La littérature française comprend l'ensemble des œuvres écrites ou orales par des écrivains de nationalité française ou de langue française. Elle peut également se référer aux littératures écrites par des citoyens français qui écrivent dans des langues de France telles que le basque, le breton…

La littérature écrite en langue française par les personnes d'autres pays tels que la Belgique, la Suisse, le Canada, le Sénégal, l'Algérie, le Maroc… se réfère à la littérature francophone.

Son histoire commence en ancien français au Moyen Âge et se perpétue aujourd'hui.

Histoire de la littérature française Au Moyen Âge

Les premiers textes vignette|Cantilène de sainte Eulalie, manuscrit de la Bibliothèque de Valenciennes, Ms.150, . Un des Serments de Strasbourg (842) est le premier texte complet connu rédigé en roman, l'ancêtre du français. Mais le premier texte « littéraire » conservé dans cette langue est le Cantilène de sainte Eulalie, composé vers 880. C'est une adaptation en vers d'un poème latin à vocation religieuse et pédagogique.

Les premiers grands textes de la littérature française datent de la fin du , époque de développement de l'agriculture et d'expansion démographique après des périodes d'invasions, d'anarchie et d'épidémies. Les deux sentiments dominants, passion guerrière et sentiment religieux, inspirent les poèmes sur la vie des saints (comme la Vie de saint Alexis) et les chansons de geste.

Les chansons de geste sont de longs poèmes comportant des milliers de vers destinés à être chantés en public par des jongleurs, composés en langue d'oïl par des trouvères. Elles relatent, sous une forme épique mêlant légendes et faits historiques, des exploits guerriers passés, et mettent en valeur l'idéal chevaleresque. La plus ancienne et la plus connue est la Chanson de Roland, écrite au . Elle raconte, en les idéalisant, les exploits de l'armée de Charlemagne et de son neveu Roland. Elle se rattache à la matière de France, opposée à la matière de Bretagne et à la matière de Rome.

La littérature courtoise La littérature courtoise, apparue dans le sillage de la renaissance du , a pour thème principal le culte de l'amour unique, parfait et souvent malheureux. Elle trouve son origine dans l'Antiquité, intègre des influences orientales dues au retour des Croisés, et s'inspire de légendes celtiques. Ainsi, la légende de Tristan et Iseult, relatée par Béroul, raconte l'histoire d'un amour absolu et impossible qui se termine par la mort tragique des amants.

Le roman courtois naît avec Chrétien de Troyes également au . Ses romans comme Yvain, Lancelot et Perceval mettent en avant un idéal aristocratique et chevaleresque. À la même période, la poétesse Marie de France rédige les Lais, des récits en vers glorifiant l'amour courtois. Le Roman de la Rose, datant du début du , est l'un des derniers écrits portant sur le thème de l'amour courtois, et cela seulement dans son court début écrit par Guillaume de Lorris. Le reste du poème, continué par Jean de Meung contient au contraire des passages d'une étonnante misogynie, qui seront attaqués au par la poétesse Christine de Pizan.

La littérature bourgeoise Le Roman de Renart, rédigé par des auteurs anonymes entre 1170 et 1250, est un ensemble de poèmes qui relatent les aventures d'animaux doués de raison. Les auteurs raillent dans ces poèmes les valeurs féodales et la morale courtoise. Pendant populaire de la littérature chevaleresque, ce récit est également une violente satire sociale.

La poésie bourgeoise s'épanouit au avec Rutebeuf. Le poète parisien se fait l'écho de la faiblesse humaine, de l'incertitude et de la pauvreté à l'opposé des valeurs courtoises. Plus tard, Eustache Deschamps témoigne de la société et des mentalités pendant la guerre de Cent Ans. Après la guerre de Cent Ans, le poète François Villon (1431–1463) traduit le trouble et la violence de cette époque. Orphelin d'origine noble et bon étudiant, il est ensuite condamné pour vol et meurtre. Son œuvre à la fois savante et populaire exprime une révolte contre les injustices de son temps.

Le théâtre religieux se développe tout au long du Moyen Âge, il met en scène les « mystères », c'est-à-dire les fêtes religieuses comme Noël, Pâques et l'Ascension. Au contraire des genres littéraires précédents plutôt aristocratiques, il s'adresse au plus grand nombre. À côté de ce théâtre religieux, un théâtre comique appelé farce apparaît au où il est durement combattu par les autorités religieuses.

Les chroniques historiques Les premières chroniques historiques rédigées en français sont des récits des croisades datant du , comme ceux de Geoffroi de Villehardouin et de Robert de Clari. Certains récits historiques, par exemple la Vie de saint Louis de Jean de Joinville, ont aussi un but moral et idéalisent quelque peu les faits relatés. Saint Louis est par ailleurs à l'initiative de la rédaction des Grandes Chroniques de France, un recueil relatant l'histoire des Francs depuis leur ancêtre troyen supposé. La guerre de Cent Ans, dans sa première partie, est racontée en détail par Jean Froissart (1337–1410) dans les Chroniques.

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Les principes de l'humanisme vont marquer profondément la littérature : retour aux textes anciens (grecs, latins et hébreux), désir de connaissance, retour à des philosophies antiques négligées au Moyen Âge (néo-platonisme, stoïcisme, épicurisme, notamment), renouvellement des formes et des thèmes en tentant de retrouver la "pureté" antique.

La poésie compte notamment comme auteurs importants Clément Marot, Jean de Sponde, Agrippa d'Aubigné, et les poètes de la Pléiade parmi lesquels figurent Ronsard et Du Bellay.

Les romans les plus marquants sont ceux de Rabelais ; Marguerite de Navarre publie également un recueil de nouvelles célèbre (Heptaméron).

Les Essais de Montaigne sont un important ouvrage situé entre la philosophie et l'autobiographie. Les Essais peuvent être considérés comme une des premières autobiographies françaises et ouvrent ainsi la porte à Rousseau et tant d'autres. Le projet même des Essais, à savoir se découvrir, mais aussi découvrir l'Homme, peut être rapproché de celui des Confessions de Jean-Jacques Rousseau qui cherche à peindre l'homme, avec ses qualités, mais aussi ses défauts.

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Dès le début du , Honoré d'Urfé connaît un grand succès avec son roman précieux L'Astrée, roman d'aventures en partie autobiographique paru entre 1607 et 1633. C'est l'un des plus considérables succès du siècle, qui n'aura pas de postérité véritable dans le genre du roman pastoral, mais une influence considérable sur le roman, le théâtre (Molière), l'opéra et les mentalités.

Le compte deux grands courants littéraires tout à la fois concurrents mais aussi complémentaires : le classicisme et la littérature baroque. Concurrents car le classicisme en littérature s'imposera face au baroque mais aussi complémentaires car certains auteurs ont été influencés par les deux courants à la fois (comme Pierre Corneille). Mais dès la fin du siècle se dessine en littérature un courant de pensée qui annonce déjà les Lumières (peut-être avec La Bruyère, par exemple).

Les grands noms de la littérature de cette époque sont : Corneille, Jean Racine, Molière, Pascal, La Rochefoucauld, La Fontaine, Nicolas Boileau, La Bruyère, Mme de La Fayette, Madame de Sévigné, Le Cardinal de Retz.

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Le est appelé . Par cette métaphore la plupart des auteurs majeurs de ce siècle prétendent consacrer, à travers l'esprit de la Renaissance et le cartésianisme du siècle précédent, le triomphe de la Raison sur les Ténèbres (l'obscurantisme et les préjugés). Les Lumières sont un phénomène européen, mais les philosophes français cristallisent le mieux les idées du siècle et donnent du relief à des nouvelles valeurs qui, au-delà de la Révolution française, marqueront durablement l'Europe et le monde. Les principaux philosophes francophones des Lumières sont Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot et Montesquieu.

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vignette|gauche|250px|Grands écrivains français du Si le est important par le nombre de chefs-d’œuvre que la littérature française a engendrés, cette ère, remarquable dans l'histoire de la littérature française, reste difficile à appréhender ; et ce, en dépit de son caractère relativement récent. Pour de nombreux historiens de la littérature, le littéraire français demeure celui du romantisme, d'abord avec Chateaubriand, puis avec Victor Hugo, du réalisme avec Stendhal, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant et du naturalisme avec Émile Zola.

Le romantisme et son foisonnement peuvent trouver partiellement leur cause dans certains points de vue. Certains mettent l’accent sur l’élan de liberté qu’a suscité la Révolution française, élan de liberté suivi d'un désordre, d’une confusion entraînée par l’instabilité, l’incertitude politique qui émane de la première moitié du siècle. Dans cette optique, on voit l'écrivain avec ses idéaux, manifestant son opposition à l’ordre politique et social. Pour d’autres, la place de la Révolution française et des troubles politiques qui s’ensuivront n’explique pas ou pas entièrement l’efflorescence du romantisme français, prenant pour preuve la naissance antérieure des romantismes anglais et allemand dans des pays qui ne furent pas secoués par la moindre révolution. Ils insistent plutôt sur l'influence qu’ont exercé l’étude et la lecture des littératures anglaise et allemande par les hommes de lettres français.

Le réalisme est une étiquette plus vague, accolée postérieurement aux écrivains à partir des définitions de Champfleury, Stendhal et Balzac se situant entre le romantisme et le réalisme. Gustave Lanson dont l'Histoire de la littérature française (1894) a longtemps fait autorité, a consacré de très importantes pages à Balzac où il définit la part de réalisme de son œuvre et la part de romantisme « Ainsi, par ses impuissances et par sa puissance, Balzac opérait dans le roman la séparation du romantisme et du réalisme. Il reste cependant dans son œuvre quelque chose d'énorme, une surabondance et une outrance qui en trahissent l'origine romantiqueGustave Lanson dans Histoire de la littérature française, Hachette, 1894, . »

Le naturalisme, en revanche, procède d'une véritable démarche qu'Émile Zola a longuement explicitée.

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La littérature française du a été profondément marquée par les crises historiques, politiques, morales et artistiques. Le courant littéraire qui a caractérisé ce siècle est le surréalisme, qui est surtout un renouveau de la poésie (André Breton, Robert Desnos, Paul Éluard...), mais aussi l'existentialisme (Gabriel Marcel, Jean-Paul Sartre), qui représente également une nouvelle philosophie (L'existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre). La source première chez les artistes de ce siècle est en rapport avec les conflits politiques de l'époque. La guerre est ainsi présente aussi bien dans la poésie que dans les romans.

vignette|droite|Marcel Proust, un des grands auteurs français du début du .

Concernant ce siècle, Marcel Proust est parfois considéré comme le dernier grand auteur français. La seule comparaison est à chercher du côté de Louis-Ferdinand Céline, dans le rôle non négligeable qu'il a joué dans la remise en cause d'une narration trop policée et loin de la vie, par une approche syntaxique et sémantique au plus proche de la réalité sensible et la création d'une langue littéraire mêlée à un argot fantaisiste dans le but que la phrase évoque, touche le lecteur plus qu'elle ne dit, qu'elle n'explique ; aussi, Céline s'est illustré, à l'instar de Proust, comme l'un des plus grands écrivains français de ce siècle et a marqué nombre d'écrivains, du père de San-Antonio à Sartre, Beauvoir ou Camus en passant par les écrivains anglo-saxons (Burroughs, Miller, etc.).