En France, le terme « pompiers » est souvent utilisé dans un sens englobant tous les acteurs de la sécurité civile et de la lutte contre l'incendie.
En 2021, en France, les sapeurs-pompiers sont au nombre de . comprenant : 197 800 sapeurs-pompiers volontaires (78 %) ; 41 800 sapeurs-pompiers professionnels (17 %) ;
13 200 sapeurs-pompiers militaires (5 %) : sapeurs de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), marins du bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) ; sapeurs-sauveteurs de la brigade militaire de la sécurité civile (BMSC) — regroupant les régiments et unités d'instructions et d'interventions de la sécurité civile (RIISC / UIISC) — anciennement dénommés formations militaires de la sécurité civile (ForMiSC).
Parmi les sapeurs-pompiers, sont des femmes, les sapeuses-pompières, soit 20 % des effectifs. Le nombre de jeunes sapeurs-pompiers est de . En 2021, les personnels administratif et technique sont au nombre de .
Juridiquement, la notion de « sapeur-pompier » ne désigne que les fonctionnaires des services départementaux d'incendie et de secours ainsi que les militaires de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).
Il existe d'autres professions qui ne peuvent juridiquement pas être considérées comme des sapeurs-pompiers mais qui peuvent se rattacher à l'appellation de « pompier » en raison de leurs missions.
Les missions des sapeurs-pompiers sont le secours et la protection des personnes, des animaux, des biens et de l'environnement., la lutte contre les périls et les conséquences des accidents de toute nature : inondations, pollution, incendies, accidents de la route, etc.
Les moyens privés et surtout les moyens militaires peuvent prêter main-forte aux sapeurs-pompiers dans un périmètre autour des établissements protégés. Par ailleurs, des conventions locales existent entre les sapeurs-pompiers du service public civil avec ceux des Armées pour le secours public.
Les sapeurs-pompiers de statuts militaires peuvent partir en opérations extérieures (OPEX), pour mettre à profit leurs compétences en matière de sauvetage, de prévention ou de lutte contre l'incendie ou contre tout autre sinistre que ce soit au profit des populations ou au profit des forces armées engagées. Les sapeurs-pompiers du service public, de tous statuts, peuvent également partir pour des missions à l'étranger sous mandat civil, sachant que le besoin en unité constituée est généralement assuré par les UIISC.
Histoire vignette|Casque des pompiers de Paris (années 1940).
Devise et sainte patronne Les devises sont :
« Courage et dévouement » pour les sapeurs-pompiers français ; « Sauver ou périr » pour les sapeurs-pompiers de Paris ; « Servir pour sauver » pour les sapeurs sauveteurs de la BMSC — anciennement ForMiSC — regroupant les RIISC/UIISC ; « Honneur - Patrie - Valeur - Discipline » pour les marins-pompiers de Marseille (qui est la devise de la Marine nationale) ; Certains corps sont placés sous le patronage de la Sainte Barbe, dont la fête du est célébrée par la plupart des sapeurs-pompiers depuis la République..
Origine et étymologie
Le nom composé « sapeur-pompier » témoigne de la double filiation qui a donné lieu à la constitution d’un corps moderne destiné à la lutte contre les incendies et désordres naturels :
une composante civile, celle des « gardes pompes » et « pompiers » issue du , citoyens rétribués pour endosser la responsabilité des agrès de pompes à bras assurant la protection contre l’incendie des principaux lieux de résidence étatiques et de certaines villes, au premier rang desquelles la capitale, Paris (par décret de 1722) ; une composant militaire, celle des « sapeurs » de la Garde Impériale, membres du génie et responsables des travaux de sapes ainsi que de la protection incendie au sein de l’armée napoléonienne. Le terme « sapeur » désigne ainsi toute personne qui réalise des travaux de sape, c’est-à-dire d’attaque de fondations dans le but d’écrouler un bâtiment, ce qui est une des tactiques de lutte contre l’incendie (éviter la propagation du feu). Dans le contexte militaire français, Napoléon , furieux contre les gardes pompes civils qui furent incapables de maîtriser l’incendie de l’ambassade d’Autriche en 1810, confie dans la foulée la lutte contre l’incendie aux sapeurs de sa Garde Impériale.
Les réformes successives de l’organisation de la protection contre les périls du feu, durant la période Révolution-Restauration, aboutissent à la coordination, puis à la fusion de ces deux corps par un décret impérial daté du , avec la création du bataillon de sapeurs-pompiers de Paris.
Cette dynamique s’étendra au reste du territoire dans les décennies suivantes, entérinant l’appellation « sapeur-pompier » tout en en conservant une structuration militaire avec des grades et une chaîne de commandement adaptés aux missions spécifiques de ce corps nouvellement constitué.
Chronologie vignette|Camion des sapeurs-pompiers français datant de 1907.
La gestion des incendies au Moyen Âge Entre le et le , des veilles de nuit sont organisées par des corps non spécialisés pour assurer le service du feu. Cette mission pouvait être accomplie par les habitants, les maçons, les charpentiers, les couvreurs, ainsi que certains ordres religieux tels que les Capucins..
Bien que des systèmes de seringues pour projeter l'eau tels que les sanguettes furent utilisées dès le , les moyens de lutte contre l'incendie les plus courants étaient les seaux d'eau, ainsi que les techniques de sape pour « faire la part du feu », c'est-à-dire éviter sa propagation.
À la fin du , les premières pompes à incendies sont introduites en France grâce à François Dumouriez du Perrier. En 1699, Louis XIV lui en accorde la construction et la fourniture exclusive.
Par une ordonnance royale du , François Dumouriez du Perrier est nommé directeur des pompes à incendie, à la tête d'un corps d'une soixantaine de gardes-pompes dotés d'un uniforme et d'un drapeau, les "Gardes-Pompes". Si ce service fait preuve d'efficacité pendant plusieurs années, son organisation se délite sous la Révolution.
La garde nationale Fondée en 1789 lors de la Révolution et placée sous l'autorité des communes en 1790, la garde nationale est une milice armée, constituée des citoyens actifs âgés de 20 à .. Dissoute par Charles X, elle est reconstituée par la loi du qui prévoit la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers. À cette occasion, le roi procède à un recensement des sapeurs-pompiers en faisant partie; on en dénombre , dont , mais on ignore si ce chiffre englobe les corps soldés n'appartenant pas à la Garde.. Bien que la garde nationale soit dissoute par la loi du , son article prévoit le maintien des corps de sapeurs-pompiers « jusqu'à ce qu'un règlement d'administration publique ait pourvu à l'organisation générale de ces corps ». Cette organisation des corps de sapeurs-pompiers n'interviendra qu'en 1875.
La brigade de sapeurs-pompiers de Paris À la suite de l'incendie de l'ambassade d'Autriche à Paris, Napoléon crée le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris par décret impérial du , à partir des compagnies de garde-pompes qui avaient été créées en 1716. La constitution d'un corps militaire sous l'autorité du préfet de Police avait pour objectif de garantir l'efficacité du service et la loyauté de ses agents. En 1866, l'empereur Napoléon III transforme par décret le bataillon en régiment de sapeurs-pompiers de Paris, unité rattachée à la direction de l'Infanterie. Ce régiment devient par décret pris par le général de Gaulle en 1967 brigade de sapeurs-pompiers, unité du Génie, dont le budget est un budget annexe à celui de la préfecture de la Police de Paris.
Le liseré rouge Depuis la décision du ministre de la Guerre du , un liseré rouge est obligatoirement ajouté sur la couture médiane du pantalon. Cette mesure visait à empêcher les sapeurs-pompiers, qui ne disposaient alors que de faibles revenus, de porter le pantalon de leur tenue militaire pendant leurs permissions. Contrairement à une croyance répandue, le passepoil n'a donc aucun lien avec la Légion d’honneur..
L'organisation de corps communaux militaires À la suite de la dissolution de la garde nationale, le gouvernement avait pour objectif d'organiser un service spécialisé dans la lutte contre les incendies et le sauvetage en cas de sinistre. Dans ce cadre, le décret du a créé des corps communaux de sapeurs-pompiers relevant du ministère de l'Intérieur. Ces corps disposaient d'un uniforme spécifique.
Les communes disposant des moyens suffisants pouvaient constituer un corps communal en recrutant des sapeurs-pompiers sous statut militaire. En fonction de leurs effectifs, ces corps pouvaient être classés en tant que subdivision (14 à 50 hommes), compagnie (51 à 250 hommes) ou bataillon (251 à 500 hommes). Dans chaque département, le conseil général pouvait décider de confier le contrôle du fonctionnement du service des sapeurs-pompiers à un inspecteur nommé par le préfet.
Les recrues s’engageaient pour une durée d'au moins cinq ans. Les officiers étaient nommés par le président de la République, sur proposition des préfets, tandis que les sous-officiers étaient nommés par le chef de corps. Le décret prévoyait l'emploi de musiciens dans les subdivisions, les compagnies et les bataillons. Des chirurgiens pouvaient également être recrutés dans les compagnies.
Des diplômes d'honneur pouvaient être remis par le ministère de l'Intérieur aux sapeurs-pompiers comptant au moins trente années de service, et des médailles étaient prévues pour récompenser les agents les plus méritants.
Démilitarisation et réorganisation des corps communaux Pendant l'entre-deux guerres, l'organisation des corps communaux est révisée en profondeur. Le décret du prévoit que les sapeurs-pompiers sont désormais des agents civils sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, à l'exception des militaires du régiment des sapeurs-pompiers de Paris. Leurs missions sont élargies et incluent désormais « les secours, tant contre les incendies que contre les périls ou accidents de toutes natures menaçant la sécurité publique ». C'est dans ce cadre qu'est formalisée la notion de service d'incendie et de secours. Par ailleurs, les corps de plus de 50 hommes incluent un service de santé assuré par un médecin-major. Ce décret est également à l'origine de la distinction entre les sapeurs-pompiers professionnels et les sapeurs-pompiers volontaires.
Le décret du permet d'organiser les services de secours et de défense contre l'incendie au niveau intercommunal ou départemental, ce qui ne remet pas pour autant en cause le rôle prépondérant de la commune dans la gestion des sapeurs-pompiers.
Cette structuration se poursuit durant la République. Un décret du institue notamment le service de santé et de secours médical (SSSM) et précise le statut des sapeurs-pompiers volontaires..
Création de sapeurs-pompiers forestiers Afin de répondre aux grands incendies ravageant la forêt des Landes de Gascogne, notamment durant les années 1940, le décret du . crée trois corps de sapeurs-pompiers forestiers professionnels dans chacun des départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne.
Apparition des services départementaux de protection contre l'incendie Bien que des services départementaux d'incendie soient apparus dès 1938, il s'agissait d'organismes sans personnalité juridique dont la gestion causait de nombreux problèmes d'ordre financier et administratif.. En réponse à ces difficultés, un décret du créé les services départementaux de protection contre l'incendie. Ces structures sont des établissements publics dotés de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Leur rôle est de coordonner l'action des centres communaux.
Le secours aux personnes vignette|Démonstration de secours à personne.