Spartacus est un film américain de Stanley Kubrick, sorti en 1960, adapté du roman homonyme de Howard Fast publié en 1951.
Inspiré par l'histoire de la vie de Spartacus, le chef d'une révolte d'esclaves dans l'Antiquité, et des événements de la troisième guerre servile, le film met en scène dans les rôles principaux les acteurs Kirk Douglas en tant que Spartacus et Laurence Olivier en tant que général romain et homme politique Marcus Licinius Crassus. La distribution principale est complétée par les acteurs Peter Ustinov, lauréat d'un Oscar du meilleur second rôle masculin qui incarne le marchand d'esclaves Lentulus Batiatus, de John Gavin en tant que Jules César, de Jean Simmons en tant que Varinia, de Charles Laughton en tant que Sempronius Gracchus et de Tony Curtis en tant qu'Antoninus.
En 2017, le film est choisi pour être conservé par le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour son « importance culturelle, historique et esthétique ».
Synopsis En 73 av. J.-C., Spartacus (Kirk Douglas) est un esclave thrace que l'on fait travailler dans les mines de Lydie. Pour s'être attaqué à deux gardes romains, il est laissé à mourir au soleil, enchaîné. Il est remarqué par Lentulus Batiatus (Peter Ustinov), un laniste romain (directeur d'un ludus gladiatorius, une école de gladiateurs). Il vient faire son marché parmi les forçats pour son école située à Capoue. Malgré les supplices qu'il a déjà subis, Spartacus a toujours de la force et de la vigueur. Cela plaît à Batiatus, le voyant comme un bon élément pour son ludus.
Rapatrié avec d'autres esclaves dans cette école, Spartacus est pris en charge par l'entraîneur Marcellus (Charles McGraw), lui-même ancien gladiateur et devenu libertinus (un affranchi, pas encore citoyen libre, mais possédant bien plus de liberté qu'un esclave). Marcellus est intransigeant sur la discipline. Il remarque de suite le feu qui couve dans le comportement du Thrace, cherche à l'humilier pour calmer ses ardeurs.
Les difficultés liées au métier de gladiateur sont multiples, le danger est inhérent pour tout un chacun. Il s'agira en combat réel de tuer ou d'être tué. En attendant, les entrainements sont vigoureux, les combats acharnés, les hommes en sont réduits toute la journée à un instinct animal presque primaire. Spartacus fait connaissance avec les autres esclaves, dont Crixus (John Ireland) et un grand homme Noir qui refuse de lui donner son identité (Woody Strode). Il est aussi intrigué par Varinia (Jean Simmons), une esclave qui sert dans la cuisine. Il ne veut pas la toucher. Spartacus n'a jamais été l'amant d'une femme, voyant dans l'acte sexuel un instinct animal qu'il déteste et refuse absolument d'assouvir. Marcellus a envoyé Varinia en récompense pour observer la réaction de Spartacus. Les deux esclaves subissent après cela de nombreuses humiliations.
Quatre citoyens romains viennent un jour se présenter à l'entrée de la domus (maisonnée de campagne) de Batiatus. Crassus (Laurence Olivier), un aristocrate romain immensément riche, membre du Sénat est avec son épouse (Joanna Barnes). Le deuxième couple est constitué de Marcus Glabrus (John Dall), le beau-frère de Crassus, et sa toute jeune épouse (Nina Foch). Les deux couples s'entendent bien et sont habitués à se faire obéir sur le champ. Batiatus perçoit l'honneur de leur venue et se complaît en flatteries pour ses augustes visiteurs. Une demande extravagante va contrevenir au bon fonctionnement de l'école. C'est que Crassus est catégorique : il réclame à Batiatus de faire combattre deux paires de gladiateurs jusqu'à la mort (action qui ne se fait pourtant que dans une arène, normalement, et selon tout un protocole préalable). Pour que ces combats se fassent ici et maintenant, le Sénateur accepte de donner la somme astronomique de deux mille sesterces. C'est ce que Batiatus lui a présenté comme , espérant ainsi obtenir que les duels à mort ne se fassent pas. Pour autant le laniste ne peut que laisser faire les dames qui prennent les devants et elles choisissent les gladiateurs selon leurs carrures physiques, leur musculature, leur vigueur. Crixus est choisi contre Galino. Spartacus est sélectionné pour se battre dans l'arène contre l'homme Noir dont on va apprendre le prénom à ce moment-là : Draba.
Crixus gagne vite le premier combat. Spartacus et Draba livrent quant à eux un combat acharné, intense. Spartacus est vaincu, acculé sans armes contre un rebord mais Draba a une force de caractère impétueuse. Il refuse de tuer son vis-à-vis et lance par défi son trident vers la loge des spectateurs ébahis. l'Éthiopien s'élance ensuite pour monter sur l'estrade mais il est blessé dans le dos par une lance. Crassus le tue ensuite d'un coup de dague porté à la gorge. Spartacus est écœuré par la mort de Draba et l'humiliation que son corps subit ensuite car l'Éthiopien est laissé pendu par les pieds à une corde, tête en bas, , pour que tous les esclaves du ludus puissent méditer sur sa fin.
Le lendemain, Marcellus va révéler à Spartacus que Varinia a été achetée par Crassus. Le Thrace s'en prend alors à l'entraîneur, ce qui entraîne spontanément la révolte de tous les autres gladiateurs, tous échaudés par les circonstances des combats de la veille. Marcellus est noyé par Spartacus dans la marmite de nourriture. Batiatus, voyant le début de la rébellion, se sauve en charette en emmenant Varinia avec lui. Les révoltés submergent leurs gardes et s'éparpillent dans la campagne.
Au Sénat de Rome, le plébéien Sempronius Gracchus (Charles Laughton), adversaire déclaré de Crassus, fait voter une motion donnant à Marcus Glabrus, chef de la garnison de Rome et protégé de Crassus, le commandement d'une armée chargée de mater la révolte des esclaves qui se sont réfugiés sur les flancs du Vésuve. En attendant, César (John Gavin), allié de Gracchus, prend le commandement de la garnison de la ville. Crassus, de retour de chasse, choisit un nouvel esclave, Antoninus (Tony Curtis), jeune lettré et poète, comme divertissement. Crassus, bisexuel, ne tarde pas à s'éprendre de sa beauté et de ses capacités de divertissements et à lui faire des avances, par allusions.
Spartacus devient le chef des révoltés. Ils projettent de libérer les esclaves romains. De nombreux pillages de domaines ruraux sont signalés. Les révoltés prennent soin de s'en prendre aux citoyens romains, qu'ils capturent, rançonnent, frappent, humilient. De nombreux esclaves rejoignent le groupe et aussi des familles entières de tous âges. Cela rend leur nombre presque aussi important qu'une armée. Varinia est retrouvée, s'étant échappée du char de Batiatius en courant, ce dernier ne parvenant pas à la rattraper par en raison de son embonpoint prononcé. Elle retrouve Spartacus. Tous deux s'avouent un amour intense, irradiant et sincère. Ils deviennent amants la nuit de leurs retrouvailles.
Tous les révoltés se sont repliés sur le Mont Vésuve. Parmi eux se trouve Antoninus, qui a fui la domus de Crassus pour échapper ainsi aux sévices sexuels promis par son maître bisexuel. La communauté est organisée de façon forte et autonome, apprenant l'art du combat, de la gestion de nourriture, des soins à apporter au groupe. Varinia est désormais la compagne officielle de Spartacus aux yeux de tous. L'objectif du Thrace est de faire traverser l'Italie à ses hommes, jusqu'à la mer, où il paiera les pirates ciliciens pour les faire embarquer sur leurs bateaux et les transporter le plus loin possible de Rome. Prenant contact avec le chef pirate, Spartacus apprend de lui, par son émissaire Tigranus (Herbert Lom), que le prix de la traversée est de plusieurs milliers de sesterces. Il convient de lui donner cette somme grâce à des rançons de citoyens romains et des pillages. Cela prendra donc du temps.
Les révoltés taillent en pièces l'armée de Glabrus. Ce dernier n'a même pas fait creuser de fossés ni ériger de palissades pour se protéger d'une attaque extérieure (ce qui contredit complètement aux obligations alors en vigueur pour un camp romain). Son retour au Sénat se passe mal. Il en est exclu avec Crassus. L'eau, la nourriture, l'abri et le feu leur sont refusés sur des dizaines de kilomètres à la ronde, ce qui équivaut à une mesure d'exil formel.
Spartacus et son armée de révoltés prennent alors la direction de la côte Est afin d'embarquer sur la flotte du pirate cilicien à Brundisium. Varinia lui apprend qu'elle est enceinte de lui.
Le Sénat romain s'inquiète de plus en plus à mesure que les révoltés parviennent à tenir tête aux armées envoyées contre eux. Gracchus va alors révéler à César avoir soudoyé les pirates ciliciens pour que ces derniers aillent transporter les révoltés de l'autre côté de la Méditerrannée. Cela ne plaît guère à César qui voit dans cette manœuvre une action contre Rome. Il se rallie alors à Crassus qui a l'idée inverse, celle d'empêcher les révoltés de pouvoir s'enfuir d'Italie, de ne pas pouvoir s'exiler.
Lorsque Spartacus parvient à la côte pour appareiller comme convenu, Tigranus lui apprend qu'il ne pourra pas embarquer, car Crassus vient de payer la flotte cilicienne pour qu'elle prenne le large. Il offre seulement d'embarquer Spartacus, Varinia et quelques-uns de ses officiers sur son bateau personnel. Spartacus refuse et le fait jeter dehors du camp. Il s'apprête alors à affronter les armées romaines. À Rome, Crassus a promis d'écraser la rébellion à condition qu'il soit nommé dictateur, et le Sénat a accepté malgré les protestations de Gracchus. Les esclaves voient bientôt la menace se préciser. L'armée de Crassus arrive de Rome et elle est épaulée par celle de Pompée qui vient de Calabre puis de celle de Lucullus qui a accosté à Brundisium.
L'armée esclave subit une défaite complète et Crixus est tué dans la bataille. Spartacus et Antoninus sont faits prisonniers parmi tout un tas d'autres révoltés. Sur le champ de bataille, Crassus trouve Varinia, qui vient d'accoucher, et la fait ramener à Rome. Il la convoitait depuis qu'il l'avait entrevue dans la maison de Batiatus à Capoue. Crassus promet aux captifs qu'ils ne seront pas punis s'ils lui livrent Spartacus. Le chef des esclaves est voué à la mort par crucifiction pour sédition contre Rome. Il est entendu que les révoltés qui restent seront rendus à la condition de l'esclavage. À la grande surprise de Crassus et de Spartacus lui-même, tous déclarent : . Le vainqueur les condamne à être crucifiés tout le long de la Voie Appienne jusqu'aux portes de Rome.
Crassus est incapable de comprendre comment et pourquoi Spartacus ait pu réussir à se faire aimer de ses hommes et de Varinia. Il ment à cette jeune femme, lui affirmant que son compagnon est déjà décédé. Il la comble de bijoux somptueux, l'a fait vêtir d'une toge splendide, croyant acheter ainsi un certain respect, mais elle n'a que faire de ces parures, de cette apparence. Il cherche à percer le mystère de la manière d'être aimé par elle mais n'y parvient pas. Frustré par les dires de Varinia qui perçoit qu'il a une peur profonde de Spartacus, il ordonne qu'Antoninus et ce dernier, enchaînés l'un à l'autre et qui sont les derniers hommes du groupe encore en vie, se battent à mort derrière les murailles de Rome. Les deux survivants de la grande révolte éprouvent l'un pour l'autre un profond respect filial et paternel, chacun cherche à protéger l'autre. Spartacus, profondément ému, s'excuse avec profusion de viser le cœur de son ami pour lui permettre une mort rapide et sans les souffrances de la crucifixion.
Batiatus ruiné par la révolte de ses gladiateurs veut prendre sa revanche sur Crassus qu'il accuse d'être la cause de son malheur. Il retourne à Rome et s'allie à Gracchus, maintenant disgracié. Celui-ci lui donne de l'argent pour enlever Varinia et l'emmener en Gaule où elle trouvera la liberté. Après leur départ, Gracchus se suicide voyant l'arrivée de César aux commandes de Rome comme un déshonneur suprême.