ʿAnenou ou Aneinou (hébreu : עננו ou ענינו « Réponds-nous »), également appelée birkat ou tefillat taanit (hébreu : ברכת\תפילת תענית « bénédiction » ou « prière du jeûne ») est une prière pénitentielle de la liturgie juive, intercalée dans la prière des dix-huit bénédictions lors des jours de jeûne privés et publics (à l’exception de Yom Kippour).

La prière, avec des variantes selon les rites, implore Dieu de ne pas se détourner de son peuple et de lui répondre à l’heure de sa peine.

Anenou dans les sources juives

La tefilat taanit est mentionnée pour la première fois dans la Mishna, lors de la description d’un rituel propitiatoire pour l’obtention des pluies. Celui-ci, réalisé les jours de sécheresse, est marqué par un jeûne public, diverses marques de deuil et admonestations au repentir. L’officiant rajoute en outre six prières aux dix-huit bénédictions, la sixième de ces prières se clôturant sur la formule haʿonè bèʿèt tzara (« qui répond à l’heure de détresse » ou « de peine »), par référence à Jonas 2:8Mishna Taanit 2:4 & Rachi ad loc..

La formule Anenou est introduite par au nom de lors de la discussion sur les rituels. Selon cet enseignement, il incombe au particulier d’insérer, lors des jours de jeûne public, une bénédiction analogue à la sixième prière au cours de sa récitation individuelle, entre la bénédiction hagoël et la bénédiction harofè. Toutefois, selon Rabbi Yannaï, qui rapporte l’opinion au nom de Rabbi Shimon ben Laqish, cela doit se faire dans la bénédiction shomea tefillaT.J. Taanit 2:2 (65c).La controverse reçoit une solution en Babylonie : Rav Sheshet et Rav Isaac bar Rav Yehouda sont d’avis qu’il est inconvenant pour un individu d’insérer une bénédiction pour lui-même (qu’il s’agisse d’un jeûne individuel ou d’une prière individuelle lors d’un jeûne public) ; par conséquent, anenou doit être récitée en tant qu’appendice à la prière shomea tefilla lors d’une prière individuelle et en tant que prière supplémentaire indépendante, pourvue de sa propre formule de clôture, lors de la prière collective uniquementT.B. Taanit 13b.

Cette dernière opinion est consacrée en loi, ainsi qu’il ressort de midrashim ultérieurs, dont l’un demande quand insérer la bénédiction lors d’un jeûne privé à chabbatMidrash Sekhel Tov (édition ) sur Shemot, chap. 16 ; Shibbolei Haleket, seder taanit, chap. 269 & 277. Toutefois, les usages diffèrent entre communautés quant aux temps de récitationCf. Sefer Ohel Moëd, shaar hatefilla 1:12.

Observances relatives à Anenou

Lors des prières individuelles, l’orant récite Anenou à la suite de la bénédiction shomea tefila et conclut par shomea tefilla (« qui entend la prière »). Lors des prières collectives, l’officiant la récite comme une prière à part entière entre la septième et la huitième bénédiction, concluant par la formule haʿonè bèʿèt tzara Davar yom beyomo, in siddour Rinat Israël, pp. 552-553, éd. Moreshet, Bnei Brak 1984.

Variantes textuelles

La formule originelle de la prière rapportée par Rabbi Zeira dans le Talmud de Jérusalem est :

Coutumes de récitation

Notes et références

Catégorie:Liturgie juive Catégorie:Jeûne dans le judaïsme