La bataille de Calenzana a eu lieu en 1732 à Calenzana en Corse.

Deux ans après le début de la révolte des Corses contre l'occupant génois, ceux-ci sont dans l'incapacité de rétablir l'ordre dans l'île. Ils font appel à , empereur d'Allemagne.

Intervention de l'empereur d'Allemagne Contre un paiement mensuel de par mois, plus cent écus par homme disparu, tué ou déserteur, l'empereur fournit à Gênes en Corse.

Le les troupes allemandes commandées par le baron de Wachtendonck, embarquent à Gênes. Elles débarquent à Bastia le et entrent aussitôt en action. Plusieurs pievi se soumettent à la République.

Le de nouvelles troupes allemandes commandées par le colonel de Vinz, arrivent en Corse. Malgré ce renfort, Wachtendonck qui veut réduire les rebelles, juge insuffisantes les forces mises à sa disposition - il aurait voulu . Il tente alors d'obtenir la soumission des Corses par des voies pacifiques.

En début de l'année 1732, le colonel de Vinz, avec d'élite, débarque à Calvi venant de Bastia. Le de la même année, de Vinz tente d'occuper Calenzana avec ses , plus une centaine de la place forte génoise de Calvi et cent autres de celle d'Algajola. Il subit une lourde défaite.

La bataille selon l'abbé Ambroggio Rossi Selon l'abbé Ambroggio Rossi (Ambrosgiu Rossi), premier narrateur de la Bataille de Calenzana, avant d'investir Calenzana, de Vinz avait envoyé un frère capucin pour dire aux Calenzanais qu'il ne leur arrivera rien s'ils acceptent de remettre leurs armes. Le moine était calenzanais, fidèle à la république de Gênes ; il voulait éviter le massacre de ses concitoyens. Il ne fut pas écouté par les habitants du village qui l'empêchent de retourner à Calvi.

La suite du récit qu'il fait de cet événement est romanesque. Les villageois ne disposaient que de peu d'armes à feu. À Calenzana il y avait , soit à peine un peu plus de , et tous ces gens n'avaient qu'une vingtaine d'arquebuses. Ils avaient aussi quelques pistolets ; mais la plupart étaient armés de lances, de sabres ou de couteaux corses. Ils se préparent à recevoir l'assaillant.

Un apiculteur eut alors l'idée de recourir à un stratagème pour défendre le village. Il fit transporter ses ruches qui se trouvaient sur la route de Calvi, pour les placer aux fenêtres qui donnaient vers la mer. Les villageois se fortifièrent, les armes furent distribuées.

Au matin du , de Vinz et ses troupes, soit , marchèrent sur Calenzana. Le colonel ne voyant pas venir à sa rencontre le moine messager, décida d'attaquer et ordonna de franchir le mur dressé autour du village. Pendant que les soldats franchissaient le bas mur, ils furent accueillis par des salves. C'est alors que des fenêtres tombèrent les ruches. La confusion fut grande, les Calenzanais récupérèrent les armes des soldats morts et celles de ceux qui fuyaient les féroces abeilles.

De Vinz jouait de malchance car ce jour-là, au couvent d'Alzipratu (Zilia) tout proche, le général Giafferi tenait consulteEn Corse, une consulta était une assemblée qui se réunissait pour traiter d'une question particulière. avec de très nombreux patriotes qui vinrent en renfort. Pris entre trois feux, celui des habitants de Calenzana, celui des hommes du général Giafferi qui venaient de Lumio et celui des villageois de Cassanu, Lunghignanu et Ziglia, il donne l'ordre à ses troupes de se replier et repart à Calvi. L'action n'aura duré que quatre heures. Les Allemands eurent deux cents morts et blessés, dont un lieutenant-colonel et un capitaine des grenadiers. On n'en connait pas le nombre chez les Corses.

Ce récit de l'abbé Ambroggio Rossi inspira plus tard le prince Pierre Napoléon Bonaparte qui écrira un millier de rimes italiennes publiées en 1865 sous le titre « La battaglia di Calenzana, poemetto storico ».

La légende vignette|left|Campanile de l'église Saint-Blaise. Aujourd'hui à Calenzana, au pied du campanile de l'église Saint-Blaise, on peut lire sur une plaque de marbre scellée « Campo santo dei Tedeschi - Ici tombèrent et furent enterrés tués au service de Gênes - Bataille de Calenzana,  »

Ainsi est née la légende des abeilles de Calenzana, amplifiée depuis avec des villageoises qui ont jeté des pierres, des tisons de bois résineux, de l'huile bouillante, avec un nombre de morts atteignant 500, etc. et reprise par le sérieux « Guide de la Corse mystérieuse ». D'autres aussi, diront que Sainte Restitude a participé à la lutte pour défendre les villageois.

En 1992, Antoine-Dominique Monti, président de l'Association polyvalente corse à vocation culturelle (ADECEC), en fera une chronique rédigée en langue corse et intitulée L'ape di CalinzanaAntoine-Dominique Monti Cronache 1, L'ape di Calinzana - ADECEC 1992. L'auteur replace les faits en écrivant :

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Histoire de la Corse

Bibliographie Pierre Napoléon Bonaparte - La battaglia di Calenzana, poemetto storico Paris : Imprimerie Administrative de Paul Dupont, 1865.

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