Les îles Mariannes (aussi appelées les Mariannes ; ou ) sont un chapelet d'îles, formées par les sommets émergés de quinze montagnes volcaniques dans l'Est de la mer des Philippines. Elles sont les îles les plus au nord de la Micronésie. Elles se divisent en deux territoires américains distincts : l'île de Guam et les îles Mariannes du Nord.
Les îles sont nommées d'après la reine consort d'Espagne Marie-Anne d'Autriche (1634-1696), Mariana en espagnol, les Espagnols ayant été les premiers Européens, à la fin du , à coloniser l'archipel où vivait le peuple indigène des Chamorros.
Géographie Partie de la Micronésie, les Mariannes en sont les îles septentrionales. Elles se situent entre le 12 et la 21 parallèle nord et le long du méridien est, au sud-sud-est du Japon, au nord des îles Carolines et à l'est-nord-est des Philippines. Elles marquent la limite orientale de la mer des Philippines.
En forme d'arc de cercle, l'archipel forme la partie méridionale d'une série de sommets émergés de volcans endormis qui s'étendent sur de Guam jusqu'au Japon (). La partie septentrionale de cette suite d'îles est constituée de l'archipel Nanpō. La fosse des Mariannes, la plus profonde fosse océanique au monde, se trouve juste à l'est de l'archipel, dans l'océan Pacifique.
Les îles ont une superficie terrestre émergée totale de . La plus grande île est Guam ( et ), l'île la plus méridionale de l'archipel et pour les îles Mariannes du Nord, les trois plus grandes îles - Saïpan ( et ) Tinian ( et ) et Rota ( et habitants) - toutes les trois situées au sud, regroupent la quasi-totalité des .
Guam est un territoire non incorporé des États-Unis, tandis que les îles Mariannes du Nord sont un Commonwealth des États-Unis.
Histoire
La présence de populations humaines remonte au Néolithique, à la même époque ou avant le peuplement initial de la Polynésie. Les plus anciens sites archéologiques sont datés entre 1500 et 1400 avant J.C.. Ils sont contemporains des premiers sites de la culture Lapita en Mélanésie et dans l'ouest de la Polynésie Irina Pugach et al., Ancient DNA from Guam and the Peopling of the Pacific, biorxiv.org, 14 octobre 2020, doi.org/10.1101/2020.10.14.339135. Ces populations ont dû traverser plus de km de haute mer pour s'y rendre, fait notable alors qu'à la connaissance des scientifiques des voyages d'une longueur similaire n'ont eu lieu nulle part ailleurs que plus de plus tard.
Il existe un débat entre spécialistes à la fois sur l'origine des premiers colonisateurs des Mariannes (différentes sources de preuves suggérant diversement les Philippines, l'Indonésie, la Nouvelle-Guinée ou l'archipel Bismarck) ainsi que sur la relation que ces populations auraient pu avoir avec les premiers colonisateurs de la Polynésie. Une étude de paléogénétique réalisée en 2020 soutient fortement une provenance de ces colonisateurs des Philippines, en accord avec certaines interprétations des preuves linguistiques et archéologiques, mais « en contradiction avec les résultats basés sur des simulations informatiques de voyages en mer ». L'étude trouve également un lien étroit entre les anciens squelettes de Guam et les premiers individus Lapita de Vanuatu et des Tonga, suggérant que les Mariannes et la Polynésie ont été colonisées à partir de la même population d'origine, et soulevant la possibilité que les Mariannes aient joué un rôle dans la colonisation de la Polynésie.
Le premier Européen à avoir abordé ces îles fut Fernand de Magellan en 1521, qui visita Guam et revendiqua ces terres pour l'Espagne. Mécontent des habitudes des habitants sur ses navires, il les baptisa, d'après Antonio Pigafetta, « Las Islas de los Ladrones », (les îles des Voleurs), mais en 1688, leur nom devint Las Marianas, en l’honneur de Marie-Anne d'Autriche, veuve de Philippe IV d'Espagne. Presque tous les autochtones disparurent pendant l'occupation espagnole, mais des insulaires des îles voisines repeuplèrent en partie les îles.
Après la guerre hispano-américaine de 1898, l'Espagne dut vendre en 1899 aux États-Unis les Philippines, Guam et Porto Rico, et vendit le reste des Mariannes (aujourd'hui les îles Mariannes du Nord) ainsi que les Îles Carolines à l'Allemagne, par le traité germano-espagnol de 1899, qui furent intégrées à la Nouvelle-Guinée allemande. Ces dernières furent occupées en 1914 par le Japon, qui, dès le début de la Première Guerre mondiale, avait déclaré la guerre à l'Allemagne, et qui les transforma en bases militaires.
Cette occupation fut confirmée par la Société des Nations, qui confia au Japon l'administration de toutes les possessions allemandes du Pacifique au nord de l'Équateur.
En 1941, les Japonais envahirent Guam. Les Mariannes furent reprises à partir de juin 1944, lors des batailles de Saipan, de Tinian, de Guam ainsi que de la bataille de la mer des Philippines. Les bombardiers transportant les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki partirent de Tinian.
Philatélie Pour l'étude de la philatélie allemande des Îles Mariannes on consultera l'article de P. J. M., « Les timbres du Pacifique allemand : les Mariannes », de , Timbres magazine, .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Barbe Dominique, Histoire du Pacifique des origines à nos jours, Perrin, 2008.
Articles connexes Raids aériens japonais des îles Mariannes
* Catégorie:Arc volcanique insulaire Catégorie:Ceinture de feu du Pacifique Catégorie:Île de la mer des Philippines