vignette|Chevet de style roman de l'église de Saint-Léonard-de-Noblat. vignette|Plan type d'église avec son chœur à travées droites, prolongé par le rond-point et le chevet à pans.vignette|Chevet de la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial.

En architecture religieuse, le chevet (du latin capitium, ouverture supérieure de la tunique pour passer la tête, mot dérivé de caput, « tête » qui évoque la présence du maître-autel dans le chœur) désigne généralement l'extrémité du chœur d'une église derrière le maître-autel et le sanctuaire de l'église., parce que dans les édifices au plan en croix latine, le chevet correspond à la partie de la croix sur laquelle le Christ crucifié posa sa tête.

C'est l'extrémité de l'église, vue par un observateur placé dans l'axe longitudinal, du côté du maître-autel.. Il comprend l’ensemble des murs, fenêtres et toiture du chœur, du déambulatoire s'il y en a un et, éventuellement, de la ou des chapelles, rayonnantes avec absidioles, ou échelonnées.

L'évolution du chevet au cours des temps La préfiguration, le

Cette période se caractérise par la mise en place progressive de principes architecturaux qui ne seront plus remis en cause par la suite.

Le plan se composant d'une abside encadrée de deux absidioles, répandu depuis l'époque carolingienne, connaît et connaîtra encore un vif succès au cours des siècles, plus particulièrement dans les édifices de dimension moyenne (c'est-à-dire l'église de Saint-Généroux et l'église Saint-André-de-Sorède). Toutefois, ce plan évolue : on pourra ainsi constater que les absidioles soit touchent l'abside, soit en sont séparées. Cette dernière caractéristique, propre à l'époque carolingienne et plus particulièrement aux édifices dotés d'un transept, tend à disparaître au cours de ce .

Par ailleurs, avec l'importance grandissante accordée aux reliques depuis l'époque carolingienne et l'augmentation spectaculaire des objets de vénération (à partir surtout du ), est apparu le besoin de consacrer un endroit de l'église à leur exposition. Ainsi s'amorça la tendance à regrouper les autels et les reliques dans des chapelles accolées au chœur, partie la plus sacrée de l'édifice, mais aussi par l'adjonction, de part et d'autre de l'abside, sur les bras du transept, de plusieurs absidioles alignées : abbatiale de Saint-Michel-de Cuxa, la collégiale Saint-Vorles, l'abbatiale de Ripoll en Catalogne, l'abbatiale de Saint-Arnould de Metz ou l'abbatiale de Saint-Remi à Reims, etc. Les chevets à chapelles orientées sont nés.

Autre évolution qui apparaît au cours de cette période, les chevets à chapelles échelonnées où celles-ci sont de profondeur décroissante : église abbatiale de Déols, église de Bernay, église priorale de Perrecy-les-Forges, etc. Ce plan connut un grand succès au cours du .

C'est aussi au cours de ce que les architectes créèrent un type de chevet associant un couloir de circulation semi-circulaire et un certain nombre de chapelles ouvrant sur le pourtour de celui-ci : le chevet à déambulatoire et à chapelles rayonnantes. Le déambulatoire est la solution idéale trouvée par les architectes romans pour faire face au nombre toujours grandissant des pèlerins. Le déambulatoire permet à ceux-ci de défiler devant les chapelles sans perturber la messe se déroulant dans la nef principale : abbatiale de Saint-Philibert de Tournus qui présente certes un chevet du mais dont le plan reprend fidèlement celui du , la crypte de l'église Saint-Aignan d'Orléans, etc. Ce plan sera adopté dans beaucoup d'édifices ambitieux accueillant des pèlerins.

La hiérarchie des volumes apparaît comme le seul et est souvent la même : l'abside est plus haute et plus large que les absidioles. L'abside est aussi souvent précédée d'une travée. Ce ne sera plus le cas au siècle suivant.

La création de l'art roman, le Les vestiges de chevets de cette époque sont relativement rares : église Saint-Étienne de Vignory, église Saint-Savin-sur-Gartempe, etc. Toutefois, il est possible de constater que les formes inventées au sont parachevées au cours du .

Ainsi, la forme du chevet à chapelles échelonnées se maintient dans sa diversité même si une certaine uniformisation apparait : nombre de chapelles limité à cinq, profondeur du chœur limitée à deux travées. Mais d'un édifice à l'autre, le plan peut toutefois varier considérablement : église de Saint-Pierre de Meobecq, abbatiale de Saint-Pierre de Gigny, abbatiale de Notre-Dame de Bernay ou l'église de Saint-Nazaire de Bourbon-Lancy.

Exceptionnellement, des églises vont comporter jusqu'à sept chapelles échelonnées. Les plans de ces édifices ne sont connus souvent que grâce à des sondages archéologiques ou à des vestiges trop limités : abbatiale de Saint-Sever, abbatiale de La Charité-sur-Loire, église de Saint-Ouen de Rouen, église St Mary d'York, etc. Ce type de plan disparaît au cours du sauf pour quelques rares exemples, les églises de Chateaumeillant et de Glastonbury.

Par ailleurs, au cours de la première moitié du , les chevets connaissent des modifications significatives, non pas dans leur plan, mais dans leur élévation et dans le traitement des espaces internes.

Enfin et surtout, les édifices importants adoptent quasiment systématiquement le plan à déambulatoire et à chapelles rayonnantes : église de Saint-Sernin de Toulouse, église de Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers, église de Saint-Benoît-sur-Loire, église Notre-Dame de la Couture du Mans, église Notre-Dame du Port de Clermont-Ferrand ou la crypte de l'église Saint-Eutrope de Saintes.

De la maturité à la rupture, le On peut constater que depuis les premiers édifices romans, les architectes avaient accordé à la courbe un rôle privilégié dans le dessin des chevets. Il n'y a eu que de rares exemples isolés de chevets polygonaux au cours du : église de Sainte-Radegonde à Poitiers ou l'église de Nant.

Les chevets à pans coupés commencent à se multiplier à partir de 1130 avant de se répandre à partir des années 1150 dans toute l'Europe. Toutefois, ce modèle de chevet ne supplanta jamais les chevets à forme arrondie (collégiale d'Auzon, l'église Notre-Dame de l'abbaye de Montmajour, l'église de Meymac ou l'église Notre-Dame de Mont-devant-Sassey). Les variations de forme sur ces chevets polygonaux sont nombreuses : angles soulignés par des colonnes engagées ou de petits contreforts, arcades enveloppant les fenêtres, variation du nombre de pans (trois, cinq, etc.), surenchère décorative (par exemple l'église Notre-Dame de Rioux).

Le gothique, les

Les chevets gothiques suivent une évolution, comme pour le reste du bâtiment, qui va vers un allégement, vers une recherche constante de la lumière, vers une élévation de plus en plus importante.

Avec le développement en hauteur des nefs, le chevet, situé à la tête de l'église, participe à cette impression de vaisseau s'élançant vers le ciel.

Autre évolution : alors que dans les édifices romans, les chapelles sont greffées sur le chœur indépendamment les unes des autres, elles sont dans les cathédrales gothiques soudées entre elles en une succession continue formant comme une couronne. Toutefois, ce parti pris architectural peut se retrouver exceptionnellement dans des églises romanes dès le . C'est notamment le cas pour l'église Saint-Gilles de Puypéroux où le chœur est entouré de sept absidioles non pas isolées les unes par rapport aux autres comme le voudrait la tradition romane, mais soudées entre elles.

Une typologie des chevets Le chevet pré-roman Le chevet wisigothique

Les églises et chapelles relevant de l'architecture wisigothique présentent un chevet plat, dit aussi quadrangulaire : cette caractéristique se retrouve tant sur les imposantes églises wisigothiques d'Espagne (église Sainte-Marie de Quintanilla de las Viñas, église de San Pedro de la Nave, Santa Comba de Bande, église Santa María de Melque) que sur les modestes chapelles rurales wisigothiques qui subsistent en Languedoc (chapelle Saint-Christol de Nissan-lez-Enserune et chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde de Nissan-lez-Enserune).

Le chevet dans l'architecture préromane de tradition wisigothique

Le chevet plat caractéristique de l'architecture wisigothique se retrouve ensuite dans les chapelles relevant de l'architecture préromane de tradition wisigothique telles Saint-Laurent de Moussan et Saint-Nazaire de Roujan.

Le chevet roman

Le chevet roman lombard vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1.2|

Le chevet de style roman lombard apparaît au début du . Il présente une décoration de bandes lombardes composées de lésènes et d'arcatures constituées de petits arcs groupés généralement par deux ou par trois mais parfois par cinq, comme à Saint-André-de-Buèges.

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Les chevets de style roman lombard édifiés durant la première moitié du (« premier art roman » ou « premier âge roman ») présentent une maçonnerie de moellons (comme à Cesseras) tandis que ceux qui leur sont postérieurs présentent une maçonnerie faite de blocs de pierre de taille soigneusement appareillée (exemples : Saint-Pierre-de-Rhèdes et Valergues).

Ils peuvent être composés d'une abside unique ou d'une abside centrale flanquée d'absidioles. De beaux exemples de chevet lombard à absidioles se trouvent à Escales, Ouveillan, Quarante et Saignon. Dans certains cas, comme à Ocquier, les absidioles se trouvent en retrait par rapport à l'abside centrale, à hauteur de la travée de chœur.

Exemples : église Saint-Lambert de Bois (Belgique) église Saint-Étienne de Blomac église Saint-Romain de Caldégas chapelle Saint-Germain de Cesseras église Saint-Martin d'Escales église Saint-Pierre-de-Rhèdes de Lamalou-les-Bains chapelle Saint-Pierre de Limet (Belgique) église Notre-Dame des Escaliers de Marcevol église Saint-Remacle d'Ocquier (Belgique) église Saint-Jean-l'Évangéliste d'Ouveillan église Saint-Saturnin de Pouzols-Minervois église Sainte-Marie de Quarante chapelle Notre-Dame du Roux (Frasnes-lez-Gosselies, Belgique) abbaye Saint-Eusèbe de Saignon abbatiale Saint-Polycarpe de Saint-Polycarpe (chevet roman lombard surhaussé ultérieurement, la partie surélevée étant polygonale) église de Saint-Martin de Sossenac église Saint-Martin d'Ur église Sainte-Agathe de Valergues église Saint-Pierre de Valflaunès église Saint-Martin de Vinassan

Le chevet avec abside en hémicycle vignette|droite|redresse=1.1| vignette|droite|redresse=1.1| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7| vignette|droite|redresse=0.7|

Le chevet avec abside unique en hémicycle est un type de chevet très répandu.

Dans certains cas, l'abside est rythmée par des pilastres (comme à La Baume-de-Transit et à Lattes), par des colonnes engagées (comme à Saint-Vincent-de-Barbeyrargues), par une combinaison de pilastres et de colonnes comme à l'abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Caunes-Minervois (où la partie inférieure du chevet est ornée de colonnes engagées et la partie supérieure de pilastres) ou par des contreforts portant des colonnes comme à La Godivelle.

Dans les cas d'abside simple sans pilastres ni colonnes, la partie haute de l'abside est parfois décorée d'une frise de dents d'engrenage, comme à Hix, Llo ou Estavar (en Cerdagne) ou encore à Campagne ou à Saint-Hilaire-de-Beauvoir (en Languedoc).

Exemples : église Saint-Martial d'Assas chapelle Notre-Dame d'Aubune chapelle Saint-Étienne-de-Vaissière d'Azille église Sainte-Croix de La Baume-de-Transit chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié de Beaulieu chapelle du Saint-Sépulcre de Beaumont-du-Ventoux chapelle Sainte-Marguerite de Beaumont-du-Ventoux église Saint-Pierre de Bertem (Belgique) chapelle Saint-Symphorien de Boussargues (Sabran) église Saint-Nazaire-et-Saint-Celse de Buzignargues église Saint-Martin de Campagne