La Potière jalouse est un ouvrage de l'ethnologue français Claude Lévi-Strauss paru chez Plon en 1985.
Contenu L'ouvrage reprend l'une des thèses fondamentales développées dans les Mythologiques, qui veut que la mythologie américaine soit une, Lévi-Strauss synthétisant une masse importante de matériaux ethnographiques provenant des deux AmériquesEmmanuel Désveaux, « Du Dénicheur à la potière », L'Homme, année 1986, 97-98, p. 11-18..
L'ethnologue y réfléchit sur les « traits de la personnalité associés à l'exercice d'un métier » et s'étonne de l'absence, dans les croyances européennes, de la figure du potier. Le livre se propose de méditer cette lacune, en traitant trois problèmes :
Le dernier chapitre (XIV) concentre une critique à la fois sérieuse et ludique de la pensée développée par Freud dans Totem et Tabou et, plus généralement, de la lecture freudienne d'Œdipe roi, de Sophocle.
On pourrait résumer ainsi les principales idées de Lévi-Strauss dans ce chapitre : « Une correspondance existe entre la vie psychique des sauvages et celle des psychanalystesIbid. p. 242.. » Freud a commis deux erreurs : « La première est d'avoir voulu déchiffrer les mythes au moyen d'un code unique et exclusif, alors qu'il est de la nature du mythe d'employer toujours plusieurs codesIbid. p. 245. » ; « La seconde erreur consiste à croire que parmi tous les codes à la disposition des mythes, tel ou tel d'entre eux est obligatoirement employéIbid. p. 246.. » L'intérêt d'Œdipe roi, la tragédie de Sophocle, ne repose nullement sur un unique « codage sexuel » mais, comme le prouve une comparaison serrée avec Un chapeau de paille d'Italie, la comédie de Labiche, sur un schème général : l'enquête policière. Les pulsions et les passions existent mais elles ne sont pas premières : « Elles font irruption sur une scène déjà construite, architecturée par des contraintes mentalesIbid. p. 264.. »
Notes et références
Catégorie:Livre d'anthropologie Catégorie:Œuvre de Claude Lévi-Strauss Catégorie:Essai paru en 1985