L’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie religieux, de droit pontifical, qui s'inspire des croisades, et recréé en 1847 par décret papal. C'est maintenant un ordre au statut d'association de fidèles catholiques reconnue par le Saint-Siège et non un ordre religieux de frères (voir ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre), et qui œuvre pour aider la communauté chrétienne installée en Terre sainte, aujourd'hui territoire d'Israël, de la Palestine, de Jordanie et de Chypre. Sa devise est , qui se traduit en français moderne par Dieu le veut.

Histoire Recréation de l'Ordre en 1847

Pie IX dès le début de son pontificat avait eu un grand souci de la Palestine, d'autant que l'Empire ottoman commençait à vaciller. Le pape voulut unifier les forces missionnaires au Proche-Orient, jusqu'alors divisées entre diverses congrégations. Le , par le bref Nulla Celebrior, il rétablit le patriarcat latin de Jérusalem et nomma patriarche Giuseppe Valerga. Le nouveau patriarche devint le grand prieur de ce nouvel Ordre le . Dès qu'il prit l'ordre en mains, Valerga voulut le réorganiser. Il demanda la division des chevaliers en grades et classes, avec des attributs propres non seulement pour se présenter comme les autres ordres, mais aussi pour pouvoir récompenser ceux qui se seraient signalés par des mérites particuliers. Après des années d'insistance, Pie IX, par la lettre apostolique Cum multa sapienter du , institua les trois classes demandées, chevaliers, commandeurs et grand-croix, en amendant les statuts de l'ordre de 1746 Cum multa sapienter, . Le patriarche entreprit en 1867 une tournée des principales cours catholiques d'Europe en vue obtenir la reconnaissance juridique de l'ordre. Valerga, en remplaçant la clause de noblesse requise jusqu'alors par la notion d'appartenance à une élite, voulut faire croître le nombre des chevaliers. En moins de 25 ans, il créa chevaliers censés vivre .

La question de l'admission des femmes au sein de l'ordre se posa très rapidement. Dans la société du , les états n'admettaient des femmes dans les ordres de chevalerie ou de mérite qu'à titre exceptionnel. Se fondant sur un cartulaire du Saint-Sépulcre, publié à Paris en 1849 qui citait déjà des noms de dames, le patriarche obtint de Pie IX en 1871, l'autorisation d'accepter une noble dame anglaise dans l'ordre. Fort de ce précédent, le deuxième patriarche, Bracco, en accepta une centaine entre 1873 et 1889. Le pape Léon XIII par le bref Venerabilis frater du donna son approbation à la réception des dames dans l'ordre.

thumb|Le patriarche latin de Jérusalem en 1926, à droite. Pour consolider la position de l'ordre en Terre sainte, le pape Pie X se réserva pour lui et ses successeurs la charge de grand maître par la lettre apostolique Quam multa du et accorda aux chevaliers une place dans les chapelles papales, tandis que le patriarche est désigné comme Recteur et administrateur perpétuel de l'Ordre. Pie XI restitua au patriarche ses prérogatives par la lettre apostolique du et confie à l'Ordre l'œuvre de la préservation de la foi en Palestine.

À la suite d'une controverse protocolaire surgie entre l'ordre du Saint-Sépulcre et l'ordre souverain de Malte, qui revendiquait la fusion de l'ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre avec l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dont il se réclame héritierPrier et Combattre, , l'ordre du Saint-Sépulcre fut alors désigné comme « ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem » tandis que la dignité de grand maître, qui ne pouvait appartenir qu'à l'ordre hospitalier, restaurée par Pie X, fut abolie et les baillis représentants le patriarche devaient dorénavant être appelés « lieutenants » avec le prédicat d'« excellence ». Ces nouveaux statuts présentés par le patriarche furent approuvés par un décret de la Congrégation du cérémonial le .

En , Pie XII institua un cardinal protecteur de l'ordre. Son rôle se développa d'autant plus que le second conflit mondial paralysait l'action du patriarche latin de Jérusalem. La grande maîtrise fut restaurée le par le bref Quam Romani Pontifices au profit du cardinal protecteur. De nouveaux statuts furent rédigés et promulgués, aux termes desquels l'Ordre, placé sous la protection du Saint-Siège, jouirait de la personnalité juridique et serait dévolu à un cardinal grand maître nommé par le souverain pontife. La visibilité de l'Ordre à Rome fut manifesté par l'établissement de son siège ecclésial en l'église de San Onofrio concédée motu proprio le Site de la lieutenance du Canada - Montréal « L’usage de l’église dédiée à saint Onuphre sur le Janicule ainsi que le monastère attenant et le musée de Torquato Tasso, avec tout son ameublement et toutes les propriétés fixes, sont assignés par la loi à l’ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. » et par l'affectation du palais della Rovere, situé près du Vatican, qui devint le siège du grand magistère, définitivement établi à Rome, Jérusalem demeurant le siège historique.

La dernière modification statutaire a été approuvée par le pape Paul VI en 1977.

L'ordre est considéré par le droit canonique comme une association publique de fidèles.

Buts de l'Ordre Les buts de l'ordre du Saint Sépulcre sont définis dans l'article II de ses statuts à savoir :

Accroître parmi ses membres laïcs la pratique de la vie chrétienne, en fidélité absolue au Souverain Pontife, en observant comme base les principes de la charité, qui pour l'ordre sont un moyen fondamental d'aide à la Terre sainte soutenir et aider, notamment par une aide matérielle, les œuvres et les institutions cultuelles, caritatives, culturelles et sociales de l'Église Catholique en Terre sainte, particulièrement celles situées dans la juridiction du Patriarcat Latin de Jérusalem (diocèse recouvrant Israël, la Jordanie, la Cisjordanie, Gaza, Chypre)À ce titre, l'Ordre soutient : 52 paroisses comprenant 80 prêtres, 206 établissements scolaires rassemblant , différents établissements médicaux et sociaux ainsi que des organisations caritatives catholiques, le grand séminaire de Beit Jala.. encourager la conservation et la propagation de la Foi dans ces régions, en y intéressant les catholiques répandus dans le monde entier, unis dans la charité par le symbole de l'Ordre, ainsi que tous les chrétiens ;

Organisation L'ordre du Saint-Sépulcre est une « personne juridique de droit canonique », selon le droit de l'Église catholique, composée de membres laïcs et d'ecclésiastiques. Les « Constitutions de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre », qui régissent actuellement l'ordre, ont été approuvés le par le pape Paul VI.

Gouvernement de l’ordre thumb|Saint-Onuphre au Janicule, siège de l'ordre thumb|Le pavillon de l'ordre dans le Palais Della Rovere, siège administratif Bénéficiant du statut de droit pontifical, il est placé sous la protection du Saint-Siège et le gouvernement d'un cardinal grand maître.

Le grand maître donne ses directives et dirige l'Ordre depuis son siège du palais Della Rovere situé à Rome. Il assure les rapports de l'institution avec le Saint-Siège et les hautes autorités ecclésiastiques et civiles internationales. Au niveau national, il délègue généralement ses fonctions aux lieutenants ou aux délégués magistraux sur le territoire de leur compétence.

Le grand magistère de l'Ordre assiste le grand maître en organisant et coordonnant ses activités à travers le monde et plus particulièrement en Terre sainte, ainsi que la gestion et l'administration du patrimoine de l'Ordre. Il est composé par : le lieutenant-général, choisi parmi les membres laïcs de l'ordre, qui représente le grand maître ; le gouverneur général, également choisi parmi les membres laïcs, qui supervise les activités du grand magistère, de la Consulta et des commissions, étudie des besoins des œuvres en Terre sainte et des lieutenances et organise l'administration courante ; le chancelier, secrétaire du grand magistère et de la Consulta, supervise les nominations et promotions dans l'ordre ainsi que le renouvellement des charges des lieutenances ; le cérémoniaire, choisi parmi les membres ecclésiastique organise les cérémonies religieuses et traite des questions concernant la vie spirituelle de l'Ordre ; une dizaine de membres de l'Ordre, choisis et nommés par le grand maître, dont les deux tiers sont des laïcs.

Deux assemblées se réunissent pour assister le grand maître : le Conseil du grand magistère est l'organe exécutif du grand magistère. Il rassemble le gouverneur général, le chancelier et les membres éventuels du grand magistère ; la Consulta, convoquée et présidée par le grand maître qui en détermine l'ordre du jour, réunit le patriarche grand prieur, l'assesseur, les lieutenants et délégués magistraux, un représentant de la secrétairerie d'État et un représentant de la Congrégation pour les Églises orientales.

L'assesseur est un prélat, nommé par le cardinal grand maître avec l’approbation du pape. Il peut être présent aux réunions du grand magistère, sans droit de vote. Durant la vacance de la charge de grand maître ou l'éventuel empêchement de celui-ci, il représente l'Ordre et le dirige en collaboration avec les organismes statutaires prévus. Il est relevé de sa fonction lors de la nomination du nouveau grand maître qui peut cependant le confirmer dans sa charge.

Grand magistère actuel La composition du grand magistère est la suivante : Grand maître : le cardinal Fernando Filoni (depuis le ) ; Grand prieur : Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; assesseur du grand maître de l'Ordre : Giuseppe Lazzarotto ; assesseur d'honneur du grand maître de l'Ordre : Antonio Franco, chevalier grand-croix, palme d'or de Jérusalem ; lieutenant général : chevalier de collier professeur Agostino Borromeo ; gouverneur général : chevalier de collier ambassadeur Léonardo Visconti di Modrone ; vice-gouverneurs généraux : chevalier grand-croix Paul Bartley, chevalier grand-croix Thomas Pogge, chevalier grand-croix Jean-Pierre de Glutz-Ruchti, chevalier grand-croix Enric Mas ; vice-gouverneurs généraux honoraires : chevalier grand-croix George T. Ryan, chevalier grand-croix Jean Marc Allard, chevalier grand-croix Simonart, chevalier grand-croix Adolfo Rinaldi, chevalier de collier Patrick Powers, chevalier de collier Giorgio Moroni Stampa ; chancelier : chevalier grand-croix ambassadeur Alfredo Bastianelli ; chancelier honoraire : chevalier grand-croix ambassadeur Ivan Rebernik ; cérémoniaire : Fortunato Frezza ; membres : dame grand-croix Mary Currivan O’Brien, grand officier Flavio Rondinini, chevalier grand-croix Nicholas McKenna, chevalier grand-croix Leopoldo Torlonia, chevalier grand-croix Dominique Neckebroeck, chevalier grand-croix Vincenzo Buonomo, chevalier grand-croix Michael Scott Feeley ; dignitaires honoraires : chevalier grand-croix Aldo Maria Arena, chevalier grand-croix Graaf Mario Cantuti Castelvetri, chevalier grand-croix Dennis J. Looney, chevalier grand-croix Michael Earthman, chevalier grand-croix Otto KasparR, chevalier grand-croix John Ralph, chevalier grand-croix Batholomew John McGettrick, dame grand-croix Christa von Siemens, chevalier grand-croix Pierre Blanchard, chevalier grand-croix João de Castro de Mendia, chevalier grand-croix Joseph E. Spinnato, Heinrich Dickmann, chevalier grand-croix John C. Piunno, chevalier grand-croix Thomas E. McKiernan, chevalier grand-croix Bo J. Theutenberg, grand officier Philippe Plantade.

Cardinaux grands maîtres

En 1940, Pie XII nomma Nicola Canali protecteur de l'ordre. La mission du cardinal grand maître est définie en 1949 par le bref apostolique Quam Romani Pontifices :

DatesBlasonTitulaire1949-1960170pxNicola Canali1960-1972170pxEugène Tisserant1972-1988170pxMaximilien de Furstenberg1988-1995170pxGiuseppe Caprio1995-2007170pxCarlo Furno2007-2011170pxJohn Patrick Foley2011-2019170pxEdwin O'Brien2019-170pxFernando Filoni

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