Le 10 Downing Street est la résidence officielle et le lieu de travail du Premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, situé sur Downing Street dans la Cité de Westminster, près des chambres du Parlement, au cœur de Londres. La résidence est officiellement celle du premier lord du Trésor, mais ce poste est occupé conjointement à celui de Premier ministre depuis 1905.
La porte noire du numéro dix est bien connue au Royaume-Uni. Bien que la maison à cette adresse paraisse être une maison parmi d'autres, l'accès à toute la rue est soumis à des contrôles policiers. La métonymie () désigne dans la presse britannique l'administration du Premier ministre.
L'hôte actuel du 10 Downing Street est le Premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham.
Description vignette|Vue complète du 10 et du 11 Downing Street. Avec sa modeste devanture de pierre et sa simple porte d'entrée noire, Number Ten, comme elle est appelée, est l’une des adresses les plus célèbres de Londres. Le bâtiment est proche du palais de Westminster (les chambres du Parlement) et du palais de Buckingham, la résidence du roi.
Située dans la cité de Westminster à Londres, Number Ten est le centre du gouvernement britannique, physiquement et politiquement. Number Ten est ainsi non seulement la résidence du Premier ministre mais également son lieu de travail. On y trouve des bureaux pour lui-même, ses secrétaires, assistants et conseillers et de nombreuses salles de conférence et salles à manger où il reçoit d’autres dirigeants britanniques et représentants étrangers.
Le bâtiment appelé aujourd’hui Number Ten était, à l’origine, composé de trois maisons : la house at the back (maison du fond), Number Ten lui-même, et une petite maison voisine. La house at the back était un manoir construit vers 1530 ; l'original Number Ten était une maison de centre-ville modeste construite en 1685.
left|framed|George II de Grande-Bretagne a donné the house at the back et les deux maisons de Downing Street à Sir Robert Walpole comme résidence du premier lord du Trésor
En 1732, le roi George II offre le 10 Downing Street et la house at the back à Robert Walpole (souvent appelé le « premier » Premier ministre) en remerciement de services rendus à la nation. Walpole accepta à la condition qu'il s'agisse d'un don à la fonction de « premier lord du Trésor » plutôt qu’à lui-même personnellement. Le roi accepta et la propriété est transmise depuis à chaque « premier lord ». Entre 1732 et 1735, Walpole chargea William Kent de réunir les deux maisons. C’est cette maison agrandie qui est connue aujourd’hui comme « Number 10 Downing Street ».
Aussi généreux que ce cadeau peut sembler, avec le recul, l'emménagement ne fut pas un succès immédiat. Malgré sa taille impressionnante et l’emplacement commode, « Number 10 » n'était pas une habitation attrayante. Ceci était en partie dû à sa construction médiocre sur un sol marécageux et à la négligence chronique de la maintenance. Surtout, le précédent établi par Walpole n'était pas une règle, d'autant que le rôle de Premier ministre n’est pas prévu par la constitution britannique avant le début du , et ce rôle n'a pas été systématiquement lié au bureau de « premier lord du Trésor ». Coûteuse à maintenir, négligée et passablement dégradée, la maison faillit être rasée à plusieurs reprises.
Pourtant, le « Number 10 Downing Street » a survécu et est à relier avec beaucoup de grandes personnes d'État et de grands événements de l'histoire britannique récente; les gens en sont venus à apprécier sa valeur historique. La Première ministre Margaret Thatcher déclara ainsi en 1985 que « Number 10 est devenu un des bijoux les plus précieux du patrimoine national ».
Histoire des bâtiments « House at the back » avant 1733 thumb|300px|Le Palais de Whitehall par Hendrick Danckerts aux environs des années 1660-1679, vue depuis l’ouest. Le roi Charles II est au premier plan à cheval dans St James's Park. « House at the back » est au fond à droite, le bâtiment octogonal voisin est le « Cockpit ».
1530 « House at the back » a été construit aux environs de 1530 à côté du palais de Whitehall, la résidence principale des monarques à l’époque. C’était l’un des différents bâtiments qui ont formé les « Cockpit Lodgings » (« logements de la fosse aux coqs »), ainsi nommés parce qu’ils étaient attachés à une salle de combat de coqs installée dans un bâtiment octogonal. Au début du , le Cockpit a été converti en salle de concert et théâtre mais a gardé son nom. Après la Restauration, quelques-unes des réunions du premier Cabinet s’y sont tenues en secret.
À l’époque Tudor, « House at the back » était la maison du gardien du palais de Whitehall responsable de la maintenance du palais, y compris du Cockpit. Pendant de nombreuses années, elle a été occupée par Thomas Knevett (ou Knyvet), célèbre pour la capture de Guy Fawkes en 1605 et la découverte de la conspiration contre Jacques . L’année précédente, Knevett a quitté « house at the back » et occupe la maison voisine à l’emplacement actuel du Number Ten.
1604 Depuis cette époque, des membres de la famille royale et du gouvernement ont habité « house at the back ». En 1604, le fils âgé de 4 ans de Jacques , Charles, prince de Galles (futur Charles ) a habité ici brièvement. Après cela, la propriété a été étendue pour inclure le petit terrain de tennis où Henri VIII jouait à son jeu favori, et une cuisine et des pièces pour les domestiques ont été construites. Elisabeth Stuart a vécu à « house at the back » depuis ses 8 ans jusqu’en 1613 et son mariage avec l'électeur palatin pour aller à Hanovre. Elle fut la grand-mère de George, l'électeur de Hanovre, qui devait devenir roi d’Angleterre en 1714, et la grand-mère du roi George II, qui a offert la maison à Walpole en 1732. Ainsi, sur un siècle, « house at the back » lie symboliquement les Stuart et les Hanovre.
1650 right|thumb|George Monck, d'Albemarle par Sir Peter Lely, 1665–1666. Oliver Cromwell habita ici entre 1650 et 1654 et sa veuve, un an, en 1659. George Monk d'Albemarle, le général qui rendit possible la Restauration de la monarchie, habita ici de 1660 jusqu'à sa mort en 1671. Albemarle était « Premier Commissaire » de la Grande Commission du Trésor de 1667-1672 qui a transformé la comptabilité royale et permis aux souverains un meilleur contrôle des dépenses. Ces mesures ont aussi établi les fondations de l'autorité légale de la charge de « premier lord du Trésor ». L'homme présumé être le principal responsable du développement de ces mesures est le secrétaire d’Albemarle, Sir George Downing (1623-). Albemarle est la première personne associée avec la Trésorerie habitant ce qui deviendra finalement la maison du premier lord du Trésor et le Premier ministre.
Après la mort d'Albemarle, le prince d’Orange, futur Guillaume III, a probablement habité « house at the back » quelque temps alors qu’il rendait visite à son oncle, Charles II. Au printemps 1671, George Villiers, de Buckingham, prit possession des lieux en devenant un membre dirigeant du ministère de la Cabale. Buckingham le reconstruit presque entièrement à la charge considérable du gouvernement. Le résultat était un manoir spectaculaire et spacieux, parallèle au palais de Whitehall. De son jardin décoratif retiré il y avait une pleine vue sur le St. James's Park où des cerfs broutaient et les nobles se promenaient sur les chemins bordés de sculpture.
1676 Après que Buckingham eut pris sa retraite en 1676, Lady Charlotte FitzRoy, fille illégitime de Charles II, à 12 ans, emménagea quand elle épousa l'Earl de Lichfield, maître de cavalerie. Comme préparation pour le nouveau locataire, la Couronne autorisa une autre reconstruction majeure. Ce travail a inclus l’élargissant du jardin et l'addition d'un étage, donnant trois étages principaux à la maison, plus un grenier et plus le sous-sol. Le manoir résultant, qui fut connu comme la maison Litchfield, est toujours visible aujourd’hui, c’est la façade postérieure du Number Ten.
Les raisons d’une telle reconstruction sont une énigme. Probablement il y a eu un feu, mais l'explication la plus probable est que la maison s’était affaissée, causant des dommages structuraux. Westminster était autrefois un marais et un bâtiment dans le secteur exige des piliers de fondation profonds pour éviter des dommages structuraux dus à l’affaissement. À l’époque, la maison reposait sur des fondations peu profondes, une erreur de conception qui causera des problèmes jusqu’en 1960, quand le moderne 10 Downing street a été reconstruit sur une série de piliers de fondation profonds.
1690 Charlotte et sa famille suivent James II dans l'exil après la Glorieuse Révolution. En 1690, le nouveau roi et la nouvelle reine offrent la maison à Henry Nassau, Lord Auverquerque, un aristocrate hollandais qui avait aidé Guillaume III, prince d'Orange à obtenir la Couronne conjointement pour lui et sa femme, Marie Stuart. Également un Maître de cavalerie, Henry Nassau anglicise son nom pour Overkirk, et habite la maison jusqu'à sa mort en 1708.
La maison revient à la Couronne à la mort de la veuve de Henry Nassau en 1720, et la Trésorerie émet un ordre « pour réparer et aménager pour le meilleur et de la plus substantielle manière» à un coût de , une somme très importante à l’époque. Le travail inclut : « L’accès arrière dans la Downing street à réparer et une nouvelle porte, une Nouvelle Maison Nécessaire à faire ; détruire le Passage Inutile anciennement fait pour les Demoiselles d'Honneur pour accéder à Downing street, quand la reine a habité au Cockpit, Installer un grand Réservoir en Plomb & les tuyaux et installer l'Eau dans la maison & un nouveau châssis pour ce Réservoir. »
Ces réparations complétées, Johann Caspar von Bothmar, comte Bothmar, l'émissaire de Hanovre et le conseiller auprès de George I et II, s'installe. Bien que le comte Bothmar se plaigne amèrement de « la piètre Condition des Prémisses », il y habite jusqu'à sa mort en 1732.
La résidence de Georges Downing avant 1733 Sir Georges Downing, l'homme qui construisit Downing Street, était un espion. Peu après avoir rejoint les Forces parlementaires comme pasteur, Oliver Cromwell le nomma Scoutmaster General of Scotland afin d'espionner au compte de l'armée. Durant l'Interrègne, Cromwell le fit ambassadeur à La Haye où sa première mission était à nouveau l'espionnage. La tâche de Downing était de surveiller Charles Stuart, le prétendant au trône en exil, et rapporter ses activités à Cromwell.
Astucieux et cupide, Downing investit dans l'immobilier et en tira une grande richesse. En 1654 il acquit le bail d'une parcelle de terrain au sud du parc Saint James, non loin du Parlement. Il envisagea d'y construire une rangée d'habitations, destinées « …à abriter des gens de qualité… » La rue sur laquelle il construisit effectivement ces habitations porte à présent son nom, et la plus large de ces dernières fait partie de la demeure officielle du « premier lord du Trésor » et Premier ministre. Aussi prompts que furent ses investissements, il s'avéra néanmoins que durant trente années, des complications légales empêchèrent Downing de construire ses habitations.
Les autorités civiles se succédèrent à répétition pendant les guerres civiles, l'Interrègne et la Restauration. Rusé et sans scrupules, Downing fut un survivant. À la mort de Cromwell en 1658, il changea de bord, s'attachant au prince Charles, et commença à espionner pour son compte. Mettant son réseau d'agents au travail, Downing aida le prince à récupérer le trône. Ce qu'il a fait exactement n'a jamais été clair, mais a dû être d'importance car en 1660 Charles fit chevalier Downing à Breda et le nomma à nouveau ambassadeur à La Haye.
La résidence du premier lord : 1733-1735