Jean-Évangéliste (de) Zaepffel (ou Zäpfel), né le à Dambach-la-Ville et mort le à Liège, est un ecclésiastique français des . Il était .
Biographie Une noble souche irlandaise ? L'abbé Olivier-Joseph Thimister, dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois (1863) nous apprend que : .
Propos que tenait déjà Bovy dans ses Promenades historiques dans le pays de Liège (1839) : .
Plus proche de nous, Bernard Vogler, dans L'Alsace (1987) le dit .
Les Zaepffel de Dambach-la-Ville descendent en fait d'une famille Zaepffel de Blienschwiller, attestée dès le .
La seule certitude que nous ayons aujourd'hui est que Henri Jacques Guillaume Clarke, duc de Feltre, général d'Empire et ministre de la Guerre sous , était, lui, d'origine irlandaise. Divorcé en 1795, il avait épousé, en secondes noces, Marie-Françoise Zaepffel ( † ), d'une bonne bourgeoisie d'Alsace, fille aînée de Matthias Nicolas Zaepffel, ancien ammeister de Strasbourg, cousine du baron François Louis Zaepffel.
La véritable ascension sociale de la famille Zaepffel datait seulement du remariage du grand-père de Marie Françoise avec la veuve d'un teinturier strasbourgeois.
Premiers postes Jean Évangéliste se voua de bonne heure à l'état ecclésiastique auquel le portaient son goût et la piété héréditaire dans sa famille.
Son mérite et ses capacités le firent bientôt nommer chanoine de la collégiale de Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg. Il fut élu et mis en possession, le , du canonicat du chapitre de l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Saverne. Il reste en possession de ce canonicat pendant plus de deux ans puis devient, par permutation, chanoine de Saint-Pierre-le-Vieux.
Il était proposé pour l'évêché de cette ville, lorsque la Révolution de 1789 éclata. Les événements qui suivirent brisèrent sa carrière en le forçant à quitter la France et à vivre à l'étranger. Il émigra à Sasbach, dans le pays de Bade
La conclusion du Concordat de 1801, signé à Paris le , ratifié par le pape le suivant, et adopté comme loi de l'État par le Corps législatif français le , lui permit de rentrer dans sa patrie.
Nomination épiscopale Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul de la première République française, se hâta de nommer des titulaires à plusieurs évêchés et désigna pour le diocèse de Liège Jean-Évangéliste Zaepffel. Cette nomination, qui était certainement due au fait que Zaepffel était le grand-oncle de Clark, fut faite le . En même temps une somme de livres fut accordée au nouveau prélat pour couvrir les frais de son établissementVoici les termes de cette lettre : .
Aussitôt après avoir connu son élévation au siège de Liège, Jean-Évangéliste Zaepffel se rendit à Paris, où le gouvernement l'appelait pour se mettre en rapport avec lui et y recevoir l'institution canonique du légat du Saint-Siège.
Il fut sacré évêque de Liège par Armand de Roquelaure, ancien évêque de Senlis, nommé depuis archevêque de Malines. Le prélat consécrateur était assisté de Messeigneurs Claude-Léopold de Beysson, évêque de Namur, Jean-Chrysostôme de Villaret, évêque d'Amiens, et Charles Brault, évêque de Bayeux. Cette cérémonie eut lieu le dans la chapelle de Notre-Dame du Mont-Carmel (« chapelle des Carmes »), paroisse Saint-Sulpice à ParisLe même jour fut consacré Jean-Marie-Philippe Dubourg, évêque de Limoges..
Trois jours après son sacre, Jean-Évangéliste Zaepffel reçut la déclaration envoyée par le cardinal Caprara et que devaient signer tous les prêtres constitutionnels qui voulaient se réconcilier avec l'Église :
Après avoir passé quelque temps en France, et assisté notamment Jean-Marie-Philippe Dubourg évêque de Limoges à la consécration de Louis Sébastiani de La Porta évêque d'Ajaccio (, église Saint-Roch (Paris)), le prélat fit ses préparatifs pour se rendre dans sa ville épiscopale. Il arriva à Liège, le jeudi . Dès le 17 du même mois, M. de Rougrave, ancien vicaire général qui avait administré le diocèse pendant la période révolutionnaire, avait publié un mandement pour faire chanter un Te Deum à l'occasion de la nomination de Napoléon Bonaparte au Consulat à vie (). Cette solennité fut fixée au , jour qui fut aussi choisi pour l'inauguration du nouvel évêque.
La cérémonie de son installation eut lieu le dimanche avec une grande pompe.
Épiscopat thumb|right|300px|Séminaire et palais épiscopal de Liège Zaepffel se mit aussitôt à l'œuvre avec la plus grande activité pour procéder à l'organisation de son vaste diocèse. La Révolution n'avait laissé après elle que des ruines : il fallait tout rétablir ou plutôt tout créer, tant par rapport aux affaires spirituelles qu'aux intérêts matériels. Le premier acte qu'il posa en qualité de chef du diocèse, fut le maintien de Rougrave, comme vicaire-général, par un décret daté du . Ce savant ecclésiastique avait déjà été appelé à cette dignité en 1772 par le prince-évêque de Velbrück et en avait rempli les fonctions depuis cette époque et pendant les tristes temps qui suivirent l'invasion française.
Visites pastorales Après avoir pris quelques jours de repos, l'évêque se rendit à Maastricht où la population lui fit l'accueil le plus cordial. Il y fut reçu solennellement le 11 fructidor suivant (). Un beau cortège composé de prêtres et de fonctionnaires le conduisit à l' où il officia pontificalement. Il y prononça un discours pour exhorter à l'union et à la concorde et exposer sa mission apostolique.
Ayant séjourné à Maastricht jusqu'au 15 fructidor (), l'évêque se rendit à Tongres puis revint à Liège (la présence de Zaepffel dans cette dernière ville produisit les plus heureux résultats : il sut bientôt se concilier tous les partis). L'évêque voulut aussi voir par lui-même tous les établissements de bienfaisance de la commune. Cette visite eut lieu le 28 fructidor (). Le () un arrêté du préfet le nomma membre de toutes les administrations de bienfaisance du département.
Quelque temps après son installation définitive, Zaepffel s'occupa de l'organisation des paroisses, des succursales et des chapelles auxiliaires de son diocèse en s'entourant de tous les renseignements nécessaires à ce travail. Puis il se mit en route, le 27 vendémiaire suivant (), pour commencer sa tournée épiscopale et administrer le sacrement de confirmation dont ses diocésains avaient été privés depuis plusieurs années. Il se rendit d'abord à Flône et visita l'établissement où l'abbé Paquot nourrissait à ses frais trois-cents malheureux. Il partit le même jour pour Huy accompagné du sous-préfet du département qui était venu à sa rencontre avec le maire et son adjoint.
Le prélat parcourut ainsi tout son diocèse et retourna à Maastricht le . Après avoir passé 10 à 12 jours dans le département de la Meuse-Inférieure, il revint à Liège et publia sa première lettre pastorale le 29 du même mois. Dans cette pièce, il constatait avec bonheur l'extinction totale des dissensions religieuses et se félicitait de l'union qui régnait entre le peuple et le clergé et du rétablissement du culte. S'adressant ensuite aux ecclésiastiques, il réclama leur concours pour l'œuvre à laquelle ils devaient travailler en commun et leur rappela que c'est au Premier Consul que la religion était redevable d'être rentrée dans ses droits et dans le libre exercice de son culte. L'évêque termina en annonçant qu'il avait choisi l'ancienne collégiale de Saint-Paul pour cathédrale du nouveau diocèse, l'ancienne cathédrale de Saint-Lambert étant détruite.
Le travail de la nouvelle organisation des paroisses, des succursales et chapelles auxiliaires du diocèse fut achevé au mois d'avril de l'année suivante et soumis au gouvernement qui l'approuva le ().
Réparation de la collégiale Saint-Paul 180px|thumb|right|Cathédrale Saint-Paul de Liège. Tout en s'occupant avec zèle de cette organisation pour satisfaire au contenu de l'article IX du Concordat, Jean-Évangéliste Zaepffel porta aussi toute son attention sur les intérêts matériels de sa nouvelle cathédrale ; cette tâche ardue et difficile fut confiée à M. Barrelt. L'église manquait de tous les objets nécessaires au culte, à tel point qu'on fut plusieurs fois sur le point de la fermer parce qu'on ne pouvait faire face aux dépenses les plus indispensables. Les pillages et les profanations qu'elle avait subis l'avaient mise dans l'état le plus déplorable : les Français l'avaient transformée en magasin et en boucherie ; les verrières étaient presque toutes brisées, le plomb qui fixait les vitraux ayant été enlevé pour couler des balles ; la grande et magnifique verrière qui éclairait le bras droit du transept resta heureusement presque intacte ; plusieurs cloches avaient été brisées et vendues ; le pavé avait été enfoncé ; l'église présentait l'aspect de la désolation la plus complète lorsqu'elle avait été remise à la disposition du clergé. Il fallait donc, avant tout, la pourvoir de ce qui lui manquait, la réparer et faire disparaître les traces de la tourmente révolutionnaire. On ne pouvait pour cela compter que sur ses propres ressources puisqu'on ne devait attendre aucun secours du gouvernement qui croyait avoir assez fait en rendant au clergé les édifices religieux tels que la révolution les avait laissés.
Le suivant, un décret de Zaepffel éleva au rang d'église cathédrale l'ancienne collégiale que désignaient suffisamment à cet effet sa grandeur, sa beauté et sa position au centre de la ville. Elle fut érigée sous le titre de l'Assomption de la Sainte-Vierge, de la conversion de Saint Paul et de Saint Lambert ; elle fut désignée pour le siège de l'évêque, de deux vicaires généraux et de huit chanoines séculiers, auxquels le traitement accordé par le gouvernement servit de dotation. Ces huit chanoines formèrent le nouveau chapitre cathédral dont l'installation solennelle eut lieu le suivant.
Le reste de l'année 1802 fut employé tout entier à ces détails et aux soins que réclamait le nouvel état des choses.
Le fut dressé l'instrument de l'érection de Saint-Paul en cathédrale et le lendemain eut lieu le premier chapitre général. Le lundi suivant Zaepffel procéda solennellement à la réconciliation de la cathédrale qui avait été fermée définitivement le (), le même jour que l'église Saint-Jacques.
Retour des reliques des Saints Patrons de Liège La fin de cette même année 1803 fut signalée par un événement qui remplit de joie le cœur de tous les « vrais » Liégeois. Le lundi , le précieux buste-reliquaire de saint Lambert, monument de la piété et de la libéralité d'Érard de La Marck revint enfin de Hambourg à Liège, avec les reliques des autres Saints Patrons du diocèse. Ces objets précieux furent déposés dans l'église Saint-Nicolas-aux-Trez.
Le même jour, Zaepffel publia un mandement pour annoncer à ses diocésains l'heureux retour des reliques vénérées de leur Saint Patron et inviter tous les prêtres à assister à la fête de leur translation dans la nouvelle cathédrale. Pour la rendre plus solennelle, il accorda une indulgence plénière à tous les fidèles qui se confesseraient et communieraient dans la cathédrale le et y prieraient pour l'exaltation de « notre Mère la Sainte-Église » et en vue des intentions du Saint-Père ainsi que pour la conservation des jours du Consul. Le mandement se terminait par le règlement de la solennité, fixée au ().
Aussitôt après l'arrivée de ces restes illustres, Zaepffel en fit faire une reconnaissance et dresser le procès-verbal.
Le , l'évêque écrivit au ministre des cultes Joseph-Marie Portalis pour demander que le gouvernement payât les frais et les indemnités dues pour les caisses rapportées de Hambourg. Ces caisses, au nombre de six, contenaient les reliques des Saints et les débris du restitués à la nouvelle cathédrale. Les frais de route s'élevaient à francs. Un mois après, le , Portalis répondit que .