Jeune Vierge autosodomisée par les cornes de sa propre chasteté est une huile sur toile de l'artiste surréaliste espagnol Salvador Dalí réalisée en 1954.
Elle illustre la période « mystique nucléaire » de Salvador Dalí. La figure féminine y est fragmentée en éléments géométriques suspendus, traduisant l’influence des théories atomiques et des recherches sur les proportions.
Dans les années 1950, Dalí utilise fréquemment les cornes de rhinocéros comme motif. Ici, les fesses de la jeune vierge se composent de quatre cornes convergentes, qui à la fois dessinent la forme et suggèrent sa propre autosodomisationElliott King, dans Dawn Ades (réd.), Dalí, Milan, Bompiani Arte, 2004, pp. 378-379.
Sur cette toile, Dalí semble s'être inspiré de Vermeer, l'un des rares artistes qu'il considérait comme un maître. En particulier, La Dentellière de Vermeer semble l'avoir enthousiasmé par ses courbes convergeant vers les doigts du modèle et donc vers le point de pénétration de l'aiguille, qui, souligna Dali, est simplement suggéré et non réellement peint. Dans un coup de publicité, Dalí monta son chevalet devant l'original de Vermeer dans l'intention exprimée d'en faire une copie. Le résultat fut toutefois la toile ici décrite, où Dali utilise consciemment la technique du point focal de Vermeer, mais pour obtenir un effet tout à fait différent.
La peinture, qui faisait partie de la collection du manoir Playboy, à Los Angeles, rappelle la représentation que Dali fit de sa sœur Anna María dans Jeune fille debout à la fenêtre en 1925 : quelques critiques y ont donc vu une attaque contre sa sœur pour la punir d'avoir publié une biographie assez défavorable sur luiKirsten Bradbury, Dalí(Essential Art), Bath, Paragon Publishing, 2001, p. 30 ; y a aussi vu une représentation de Gala, même si le personnage repose en fait sur une photographie d'un magazine sexuel des années 1930Robert Descharnes, Dalí, L'héritage infernal, Paris: Éditions Ramsay/La Marge, 2002, p. 72.
En 1958, Dalí écrivit : « Paradoxalement, cette peinture, qui a un aspect érotique, est la plus chaste de toutesA. Reynolds Morse, Dalí: A Study of His Life and Work, Greenwich, New York Graphic Society, 1958, p. 81. »
En , la société Sotheby's obtint 1,35 million de livres (plus de 2 millions de dollars américains) pour cette toile mise en vente par la société Playboy Enterprises..
Notes et références
Annexes Articles connexes Les Éléphants (Dalí) Luis Buñuel Suréalisme Liens externes
Photo de l'œuvre sur le site web de sa fondation
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