Ménerbes est une commune française située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Ménerbiens.

Bâtie sur un éperon rocheux du Luberon, entre Oppède à l'ouest et Lacoste à l'est, la commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.

Géographie Localisation La commune fait partie du parc naturel régional du Luberon.

vignette|gauche|redresse=1.8|Sur son éperon rocheux, le village de Ménerbes en automne avec en fond le Luberon.

vignette|Le village de Ménerbes.

Relief La commune s'étend jusqu'au sommet du petit Luberon où se trouve la continuité de la forêt de cèdres (venant de Bonnieux, puis Lacoste) au sud et descend vers la plaine du Calavon au nord. Nombreuses collines.

Géologie Le petit Luberon est constitué d'une zone très large de calcaires marneux coupés par des bancs de calcaire plus durs (Néocomien) formant de grandes falaises. Sur le versant nord dont la commune de Lacoste fait partie, c'est le barrémien qui occupe la plus grande surface.

Hydrographie vignette|200px|Le Calavon.

Plusieurs cours d'eau arrosent le territoire. Le principal est à la limite nord de la commune : le Calavon. Le Calavon prend sa source dans les Alpes-de-Haute-Provence, traverse les gorges d'Oppedette, traverse Apt et va se jeter dans la Durance vers Cavaillon. Son parcours total est de 66 kilomètres. Une particularité rare de cette rivière est qu'elle porte deux noms : d'abord celui de Calavon, puis celui de Coulon à partir du village des Beaumettes, au niveau, mais de l'autre côté de la commune de Ménerbes, en limite nord. Le changement de nom se fait à l'ancienne limite entre les tribus gauloises des Albiques (Apt) et des Cavares (Cavaillon). On peut aussi noter le Réal.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cabrières-d'Avignon », sur la commune de Cabrières-d'Avignon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en .

Urbanisme Typologie Au , Ménerbes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AvignonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-régionale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Avignon comprend une ville-centre et ... La commune est en outre hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (60,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (60,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,7 %), cultures permanentes (20,7 %), zones agricoles hétérogènes (15,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8 %), prairies (2,5 %), zones urbanisées (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Au nord passe la route nationale 100, véritable colonne vertébrale du réseau routier de la vallée du Calavon au nord du petit Luberon.

La route départementale 3 traverse la commune sur un axe est-ouest. Les routes départementales 103 et 109 partent en direction de Lacoste et Bonnieux à l'est et la route départementale 188 escalade une colline pour rejoindre Oppède à l'ouest. La D 103 bifurque au pied du village pour rejoindre la nationale 100 au nord. Enfin, la route départementale 29 au nord-ouest fait la jonction entre la D 3 et la D 103.

La D 103A permet de rejoindre le village perché depuis la D 103 qui passe en contrebas.

Risques majeurs Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Toponymie En 1081, les textes font référence au village sous le nom de Menerba., et par la suite de Minerbium.

Le nom de Ménerbes est issu de celui de la déesse romaine Minerva. pris absolument. L'ajout d'un s est tardif et d'origine savanteJean-Jacques Fénié et Bénédicte Fénié, op. cit..

En provençal, le village se nomme Menèrba selon la norme classique et Menerbo selon la norme mistralienne.

Homonymie avec Minerve (Hérault), qui est un ancien Menerba également et attesté sous la forme Menerba en 873.

Histoire Traces de la préhistoire

Abri Soubeyras Les premiers indices importants d'occupation humaine sur le territoire de Ménerbes ont été mis au jour dans l'abri Soubeyras, situé en rive gauche du Calavon à proximité du village des Beaumettes. Les fouilles conduites par M. Paccard dans les années 1950 ont permis de découvrir des niveaux attribués au Paléolithique supérieur (Magdalénien supérieur), au Néolithique et au ChalcolithiquePaccard, M. (1956) - « Du Magdalénien en Vaucluse : l'abri Soubeyras à Ménerbes », Cahiers Ligures de Préhistoire et d'Archéologie, , .Paccard, M. (1961) - « Nouvelle étude statistique des industries de l'abri Soubeyras (à Ménerbes - Vaucluse) », Cahiers Ligures de Préhistoire et d'Archéologie, , .. Les travaux ultérieurs de J.É. Brochier ont permis de préciser l'attribution des niveaux paléolithiques et de reconnaître la présence de Tardigravettien, de Magdalénien et d'AzilienLivache, M. et Brochier, J.É. (2004) - « Le Paléolithique supérieur en Vaucluse : aux confins des mondes atlantique et italique », in: Vaucluse préhistorique, Buisson-Catil, J., Guilcher, A., Hussy, Ch., Olive, M. et Pagni, M., (Éds.), Ministère de la Culture et de la Communication, Éditions Barthélémy, .Brochier, J.É. (2004) - « L'abri Soubeyras et les paysages tardiglaciaires dans le bassin du Calavon », in: Vaucluse préhistorique, Buisson-Catil, J., Guilcher, A., Hussy, Ch., Olive, M. et Pagni, M., (Éds.), Ministère de la Culture et de la Communication, Éditions Barthélémy, .. Outre l'industrie lithique, le site a livré des sagaies en os, des baguettes semi-rondes et de nombreux vestiges fauniques (cerf, chevreuil, bouquetin, cheval, sanglier, marmotte)Sauzade, G., Buisson-Catil, J., Texier, P.-J. et Guilbert, R. (1997) - « Préhistoire en Luberon », Courrier scientifique du Parc naturel régional du Luberon, , "20 ans de recherches", ..

Dolmen de la Pichouno vignette|200px|Dolmen de la Pitchoune. Le dolmen de la Pichouno (« la petite fille ») est l'un des deux seuls monuments mégalithiques de ce type en Vaucluse avec le dolmen de l'Ubac, situé sur la commune voisine de Goult. Il fut découvert en 1850 par un agriculteur qui le vida afin d'y entreposer des pommes de terre. Il fut identifié ensuite par l'abbé André, curé du village, qui l'étudia et le signala à la Société archéologique de France. Il aurait également découvert un deuxième dolmen à proximité du premier. Les monuments tombèrent dans l'oubli jusqu'à ce que l'un d'eux soit redécouvert en 1909 par André Moirenc, agent voyer à Bonnieux et archéologue amateur. Ce dernier effectua des fouilles et mit au jour quelques ossements et des silexPellecuer, L. (1985) - « Ménerbes, des origines au », Bulletin de l'Association d'Histoire et d'Archéologie du Pays d'Apt, , spécial Ménerbes, .Moirenc, A. (1909) - « Le dolmen de Ménerbes », Revue préhistorique, .Moirenc, A. (1909) - « Découverte à Ménerbes d'un dolmen », Annales de Provence..

Gérard Sauzade y fit de nouvelles fouilles en 1972. Si la chambre funéraire avait quasiment été vidée de tout matériel archéologique, le tamisage des anciens déblais permit de recueillir de nombreux ossements, des dents, une armature de flèche sublosangique en silex blond, deux perles discoïdes en calcaire et des fragments de poterie. Le monument lui-même est relativement bien conservé. Un couloir court permis d'accéder à une chambre funéraire dont les murs sont constitués de murs en pierre sèche montés en encorbellement. Le sol est formé d'un dallage irrégulier. La masse de la dalle de couverture est estimée à six tonnesSauzade, G. (1983) - Les sépultures du Vaucluse du Néolithique à l'Âge du Bronze, Université de Provence, Études Quaternaires, 6, 253 p.Sauzade, G. (1997) - « Les pratiques funéraires en Provence pendant la Préhistoire récente », in: Luberon des origines - des chasseurs-cueilleurs moustériens aux premiers paysans : 100 000 ans de peuplement préhistorique dans le Parc naturel régional du Luberon, Buisson-Catil, J., (Éd.), Notices d'archéologie vauclusienne, , .. En l'absence de datation absolue, le type de monument et le mobilier associé semblent correspondre au Néolithique final (Chalcolithique).

Antiquité La commune a livré de nombreux vestiges traduisant une occupation gallo-romaine, en particulier aux quartiers des Alafoux ( / ), des Bas-Heyrauds (atelier et four de potier, fin du ), des Grandes Terres (fin du ), au quartier Guimberts (autel à Sylvain, fin du ), au quartier Saint-Alban (épitaphe et plaque de ceinturon de boucher, 70 à 100 ). Différents vestiges découverts au pied du village pourraient également traduire la présence de villae romainesBourgue, L., Bruni, R., Cossé, J., Deflaux, L., Muret, J.-P., Nicolaï, J.-P. et Pellecuer, L. (2006) - Ménerbes, forteresse imprenable, Association "Pour le Luberon" / Ménerbes Patrimoine, 110 p..

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