Cet article traite de la société civile des États-Unis.

Quelques statistiques

+Société américaineRevenu moyen(en $ constant et par foyer) 2005IDH2021Coefficient de Gini2005Pauvreté12,6 %à 13,3 %2005 L'indice de développement humain est de en 2021 et se classe selon lui le pays au rang des États les plus développés de la planète, contre en 2013. Mais les États-Unis sont un pays avec de fortes inégalités sociales et régionales. Selon le classement OCDE, le revenu brut moyen était de en 2022. À parité de pouvoir d'achat, ces niveaux de revenus sont supérieurs de 15% à ceux d'un Allemand et de 60% à ceux d'un Japonais. La part des Américains vivant sous le seuil de pauvreté à son plus bas niveau en 2000 (11;3%) est remonté à 12,6% en 2022, contre 17 % dans l'Union européenne. Seuls 8,6% des blancs sont sous le seuil contre 17% des Afro-Américains, constituant la minorité la plus pauvre.

Famille

Nombre de foyers américains : (2021) Taux de mariage : 47 %André Kaspi, [...], La Civilisation américaine (2022) D'après le Pew Research Center en 2022, 20 % soit 12 millions des de couples mariés sont mixtes, c'est-à-dire entre deux ethnies différentes alors qu'ils étaient 3 % en 1967. Entre 2000 et 2010, près de ont été mariés aux États-Unis, où n'ont fixé aucun âge minimum pour le mariage. Beaucoup de ces mariages s'expliqueraient par la pression religieuse.

Aides sociales

Social security : d'après The New York Times du , de seniors américains bénéficient de l'aide sociale (Medicare). Cette dernière est gérée par l'Administration de la sécurité sociale. Il y a encore quarante ans, trois Américains de plus de sur dix vivaient dans la pauvreté. Après les réformes, ils ne représentent plus qu'un sur dix. Les dépenses du programme Medicare sont évaluées à de dollars en 2000Claude Jeannot, Jean-Pierre Regad-Pellagru, Les États-Unis en fiches. En 2000, 16 % des Américains n'ont pas d'assurance maladie ; 71 % sont affiliés à un régime privé, financé pour l'essentiel par les entreprises. En 2000 toujours, de pauvres sont couverts par le programme Medicaid. Les dépenses de santé sont en augmentation et représentent 13,5 % du PIB. Les dépenses de Medicare et Medicaid sont évaluées à 20 % du budget fédéral. Les accidents du travail sont gérés par les États fédérés. En 1993 est votée la loi sur le congé familial et médical qui permet de prendre jusqu'à de congés sans solde en cas de maternité ou de maladie d'un proche. L'OAS () est le système de retraite national de base. Il est financé par une taxe de 12,4 % sur les salaires bruts. Il permet de verser une pension aux retraités de plus de . Il existe aussi deux régimes complémentaires : des régimes spécifiques (comme celui des fonctionnaires) et le régime privé des fonds de pension (les plus importants sont California Employees, New York State and Local, General Motors).

Taux de chômage

Moyenne nationale : 9,6 % () Par ville en 2000, d'après Statistical Abstract, 2001 : Houston : 4,1 % Phoenix : 2,7 % Détroit : 3,2 % San Francisco : 2,1 % Washington DC : 2,4 % Atlanta : 3 %

Enseignement

En 1960, d'Américains étaient scolarisés ; en 2000 ils sont . En 1967, la moitié des adultes avait fait des études secondaires; le chiffre est passé à 61 % en 2000.

En 1998, 35 % des Américains avaient un diplôme d'études supérieures contre 11 % en 1970.

L'État fédéral et les universités dépensèrent de dollars pour l'enseignement supérieur en 2000, ce qui représente 2,6 % du PIB. Enfin, les universités américaines accueillirent étrangers en 2000, dont 60 % d'Asiatiques.

D'après le rapport annuel de l'OCDE, Regards sur l'éducation, 2005Classements des systèmes éducatifs dans les pays de l'OCDE - Le Monde, 13 septembre 2005, le pays est au des pays de l'OCDE pour l'accès à l'enseignement supérieur, devant la France ().

Culture

La culture des États-Unis, inspirée principalement des cultures européennes particulièrement britannique ou allemande et des esclaves africains, s'est rapidement développée durant les deux siècles qui ont suivi leur indépendance. Actuellement, elle est une culture influente presque partout dans le monde. Son extension rapide est souvent associée à la mondialisation (voire américanisation). Selon ses détracteurs, la culture américaine est soit une sous-culture, soit une culture trop jeune, soit une culture impérialiste, ou encore un mélange des trois. Selon ses défenseurs (y compris des Américains), elle promeut les valeurs de la liberté et de la responsabilité personnelle. La culture américaine a une grande influence sur le monde contemporain.

À l'époque coloniale, la culture des Treize colonies est fortement influencée par l'Angleterre. Les universités, l'architecture, la peinture sont souvent le fait d'artistes anglais. Les œuvres répondent aux canons britanniques. Les réalisations artistiques sont moins abondantes qu'en Europe. Les puritains qui s'installent en Nouvelle-Angleterre bannissent les ornements superflus des églises. La mentalité pragmatique des pionniers et des marchands, qui perdure jusqu'au , tient l'art pour une activité inutile et futile. Pour de nombreux patriotes, la culture est l'apanage des aristocrates et des rois, loin de toute aspiration démocratique.

À la fin du , avec la naissance des États-Unis, les artistes commencent à réfléchir à la possibilité d'une culture proprement américaine. La rupture politique avec l'Angleterre, consécutif au développement d'un esprit spécifiquement américain, entraîne une lente mutation de la culture. Néanmoins, les œuvres américaines restent très proches des modèles européens jusqu'au . La formation de tout peintre américain passe par un séjour en Europe. L'architecture reprend les formes de la Grèce antique et du style géorgien, tout en introduisant quelques éléments d'essence américaine. Cette recherche d'une culture nationale passe par la définition de l'exceptionnalisme américain. À la fin du , la culture est monopolisée par une élite éduquée et riche. Elle est financée par des magnats (Andrew Carnegie) et par le mécénat, alors que les pouvoirs publics n'interviennent pratiquement pas, conformément aux idées libérales.

Dès la première moitié du , la culture se démocratise aux États-Unis : les progrès de l'éducation, l'apparition de nouveaux médias (radio, télévision), l'émancipation progressive des femmes et des Afro-américains bouleversent le paysage culturel américain. À New-York, la Renaissance de Harlem annonce le renouveau de la culture afro-américaine, en particulier dans la littérature. L'apparition des phonographes permit la diffusion d'une nouvelle musique, le jazz. La Grande Dépression provoque un chômage massif parmi les artistes et les écrivains des années 1930. Le New Deal mis en place par le président Franklin D. Roosevelt comporte un volet culturel visant à aider les artistes en difficulté. La Work Projects Administration (1935) met en route de nombreux projets dans le domaine des arts et de la littérature, en particulier les cinq programmes du fameux Federal One. La WPA permit la réalisation de peintures nouvelles, sculptures, peintures à l’huile et de développer l'enseignement artistique. À la fin du New Deal, le bilan est mitigé : si les artistes américains ont été soutenus par des fonds publics et ont acquis une reconnaissance nationale, cette politique culturelle est interrompue par la Seconde Guerre mondiale et la mort de Roosevelt.

Les œuvres des années 1930 s'intéressent aux problèmes sociaux et au sort des plus démunis: en littérature, Erskine Caldwell publie Le petit Arpent du bon Dieu en 1933. Le livre de John Steinbeck, Les Raisins de la colère, publié en 1939, reçoit le Prix Pulitzer en 1940. Au cinéma, John Ford adapte ce roman ainsi que celui de Richard Llewellyn, Qu'elle était verte ma vallée, qui retrace la vie des mineurs du Pays de Galles. Les films de Charlie Chaplin dénoncent le fascisme (Le Dictateur en 1940) et les conditions de travail des ouvriers (Les Temps modernes en 1936). Ceux de Frank Capra dénoncent le capitalisme sauvage : L'Extravagant Mr. Deeds (1936), Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938), Mr. Smith au Sénat (1939). Pendant les années 1930, les Américains continuent de plébisciter le cinéma malgré la crise économique. Hollywood produit plus de films. Il faut attendre la deuxième moitié du pour voir se consolider une littérature et un art proprement américains, ainsi que des tentatives de politique culturelle fédérale. Ces changements interviennent dans le contexte de la guerre froide qui oppose l'Union soviétique aux États-Unis : la compétition est idéologique, militaire et technologique, mais elle affecte également le domaine culturel. L'URSS envoie le premier homme dans l'espace et se présente comme la patrie des intellectuels et des artistes. L'art devient un moyen de propagande dans les deux camps. Le gouvernement fédéral prend le contre-pied du modèle soviétique : il n'y aura pas de ministère de la culture centralisé et l'art américain sera encouragé à se développer et à se diffuser dans le monde, notamment par l'intermédiaire de Voice of America et du Plan Marshall. Pour pallier la crise financière que traversent de nombreux musées et théâtres, les subventions seront néanmoins distribuées.

Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale voient l'émergence et le succès d'un courant artistique, l'expressionnisme abstrait. Cet art qui se voulait avant-gardiste, cosmopolite et apolitique fait se déplacer le cœur de l'art moderne de Paris à New York. Cependant, l'expressionnisme abstrait suscite des débats au sein de la classe politique américaine. Les Républicains attaquent violemment ce courant et l'accusent d'être communiste. Au Congrès, ils dénoncent en outre les financements fédéraux qui sont attribués aux peintres expressionnistes. Mais ces derniers reçoivent le soutien du MoMA de New York, lui-même financé par la fondation Rockefeller. En 1952, le musée organise même un programme international de diffusion mondiale de l'expressionnisme abstrait.

Le début des années 1950 est secoué par le maccarthisme : les artistes soupçonnés de sympathies communistes deviennent l'objet d'enquêtes (« chasse aux sorcières »). Sur la liste noire comportant les noms de figuraient entre autres George Gershwin, Leonard Bernstein, Frank Lloyd Wright et Ernest Hemingway. Plusieurs écrivains s'insurgèrent contre le maccarthisme. Ainsi en 1953, on joua la pièce Les Sorcières de Salem d'Arthur Miller, pour dénoncer la répression en cours. Le National Endowment for the Arts est créé en 1964. Cette agence culturelle fédérale subventionne les artistes ainsi que les institutions culturelles dans tout le pays. Après un apogée dans les années 1970, le NEA est ensuite affaibli par des coupes budgétaires.

Les années 1960 sont également marquées par un bouillonnement culturel intense aux États-Unis : les Américains qui poursuivent des études sont de plus en plus nombreux. Les générations du baby-boom forment une jeunesse qui consomme de nouveaux produits culturels. Les étudiants et les artistes s'engagent contre la guerre du Vietnam. À partir des années 1970, la composition ethnique de la population américaine change radicalement, ce qui entraîne aussi une mutation de la culture. Le président Jimmy Carter tente de résoudre les problèmes sociaux dans les ghettos grâce aux communautés de quartier et par la culture. Cette politique permet l'ouverture d'institutions culturelles et de musées dans les secteurs défavorisés. Dans le reste du pays, l'accent est mis sur l'accès de la culture à toutes les régions et des actions vers les minorités ethniques.