Le Prytanée national militaire est l’un des six lycées de la Défense françaisLes lycées militaires sur le site du ministère de la Défense.. Cette école est située à La Flèche dans le département de la Sarthe dans la région des Pays de la Loire, dans le Maine angevin.
Une institution éducative est fondée en 1604 par le roi Henri IV et confiée aux Jésuites, dans le but d’ ; elle cesse d'exister lorsque les Jésuites sont bannis de France (1763). Les bâtiments sont utilisés pour le Prytanée (voulu par en 1800 et installé à La Flèche en 1808), devenu ensuite le Prytanée national militaire.
Histoire Du Château-Neuf à la fondation du Collège royal thumb|left|Françoise d'Alençon, duchesse de Vendôme.
Devenue veuve en 1537, Françoise d'Alençon décide de se retirer en sa seigneurie de La Flèche, qu'elle avait reçue en douaire de son mari Charles de Bourbon, duc de VendômePierre Schilte, Le Château-Neuf de Françoise d'Alençon, Cahiers Fléchois , 1979..
Le vieux château féodal de la ville, actuel château des Carmes, étant trop vétuste et sans confort, Françoise d'Alençon fait construire un nouvel édifice. Le « Château-Neuf » est alors érigé entre 1539 et 1541 en dehors des remparts de la ville, à l'emplacement du Prytanée militaire, en suivant les plans de l'architecte Jean Delespine. On possède quelques éléments sur le jardin et l'architecture d'origine.
En 1550, après la mort de la duchesse d'Alençon, son fils Antoine de Bourbon hérite de ses possessions. En compagnie de sa femme Jeanne d'Albret, héritière du royaume de Navarre, il séjourne à La Flèche à plusieurs reprises, notamment en puis en , quelques mois avant la naissance de leur fils, le futur roi Henri IV..
Le , par des lettres patentes envoyées de Rouen, Henri IV autorise le retour en France des jésuites, qui avaient été bannis par le parlement de Paris en 1594 après l'attentat manqué contre le roi par l'un de leurs anciens élèves, Jean Châtel. Le roi leur permet d'occuper à nouveau les lieux dans lesquels ils étaient établis avant leur départ, ainsi que de s'établir dans d'autres villes. Henri IV leur recommande .
Les premiers pères jésuites arrivent à La Flèche au début du mois de , conduits par Pierre Barny, nommé recteur du collège. En , le collège accueille ses premiers élèves et les cours sont donnés par des professeurs venus du collège jésuite de Pont-à-Mousson. Dès sa première année, le collège de La Flèche connaît un certain succès et compte près de . Leur nombre s'accroît rapidement dans les années qui suivent.
Le Collège royal Henri-IV (1604-1762) thumb|left|alt=Tableau d'un homme en buste.|Henri IV, fondateur à La Flèche du collège des Jésuites qui porte son nom.
thumb|alt=Plan du collège au .|Plan du collège au .
En , Henri IV signe à Fontainebleau l'édit de fondation du collège de La Flèche, dans lequel il fixe le programme d'enseignement de l'établissement. Il fait ainsi don de son « Château-Neuf » aux Jésuites et leur accorde la somme de pour la construction de l'établissement, ainsi qu'un revenu annuel de , tirés des revenus des abbayes de Bellebranche et de Mélinais, des prieurés de Luché, Saint-Jacques et l'Echeneau. Le roi promet également de faire bâtir l'église du collège et d'y léguer son cœur ainsi que celui de la reine Marie de Médicis après leur mort. Les plans du collège et de l'église sont réalisés par Louis Métezeau, l'architecte du roi, et la première pierre est posée en .
Au lendemain de la mort d'Henri IV, Guillaume Fouquet de La Varenne rappelle à la reine la promesse du roi de léguer son cœur au collège. Le cœur du défunt est alors confié aux Jésuites et transporté à La Flèche, où le cortège fait son entrée au matin du , commandé par le duc de Montbazon. Une cérémonie est donnée en l'église Saint-Thomas avant que le cœur soit transféré vers le collège. En 1612, le père Étienne Martellange est envoyé à La Flèche par Marie de Médicis pour veiller à l'achèvement des travaux, mis en sommeil en 1611, dont les dépenses sont acquittées sur le trésor royal..
Tout au long du , le collège de La Flèche voit son influence s'étendre de plus en plus et devient le plus important des collèges jésuites après celui de Clermont, à Paris. Il atteint le nombre de en 1626. Les études suivent le principe du , la charte de l'éducation jésuite promulguée en 1599.. Comme dans les autres collèges de la compagnie, l'enseignement est dispensé gratuitement et en latin. Les leçons sont données par des professeurs éminents, les échanges n'étant pas rares avec le collège de Clermont, et recouvrent de nombreux domaines : la grammaire, la rhétorique, la philosophie, les mathématiques, la théologie et l'hébreu. L'influence du collège s'observe sur le plan religieux, avec l'installation à La Flèche de plusieurs autres couvents après l'ouverture de l'établissement, ce qui vaut à cette époque à la ville d'être surnommée la « Sainte-Flèche »Alain de Dieuleveult, Comment vivaient les Fléchois aux , Cahiers fléchois , 2009, ., mais elle dépasse largement le cadre local : de nombreux pères missionnaires s'y retirent à l'issue de leurs voyages en Nouvelle-France ou en Chine, suscitant parfois les vocations de quelques élèves comme Jérôme Le Royer de La Dauversière, qui consacre sa vie à la fondation d'une colonie baptisée « Ville-Marie » sur l'île de Montréal.
La prospérité du collège ne le prive pas d'un certain nombre de conflits. Pendant , les cisterciens de Bellebranche lui contestent la possession de la mense conventuelle de l'abbaye, pourtant octroyée au collège dans l'édit de fondation de 1607. À partir de 1630, un conflit oppose les pères à René, deuxième marquis de la Varenne, en raison du droit réclamé par ce dernier de pêcher dans les douves du Collège et de son refus de payer aux Jésuites les que son père Guillaume leur avait laissées par testament. Devant l'intransigeance des Jésuites, René et ses gentilshommes prennent les armes, ce qui entraîne la fermeture du Collège pendant plusieurs jours. Après quatre années d'affrontement judiciaire, le conflit est réglé par le paiement d'une somme de mille écus de la part des Jésuites envers le marquis, mettant ainsi fin à un épisode qui avait pris le nom de « guerre des grenouilles »..
Un arrêt du parlement de Paris du ordonne la fermeture des établissements tenus par les Jésuites et les condamne par ailleurs à la sécularisation et à la vente de leurs biens. Le collège de La Flèche est ainsi fermé, comme tous les autres collèges de la compagnie dans le royaume. Les pères quittent la ville au début de mois d'.
L'École de cadets (1764-1776) et le collège royal et académique (1776-1793) Après le départ des Jésuites, la municipalité est chargée de les remplacer par des professeurs séculiers, et fait appel à d'anciens élèves du collège. Pendant deux années, l'établissement est dirigé par l'abbé Donjon, un ancien professeur de philosophie. En 1764, le duc de Choiseul, ministre de la guerre transforme le collège en une « École de cadets », également appelée « École militaire préparatoire ». Sa création est confirmée par des lettres patentes signées le par Louis XV. Les candidats sont nommés par le roi et doivent prouver au moins quatre degrés de noblesse. L'établissement est ainsi destiné à l'éducation de , dont les plus méritants sont envoyés à l'École royale militaire du Champ de Mars, fondée en 1751 à Paris. En 1767, l'université de Paris obtient le droit d'inspection et de juridiction sur l'école de La Flèche. De nouveaux cours y sont enseignés, comme l'histoire naturelle, la statistique ou la physique expérimentale. De par la vocation militaire de l'établissement, l'éducation physique y tient une part importante.
En 1776, le comte de Saint-Germain, nouveau ministre de la guerre, décide la suppression de l'école militaire de Paris et de son annexe de La Flèche. Les élèves sont séparés et envoyés dans douze petites écoles militaires, réparties sur tout le territoire du royaume.
Quelques mois plus tard, Louis XVI rétablit le collège et en confie la direction aux prêtres de la doctrine chrétienne, congrégation enseignante fondée en 1592 par César de Bus. Bien que placée sous l'autorité du ministre de la guerre, l'école de La Flèche redevient une école non militaire. Le collège connaît à nouveau la prospérité et les importants revenus des pères Doctrinaires leur permettent d'entreprendre un certain nombre de travaux.
La période révolutionnaire condamne peu à peu l'établissement. En 1790, les preuves de noblesse à l'entrée sont supprimées. L'année suivante, les deux abbayes de Mélinais et de Bellebranche, les prieurés et les propriétés du collège sont vendus comme biens nationaux. Le , un décret ordonne la fermeture immédiate du collège.
De la Révolution à l'Empire (1793-1808) En , le conventionnel, représentant en mission, Didier Thirion, de passage à La Flèche, se rend à la chapelle Saint-Louis, fait ouvrir les urnes qui contiennent les cœurs d'Henri IV et Marie de Médicis puis les fait brûler sur la place publique. Un chirurgien fléchois, le docteur Charles Boucher, en récupère quelques cendres, que ses descendants restituent à l'établissement en 1814.
Pendant la période révolutionnaire, les bâtiments du collège connaissent des affectations diverses. Les grandes salles sont transformées en hôpital et en maison de convalescence, une fabrique de salpêtre est installée dans les communs, ainsi qu'un atelier de cordonnerie pour l'armée. L'administration municipale et celle du district de la Flèche y installent leurs bureaux. À partir de , la municipalité réunit quelques élèves dans un pensionnat, qu'elle confie à quatre anciens professeur du collège des Doctrinaires. En 1797, le département lui accorde l'autorisation de créer une « école centrale supplémentaire ». En moins de deux ans, elle réunit déjà plus de .
Les démarches entamées auprès du gouvernement aboutissent en à la réunion des biens du collège au Prytanée français, mais le statut de l'école n'évolue qu'en , où un arrêté des Consuls accorde le titre d'« école secondaire » à l'établissement, qui reste cependant à la charge de la commune.
Le Prytanée militaire (1808-1982)
Règlement et organisation
Le Prytanée sous le Premier Empire Napoléon voulant faire restaurer pour son usage personnel le château de Fontainebleau, l'École spéciale impériale qui s'y trouvait est transférée à Saint-Cyr dans les locaux du Prytanée militaire. Le Prytanée doit alors lui aussi changer de lieu. Informée de ce projet, la municipalité fléchoise se porte candidate pour accueillir l'établissement, dans l'espoir de retrouver une grande maison d'éducation pour la ville. Le maire de La Flèche Charles-Auguste de Ravenel et son conseil municipal adressent à l'Empereur une notice historique et descriptive du Collège terminée par une supplique. L'empereur y répond favorablement et décide de transférer le Prytanée à La Flèche. Le décret de fondation est signé à Saint-Cloud le , et le transfert prévu pour le suivant. Le général Bellavène, inspecteur-général des écoles militaires, est chargé d'établir un rapport sur la situation matérielle de l'établissement, et d'entreprendre les réparations les plus urgentes. Le nombre de places est fixé à 400, dont gratuites aux frais du gouvernement, réservées de préférence à des fils de militaires sans fortune, et de pensionnaires. À l'ouverture, le , le Prytanée compte . Pierre Crouzet, directeur du Prytanée de Saint-Cyr, assure le transfert des élèves du Prytanée français de Saint-Cyr à celui de La Flèche.