Jacques-Gilles MaisonneuveEt non « Jules-Germain », comme le disent par erreur les dictionnaires biographiques. Voir Le Petit Parisien, , né le à Nantes et mort le dans son château de La Roche-Hervé à Missillac., est un médecin et chirurgien français.
Biographie Ses études classiques terminées, Maisonneuve a commencé, dès l’âge de 16 ans, à suivre les cours de l’hôpital de Nantes, où il est resté quatre années pendant lesquelles il a remporté tous les prix et obtenu tous les grades que décernait cette école de médecine secondaire. En , il est monté compléter ses études à Paris et s’est d’abord attaché à Guillaume Dupuytren, dont il a été l’élève assidu, puis à Joseph Récamier, dont il a été, plus tard l’ami, et le continuateur.. Interne en 1830, il a obtenu, en 1833, le prix de l’internat et de l’école pratique. Reçu docteur, en 1835, il est devenu prosecteur à Clamart, la même année, et a ouvert un cours de médecine opératoire..
Après avoir passé brillamment le concours pour devenir chirurgien des hôpitaux, il a immédiatement été nommé en cette qualité. Depuis lors, il a successivement été chirurgien à Cochin, à la Pitié et, en dernier lieu, à l’Hôtel-Dieu. Dans cette nouvelle position, relativement éminente, il a fondé l’un des enseignements les plus remarquables de médecine opératoire qu’on ait vus depuis Jacques Lisfranc.
Il a laissé le souvenir d’un chirurgien audacieux, servi par une sûreté de main étonnante.. Il a appliqué avec succès, dans des opérations mémorables, les vues physiologiques de Flourens sur la reproduction de l’os par le périoste. Passant pour le chirurgien le plus habile de son temps, son audace était extrême et il a tenté des opérations devant lesquelles tous ses confrères reculaient. C’est lui qui, le premier, a fait la resection du col du fémur.. Vers 1852, un jeune ingénieur ayant eu une jambe broyée par accident, les sommités de l’art opinaient pour l’amputation, lorsque Maisonneuve, s’inspirant des vues physiologiques de Pierre Flourens, alors toutes nouvelles, a eu l’idée de tenter la reproduction de l’os par le périoste. Il a enlevé les fragments du tibia brisé, conservé soigneusement le périoste et l’os s’est reformé entièrement. Le chirurgien, justement fier de ce succès, a fait part à l’Académie du résultat de l’opération et, lui montrant la jambe guérie du jeune ingénieur, a ajouté, par manière de plaisanterie : « Je vous présente un homme qui a un troisième tibia.. »
Il a été le premier médecin à expliquer le rôle de la rotation externe dans les fractures de la cheville. La fracture de Maisonneuve, qui lui doit son nom, est une fracture spécifique du péroné. Il a laissé de très nombreux mémoires et ouvrages sur des questions très importantes de médecine opératoire. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du .. Il était, en outre, membre fondateur et honoraire de la Société de chirurgie, membre titulaire de la Société anatomique, membre honoraire de la société médico-pratique, membre honoraire de l’Académie royale de Belgique, membre honoraire de la société physico-médicale de Moscou et la société de médecine de Kiev, membre correspondant de l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, membre correspondant de la Société académique de Nantes, de la société de médecine de Rouen et de la société médico-chirurgicale de Bruxelles.
Vivant dans la retraite depuis 1879, il était tombé dans un oubli relatif à l’époque de sa mort, au point que certains dictionnaires biographiques avaient dénaturé son prénom de « Jacques-Gilles » en un fantaisiste « Jules-Germain » immotivé.
Publications Propositions sur quelques points d’anatomie, de physiologie et de pathologie, 1835, in-4°. Le Périoste et ses maladies, Paris, Labé, 1839, in-8°, 144 p. . . De la coxalgie, Paris, Labé, 1844, in-4°, 272 p. . Faculté de médecine de Paris. Concours pour une chaire de clinique chirurgicale des tumeurs de la langue, thèse soutenue par M. J.-G. Maisonneuve, Paris, Paul Renouard, 1848. Titres et travaux scientifiques de M. Maisonneuve, Paris, P. Renouard, 1848, in-4°, 8 p. Faculté de Médecine de Paris. Concours pour une chaire d’opérations et appareils. Des opérations applicables aux maladies de l’ovaire, thèse soutenue en par M. J.-G. Maisonneuve (de Nantes), Paris, W. Remquet et Cie, 1850. Rapport sur les travaux de M. Gensoul, ancien chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Lyon, présentés à la Société de chirurgie à l’appui de sa candidature au titre de membre correspondant de la Société, Paris, Plon frères, 1851, in-8°, 14 p. Leçons cliniques sur les affections cancéreuses, professées à l’hôpital Cochin, recueillies et publiées par M. le Dr Alexis Favrot, Paris, Labé, 1852-1854, 2 vol. in-8°, pl. Traité pratique des maladies vénériennes : contenant un chapitre sur la syphilisation et suivi d’un formulaire spécial, avec Henri Montanier, Paris, Labé, 1853, XVI-580 p. ; in-8°. . Titres et travaux scientifiques de M. Maisonneuve, Paris, W. Remquet, 1854, in-4°, 24 p. Mémoire sur une nouvelle méthode de cathétérisme, et sur son application à la cure radicale et instantanée des rétrécissements de l’urètre, lu à l’Académie des sciences, le , Paris, W. Remquet, 1855, in-8°, 39 p. Mémoire sur une nouvelle méthode de cautérisation, dite cautérisation en flèches, permettant d’obtenir en une seule séance la destruction des tumeurs les plus volumineuses, lu à l’Académie des sciences le , Paris, H. Plon, 1858, in-8°, 23 p., fig. . Mémoire sur la désarticulation totale de la mâchoire inférieure, lu à l’Académie des sciences le , Paris, Labé, 1859, in-4°, 22 p., fig., pl. . Mémoire sur la ligature extemporanée, Paris, Labé, 1860, in-4°, 118 p., fig. . Clinique chirurgicale, Paris, F. Savy, 1863-1864, 2 vol. in-8°. Titres et travaux scientifiques de M. Maisonneuve, Paris, S. Raçon, 1863, in-4°, 32 p. Extrait de la Biographie des hommes marquants au dix-neuvième siècle, ( vol. Maisonneuve (Jacques-Gilles), chirurgien de l’Hôtel-Dieu…), Paris, Raçon, 1867, in-8°. . Mémoire sur les intoxications chirurgicales, lu à l’Académie des sciences le , S. Raçon et Cie, Paris, 1867, 35 p. ; in-8°. . Méthode d’aspiration continue et ses avantages pour la cure des grandes amputations, lue à l’Académie des sciences le , Paris, S. Raçon, 1868, in-8°, 24 p. . Note sur la méthode d’aspiration continue et sur ses avantages pour la cure des grandes amputations, lue à l’Académie des sciences le , Paris, S. Raçon, 1869, in-8°, 40 p., planche. . Derniers perfectionnements apportés à l’uréthrotomie interne, pour la cure radicale et instantanée des rétrécissements de l’urèthre, extrait des leçons cliniques professées à l’Hôtel-Dieu, Paris, V.-A. Delahaye, 1879, in-8°, 31 p. .
Notes et références
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