Le gouvernement Bérégovoy est le gouvernement de la République française du au .. Il s'agit du quatrième gouvernement du deuxième mandat de François Mitterrand en tant que président de la République. Il est dirigé par Pierre Bérégovoy.

Ce gouvernement est le de la .

Contexte de formation Contexte économique

Les indicateurs économiques début 1992 laissent penser que le ralentissement de la croissance de 1991, renforcée par un passage à vide du cycle économique, est surmontée, et que les croissances américaine et allemande permettront de tirer vers le haut les exportations françaises. Le gouvernement est formé après un premier trimestre où la croissance économique française a été de 1 %, ce qui laisse présager d'une croissance à 4 % en 1992. Le chômage reste cependant élevé, avec trois millions de demandeurs d'emploi début 1992.

Choix des ministres Le président Mitterrand perçoit un changement de gouvernement comme une nécessité après l'échec que fut le gouvernement Cresson. L'objectif affiché de ce nouveau gouvernement est de redresser la barre à onze mois des prochaines élections législatives de 1993. Après avoir hésité entre Roland Dumas, Jack Lang et Pierre Bérégovoy, c'est ce dernier qui est choisi. L'objectif du président en nommant Pierre Bérégovoy est de redresser la situation, mais il ne croit pas à la possibilité d'inverser totalement la tendance..

L'harmonie entre le président et son Premier ministre marque la formation du nouveau gouvernement. Contrairement à Cresson qui souhaitait faire partir les « éléphants » socialistes, Bérégovoy conserve les pontes du parti, comme Roland Dumas, Pierre Joxe, Jack Lang, Louis Mermaz, Paul Quilès, Michel Charasse, et fait monter en grade ou conserve les « jeunes » qui représentent le renouveau socialiste, comme Martine Aubry, Michel Sapin et Dominique Strauss-Kahn. Enfin, ce nouveau gouvernement fait entrer des nouvelles personnalités qui ont fait leurs classes à l’Élysée durant le premier septennat, comme Ségolène Royal, Michel Vauzelle et Jean Glavany.

Lionel Jospin est le seul cacique évincé du gouvernement, alors qu'il tenait le rôle de numéro deux des trois précédents gouvernements en tant que Ministre de l'Éducation nationale depuis 1988. Cela vient probablement de la distance qui s'était installée entre les deux hommes à la suite de commentaires critiques de Jospin dans un livre (L'Invention du possible, 1991) et dans la presse, ainsi qu'à la lutte intestine entre Jospin et le protégé du président, Laurent Fabius. Pour ne pas donner l'impression de s'acharner contre les jospinistes, Mitterrand demande à Bérégovoy de proposer à un proche de l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Daniel Vaillant, au Ministère des Relations avec le Parlement. Il refuse pour se consacrer à sa campagne en vue des législatives prochaines.

La surprise de ce nouveau gouvernement est l'entrée de Bernard Tapie, un homme d'affaires socialiste qui préside l'Olympique de Marseille. Son cas avait été examiné par Bérégovoy en compagnie de ses fidèles. Michel Charasse avait insisté en sa faveur auprès du nouveau Premier ministre, car il appréciait chez Tapie son énergie et son culot, tout en reconnaissant qu'il était populaire auprès d'une partie de la jeunesse et des banlieues et permettrait de faire reculer le Front national. François Mitterrand approuve le choix de son Premier ministre, qualifiant en privé Tapie de . François Mitterrand pense nommer Tapie candidat pour prendre la mairie de Marseille aux élections municipales de 1995 à Marseille.

Roland Dumas rapporte que le président Mitterrand lui avait demandé de prendre Georges Kiejman comme secrétaire d'État rattaché à son ministère, en lui annonçant : . En réalité Georges Kiejman n'a jamais éte secrétaire d'État mais ministre délégué : à la Justice (1990-91), puis à la Communication (1991-92) et finalementment aux Affaires étrangères (1992-93). La tentative ratée de se faire élire par le CSA à la présidence commune d'Antenne2-France2 date d'août 1989, donc avant sa première nomination au gouvernement..

Féminisation du gouvernement Le gouvernement compte sept femmes ministres : Ségolène Royal, Martine Aubry, Frédérique Bredin, Élisabeth Guigou, Marie-Noëlle Lienemann, Catherine Tasca et Véronique Neiertz.

Coalition Le gouvernement Pierre Bérégovoy est soutenu par une coalition gouvernementale de centre gauche, formée entre le Parti socialiste (PS) et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG), qui dispose de 275 députés sur 577, soit 47,7 % des sièges de l'Assemblée nationale. Le Parti communiste ayant refusé une participation gouvernementale, le gouvernement est minoritaire à l'assemblée et contraint à des concessions sur sa droite et sur sa gauche pour appliquer le projet présidentiel.

Composition Le Premier ministre est nommé le , les ministres et ministres délégués membres du Gouvernement le et les secrétaires d'État le .

Premier ministre ImageFonctionNomParti80x80pxPremier ministrePierre BérégovoyPS

Ministres d'État ImageFonctionNomParti80x80pxMinistre d'État, ministre de l'Éducation nationale et de la CultureJack LangPS98x98pxMinistre d'État, ministre des Affaires étrangèresRoland DumasPS80x80pxMinistre d'État, ministre de la Fonction publique et des Réformes administrativesMichel DelebarrePS

Ministres ImageFonctionNomParti120x120pxGarde des Sceaux, ministre de la JusticeMichel VauzellePS115x115pxMinistre de l'Intérieur et de la Sécurité publiquePaul QuilèsPS120x120pxMinistre de la DéfensePierre Joxe (jusqu'au 09/03/1993)PS80x80pxPierre Bérégovoy120x120pxMinistre de l'Économie et des FinancesMichel SapinPS80x80pxMinistre du BudgetMichel Charasse (jusqu'au 02/10/1992)PS120x120pxMartin Malvy107x107pxMinistre de l'EnvironnementSégolène RoyalPS107x107pxMinistre de l'Équipement, du Logement et des TransportsJean-Louis BiancoPS112x112pxMinistre de l'Industrie et du Commerce extérieurDominique Strauss-KahnPS95x95pxMinistre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelleMartine AubryPS98x98pxMinistre de l'Agriculture et des Forêts Ministre de l'Agriculture et du Développement rural (02/10/1992)Louis Mermaz (jusqu'au 02/10/1992)PS103x103pxJean-Pierre SoissonMDR80x80pxMinistre des Affaires sociales et de l'IntégrationRené TeuladePS89x89pxMinistre de la Santé et de l'Action humanitaireBernard KouchnerDVG131x131pxMinistre de la Ville (supprimé entre le 23/05 et le 26/12/1992)Bernard TapieDVG80x80pxMinistre des Départements et Territoires d'outre-merLouis Le PensecPS107x95pxMinistre de la Recherche et de la TechnologieHubert CurienDVG80x80pxMinistre des Postes et TélécommunicationsÉmile ZuccarelliMRG144x144pxMinistre de la Jeunesse et des SportsFrédérique BredinPS98x98pxMinistre des Relations avec le Parlement Porte-parole du gouvernement (créé le 02/10/1992)Louis MermazPS

Ministres délégués ImageFonctionMinistre de rattachementNomParti91x91pxMinistre délégué chargé des Affaires européennesMinistre d'État, ministre des Affaires étrangèresÉlisabeth GuigouPS84x84pxMinistre délégué chargé des Affaires étrangèresMinistre d'État, ministre des Affaires étrangèresGeorges KiejmanPS80x80pxMinistre délégué chargé de la Coopération et du DéveloppementMinistre d'État, ministre des Affaires étrangèresMarcel DebargePS80x80pxMinistre délégué chargé du Commerce et de l'ArtisanatMinistre de l'Économie et des FinancesJean-Marie Rausch (jusqu'au 02/10/1992)DVD80x80pxGilbert BaumetMDR94x94pxMinistre délégué chargé du Logement et du Cadre de vieMinistre de l'Équipement, du Logement et des TransportsMarie-Noëlle LienemannPS117x117pxMinistre délégué chargé du TourismeMinistre de l'Industrie et du Commerce extérieurJean-Michel BayletMRG117x117pxChargé du Commerce extérieur (créé le 03/06/1992) Auprès du ministre de l'IndustrieMinistre de l'Industrie et du Commerce extérieurBruno DurieuxMDR117x117pxChargé de l'Énergie (créé le 02/10/1992) Auprès du ministre de l'IndustrieMinistre de l'Industrie et du Commerce extérieurAndré BillardonPS

Secrétaires d'État ImageFonctionNomParti Secrétaires d'État 80px Chargé des Anciens combattants et Victimes de guerre Autonome Louis Mexandeau PS 80px Chargé des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement (supprimé le 02/10/1992) Auprès du Premier ministre Martin Malvy (jusqu'au 02/10/1992) PS 80px Chargé de l'Aménagement du territoire Auprès du Premier ministre André Laignel PS 80px Chargé des Grands travaux Auprès du Premier ministre Émile Biasini SE 80px Chargé de la Ville (entre le 03/06 et le 26/12/1992) Auprès du Premier ministre François Loncle PS 80px Chargé du Plan (créé le 26/12/1992) Auprès du Premier ministre François Loncle PS 80px Chargé de l'Enseignement technique Auprès du ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale Jean Glavany PS 80px Chargé de la Communication Auprès du ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale Jean-Noël Jeanneney DVG80px Chargé de la Francophonie et des Relations culturelles extérieures Auprès du ministre d'État, ministre des Affaires étrangères Catherine Tasca PS 80px Chargé des Collectivités locales Auprès du ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Sueur PS 80px Auprès du ministre de la Défense Jacques Mellick PS 80px Chargé des Droits de la femme et de la Consommation Auprès du ministre de l'Économie et des Finances Véronique Neiertz PS 80px Chargé des Transports routiers et fluviaux Auprès du ministre de l'Équipement Georges Sarre PS 80px Chargé de la Mer Auprès du ministre de l'Équipement Charles Josselin PS 80px Chargé de la Famille, des Personnes âgées et des Rapatrités Auprès du ministre des Affaires sociales Laurent Cathala PS 80px Chargé de l'Intégration Auprès du ministre des Affaires sociales Kofi Yamgnane PS 80px Chargé des Handicapés Auprès du ministre des Affaires sociales Michel Gillibert SE

Ajustements et remaniements Remaniements du 23 mai et du 3 juin 1992 Inculpé pour abus de biens sociaux dans l'affaire Toshiba qui l'oppose à son ancien associé Georges Tranchant, Bernard Tapie démissionne le .

Bernard Tapie, ministre de la Ville est remplacé le par François Loncle, nommé secrétaire d'État à la Ville auprès du Premier ministre.

Ce remaniement est également l'occasion de nommer Bruno Durieux comme ministre délégué au Commerce extérieur.

Remaniement du 2 octobre 1992 Élus sénateurs, Michel Charasse, ministre du Budget et Jean-Marie Rausch, Ministre délégué au Commerce et de l'Artisanat démissionnent le .

Michel Charasse est remplacé par Martin Malvy, jusqu'alors secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement.

Jean-Marie Rausch est quant à lui remplacé par Gilbert Baumet qui intègre le gouvernement.

Martin Malvy est remplacé par Louis Mermaz, jusqu'alors ministre de l'Agriculture et de la Forêt. Louis Mermaz devient ministre des relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement.

Jean-Pierre Soisson entre au gouvernement comme ministre de l'Agriculture et du Développement rural.

Enfin, ce remaniement est l'occasion de créer la fonction de ministre délégué à l'Énergie confiée à André Billardon.

Remaniement du 26 décembre 1992 Un accord amiable ayant été trouvé avec Georges Tranchant qui retire sa plainte et une ordonnance de non-lieu ayant été rendue, Bernard Tapie est nommé le à nouveau ministre de la Ville.

François Loncle est nommé alors secrétaire d'État au Plan, délégué auprès du Premier ministre.

Remaniement du 9 mars 1993 Pierre Joxe, nommé à la Cour des comptes, démissionne le .

Pierre Bérégovoy est alors nommé ministre de la Défense.

Répartition partisane