Haïm Jean-Pierre El Kabbach, dit Jean-Pierre Elkabbach, né le à Oran (Algérie) et mort le à Paris, est un journaliste, homme de médias, présentateur de radio et de télévision et éditorialiste français.
Après avoir débuté sur Radio Alger dans les années 1960, il devient présentateur de journaux télévisés et d'émissions politiques telles que Actuel 2 et Cartes sur tables, tout d'abord à l'ORTF puis sur Antenne 2. Il travaillera ensuite sur La Cinq, France 2 et France 3, TF1 ainsi que Public Sénat, où il anime Bibliothèque Médicis pendant dix-huit ans.
Il a aussi exercé sur France Inter, Radio France et Europe 1, où il a notamment animé le magazine Découvertes et Le Club de la presse.
Il a également occupé différents postes de direction, en étant directeur général de France Inter en 1987-1988, président de France Télévisions de 1993 à 1996, de Public Sénat de 2000 à 2009 et d'Europe 1 de 2005 à 2008 au sein du groupe Lagardère Media.
De à l'été 2019, après être devenu conseiller du président de la chaîne d’information en continu CNews à plus de , il intervient quotidiennement dans la matinale de la chaîne, pour y réaliser une interview politique d'une dizaine de minutes. Après une interruption pour raisons de santé, il reprend l’antenne sur la chaîne en animant une émission d’interviews chaque dimanche pendant une heure vers la fin d’après-midi. En , après la reprise d'Europe 1 par Vincent Bolloré, Jean-Pierre Elkabbach retrouve l'antenne de la radio jusqu'à sa mort.
Biographie Famille et enfance Haïm Jean-Pierre El Kabbach, dit Jean-Pierre Elkabbach, est né le dans une famille juive d'Oran, en Algérie... Il a un frère et une sœur plus jeunes que lui. Son père, Charles Elkabbach, négociant en import-export, est passionné de football et sera notamment vice-président de l'Olympique de Marseille. ; sa mère, Anne SadokWho's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992 (1910-2000), est femme au foyer.
Son enfance est marquée par la mort de son père le , lors du Yom Kippour alors qu'il lisait une prière à la grande synagogue d'Oran. Depuis, il est devenu « juif laïc. » et lui a fait la promesse de rendre son nom célèbre..
Études et théâtre Après des études au lycée Lamoricière d'Oran, où il devient lauréat Zellidja, il décroche son baccalauréat et part pour Paris faire des études à l'Institut français de presse. Il étudie également à la faculté des lettres de l'université de Paris, et valide une première année d'études à l'Institut d'études politiques de Paris en 1959...
En parallèle de ses études, Jean-Pierre Elkabbach suit des cours de théâtre, une passion acquise depuis son appartement à Oran, où il entendait de son balcon chanteurs et comédiens répéter dans le théâtre d'Oran..
Débuts professionnels Au cours de ses vacances de l'été 1960 en Algérie, il entre à Radio Alger et, devant sa motivation, le rédacteur en chef le prend en stage. Journaliste à Oran, Alger et Constantine, il est arrêté, lors du putsch des généraux en 1961, par les militaires putschistes qui lui reprochent d'être un pied-noir traître à l'Algérie française.. Il est alors nommé à Paris, où il travaille à l'Office de radiodiffusion télévision française jusqu'en 1968, quand, pour avoir fait grève, il est « mis au placard » et muté à Toulouse, puis envoyé comme correspondant à Bonn ..
Carrière médiatique En 1970, il devient présentateur du journal télévisé de la première chaîne. En 1972, il rejoint la deuxième chaîne pour y occuper la même fonction jusqu'en 1974, tout en animant le magazine Actuel 2. En 1974, il présente la tranche d'information de midi de France Inter, puis il est successivement, à partir de 1975, rédacteur en chef de France Inter, rédacteur en chef à la direction de l'information de Radio France et directeur de l'information d'Antenne 2 en 1977. En particulier, il commente le couronnement de Jean-Bedel Bokassa, empereur de Centrafrique en . En , il écarte Claude Sérillon de la présentation de la revue de presse de la chaîne, ce dernier y ayant traité de l'affaire des diamants de Bokassa ..
De 1977 à 1981, il anime différentes émissions, dont Cartes sur table, avec Alain Duhamel. Invention de l’humoriste Thierry Le Luron, la phrase que lui aurait lancée Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste, connaît un certain succès public au point de devenir le titre d'un livre écrit par le journaliste avec son épouse, Nicole Avril, en 1982. Cette phrase semble être un raccourci d'une phrase — — que Georges Marchais avait pour habitude de lancer dans ses entretiens quand il était agacé par l'intervention hâtive d'un journaliste..
Lors de la soirée électorale du diffusée sur Antenne 2 et Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach annonce, aux côtés d'Étienne Mougeotte, la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Jugé proche de la majorité sortante, il est évincé de l'antenne à la suite de l'élection de ce dernier. La même année, il rejoint Europe 1, où il est successivement animateur de Découvertes jusqu'en 1987, directeur d'antenne et présentateur du de 1987 à 1988, puis directeur général adjoint en 1988.
En , il devient conseiller auprès du président et du directeur général de La Cinq, Yves Sabouret. Il conserve cependant à Europe 1 ses fonctions de directeur général adjoint, ainsi que ses émissions. En 1991, pour cette chaîne de télévision, il présente le magazine Pile et face et coanime avec Pierre Géraud l'émission dominicale Dimanche, 20 h 10, Elkabbach jusqu'au , une semaine avant la disparition de la chaîne privée.
Il anime ensuite l'émission politique Repères sur France 3 de à . Entre et , il s'entretient à plusieurs reprises avec François Mitterrand pour le documentaire François Mitterrand : Conversations avec un président, diffusé en cinq volets sur France 2, en 2001, cinq ans après la mort de l'ancien président de la République.
Le , Jean-Pierre Elkabbach est élu président de France Télévision (France 2 et France 3). Il prend ses fonctions le suivant, succédant à Hervé Bourges. Il lance alors le gimmick , qui sera moqué notamment par Les Guignols de l'info. Sous sa présidence, le service public voit les retours en 1994, sur France 2, des animateurs Michel Drucker, Jean-Luc Delarue et du journaliste Étienne Leenhardt, l'arrivée d'Arthur, les débuts à la télévision de Laurence Ferrari et Benjamin Castaldi ainsi que les départs de Laurent Ruquier, et de Charly et Lulu en 1995 (arrivés en 1994). Après être apparu sur France 3 en 1994, Jean-Luc Reichmann devient animateur sur France 2 en 1995. Elkabbach interviewe le président de la République François Mitterrand le , dans la bibliothèque de l'Élysée, en première partie de soirée et en direct sur France 2. À la suite de cet entretien (d'une durée d'1 heure et 25 minutes) a lieu le premier numéro du talk-show Ça se discute de Jean-Luc Delarue.
En 1996, Jean-Pierre Elkabbach est contraint de partir de la présidence de France Télévision, à la suite du scandale des contrats faits aux animateurs-producteurs, notamment Jean-Luc Delarue, Nagui et Arthur. Un rapport des dépenses de la télévision française révèle pour la première fois les montants de ces contrats (qui n'étaient alors jamais divulgués) et des avances versées aux-dits animateurs-producteurs. En effet, le coût des émissions produites et des avances versées était en décalage avec le coût apparent à l'écran. La polémique enfle, notamment à cause des Guignols qui décrivent Elkabbach et les animateurs comme des « voleurs de patates ». Un expert est accrédité par le tribunal de commerce de Paris pour juger du coût réel des programmes, plus particulièrement ceux produits par Réservoir Prod, la société de production de Jean-Luc Delarue, qui se lancera alors dans une bataille juridique contre la chaîne de télévision. Jean-Pierre Elkabbach devra s'expliquer devant les employés de France Télévision, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le personnel de la chaîne, suspicieux du lien qui le lie aux animateurs, votera pour la première fois la défiance contre son président. Acculé, il démissionne de son poste le et Xavier Gouyou-Beauchamps lui succède le .
Par ailleurs, il est condamné en à une amende pour avoir tenu des propos manquant de mesure et d'objectivité, à la suite d'une plainte de Martine Aubry..
En 1997, il refuse de prendre sa retraite, expliquant qu'il est impliqué sur plusieurs projets.
vignette|gauche|Jean-Pierre Elkabbach lors de la matinale d'Europe 1 à la gare de Lyon (Paris), le .
Il revient alors à Europe 1 pour animer l'émission L'invité du matin à et le Club de la presse jusqu'en . Nommé conseiller spécial pour la stratégie des médias du groupe en 1990 par Jean-Luc Lagardère, il devient en directeur général de l'antenne d’Europe 1 et administrateur de Lagardère Active Broadcast, tout en conservant son émission matinale. En 2005, il est nommé président d'Europe 1 par Arnaud Lagardère, président de Lagardère Media. Il est contesté au sein de sa rédaction, d'abord en , pour avoir demandé conseil à Nicolas Sarkozy avant de choisir un journaliste politique suivant le ministre de l'Intérieur., puis, durant la campagne présidentielle de 2007, où il est accusé d'être partial en faveur du candidat de l'UMP. Après l'annonce erronée de la mort de Pascal Sevran, dans le journal de 19 heures d'Europe 1 du , qu'il considère d'abord comme « une erreur collective », il doit confirmer qu'il est l'auteur de l'information, et qu'il s'agit là d'une faute individuelle.. En , il doit s'expliquer devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui adresse une mise en demeure à la station.. Un mois plus tard, début , il est remplacé à la présidence d'Europe 1 par Alexandre Bompard, qui dirigeait jusqu'alors le pôle sport de Canal+. Tout en restant à l'antenne pour son entretien matinal, Jean-Pierre Elkabbach est nommé à la tête de Lagardère News, une structure rassemblant les médias d'information du groupe Lagardère.
À partir de , parallèlement à ses activités sur Europe 1 et pendant trois mandats, il préside la chaîne parlementaire Public Sénat, où il anime l'émission littéraire Bibliothèque Médicis.. En , Gilles Leclerc lui succède à la présidence de la chaîne mais Jean-Pierre Elkabbach poursuit toutefois son émission littéraire Bibliothèque Médicis. jusqu'à l'arrêt de l'émission en . En , il fait partie du jury de l'émission Qui veut devenir président ? sur France 4..
thumb|Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau en entretien avec Vladimir Poutine à Sotchi, le .
À partir de , il est remplacé par Fabien Namias à la tête de l'interview politique quotidienne de en semaine sur Europe 1Julien Bellver, « Europe 1 : Jean-Pierre Elkabbach remplacé par Fabien Namias » sur PureMédias, 12 décembre 2016. et par Antonin André pour le Grand Rendez-Vous.
Il rejoint CNews le , et est nommé à 79 ans conseiller de l'actionnaire majoritaire Vincent Bolloré, qui dirige cette chaîne. En , après la reprise d'Europe 1 par Vincent Bolloré, Jean-Pierre Elkabbach retrouve l'antenne de la radio.. Il est amené à effectuer les grands entretiens matinaux du week-end..
Prises de position
En 2005, Jean-Pierre Elkabbach se déclare en faveur du au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Union européenne..
Dans la fiction Jean-Pierre Elkabbach joue son propre rôle dans la série télévisée Baron noir (2016), en interrogeant, en compagnie d'Arnaud Leparmentier et de Michaël Darmon, dans son émission Le Grand Rendez-vous diffusée par Europe 1, i-Télé et Le Monde, le président de la République fictif, Francis Laugier (incarné par Niels Arestrup).
Vie privée Marié le à Nicole Avril., Jean-Pierre Elkabbach est aussi le père de l'actrice Emmanuelle Bach., de son vrai nom Elkabbach, issue d'une relation avec Holda Trenkle — dite Holda Fonteyn — en 1968.
Mort thumb|La tombe de Jean-Pierre Elkabbach au cimetière du Montparnasse (division 18).