Le hangar à dirigeables d'Écausseville est un bâtiment militaire désaffecté, qui se dresse sur le territoire de la commune française d'Écausseville, dans le département de la Manche, en région Normandie et plus précisément dans le Cotentin.
L'édifice est classé aux monuments historiques depuis 2003 et est un équipement de la communauté d'agglomération du Cotentin.
Historique Le hangar en bois Durant la Première Guerre mondiale, la Marine nationale décide d'employer des dirigeables pour repérer les sous-marins allemandsVoir : Le Génie civil, , . et construit à la hâte douze centres dont celui d'Écausseville.. Un terrain du hameau de la Bazirerie, protégé des vents d'ouest dominants, permet un décollage avec les vents ascendantsAlain Nafilyan, Eric Diouris, Frédéric Henriot, Monuments historiques du en Basse-Normandie, In Quarto, 2010..
Deux hangars sont commandés le . Les hangars sont prévus en bois de de long sur 20 de large et 22 de haut. Le premier est construit en 1917 par la société Sainte-Beuve et Garnier entre et , et accueille le Sea Scout SS-49 / VA-3Sur le site d'Aérobase..
Le hangar en béton Le , la Marine décide de lui adjoindre un second hangar, cette fois en béton., destiné à abriter un aérostat de type ZD3.
La construction, selon les plans de l'ingénieur Henry LossierStructurae : Henry Lossier (1878-1962) par les établissements Fourré et Rhodes, s'étale du au Sur le site Carnet de vol..
Appliquant le procédé développé par François Hennebique, les en béton produites sur place, reposent sur un comble en forme de chaînette renversée, de de rayon articulé à la base du rayon et au sommet, et une charpente de en béton armé, formant un bâtiment de sur 24, d'une hauteur de . Le ciment provient de l'usine du Ham, les châssis vitrés de Saint-Gobain ; les fers à béton nécessaires à la confection des fermes viennent des États-Unis, du fait de l'occupation allemande des régions sidérurgiques durant la guerre. La grande porte coulissante à deux battants de style Eiffel (), nécessitant six hommes pour l'actionner depuis la tourelle de manœuvre, est posée en 1920 au nord-est du bâtiment puis perdue en 1940 (cyclone du ) sous l'Occupation.
en ciment armé couvrent le toit de la structure.
Il s'agit du troisième ouvrage en béton armé en France, le premier étant le Pont Camille-de-Hogues.
Les réaffectations Le hangar ne devient opérationnel qu'après l'Armistice. Déjà, l'aviation rend obsolète les bâtiments, qui n'abritent des dirigeables qu'une seule fois, en 1922.
Utilisés comme base arrière pour les avions reliant Paris à Cherbourg, les hangars sont désaffectés en 1927, celui en bois est démonté en 1932. La Marine décide de supprimer les dirigeables en 1936, moins efficaces et plus onéreux que l'aviation. L'autre est transféré en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, à la Direction d'artillerie navale de Cherbourg.
Sous l'Occupation, les Allemands désertent le hangar dans la nuit du 10 au quand approche la d'infanterie américaine. Le hangar est ensuite utilisé par les Américains. De 1946 à 1994, il sert à stocker le matériel des unités de Marine de Cherbourg, avec une interlude entre 1967 et 1969 où il s'y déroulent des pré-tests pour la conception de la première bombe atomique.
De 2004 à 2008 Stephane Belgrand Rousson s'entraine dans le hangar au pilotage de son ballon pour sa traversée de la Manche, il fait profiter au public présent la possibilité d'essayer un ballon dirigeable à propulsion humaine...
Aujourd'hui, il est désaffecté et sert l'été pour des vols en aéroplume.
Protection du monument L'Association franco-américaine des aérodromes normands de la se porte acquéreur du lieu en 1999, et tente de valoriser ce patrimoine avec l'Association des amis du hangar à dirigeables d'Écausseville.
Inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du , ce hangar, dernier bâtiment de ce type (avec le hangar Y de Meudon classé monument historique en 2000) du fait de la destruction de ceux construits à Brest, Rochefort et Orly, est classé au titre des monuments historiques par arrêté du .
La communauté de communes rachète le hangar en 2008, l'Association des amis du hangar conservant la mission de médiation.
Visites +AnnéeVisiteurs20093 500C.G., « Le hangar d'Ecausseville veut faire décoller son activité », La Presse de la Manche, 6 novembre 201020105 00020117 000.202322 000
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Lieutenant-colonel G. Espitallier, Les voûtes en béton armé dans la couverture des bâtiments. Le hangar de Montebourg pour ballons dirigeables, , Le Génie civil, , (lire en ligne)], planche II (Voir) Émile Gouault, L'aérostation maritime, , Le Génie civil, , (lire en ligne) François Dallemagne, Jean Mouly, Patrimoine militaire, , Éditions Scala, Paris, 2002 Xavier Bezançon,Daniel Devillebichot, Histoire de la construction moderne et contemporaine en France'', , Eyrolles, Paris, 2013 [https://books.google.fr/books?id=fP9sBAAAQBAJ&pg=PA212#v=onepage&q&f=false (lire en ligne) , compte-rendu par
Articles connexes Dirigeable militaire Goodyear Airdock
Liens externes
Le site de l'association Les Amis du hangar qui gère le monument. Wokipi aerostation : Hangar à dirigeables d'Écausseville Fonds des archives départementales de La manche
Catégorie:Monument historique dans la Manche Catégorie:Monument historique classé en 2003 Catégorie:Site retenu pour le loto du patrimoine en 2018