, né le à Xinjing (actuelle Changchun dans la province du Jilin en république populaire de Chine), à l'époque capitale de l'État fantoche du Mandchoukouo et mort le à Tokyo The Japan Times, 24 avril 2017, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ).
Il est élu de 1976 à 2012 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, avec une interruption entre 1986 et 1990. Il a représenté successivement l'ancien de la préfecture de Mie (de 1976 à 1986 et de 1990 à 1993), puis la nouvelle de cette dernière (de 1996 à 2000 et de 2009 à 2012), ainsi que le bloc proportionnel de Tōkai (de 2000 à 2009). Il a été l'éphémère ministre de la Justice du cabinet du Japon dirigé par Tsutomu Hata du au . Il a ensuite été ministre d'État, président de la Commission nationale de sécurité publique et chargé de la Question des enlèvements de Japonais par la Corée du Nord du au dans les 93 et cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan, portefeuilles qu'il a cumulés avec celui de la Gestion des catastrophes à partir du . À partir du et jusqu'à la fin de la le , il est le président de la commission du Budget de la Chambre des représentants.
Biographie Des origines socialistes Hiroshi Nakai est l'aîné de trois fils de Tokujirō (1907-1991) et Hatsue Nakai (1919-2009) « 中井 初枝さん 中井 洽(ひろし)国家公安委員長の母 享年90歳 », fuhounavi.com, 17/11/2009. Son père, employé d'une compagnie électrique installée dans la Mandchourie contrôlée par les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale (d'où la naissance et la petite enfance de Hiroshi passée à Xinjing), est devenu une figure du Parti socialiste japonais (PSJ) après 1945 (au sein de son aile droite socialiste démocratique, par opposition à l'aile gauche de tendance marxiste). Il est ainsi le premier maire socialiste de l'histoire du Japon, étant élu de 1947 à 1953 à Ueno (où il est lui-même né en 1907 et où la famille Nakai est revenue s'installer après la fin de la guerre, en ), aujourd'hui partie de la ville d'Iga dans la préfecture de Mie, puis est député de l'ancien de Mie de 1953 à 1960 et de 1963 à 1972.
Hiroshi Nakai fait sa scolarité dans le public, à Ueno jusqu'au collège : à la maternelle Hakuhō, à l'école élémentaire Ouest et au collège Sūkō. Il rejoint ensuite son père à Tōkyō et est inscrit au lycée métropolitain de Tachikawa. Il fait ensuite ses études à la faculté des sciences économiques de l'université privée Keiō. Il en sort titulaire d'un en mars 1969.
Mais il s'implique avant même la fin de son cursus universitaire aux côtés de son père, dont il est le secrétaire particulier à partir de 1963. Alors que le chef de l'aile gauche du PSJ, Tomomi Narita, arrive à sa tête en 1969, les divisions entre les deux tendances internes se font de plus en plus vives au sein de la fédération préfectorale de Mie et Tokujirō Nakai doit faire face aux élections législatives du à la candidature socialiste rivale de Kazuo Taguchi et n'est réélu que de peu (en cinquième et dernière place éligible au vote unique non transférable, et seulement 549 voix d'avance sur le libéral-démocrate Fujimaro Kubota arrivé sixième tandis que Taguchi, en septième position, lui a retiré votes) Résultats des élections législatives japonaises de 1969 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Tokujirō Nakai décide de se retirer avant les législatives du et Hiroshi Nakai décide de prendre la relève. Il n'est toutefois pas investi candidat par le PSJ, qui ne soutient alors que Kazuo Taguchi. Il quitte ainsi le parti et se présente comme indépendant. Il est battu, obtenant (8,97 % des suffrages exprimés) et la septième et avant-dernière place, tandis que Taguchi est pour sa part élu Résultats des élections législatives japonaises de 1972 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Cadre du PDS
Hiroshi Nakai adhère en au Parti démocrate socialiste (PDS), mouvement issu d'une première dissidence d'une partie de l'aile droite du PSJ en 1960 qui défendait alors la signature du traité de sécurité nippo-américain. Il se prépare à se représenter sous cette nouvelle étiquette aux élections législatives suivantes, organisées le . Dans un contexte national marqué par un recul du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice libérale) au pouvoir (il perd 22 sièges et la majorité absolue qu'il détenait depuis sa création en 1955) et de percée de l'opposition non communiste (le PDS gagne 10 élus par rapport à 1972, le PSJ 5 députés de plus mais surtout le mouvement centriste confessionnel bouddhiste Kōmeitō 26 représentants supplémentaires), Hiroshi Nakai est élu. Il réunit votes (12,63 %) et arrive en cinquième position, soit la dernière éligible. Il talonne Kazuo Taguchi (qui n'a obtenu que et 0,33 points de plus que Nakai), tandis que deux des trois sortants libéraux-démocrates (Sachio Yamamoto et Satoru Tanaka) sont battus Résultats des élections législatives japonaises de 1976 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp. À 34 ans, Hiroshi Nakai fait ainsi sa première entrée à la Diète.
Seul parlementaire du PDS que ce parti a connu durant toute son existence à Mie, Hiroshi Nakai va être président de sa fédération préfectorale de 1976 à 1990. Il est plus tard secrétaire général adjoint (secondant à ce poste Takashi Yonezawa) et président du comité des campagnes électorales du mouvement de à . Il est réélu le 7 octobre 1979 (avec , 14,48 % et la quatrième place), le 22 juin 1980 (avec votes, 13,3 % et le cinquième score) et le 18 décembre 1983 (, 15,8 % et la quatrième position) Résultats des élections législatives japonaises de 1979, 1980 et 1983 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Mais il est battu lors du scrutin du (remporté largement sur le plan national par le PLD mené par le populaire Premier ministre Yasuhiro Nakasone, tandis que le PDS perd 12 sièges, dont celui de Nakai), avec et 13,2 % des suffrages exprimés, arrivant sixième. Il a obtenu votes et 1,7 points de moins que le socialiste Chūji Itō élu en cinquième place. Nakai est le seul des cinq sortants à ne pas être reconduit, tandis que son siège revient à l'ancien député libéral-démocrate Jirō Kawasaki (38 ans, fils et petit-fils de ministre, élu une première fois en 1980 mais qui s'était fait battre en 1983, il est revenu en force en 1986 avec le meilleur score, soit et 19,5 %) Résultats des élections législatives japonaises de 1986 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Après quatre ans de parenthèse, il réintègre la Diète aux législatives du (, 13,47 % et le cinquième score), au détriment du président du Conseil de réflexion politique du Kōmeitō Chikara Sakaguchi (député sortant, élu de 1972 à 1980 et depuis 1983) Résultats des élections législatives japonaises de 1990 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Le PDS se rapproche par la suite du PSJ qui, avec l'effondrement du bloc soviétique, s'est éloigné du marxisme-léninisme et s'oriente de plus en plus vers la social-démocratie tout en commençant à avoir une attitude d'acceptation passive du traité de sécurité américano-nippon. Il entretient également des relations relativement étroites avec la Fédération sociale-démocrate (FSD), le Kōmeitō ou le Nouveau parti du Japon (NPJ), mouvement libéral et réformiste créé en 1992 par des élus locaux et des jeunes militants (pour beaucoup dissidents du PLD auquel il reproche les scandales politico-financiers qui ont touché ses dirigeants depuis la fin des années 1970) emmenés par l'ancien populaire gouverneur de la préfecture de Kumamoto (de 1983 à 1991) Morihiro Hosokawa. Ainsi, pour les élections législatives du , Hiroshi Nakai est également soutenu par le NPJ. Ce scrutin est alors marqué par la perte du pouvoir par le PLD pour la première fois depuis sa création en 1955 au profit d'une coalition hétéroclite « anti-PLD, anti-communiste » de sept partis (dont fait partie le PDS, le PSJ, la FSD, le Kōmeitō, le NPJ ainsi que deux nouvelles formations tout juste créées par des dissidents libéraux-démocrates : le Shinseitō conservateur libéral et réformateur de Tsutomu Hata et Ichirō Ozawa et le Nouveau parti pionnier NPS progressiste et environnementaliste de Masayoshi Takemura). Dans l'ancien de Mie, cette alliance obtient 3 des 5 sièges à pourvoir : Katsuya Okada du Shinseitō en première place, Chikara Sakaguchi du Kōmeitō en deuxième et Hiroshi Nakai en cinquième (avec votes et 13,06 % des suffrages) Résultats des élections législatives japonaises de 1993 dans l'ancien de Mie, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Hiroshi Nakai devient alors l'une des figures de la nouvelle majorité. Le , il est ainsi porté à la présidence de la commission du Commerce et de l'Industrie de la Chambre des représentants Compte rendu de la première séance de la de la Diète de la commission du Commerce et de l'Industrie de la Chambre des représentants du Japon, le 26 août 1993, site de la Diète. Mais surtout, lorsque le ministre de la Justice Shigeto Nagano (du Shinseitō) doit démissionner le (seulement neuf jours après sa nomination) pour avoir le décrit le massacre de Nankin et d'autres crimes de guerre du Japon Shōwa comme des « canulars » et nié que le Japon ait été l'agresseur dans la guerre du Pacifique « Resignation of Justice Minister », Keesing's Record of World Events, Vol. 40, 05/1994, Hiroshi Nakai est choisi par le Premier ministre (et président du Shinseitō) Tsutomu Hata pour le remplacer, son entrée en fonction étant officielle le S. SUTEL, « Japan's justice minister quits, after furor over over war remarks », The Sunday Gazette, 08/05/1994. Il s'attache immédiatement à apaiser les tensions avec les voisins asiatiques du Japon causées par les déclarations de son prédécesseur, affirmant le jour même de sa prise de fonction : « Il est indéniable que [l'armée impériale japonaise] a conduit des actions cruelles, indescriptibles contre les citoyens chinois à Nankin » « Japan names new justice minister », The Spokesman Review, 09/05/1994 « New Japanese Minister Aims to Quell War Issue », The Washington Post, 09/05/1994. Il ne reste toutefois lui-même que peu de temps en place, Tsutomu Hata ayant démissionné à la suite de la perte du soutien du PSJ et du NPS, ces deux derniers formant à partir du une Grande coalition avec le PLD qui porte le socialiste Tomiichi Murayama à la tête du gouvernement. Durant son court passage à la Justice, Hiroshi Nakai s'est pour autant rendu célèbre au Japon et dans une certaine mesure sur la scène internationale pour avoir adopté une attitude ferme et légaliste dans l'affaire du visa de Diego Maradona. Celui-ci devait initialement participer avec l'équipe d'Argentine de football à l'édition 1994 de la Coupe Kirin du 22 au . Cependant, le ministère de la Justice du Japon, compétent en matière d'immigration, refuse le de délivrer son visa au joueur vedette, appliquant la loi japonaise selon laquelle l'entrée dans l'archipel n'est pas autorisée pour les étrangers ayant fait l'objet d'une condamnation judiciaire durant les dix dernières années (Maradona étant touché par cette interdiction à la suite de son arrestation pour possession de cocaïne à Buenos Aires en 1991 et pour avoir été suspendu de match international pendant quinze mois entre 1991 et 1992 pour avoir été contrôlé positif à cette drogue). Cette décision de l'administration nippone, fortement défendue par Nakai dans les médias, provoque de vives protestations en Argentine (une grenade lacrymogène est lancée sur l'ambassade japonaise à Buenos Aires le ) et finalement la décision de l’Albiceleste d'annuler sa participation à la Coupe Kirin « Sports Briefs », The Tuscaloosa News, 15/05/1994.
Partisan d'Ozawa