La diaspora tibétaine est l'ensemble des communautés de Tibétains ayant quitté le Tibet, ainsi que leurs descendants. La diaspora tibétaine trouve principalement son origine dans l'exode tibétain de 1959 qui a suivi l'échec du soulèvement tibétain de 1959, lui-même consécutif à l'intervention militaire chinoise au Tibet de 1950-1951 et l'incorporation du Tibet à la république populaire de Chine.

Cette diaspora comptait recensés en 2009, la majorité vivant en Inde et au Népal. Selon le Bureau du Tibet, les limites du recensement ont conduit à sous-estimer le nombre des réfugiésRésultats du recensement de la communauté tibétaine en exil effectué en avril 2009, Bureau du Tibet, : . Edward J. Mills et coll. en 2005, puis le dalaï-lama en 2009, ont donné une estimation d'au moins tibétains en exil Edward J. Mills et coll., Prevalence of mental disorders and torture among Tibetan refugees: A systematic review, BMC Int Health Hum Rights. 2005; 5: 7. Edward J Mills cite un article de David Servan-Schreiber publié en 1998 : Servan-Schreiber D., Le Lin B., Birmaher B. (1998), Prevalence of post-traumatic stress disorder and major depressive disorder in Tibetan refugee children, in Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 37:874-879. Bhuchung K. Tsering, His Holiness the Dalai Lama Meets Himalayan Community and Foreigners who visited pre-1959 Tibet, 6 May 2009 : .

L'organisation politique du gouvernement tibétain en exil a évolué en d'un système théocratique à un système démocratique : fin , le dalaï-lama, qui évoquait depuis environ son retrait politique, transmettait ses responsabilités officielles à un nouveau premier ministre aux pouvoirs élargis, réforme qui, pour le bouddhisme tibétain, correspond à une séparation de l'Église et de l'État.

Pour l'élection du premier ministre tibétain le , le nombre d'électeurs habilités à voter se montait à selon Jamphel Choesang, chef de la commission électorale tibétaine Tibetans vote for new political leader-in-exile, sur le site de RIA Novosti, 20 mars 2011.. Selon Samdhong Rinpoché, le nombre d'électeurs inscrits est bien inférieur au nombre de personnes possédant le livre vert, document que possèdent plus de 90 % des réfugiés tibétainsEntretien avec le Professeur Samdhong Rinpoché (traduction de The Rediff Interview/Samdhong Rinpoche Lobsang Tenzin)..

Historique Premiers exilés En 1954, selon Laurent Deshayes et Frédéric Lenoir, la collectivisation des terres qui commence au Kham entraîne le soulèvement des monastères et des populations tibétaines. La résistance armée s'amplifie en 1955 avec la mise en place d'une politique anti-religieuse. La pression de l'APL conduit de nombreux tibétains à l'exil.

Exode tibétain de 1959

vignette|René de Milleville en 1966 dans la vallée de la Kali Gandaki, , près de Jomoson, avec de jeunes réfugiés tibétains

Le , le dalaï-lama, Tenzin Gyatso, fuit le Tibet vers l’Inde à travers les chaînes de montagnes Himalayennes dans le but d’atteindre l’Inde pour s’y réfugier. Plusieurs Tibétains suivirent le chemin de leur figure religieuse, mais grand nombre d’entre eux avaient déjà quitté les frontières de leur pays à cause de l’oppression et des persécutions chinoises qui devenaient de plus en plus importantesLégaré-Dionne, Ménaïque. 2007. Stratégies identiques dans l'opposition: les discours chinois et tibétain en exil sur la médecine traditionnelle tibétaine. Montréal : Université de Montréal. . La route est périlleuse et plusieurs exilés meurent de froid, de faim ou de fatigue avant d’avoir atteint les principaux camps de transit destinés aux réfugiés tibétains, soit les camps Missamari et Buxa DuarBentz, Anne-Sophie et Yann Calbérac. 2006. La diaspora tibétaine en Inde. Lyon : Cafés Géographiques de Lyon. . Les conditions de vie des Tibétains ne s’améliorent pas dans les camps de transit. La surpopulation, la chaleur ainsi que les épidémies font ravages et engendrent un taux de mortalité élevé au cours de la première année d’exil. Le Tibet n’étant toujours pas reconnu comme un État indépendant l’année suivante et la concentration de nombre de réfugiés grandissant en Inde font que l’ancien Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru, accorde aux Tibétains la ville de Dharamsala située dans l’Himachal Padresh comme siège du gouvernement tibétain en exil.

Fin , le chiffre des réfugiés tibétains en Inde atteignait Brent Navarro, Tibet: Assessing its Potential for China’s Instability, September 15, 2007 : .. Selon Thomas Laird, les tentatives d'évasion étaient périlleuses à cause des assauts de l’armée populaire de libération. Dans certains cas, moins de 10 % arrivaient en vie sur un groupe parti du Tibet oriental pour un voyage qui dura . Malgré ces difficultés, ont survécu à leur voyage trans-himalayen pour l’Inde les années suivant le soulèvement tibétain de 1959 Thomas Laird, The Story of Tibet: Conversations With the Dalai Lama, 2007, : .

Selon le tibétologue Alex McKay, les Tibétains partis en exil en Inde et au-delà, venaient de tout le Tibet et de toutes les couches de la société mais comportaient un pourcentage disproportionné des classes supérieures, noble comme monastique Alex McKay, General Introduction, in The History of Tibet, vol. 1, The early period: to c. AD 850: the Yarling Dynasty, : .. Toutefois, selon l'anthropologue Timm Lau, parmi les dizaines de milliers de réfugiés arrivés en Inde en 1959, pour la plupart agriculteurs et pasteurs, une partie connut initialement une discrimination par absence d'opportunité économiques, différences sociales et culturelles, si bien que les premiers trouvèrent un emploi dans la construction de routes dans les États du nord du pays. Il y eut jusqu’à employés par le gouvernement indien dans un peu moins d’une centaine de sites. Bien qu’ils fussent considérés par les Indiens comme aptes physiquement à travailler à haute altitude et en terrain montagneux, nombre d’entre eux périrent, victimes de maladies ou d’éboulements Timm Lau, Tibetan Fears and Indian Foes: Fears of Cultural Extinction and Antagonism as Discursive Strategy, in Explorations in Anthropology, vol. 9, No 1, , en part. : .

Années 1980 Le sinologue Philippe Paquet indique que l'ouverture des frontières en 1980 a permis aux Tibétains de se rendre en Inde soit pour visiter leurs familles, soit pour découvrir les lieux saints du bouddhisme. Certains sont restés sur place. Après la mise à l'écart de Hu Yaobang, la « détérioration de la situation au Tibet » a eu pour conséquence de « gonfler l'exode »Philippe Paquet op. cit., .

Années 2000 En 2008, on estimait que, chaque année, environ traversaient l’Himalaya au Népal, cherchant asile dans ce pays ou en Inde. En 1998, un tiers des réfugiés étaient des enfants non accompagnés par leurs parents pour 90 % d’entre eux. En outre, de nombreux rapports font état de réfugiés qui périssent au cours de leur voyage périlleux en Himalaya Evans D, Buxton DC, Borisov A, Manatunga AK, Ngodup D, Raison CL, Shattered Shangri-la: differences in depressive and anxiety symptoms in students born in Tibet compared to Tibetan students born in exile, Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol. 2008; 43: 429-436 : . En , lors de la fusillade du col de Nangpa La, deux Tibétains sont tués alors qu'ils fuyaient, avec d'autres compatriotes, vers le Népal.

Après les troubles au Tibet de 2008 à Lhassa, la frontière tibéto-népalaise devint plus étroitement surveillée, et moins de mille Tibétains arrivent à rejoindre Dharamsala chaque année. Les Tibétains arrêtés à la frontière sont envoyés en prison à LhassaInde. La grande évasion des Tibétains, Courrier international, 9 mars 2012 .

Années 2010 En 2015 les réfugiés arrivant du Tibet, qui se chiffraient autrefois par milliers, ne sont plus qu'un mince filet : à peine 87 Tibétains ont été enregistrés à Dharamsala cette même année alors qu'avant 2008 le chiffre se montait à par an Reuters, Decades After Fleeing Tibet, Refugees Still Have Limits on Rights in India, voanews.com, 21 juin 2017 : .

Nombre d'exilés sont rentrés au Tibet, où les revenus urbains et ruraux ont augmenté. La vie des Tibétains ordinaires à Dharamsala reste un combat. Ne pouvant pas devenir propriétaires, un nombre croissant espère émigrer en Occident Pankaj Mishra, The Last Dalai Lama? At 80, Tenzin Gyatso is still an international icon, but the future of his office — and of the Tibetan people — has never been more in doubt, The New York Times Mgazine, : .

Près de apatrides doivent se réinstaller au Canada avant le , grâce à une politique publique temporaire mise en place en , à la condition que les réinstallations soient parrainées en privé Unique project helps stateless Tibetans find homes in Canada, World Tibet News, 27 janvier 2014..

Ce n'est que depuis que les Tibétains nés en Inde sont autorisés par le gouvernement indien à demander la nationalité indienne India-Born Tibetans Can Apply for Citizenship Says Law and Justice Minister, Voice of America, 17 février 2014. New Delhi to challenge court rulings on born Tibetan citizens of India?, Tibetan Review, .. En , la haute cour de justice de La Nouvelle Delhi a statué que les Tibétains nés en Inde entre 1950 et 1987 étaient en droit de demander l'octroi d'un passeport indien. Cette mesure leur permettra de ne plus être confinés à un seul pays Vidhi Doshi, After nearly six decades of exile, some Tibetans in India are slowly letting go of the past, The Washington Post, 7 septembre 2018: ..

Cependant, le gouvernement tibétain en exil a mis un certain nombre de conditions à l'obtention d'un passeport : le certificat d'enregistrement et le certificat d'identité du requérant seront annulés ; le demandeur devra quitter la communauté tibétaine où il est installé ; il devra renoncer aux avantages et allocations accordés par le gouvernement tibétain en exil Naresh K. Thakur, Govt sets conditions for Tibetans to get passports, says move out of settlements, forgo benefits, hindustantimes.com, June 26, 2017 : .

Chiffres de la diaspora Selon les auteurs du livre Le Statut du Tibet de Chine dans l'histoire (1997), plusieurs dizaines de milliers de Tibétains vivent dans quelque répartis en Amérique du Nord, en Europe, en Océanie et dans d'autres régions d'Asie Wang Jiawei et Nyima Gyaincain Comments on the Historical Status of Tibet, China Intercontinental Press, September 1997, chap. XI, The 14th Dalai Lama's Illegal "Government-in-Exile" is a Destabilizing Factor in Asia : ..

Edward J. Mills en 2005 puis le dalaï-lama en 2009 estimaient à au moins le nombre réfugiés tibétains en exil.

D'après une enquête du gouvernement tibétain en exil datant de 2009, il y avait recensés dans la diaspora, dont en Inde, au Népal, au Bhoutan et dans le reste du monde..

Selon Ramesh Chandra Dhussa, en 2009, plus de étaient dispersés à travers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord Ramesh Chandra Dhussa, , in Focus on Geography, Société américaine de géographie, vol. 52, No 2, 22 septembre 2009, pages 1-6, : .

En 2012, le sinologue Philippe Paquet donne un chiffre global de tibétains dont en IndePhilippe Paquet, L'ABC-daire du Tibet, Éditions Philippe Picquier, 2010, 248 p., pages 116-117..

Les communautés tibétaines en exil thumb|Fabrication traditionnelle de tapis tibétain à Ravangla, Sikkim. De nos jours, il y existe de réfugiés tibétains : en Inde, au Népal et au BhoutanNathalie Gauthard, De l'Administration Centrale Tibétaine au Gouvernement Tibétain en Exil : réformes, limites et paradoxes, in Savoirs en construction, Presses Universitaires du Mirail, 2009, 205 p. , : .

Inde En 2012, on estime qu'il y a tibétains en Inde.

Les principaux peuplements tibétains en Inde se rencontrent dans plusieurs États : dans l’Himachal Pradesh, à Bir (Himachal Pradesh), Sataun, Shimla, Dalhousie, Pandoh, Solan, Sirmaur, Kangra, McLeod Ganj et Dharamsala ; dans l’Uttarakhand, à , Manduwala, et Sahastradhara Dehradun ; dans l’Arunachal Pradesh, à , Tezu, et Bomdila ; au Sikkim, à Ravangla ;