La Compagnie genevoise des tramways électriques (CGTE) est une ancienne compagnie de transports urbains privée fondée le par M. François Forestier avec un capital de cinq millions de francsLivre : Le tram à Genève, page 33.
Elle a été transformée le en une entreprise publique autonome, les Transports publics genevois, qui poursuivent encore actuellement l'exploitation du réseau de transport en commun de la région de Genève.
Histoire
Formation thumb|Pont du Mont-Blanc (tram ) vignette| Action de la Compagnie Genevoise des Tramways Électriques en date du 30 juin 1911 vignette|Plan du réseau des tramways électriques en 1917
La compagnie est fondée le par M. François Forestier avec un capital de cinq millions de francs. Elle est formée par la fusion de deux compagnies exploitant les réseaux de tramway à Genève, après s'être vue accordée la concession le pour une durée de 60 ans.. la Compagnie générale des tramways suissesBulletin des lois Par France (TS) le , qui exploitait un réseau à voie normale entièrement exploité en traction à vapeur et traction électrique. ; la Société genevoise des chemins de fer à voie étroite (VE) le , qui exploitait un réseau de de long à voie métrique en traction à vapeur.
L'ensemble comprend 14 lignes auxquelles s'ajoutent. : le réseau de la Société du chemin de fer Genève - Veyrier ; le chemin de fer Carouge - Croix de Rozon.
La CGTE entreprend l'unification du réseau qui possédait deux écartements (normal et métrique) et deux modes de traction (vapeur et électrique). La voie métrique est choisie pour équiper le nouveau réseau.. Les anciennes lignes de la compagnie TS sont reconstruites au nouvel écartement.
La CGTE reprend une partie du matériel roulant des anciennes compagnies. Elle met en service massivement, entre 1900 et 1903, un ensemble de 99 automotrices électriques neuves, en particulier pour permettre l'exploitation en voie métrique des lignes issues du réseau des TS.
En octobre 1902, la CGTE est le théâtre de la grève des tramelots genevois, qui devient la première grève générale de Suisse.
Il s'agit des automotrices Ce 2/2 à deux essieux « AEG » , « danseuses » ; et dérivées des « danseuses » et les automotrices à bogies type Ce 2/4 « Cologne » , « Schlieren » , « Westinghouse » et « Alioth » .
Le développement du réseau ralentit à peine cinq ans après la création de la CGTE, cette dernière ayant commis la même erreur que le VE : ne pas faire appel aux pouvoirs publics afin que ces derniers subventionnent l'exploitation, en particulier les lignes rurales moins rentables.
À la fin des années 1900, elle reçoit de nouveaux matériels pour faire face à la hausse du trafic : motrices à deux essieux Ce 2/2 , surnommées les « Grandes Cents », remorques type B4i , surnommées « Bautzen », Ce 2/2 , surnommées « Petites Cents » et remorques Ci .
Les années 1910 sont très difficiles pour la compagnie, car de nombreux employés sont mobilisés durant la Première Guerre mondiale et cela entraîne une réduction sensible des horaires d'exploitation. Cette période est également marquée par une importante grève des tramelots en 1918, après laquelle le trafic reprend rapidement.
En 1922, le réseau s'étend sur , voies de services, de raccordement et de dépôt comprises. Il est composé de quinze lignes exploitées à l'aide de 145 automotrices. La première suppression de ligne intervient en 1925, pour cause de déficit trop important.
Évolution du réseau vignette|Une rame de la ligne 12 à Annemasse, dans les années 1930.
Une convention est signée entre la CGTE, qui échappe de peu à la faillite en 1926., et l'État de Genève ; elle annonce le déclin du tramway, une clause prévoyant l'introduction de services d'autobus sur les lignes de campagne déficitaires. En 1928, la CGTE reprend à l'entreprise Tinguely la ligne 21 (Genève - Cologny - Meinier - Gy), puis met en service la ligne 22 (Rive - Chêne-Bourg - Puplinge - Jussy), tandis que le tramway est supprimé sur la section Choulex - Jussy.
La même année, la compagnie reprend l'exploitation de la ligne Carouge - Croix de Rozon à la Société du chemin de fer Genève - Veyrier (GV) et l'intégre à la ligne 12 ; le reste du réseau est intégré au cours des années suivantes.
La CGTE ne disposant pas des moyens nécessaires pour acquérir de nouveaux tramways, les ateliers du dépôt de La Jonction sont chargés, dans les années 1930, de transformer et de moderniser le parc d'automotrices datant du début du siècle.
La ligne d'autobus Gare de Cornavin - Palais des Nations est mise en service en 1936 et, l'année suivante, la Compagnie genevoise des autobus (CGA) est créée en tant que filiale de la CGTE. Pour l'exploitation de ses propres lignes, la compagnie dispose de 14 autobus Saurer, revêtus de la livrée bleue spécifique à la CGA.
En raison de la Seconde Guerre mondiale et de la raréfaction des matières premières, notamment le carburant et les pneumatiques, le tramway est remis en service entre 1941 et 1946 sur une partie des lignes 7 et 11. Il en est de même pour les lignes 3 et 13 en 1944..
L'État de Genève devient actionnaire majoritaire de la CGTE en 1948, après avoir racheté progressivement la majorité des actions de la compagnie.
En 1949, la longueur du réseau de la CGTE est de , dont de lignes de tramways, de lignes de trolleybus et de lignes d'autobus.
Avènement du tout-automobile et transformation en établissement public Les années cinquante et soixante voient se développer la proche banlieue genevoise et de nombreux quartiers périphériques dans les communes proches : Lancy, Carouge et Chêne.
Pour la CGTE, cela entraîne l'ouverture de nouvelles lignes ou le renforcement des lignes existantes, mais les autorités genevoises n'envisagent que le tout-automobile. Entre 1948 et 1951, la compagnie emprunte 26 millions de francs suisses à l'État de Genève pour moderniser le réseau.
L'année 1950 est notamment marquée par l'arrivée des motrices Ce 4/4, puis Be 4/4 dès 1955, « normalisées ». Elles sont testées sur la ligne 1 entre la fin de l'année 1950 et début 1951, car c'était la seule ligne circulaire susceptible de recevoir des véhicules unidirectionnels. Certains de ces essais sont effectués avec une remorque, mais sans voyageurs, en raison des fortes déclivités qui caractérisent la ligne de « Ceinture ». Ces tramway entrent en service régulier sur la ligne 12 le , soit seulement une semaine après la mise en service de la boucle de retournement de Carouge. Elles sont également utilisées sur les lignes 1A et 1B en motrice seule.
Le réseau de tramway est démantelé entre les années 1950 et 1960. La ligne 12 reste alors la seule à subsister jusqu'à la fin de la CGTE et même jusqu'à la reconstruction du réseau des TPG au début des années 1990.
Un arrêté en date du supprime l'obligation du transport des marchandises, précédemment inscrit dans la concession.
Le cadre juridique de la société est modifié grâce à une nouvelle convention avec l'État qui prend désormais en charge le défit et détient la quasi-totalité des sièges au conseil d'administration. Le , la concession de la CGTE est renouvelée pour une durée identique à la précédente, 60 ans ; cette demande avait été formulée le .
En 1950, la CGTE a transporté 41 millions de voyageurs puis 74 millions en 1970, soit une augmentation de 80% en vingt ans. Durant la même période, le réseau de la CGTE représentait , dont 65 de lignes de trams, 14 de lignes de trolleybus et 56 de lignes d'autobus.
Il passa à , dont 8 de ligne de trams, de ligne de trolleybus et de ligne d'autobus. En 1975, la longueur du réseau de la CGTE était de , dont de ligne de tramway, de lignes de trolleybus et de lignes d'autobus.
En 1963, l'État de Genève prête 14 millions de francs, puis 23 millions en 1967, pour l'achat de nouveaux véhicules et la modernisation des infrastructures.
En 1975, la longueur du réseau de la CGTE est de , dont de ligne de tramway, de lignes de trolleybus et de lignes d'autobus.
La CGTE, dont les dettes sont régulièrement épongées par l'État, est transformée en établissement autonome de droit public le à la suite d'une votation populaire. Les actifs de la CGTE sont repris par les Transports publics genevois (TPG).
Infrastructure vignette|L'ancien siège de la CGTE, au dépôt de La Jonction (arch. H. W. CorbettDavid Ripoll, De la Jonction à Gotham City : Harvey Wiley Corbett et le siège de la Compagnie genevoise des tramways électriques dans D'une rive à l'autre : patrimoines croisés : mélanges en l'honneur de Leïla el-Wakil (Genève : Slatkine, 2018).).
Numérotation des véhicules La numérotation des véhicules de la CGTE se présente ainsi en 1975. : 1 à 99 - Véhicules de service 101 à 199 - Autobus articulés 201 à 299 - Autobus à deux essieux 301 à 399 - Remorques ferroviaires 401 à 499 - Autobus à deux essieux 501 à 599 - Remorques routières 601 à 699 - Trolleybus articulés 701 à 799 - Automotrices de tramways 801 à 899 - Trolleybus à deux essieux 901 à 999 - Autobus à deux essieux
Les véhicules historiques conservent leurs anciens numéros. Ainsi, les tramways 66, 67, 80, 125, 363 et 369 gardent la numérotation d'avant 1950, et les 727 et 309 celle du schéma après 1950. Précédemment, la numérotation n'était pas unifiée et si les motrices de tramways allaient de 1 à 199 et les remorques de 201 à 399, les trolleybus et autobus avaient chacun leur propre système de numérotation.
La livrée des véhicules Six livrées différentes sont créées durant l'existence de la CGTE. :
La première livrée, apparue en 1900, était vanille avec des filets rouge bordeaux ; En 1906, elle est remplacée par une livrée vert olive avec des pourtour de fenêtres vert clair, ce dernier est remplacé par un brun lors des rénovations de 1928-1930 ; Les bus de la filiale Compagnie genevoise des autobus livrés entre 1937 et 1950 sont bleu clair sauf les pourtours de vitres et le toit couleur ivoire ; En 1942, la livrée vert foncé et ivoire est instaurée pour les trolleybus et sur les tramways nouvellement rénovés, puis est généralisée à l'ensemble du parc, bus compris, en 1950 ; En 1957, le vert foncé laisse place au « coq-de-roche », une sorte de rouge orangé, accompagné par le blanc ivoire qui est maintenu, le rouge bordeaux est testé pour remplacer le vert mais n'est finalement pas retenu ; Enfin, la livrée « UST », apparue en 1974, consiste à une décoration entièrement orange avec une ligne blanche sous les vitres et à un toit gris clair. Elle disparaît dans les années 1980 à la création des TPG.
Le réseau Urbain En 1977, à la fin de la CGTE, le réseau comprend les lignes urbaines suivantes :