ordre initialement défini sur la liste. Les listes sont obligatoirement constituées à parité homme-femme, ce qui a un effet sur la composition finale de l'assemblée : avec 47.3 % de femmes siégeant au Parlement, le Riksdag fait partie des assemblées parlementaires au sein desquelles les femmes sont les mieux représentées.
Fonctionnement Chaque législature du Riksdag commence son activité dans les quinze jours suivant l'élection des députés. Les députés siègent environ huit mois par an, avec une interruption estivale de juin à septembre. Les députés désignent en leur sein un président et trois vice-présidents. Seize commissions parlementaires permanentes doivent également être nommées après l'élection : la commission des finances, la commission constitutionnelle, la commission fiscale ainsi que treize commissions correspondant aux attributions des ministères. La présidence, les vice-présidences et les présidences des commissions sont traditionnellement réparties entre les différents partis politiques qui s'accordent librement entre eux.
Les commissions examinent toutes les propositions débattues à la Diète royale, chaque affaire faisant l'objet d'un rapport sur lequel les députés sont tenus de se prononcer. Les questions les plus importantes peuvent faire l'objet d'auditions spéciales organisées à l'initiative des commissions. Les ministres peuvent participer aux séances des commissions pour leur fournir des informations, et des fonctionnaires du gouvernement sont régulièrement chargés de les assister dans leurs travaux. La commission pour l'Union européenne a des compétences particulières, en ce sens que le gouvernement est tenu de la consulter à chaque fois qu'il compte prendre une décision relative aux affaires européennes. Elle participe notamment à la préparation de chaque Conseil des ministres de l'Union. En revanche cette commission n'examine pas les projets et propositions de lois sur lesquels le Diète royale a à se prononcer.
Lors du dépôt du projet annuel de budget du gouvernement, les députés peuvent déposer à titre individuel des propositions sur des sujets de leur choix dans un délai de quinze jours. Concernant les projets de loi normaux, les députés peuvent amender les textes proposés dans un délai identique de quinze jours.
Chaque député a un suppléant attitré, qui est amené à le remplacer en cas de nomination au gouvernement, en cas d'élection à la présidence du Riksdag ou s'il est conduit à s'absenter pendant plus d'un mois. Titulaire de la mission de coordination des travaux parlementaires, le président du Riksdag ne peut pas participer aux votes des députés.
Relations entre le gouvernement et le Riksdag Le gouvernement et le Parlement disposent concurremment de l'initiative législative, mais toute proposition de loi ou modification de loi existante doit recevoir l'aval du Riksdag avant d'entrer en vigueur.
Les députés peuvent censurer, à la majorité absolue, un ministre nominativement ou le gouvernement dans son ensemble. Le principe de la responsabilité collective s'applique cependant à l'intégralité de l'action gouvernementale. Le vote d'une motion de censure n'a pas d'effet si le gouvernement censuré ordonne l'organisation d'élections extraordinaires dans un délai d'une semaine.
En cas de démission du gouvernement, le président de la Diète royale doit proposer le nom d'un nouveau Premier ministre après consultation de ses trois vice-présidents et des présidents des groupes parlementaires. Cette proposition est ensuite soumise au vote du Riksdag : elle est adoptée si moins de la moitié des députés vote contre.
Pouvoir judiciaire Les institutions judiciaires suédoises sont totalement indépendantes du gouvernement. Elles sont divisées en deux branches principales : une branche consacrée aux droits civil et pénal, et l'autre consacrée au droit administratif. Par ailleurs, il existe des cours spéciales pour les contentieux liés au droit du travail, à l'environnement, à l'immigration, etc.
La branche consacrée aux droits civil et pénal se compose de : cours de districts et cours municipales six cours d'appel une Cour suprême La branche consacrée au droit administratif se compose de : douze cours administratives quatre cours administratives d'appel une Cour administrative suprême