Alexandre-Théodore-Victor, comte de Lameth, dit Alexandre de LamethSon frère Théodore porte les mêmes prénoms que lui. né le à Paris où il est mort le , est un général et homme politique français de la Révolution et de l’Empire.
Biographie Famille Alexandre de Lameth est issu d'une très ancienne famille de noblesse d'épée dont l'origine connue remonte au . Au Antoine de Lameth, premier écuyer de Charles le Téméraire, après la mort de ce dernier en 1477 se met au service du roi de France. Il devient conseiller et chambellan de Louis XI. Il a épousé en 1460 Jacqueline d'Hénencourt. La seigneurie d'Hénencourt passe ainsi à la famille de Lameth.
Il est le frère de d’Augustin, Théodore et Charles-Malo de Lameth.
Avant la Révolution
Jeune noble, Alexandre de Lameth entre en 1777 dans le corps des gardes du corps du roi. Sous-lieutenant au Royal-Champagne le , capitaine au Royal-Cavalerie le , aide-maréchal général des logis en 1782, il participe à la Guerre d'indépendance des États-Unis où il sert comme colonel dans l'armée de Rochambeau. De sa participation à cette guerre, Alexandre de Lameth rapporte des idées de liberté qui lui apparaissent naturellement incompatibles avec les institutions séculaires de la monarchie française.
De retour en France en il est nommé colonel au Royal-Lorraine, poste qu'il occupe aux premiers événements de 1789.
Pendant la Révolution Député de la noblesse de Péronne (Somme) aux États généraux de 1789, il se rallie au tiers état avec une quarantaine d'autres députés de la noblesse et avec ses deux frères, se met à saper avec ardeur les bases de l'Ancien Régime.
A l'Assemblée constituante : le triumvirat vignette|Alexandre de Lameth. Portrait peint par Jean-Urbain Guérin, vers 1789-1790.|gauche Au début de l'été 1789 Alexandre de Lameth constitue avec Antoine Barnave et Adrien Duport un groupe d'action politique dénommé le « triumvirat » siégeant à l'extrême gauche de l'Assemblée et fer de lance de la Révolution avec le soutien de son frère Charles. Il est l'un des promoteurs de l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789, privilèges dont il est l'un des détenteurs et qu'il s'empresse à se démettre. Il se signale également par son ardeur à réclamer l'abolition de ceux du clergé et la réquisition des biens ecclésiastiques pour le paiement des créanciers de l'État. Plus tard il s'oppose au veto absolu du roi, il propose la nationalisation des biens du clergé et la suppression des parlements.
Le il demande que le droit de déclarer la guerre soit accordé à l'Assemblée législative et non à Louis XVI, exige la liberté totale de la presse, dénonce les agissements de Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau et ses liens avec la Cour. Il présente et fait adopter un plan de réorganisation militaire écartant tout autre titre à l'avancement que le mérite et l'ancienneté. À l'Assemblée Nationale, il est nommé rapporteur de la commission pour les lois concernant le statut des Îles d'Amérique. D'abord membre de la Société des amis des Noirs favorable à l'émancipation des noirs et aux droits des hommes de couleur libres, il rompt avec ces idées et se rapproche en 1790 du Club Massiac, qui est le syndicat des planteurs, des armateurs et des négociants esclavagistes avec les Îles. Le il est élu président de l'Assemblée par ses collègues. vignette|Discussion sur les hommes de couleur, estampe satirique de 1791 représentant les débats à l'Assemblée sur le statut des Libres de couleurs. Lameth, opposé à leur émancipation, est représenté à gauche, sous le chiffre 4. En , à l'assemblée constituante après l'annonce de l'assassinat de Vincent Ogé à Saint-Domingue, il prend fait et cause au côté d'Antoine Barnave pour les assemblées coloniales blanches contre les droits des mulâtres, ternissant ainsi son crédit auprès de nombreux patriotes. De fait, l'assemblée constituante qui prétend solennellement avoir abrogé le servage qui n'existe plus depuis longtemps, n'abolit l'esclavage des Noirs que sur le territoire français (), le conserve dans les colonies et révoque le les droits accordés le à une partie des hommes de couleur libres.
Membre du Club des Jacobins vignette|Lameth présidant une séance du club des Jacobins en janvier ou février 1791.|gauche En , il est l'un des fondateurs avec Mirabeau, Robespierre, La Fayette, Pétion, Barnave et Duport, de la Société des amis de la Constitution et de la Liberté qui devient le Club des Jacobins. Il est l'un des membres les plus influents du club des Jacobins, avec Antoine Barnave et Adrien Duport, mais ne peut résister à la montée en puissance de Robespierre.
Au cours de l'hiver 1791-1792, avec son frère Charles, il inspire La Gazette universelle, journal qui publie les articles favorables à la guerre. Il espère qu'une démonstration diplomatique et militaire de l'étranger fasse accepter aux Français une révision constitutionnelle.
Émigré Quand il voit le vieil édifice prêt à s'effondrer après la fuite du roi à Varennes, il prend peur et veut retourner en arrière, mais il n'a plus assez d'influence. Lors de la déclaration de guerre à l'Autriche le , il est promu maréchal de camp le à l'armée du Nord commandée par Luckner. Le , il passe à l'ennemi avec Joseph-Gilbert Motier, marquis de La Fayette. Il est fait prisonnier avec lui et enfermé dans les mêmes prisons.
Au même moment il est décrété d'accusation le à la suite de la découverte, dans l'armoire de fer de Louis XVI, d'un mémoire écrit de sa main en faveur des émigrés et des prêtres réfractaires. Jules Michelet, in Histoire de la Révolution Française va jusqu'à écrire qu'il reprit la correspondance secrète de Mirabeau - que Lameth avait pourtant contribué à destituer - avec le roi. Il est délivré au bout de trois ans, à la suite de démarches de sa mère, sœur du maréchal de Broglie, et émigre en Angleterre.
Il se lie à Londres avec les principaux membres du parti whig : Fox, Grey... Mais déclaré indésirable par William Pitt, il quitte Londres pour rejoindre à Hambourg son frère Charles. Il rentre en France en 1796, mais doit émigrer de nouveau après le Coup d'État du 18 fructidor an V (). Il attend l’avènement du Consulat pour retrouver sa patrie.
Sous le Consulat et le Premier Empire
Après son retour définitif en 1800, il devient successivement préfet des Basses-Alpes le 23 germinal an X et préfet du Rhin-et-Moselle le 12 pluviose an XIII), de la Roer le et du Pô le . Outre le titre de baron de l'Empire qu'il reçoit le , il a été fait chevalier de la Légion d'honneur (an XII), puis le , officier de l'ordre et maître des requêtes au Conseil d'État.
Dans les Basses-Alpes il installe l’évêque dans ses fonctions et remet en état et augmente le réseau routier. Il crée à Digne une promenade ombragée entre le pré de Foire et les rives de la Bléone, plante des platanes sur le boulevard Gassendi. Il est très populaire dans ce département« L’Installation de l’administration préfectorale », in Chroniques de Haute-Provence Les préfets dans l’histoire de Haute-Provence depuis 1800, Autour d’une exposition réalisée par les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, (340, 2000), 12, disponible en ligne alpes-de-haute-provence.pref.gouv.fr..
Partisan de la déchéance de , il est promu à la première Restauration lieutenant général le et nommé préfet de la Somme.
Toutefois, au retour de l'île d'Elbe, il prend parti pour son ancien bienfaiteur, et accepte de lui un siège à la Chambre des pairs des Cent-Jours. Il y prend la parole pour repousser les mesures de rigueur adoptées par la Chambre des représentants contre les royalistes.
Sous la Restauration
Sous la Restauration, Louis XVIII de France lui fait triste mine. Le il demande sa retraite comme préfet, ce qui lui est refusé. Le suivant, le ministre de la Guerre lui octroie une pension militaire de francs pour ses quarante ans de service.
Déchu de sa pairie, il est élu avec député de la Seine-Inférieure le ( votants et inscrits) contre 678 voix à Ribard, en remplacement de M. Lambrechts qui a opté pour le Bas-Rhin. Il siège jusqu'en 1824 sur les bancs de la gauche, et prend une part active aux discussions importantes, combattant sans relâche le ministère Villèle dont la politique lui semble tendre à la violation de la Charte de 1814 et au renversement de la monarchie constitutionnelle.
Non réélu en 1824, il rentre à la Chambre le comme député du de Seine-et-Oise (Pontoise), élu par 177 voix sur 261 votants et 290 inscrits, contre 62 à M. de Gouy d'Arsy. Il reprend sa place à gauche et défend avec talent les idées libérales. Il fait partie des créateurs du comité philhellène de Paris.
Après sa mort survenue le , son frère Charles Malo de Lameth, lui succède comme député.
Il est enterré dans la du cimetière du Père-Lachaise.
Notes et références
Voir aussi
Sources primaires 1789 - Opinion du chevalier Alexandre de La Meth, a la séance du samedi 8 août 1789, dans l'Assemblée nationale 1790 - Opinion de M. Alexandre de Lameth, député de Pérone, sur la constitution militaire. Prononcé à la séance du 9 février 1790 1790 - Décrets rendus sur l'admission et l'avancement militaire; Précédés du rapport fait à l'Assemblée nationale, au nom du Comité militaire 1790 - Louis XIV au Manège. Dialogue entre Louis XIV, Alexandre Lameth, D'Eprémesnil, Mirabeau, Barnave 1790 - La résurrection du collier, par M. Lameth et compagnie 1791 - Rapport fait à l'Assemblée nationale, au nom des Comités militaire et diplomatique 1824 - Un Electeur à ses collègues 1828 - Histoire de l'Assemblée constituante. Tome premier
Bibliographie , .
Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro Archives nationales (CARAN) – Service historique de l’armée de terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 4 Yd 3 826.
Articles connexes Liste des députés de Seine-et-Oise Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Armorial des familles de Picardie
Liens externes
« Maison de Lameth » (), sur le site personnel racineshistoire.free.fr. Portraits d'Alexandre de Lameth
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