Manbij, Manbidj ou Minbej (en arabe : ; Kurde: Minbic; Adyghe: Mumbuj; Syriaque: ܡܒܘܓ), est une ville syrienne du gouvernorat d'Alep, chef-lieu du district homonyme et à environ à l'ouest de l'Euphrate. D'après un recensement datant de 2004, la ville serait peuplée par près de d'origines ethniques diverses. La ville est en effet peuplée à la fois par des Kurdes, des arabes et des adyguéens. La ville abrite également de nombreux pratiquants du soufisme appartenant en très grande partie à la tariqa naqshbandiyya.
La ville était également le lieu d'un important sanctuaire dédié à la déesse syrienne Atargatis, la Dea Syria dont le culte est rapporté par Lucien de Samosate dans son livre De Dea Syria.
Géographie Manbij est bâtie sur la rive droite de l'Euphrate , à de l'ancienne Karkemish, à la hauteur d'un gué sur le fleuve, sur la route entre Harran (Carrhès) et Antioche, à au nord-est d'Alep et à au nord-nord-est de DamasDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques..
Toponymie La ville est l'ancienne Mabog, Mabbog, Mabboug ou Mabbogh, appelée Hiérapolis Bambyce par les Grecs à l'époque séleucide, ou Hiérapolis de Syrie (en grec : Ίεράπολις Συρίας) pour la distinguer de Hiérapolis de Phrygie.
Histoire thumb|left|Monnaie frappée en la cité de Manbij. L'endroit est mentionné pour la première fois par les Grecs sous les noms de Bambyce et Edesse(Strabon, Géographie, Livre XVI, Chapitre 1, para. 27) selon Pline l'Ancien (vers 60).
C'était sans doute un ancien sanctuaire de Commagène. La première mention historique date des Séleucides, qui en font la principale étape sur l'importante route entre Antioche et Séleucie du Tigre (située entre Harran (Carrhes) et Antioche). Elle est aussi signalée comme un centre du culte de la Déesse de la nature syrienne, Atargatis (Dercéto). Elle est connue des Grecs comme la ville du sanctuaire (Hiéropolis) Ἱερόπολις, puis finalement comme la ville sainte Ἱεράπολις (Hierapolis). Elle est documentée dans le de Lucien de Samosate.
Lors de son expédition contre les Parthes, le temple est saccagé en -53 par le Romain Crassus, mort à la bataille de Carrhes.
À partir de 341, elle est une ville importante et un épiscopat de l'Euphratèse, province romaine du Bas-Empire romain.
À l'époque de Julien (empereur romain) (360), elle aurait alors été en ruines.
Procope de Césarée (500-565) la considère comme la plus belle ville de cette partie du monde. L'empereur Justinien (483-565) ne réussit pas à la protéger. Khosro Ier (531-579) la met à l'amende. Hâroun ar-Rachîd (763-809) la restaure, en fait la capitale fortifiée de la province d'Al-'Awasim, tampon à la frontière byzantine.
La place est reconquise par l'Empire byzantin sous Romain IV Diogène (1030-1072), qui y installe une colonie militaire romaine peuplée de Grecs et d'Arméniens. Dionysius Bar Salibi (?-1171) en est l'évêque de l'Église syriaque orthodoxe. Saladin la reprend en 1175.
Le souverain mongol Houlagou Khan (1217-1265) en fait son quartier général, puis la détruit.
Sous l'empire ottoman (1520-1922), c'est une Caza (juridiction) du sandjak et de la wilaya d'Alep.
Henry Maundrell (1665-1701) est le premier occidental à en parler, dans son Journey from Aleppo to Jerusalem at Easter A.D. 1697.
Après la guerre serbo-bulgare (1885-1886), une colonie d'Adyguéens (Tcherkesses, Circassiens), originaires de Vidin, s'installent dans les ruines, dont ils vendent les antiquités à Alep et Gaziantep. En 1911, la ville compte uniquement .
Bataille de Manbij
Durant la guerre civile syrienne, Manbij devient l'un des premiers fiefs de l'État islamique en .. La ville est un carrefour sur le principal axe de transit entre le reste des territoires contrôlés par le califat et la Turquie par lequel passent les recrues djihadistes et les fruits de divers trafics de financement pour Daech (pétrole de contrebande notamment), venant particulièrement du poste-frontière de Jerablus. Début , les Forces démocratiques syriennes (FDS) lancent, en coordination avec la coalition internationale, une offensive pour reprendre la ville.. Après plus de deux mois de combats acharnés, les FDS prennent totalement le contrôle de Manbij après la fuite des derniers éléments djihadistes, le .
Le , Ankara annonce vouloir reprendre Manbij aux milices kurdes. Les États-Unis auraient persuadé la Turquie de ne pas entreprendre d'action militaire à Manbij, l'armée américaine se chargeant du contrôle de la villeThe Sheriff of Manbij: US makes debut in the Syrian War, Joe Macaron, Al Jazeera, 11 mars 2017. Cependant, la ville est prise par l’armée nationale syrienne soutenu par l’armée turque durant la Bataille de Manbij, qui a eu lieu entre les 7 et .
Personnalités liées à la ville
La jeune écrivaine et militante des droits de l'Homme Nujeen Mustafa est native de Manbij où elle a vécu jusqu'à ses 4 ans, puis de 2012 à 2014.
Articles connexes Région d'Afrine
Notes et références
Liens externes
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