Christian Karembeu, né le à Lifou en Nouvelle-Calédonie, est un footballeur international français, qui évolue au poste de milieu de terrain défensif ou parfois d'arrière latéral du début des années 1990 au milieu des années 2000.

Issu d'une famille kanak de dix-huit enfants native de Lifou, il fait ses débuts avec le Gaïtcha FCN à Nouméa avant de partir au centre de formation du FC Nantes. Il obtient son premier contrat professionnel avec ce club en 1990 et se révèle en remportant le titre de champion de France en 1995. Il part ensuite jouer en Italie à la Sampdoria de Gênes où il reste deux saisons. En 1997, il est transféré au Real Madrid et remporte la Ligue des champions en 1998.

Après un court passage dans le club anglais de Middlesbrough, il s'exile en Grèce à l'Olympiakos où il remporte le championnat en 2002 et 2003. En 2004, il rejoint le Servette FC mais, à la suite de problèmes financiers, il quitte le club helvète quelques mois après. Il annonce sa retraite de joueur le après six mois passés au SC Bastia.

Il compte cinquante-trois sélections et a marqué un but avec les Bleus. Surnommé le Cheval fou, Christian Karembeu devient populaire en remportant deux titres majeurs avec l'équipe de France : la Coupe du monde en 1998 et le Championnat d'Europe en 2000, mais sa notoriété est aussi due à sa relation et son mariage avec le mannequin slovaque Adriana Sklenaříková entre 1998 et 2011.

Grâce à ses performances individuelles, il est élu joueur océanien de l'année en 1995 et 1998 ainsi que océanien du par l'. En septembre 1998, il est décoré de la légion d'honneur par le président Jacques Chirac.

Très actif depuis sa retraite, il promeut le football en Océanie et est consultant et présentateur à la télévision. Il fête son jubilé le au stade Numa-Daly à Nouméa. Il parraine de nombreuses associations comme l'opération pièces jaunes et de nombreux événements comme les Jeux du Pacifique de 2011.

Biographie Enfance thumb|alt=Carte administrative de l'île de Lifou|Christian Karembeu naît sur l'île de Lifou. Christian Karembeu est issu d'une famille kanak de 18 enfants en Nouvelle-Calédonie. Fils de Paul et Hudrenie Karembeu, il naît le sur l'île de Lifou. Il est le cinquième enfant de la famille Karembeu après Marcellin, Pauline, Ninette et Marie. Il est élevé selon la coutume kanake dans la tribu de Nang sur l'île de Lifou. En xârâcùù, l'une des Karembeu signifie « l'homme en colère »La traversée du miroir, televentail.com, consulté le 17 mars 2012.

Il pratique le football tout jeune dans l'équipe de la tribu avec ses amis et sa famille, il est souvent rappelé à l'ordre par son père, l'entraîneur, pour son caractère de « mauvais perdant ». Peu après, il quitte la tribu familiale pour la pension de l'école primaire publique de Wé, au nord de l'île. Le jeune Kanak doit attendre les vacances scolaires pour rentrer chez lui et une fois par an, pour partir en avion à Nouméa.

En février 1981, Christian Karembeu fait son entrée en sixième au collège de Do Neva à Houaïlou où la famille a déménagé. En classe, il est un élève poli et discipliné, se distinguant en français et en sport. Athlétique et débordant d'énergie, il surclasse tout le monde. En Union nationale du sport scolaire (UNSS), il remporte de nombreuses coupes et des médailles d'athlétisme qu'il rapporte chez lui.

Le football demeure toutefois sa discipline de prédilection. Interpellés par son talent et son acharnement, les entraîneurs de l'UNSS l'encouragent à persévérer. Christian Karembeu arrive au lycée Do Kamo dans le vieux quartier de la Vallée des Colons à Nouméa. Il devient interne en compagnie d'une forte communauté mélanésienne présente dans le lycée. Il découvre le saut à la perche et se prête au jeu mais n'a pourtant pas l'intention d'abandonner le footChristian Karembeu, croiseur de culture par Jean Paul Billo, sites.radiofrance.fr, consulté le 17 mars 2012.

Débuts footballistiques Christian Karembeu participe à toutes les compétitions interscolaires sous les couleurs du lycée Do Kamo. Ses succès lui forgent une réputation qui dépasse les frontières du sport scolaire. Il est souvent comparé à son cousin Victor Zéoula, star montante du football calédonien, qui évolue dans l'équipe junior du Gaïtcha FCN, le club de Nouméa où jouent de nombreux ressortissants de Lifou. Il finit par obtenir une licence au sein de ce club. Il ne faut que quelques séances à l'entraîneur pour repérer l'extrême vélocité de ce garçon.

Porté par ses succès, Christian Karembeu ne pense bientôt plus qu'au football et inévitablement, ses résultats en classe s'en ressentent. Devant son bulletin, sa mère Hudrenie, furieuse, exige qu'il arrête le football, mais son père, Paul, qui affectionne le football par-dessus tout, ne partage pas son intransigeance. Tous ceux qui ont vu jouer son fils l'encouragent à le pousser dans cette voie. Convaincu, il en touche un mot à son ami Marc Kanyan Case, référence en matière de football sur le territoire.

Après avoir examiné son talent, Marc Kanyan Case prévient Paul qu'il va proposer le jeune Christian Karembeu pour une série de tests à la Jonelière, le centre de formation du FC Nantes, où évolue déjà depuis plusieurs années un autre Kanak, Antoine Kombouaré. Lui-même avait déjà soufflé les noms de Christian Karembeu et de Victor Zéoula aux recruteurs nantais. Pour tester le duo, le FC Nantes envoie deux billets d'avion valables trois mois. Si Zéoula part rapidement, Karembeu reste bloqué sur l'île à la suite du refus catégorique de sa mère. Mais par la suite, l'insistance récurrente de Case, de son père et son frère Marcellin finit par faire plier la mère de Karembeu et ce dernier obtient l'accord de celle-ci pour partir en métropole. Après plusieurs cérémonies selon la coutume kanak, le départ de Christian Karembeu est enfin possible.

Arrivée à la Jonelière et débuts au FC Nantes (1988-1992) Après un long voyage avec plusieurs escales, le , Christian Karembeu arrive à l'aéroport de Nantes-Atlantique. Surpris par les paysages et l'architecture de l'ouest de la France, il est d'autant plus étonné par la qualité des infrastructures sportives de la Jonelière par rapport à celles de Nouméa. Ses premiers entrainements interpellent Jean-Claude Suaudeau, le directeur des jeunes en formation, par son physique, sa tonicité musculaire et sa vigueur qui lui rappellent celles de Zéoula et Kombouaré.

Au bout de quinze jours, l'entraîneur est convaincu par le potentiel de Christian Karembeu et lui fait signer le premier contrat de sa carrière. Le Kanak se frotte alors à une grosse concurrence, ce qui est nouveau pour lui ; en effet, à Nouméa tout lui paraissait facile. Afin de canaliser son énergie débordante sur le terrain, il doit se plier à la rigueur tactique nantaise. Il dispute l'un de ses tout premiers matchs en équipe réserve, en Division 3, contre La Roche VF où il peine à trouver sa place dans le jeu. Néanmoins, Christian Karembeu s'entend beaucoup avec Antoine Kombouaré qui a vécu la même expérience que lui et qu'il considère comme son grand frère. Il n'est pas non plus présent l'année suivante en équipe première.

En octobre 1990, sa première titularisation en équipe une au poste d'arrière gauche est opérée par l'entraîneur Miroslav Blažević pour un huitième de finale de la coupe de France face au Stade brestois. Avec pour adversaire direct David Ginola, il contribue à la victoire des siens deux buts à un. Mais à la suite des mauvais résultats en championnat et de problèmes financiers, le club limoge l'entraîneur croate et Suaudeau reprend l'équipe composée désormais avec de jeunes joueurs tels Karembeu, Patrice Loko, Nicolas Ouédec, Reynald Pedros et Claude Makélélé mais encadrés par des joueurs expérimentés comme Marcel Desailly, Zoran Vulic, Japhet N'Doram. Makélélé va former avec Christian Karembeu l'un des meilleurs duos au milieu de terrain en première division ; ils forment l'ossature de l'équipe grâce à leur bonne complicité sur le terrain. Karembeu joue pour la première fois en championnat de France le 4 mai 1991 lors d'un match contre l'AJ Auxerre perdu trois buts à deux. Le FC Nantes termine quinzième au terme du championnat.

Acteur majeur de l'épopée nantaise (1992-1995) La saison suivante, les Nantais réalisent une très belle première partie du championnat avec neuf victoires en douze matchs dont une victoire six à zéro sur le Montpellier HSC, alors meilleure défense du championnat. À la suite de ses bonnes performances en club, Christian Karembeu est appelé pour la première fois en équipe de France à la suite des blessures de Jean-Luc Sassus et Laurent Fournier pour un match disputé le 14 novembre 1992 face à la FinlandeGnako et Karembeu en renfort chez les Bleus, humanite.fr, consulté le 26 mars 2012. Gérard Houllier le fait entrer en jeu à la de la rencontre, jouée dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 1994, en remplacement de Jean-Philippe Durand et les Bleus s'imposent sur le score de deux à un. Quatorze jours après sa première sélection, il inscrit son premier but en championnat à la du match contre le RC Strasbourg.

Cinquième du championnat, les « Canaris » se hissent également en finale de la coupe de France, après une difficile demie face à l'AS Saint-Étienne. Dans cette rencontre disputée au Parc des Princes, face au Paris Saint-Germain, les échanges sont virils et Christian Karembeu écope d'un carton jaune en première mi-temps qui se conclut sur un score nul zéro partout. En début de seconde mi-temps, il déséquilibre Laurent Fournier dans la surface nantaise et l'arbitre Rémi Harrel accorde un pénalty aux Parisiens. Très énervé contre la décision de l'arbitre qu'il juge injuste, il court vers lui, le bouscule et s'en prend violemment à une caméra installée sur la ligne de touche. Il est exclu par Rémi Harrel et quitte la pelouse laissant ses coéquipiers à dixPSG-Nantes: 3 (buts)-3 (expulsés) la Coupe aux Parisiens, humanite.fr, consulté le 26 mars 2012. Deux nouveaux cartons rouges sortent de la poche de l'arbitre dans cette partie, les Nantais s'inclinent 3-0 et terminent le match à huit. Pour son comportement, il est suspendu six mois finalement ramenés à trois mois en appel par la Fédération française de football, soit jusqu'à la fin de la saison. Christian Karembeu déclare à la fin du match .

De nouveau cinquième du championnat en 1993-1994, il dispute en mai 1994 avec l'équipe de France la Coupe Kirin, tournoi organisé chaque année au Japon par la . Cette compétition sur invitation oppose la France à l'Australie et au Japon pays organisateur. Elle donne à Aimé Jacquet l'occasion de faire évoluer ensemble les membres du groupe sur une période plus longue que celle des matches amicaux. Sans bruit et sans éclat, Christian Karembeu devient une pièce indispensable à l'homogénéité du groupe et reflète parfaitement l'esprit collectif qu'Aimé Jacquet veut insuffler aux « Bleus ». Les Français battent le Japon puis l'Australie et remportent la compétition. Christian Karembeu ne profite cependant pas de ce succès car quelques jours plus tard, son père décède.

Les Nantais figurent dans le peloton de tête du championnat de France l'année suivante. À l'automne 1994, les joueurs démarrent efficacement la Coupe UEFA et accèdent aux huitièmes de finale où ils battent le FC Sion, tombeurs de l'OM. L'Olympique de Marseille, donc, les Girondins de Bordeaux et l'AS Cannes ont quant à eux trébuché en seizièmes de finale. Les Nantais poursuivent leur ascension européenne jusqu'en quarts de finale où le tirage au sort leur attribue comme adversaire les Allemands du Bayer Leverkusen.