Carentan est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Carentan-les-Marais. Au , la commune déléguée est suppriméeSuppression des communes déléguées de Carentan, Saint-Hilaire-Petitville et Vierville à compter du ..
Géographie Localisation gauche|vignette|Le canal des Espagnols. dans les marais. Carentan est située au milieu de vastes marais assainis et transformés en riches prairies, au confluent de la Taute et de la Douve. La Capitale des Marais, aux portes de la péninsule du Cotentin et de la baie des Veys, est au cœur du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. La place qui devait être isolée des inondations contrôlait cette partie du Cotentin, et le passage se faisait au niveau des Ponts d'Ouve, qui ne laissait le passage qu'à un chariot
Communes limitrophes
Urbanisme Transports et déplacements
gauche|vignette|La gare. La ville est dotée d'une gare ferroviaire sur la ligne Cherbourg-Caen-Paris et est traversée par les RN 13 et RN 174.
Elle est desservie par le transport en commun départemental par bus (Manéo) via la ligne 001 Cherbourg-Octeville - Valognes - Carentan - Saint-Lô. Son port est relié à la mer par un canal.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Carenton et Karentonem en 1063 et 1066, Karentomum au , Carentonus en 1136 et Carentan en 1319.
La localité est désignée à l'époque gallo-romaine sous la forme Carentomagus qui serait issue de l'anthroponyme gaulois Carentus.., ou de l'adjectif carento, « cher », « beau »., et de , « marché ».
Le gentilé est Carentanais.
Histoire vignette|gauche|redresse|Coiffe traditionnelle de Carentan. Sa position-clé a fait de Carentan, au gré des diverses guerres, une place forte des marais très disputée. La cité de Carentomagus fut souvent assiégée et détruite, lors des incursions vikings et des guerres franco-anglaises.
Moyen Âge Le Vendredi saint 1106, Henri Beauclerc débarque à Barfleur afin de s'emparer de la Normandie au détriment de son frère Robert Courteheuse, avant de marcher sur Carentan pour y célébrer la fête de Pâques.., avec Serlon, évêque de Sées.. Carentan, siège d'une vicomté, est probablement dès le ceinte de rempart. Le château est situé dans l'angle sud-est du bourg et son donjon roman est probablement construit entre 1150 et 1200. Vers 1170, le roi d'Angleterre, séjourne à Carentan avec son chancelier Thomas Becket, et à partir de 1199, c'est Jean sans Terre qui y fera de fréquents séjours.
Le château de Carentan ne fut jamais une propriété particulière. Après avoir été la possession des ducs de Normandie, il fut réuni, par Philippe Auguste, à la couronne de France jusqu'à la Révolution, excepté pendant la guerre de Cent Ans avec l'occupation anglaise, le temps du roi de Navarre, et un peu durant les guerres de Religion.
La place est fortifiée par Blanche de Castille (1188-1252) pendant la minorité de Saint Louis.. Ceinte de remparts, on y accède par deux portes principales, à l'est celle de Saint-Hilaire vers Bayeux, à l'ouest celle de Saint-Cosme ou porte Houlegatte, vers Valognes et Coutances. Les noms des portes rappellent les villages, Saint-Côme-du-Mont et Saint-Hilaire-Petitville, vers lesquelles elles sont tournées. Le cœur de la cité est alors la place royale, actuelle place de la République. L'enceinte ne semble pas avoir été flanquée par de nombreuses tours, au vu des plans de 1674 et 1754, qui laissent supposer l'existence d'une tour ronde et de deux tours carrées.
Vers 1238, les domaines de Carentan et d'Auvers furent détachés de la baronnie de Saint-Sauveur, dont avait hérité (1226-1288) par Saint Louis, afin d'éviter l'accroissement du fief, qui les donnas à l'un des puînés, Raoul. En , la ville reçut la visite de , qui s'y arrêta avant de poursuivre sur Valognes puis Cherbourg.
Guerre de Cent Ans C'est au cours de ce conflit que l'ancienne place forte sera modernisée : le donjon annulaire ou shell-keep sera renforcé et les capacités résidentielles augmentées..
Au début de la guerre de Cent Ans, , fraîchement débarquée à la Hougue le , lors de sa chevauchée sur le sol français qui se terminera par la bataille de Crécy et la reddition de Calais.., se fait livrer la place le .. Les bourgeois de la ville refusant de se défendre, les deux capitaines de la ville, Nicolas de Grouchy et Roland de Verdun, la livrèrent sans combattre, ce qui n'empêcha pas les Anglais de la mettre au pillage puis de raser les murailles, d'abattre les maisons et de la livrer aux flammes. Le conseiller du roi, Michaël de Northburgh, nous dit que s'y trouve à foison. Un millier de Carentanais, parmi les plus riches seront envoyés captifs en Angleterre. Après le départ des Anglais, les carantanais reprirent par les armes la ville et le château.
Charles le Mauvais, qui avait obtenu en , par le traité de Valognes confirmant celui de Mantes, le clos du Cotentin avec la ville de Cherbourg, les vicomtés de Carentan, Coutances et Valognes., fait rebâtir les fortifications. En 1364, Bertrand du Guesclin, après la prise de Valognes, entreprend le siège de la ville, avant celui du Pont-d'Ouve, et d'être envoyé en Bretagne par le roi de France. La place du Pont-d'Ouve sera démantelée au printemps 1378, par les troupes royales sous la conduite de Du Guesclin lors de la reconquête par le roi de France, , des possessions normandes de Charles le Mauvais.
Lors d'une nouvelle chevauchée anglaise sur le sol français entre Saint-Vaast et Bordeaux en 1412, les Anglais passent à Carentan. Après le siège et la prise de Caen en par le roi d'Angleterre , la ville ouvre ses portes aux Anglais en février-..
Lors de l'occupation anglaise de la Normandie, au cours de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, la ville a, de 1441 à 1443, pour capitaine, Jean de Robersart, seigneur du Hainaut..
En 1449, dans le cadre de la reconquête de la Normandie occupée par les Anglais, l'armée royale de reprend la ville au bout de cinq jours, et c'est à Carentan que se regroupèrent les troupes françaises, (environ ), sous les ordres du comte de Clermont, , assisté par l'amiral Prigent de Coëtivy, le sénéchal de Poitou et d'Anjou, Pierre de Brézé, Odet d’Aydie, à la demande de et à la suite du débarquement à Cherbourg, le , d'une armée de secours anglaise, avec à sa tête Thomas Kyriell, et qui avait pour objectif de rallier Caen. Mais les Français ne purent empêcher les Anglais, environ , d'avancer et de franchir le passage des Veys..
Après le départ des Anglais, on relève, en 1460, les remparts à la suite des destructions de la guerre de Cent Ans.
Cadre de vie Quai à vin au Moyen Âge, le port de Carentan fut certainement à l'origine de la ville.. Une foire annuelle dite de la Saint-Liénard se tenait tous les ..
En 1324, des endiguements de terres prises sur la mer sont reconnus à Carentan où .
Temps modernes
En 1562, dans le cadre première guerre de Religion les protestants dévastent la ville et en prennent temporairement le contrôle.
En 1572, fortifie à nouveau la ville en faisant creuser par les paysans un canal pour créer des zones inondables. Celui-ci, réfugié à Jersey puis en Angleterre, débarque à Linverville en avec une armée de et investit Carentan où il s'y renforce après son échec de la prise du château de Valognes dont il avait entrepris le siège le , et qu'il abandonna au bout de seize jours à l'annonce de la venue de Matignon..
Le la ville capitule devant les troupes royalistes. Lors de la cinquième guerre de Religion, les deux chefs protestants, et le marquis de Colombières, François de Bricqueville, s'emparent à nouveau de la ville.,
En 1594, la ville qui avait pris parti pour la Ligue se soumit à
En 1679, Carentan est pratiquement complètement détruite à la suite d'un nouvel incendie. À cette époque la ville a pour gouverneur Antoine de Longaulnay auquel succéda son fils François Antoine de Longaulnay..
Le château, avec son donjon, est au enfermé dans une première enceinte bastionnée construite par Vauban. Il n'en subsiste de nos jours aucun vestige ; elle est rasée comme celle de Cherbourg. Mais en 1754, on édifie une seconde enceinte bastionnée afin de protéger la ville.
En 1735, fait construire sur la rivière d'Ouve le barrage de la Barquette avec ses seize portes de chêne remplacée tous les vingt-cinq ans, afin d'empêcher la mer de recouvrir les marais.
Révolution française et Empire La commune est chef-lieu de district de 1790 à 1795.
À la fin , et l'impératrice s'y arrêtent, avant de séjourné quatre jours à Cherbourg afin de surveiller l'avancement des travaux du port militaire.. Le couple impérial se voit offrir des rafraichissements, passent en revue une troupe et s'enquiert de l'avancement des travaux d'assèchement des marais.
Époque contemporaine Le , le roi déchu , passe à Carentan sur la route le menant à Cherbourg où il doit embarquer pour l'exil.
En 1853, on démantèle toutes les fortifications. En 1870-1871, lors de la guerre franco-allemande on dispose au niveau de la Douve une ligne de (pièces de marine) prises dans les réserves de l'arsenal de Cherbourg ou débarquées de la flotte, et en 1871, on projette d'inonder les marais à partir de Carentan dans le plan de défense de la place de Cherbourg.
En 1865, la beurrerie Lepelletier, fondée en 1830 à Sainte-Mère-Église, s'installe à Carentan. Au début du , elle emploie et utilise pour collecter chaque jour les de beurre traités, dont elle exporte une partie vers l'Angleterre, notamment. Elle possède alors trois grands navires à voiles et un remorqueur à vapeur. En , la ville reçoit la visite du président de la République Sadi Carnot lors du déplacement de celui-ci en Normandie.
Lors de la Première Guerre mondiale, la ville abrita un centre de ravitaillement recevant des denrées fixées par l'autorité dans le cadre des réquisitions à laquelle la France fut soumise : foin, avoine, paille, blé, orge, bois de feu, bêtes à cornes, moutons, porcs, et, les habitants étaient tenus également d'apporter au percepteur leur or, échangé contre des billets.
Seconde Guerre mondiale Bataille de France Au cours de la Seconde Guerre mondiale, et la bataille de France, entre les et , Rommel dont l'objectif est de prendre Cherbourg, voit une colonne de ses chars être obligé de se dérouter alors qu'ils progressent le long de la côte, pris sous le feu du vieux cuirassé Courbet qui de la baie de Carentan tire cent cinq obus de trois cent cinq millimètres.
Bataille de Normandie vignette|Lt. Col. Robert Cole, , exposant un drapeau capturé à l'ennemi après la charge à la baïonnette qu'il a menée à Carentan, le .
Dès le , la commune est le théâtre de violents affrontements entre parachutistes américains de la Division et les Fallschirmjäger allemands. C'est finalement à la baïonnette que la ville sera prise par les Américains le . Certains bâtiments assez anciens de la ville portent encore les stigmates de la bataille. Ces évènements sont relatés en détail dans le livre Frères d'armes et la mini-série qui en est tirée ().
Selon le général Eisenhower, commandant suprême des Forces alliées en Europe, Carentan (l'objectif de la ) est la clé du débarquement. Dans ses mémoires, il écrit :
Pour le général Bradley également, c'est l'objectif de la qui est primordial.
Cependant le général Bradley tenait à capturer Carentan au plus vite, et la voulait pour le Jour J+1. S’il n’y arrivait pas, il était prêt à la détruire, si nécessaire, et nota encore dans ses mémoires : .
Fusion de communes Le , Carentan intègre avec trois autres communes la commune de Carentan-les-Marais. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes d'Angoville-au-Plain, Carentan, Houesville et Saint-Côme-du-Mont deviennent des communes déléguées et Carentan est le chef-lieu de la commune nouvelle.