James Bouillé, né le à Guingamp et mort le à Pontivy, est un architecte français, animateur de l'atelier breton d'art chrétien.
Biographie
Enfance et formation James Bouillé naît le à Guingamp. Son père, Étienne, est peintre paysagiste et photographe amateur.
Carrière Il réussit les concours des Beaux-Arts de Paris.
James Bouillé crée, en 1927, l'Atelier breton d'art chrétien, regroupant des architectes et des artistes de toutes spécialités. Bouillé est notamment l'auteur, en 1936, de la chapelle de l'Institution Saint-Joseph à Lannion, où il allie arc parabolique en béton armé et parement de granit local.
Premiers engagements politiques et artistiques La fin des années 1910 marque le début de son engagement dans divers mouvements artistiques et politiques bretons. Déjà enfant, il fréquente ces milieux avec son père qui est membre de l'Union régionaliste bretonne. Bouillé crée en 1919 une section parisienne du groupe régionaliste breton nommée Unvaniez Yaouankiz Vreiz.
Vie et carrière en Bretagne Rapidement déçu de sa formation aux Beaux-Arts de Paris, il regagne en 1921 Perros-Guirec où ses parents ont déménagé et ouvre un commerce de meubles anciens et de dentelle irlandaise.
Aux côtés de Jeanne Malivel et René-Yves Creston, il fait partie du mouvement artistique des Seiz Breur, mouvement créé en 1923 en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques.
En 1923, il entre au Seiz Breur, mouvement créé en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques. S’il défend un art profane breton moderne, il milite ardemment en faveur d’un nouvel art sacré. Il ne participe pas aux premières années du mouvement Seiz Breur pour cause des relations conflictuelles qu'il entretient avec l'artiste Jeanne Malivel.
En 1929, il fonde « l’Atelier Breton d’Art Chrétien ».
Il construit la chapelle du collège Saint-Joseph à Lannion et l’église Sainte-Thérèse de Gouédic à Saint-Brieuc.
Il fait construire une maison à Perros-Guirec.
Les dernières années En 1941, il est directeur du mouvement Bleun Brug (fleur de bruyère) créé en 1905 par l'abbé Perrot qui œuvre pour la promotion de la foi catholique et la sauvegarde du patrimoine culturel breton. À ce titre, il siège au comité consultatif de Bretagne, ce qui lui vaut d'être inquiété par la justice à la Libération avant de bénéficier d'un non-lieu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se fait Hervé Le Boterf, La Bretagne dans la guerre, tome 3, ..
Bien qu'avisé par André Dezarroisin André Dézarrois ou Janus chez les Bretons, § 31, André Dezarrois et Bouillé se sont côtoyés au sein du comité consultatif de Bretagne. du danger qui le menace dès , Bouillé n'échappe pas à la vindicte des résistants locaux : il meurt en , des suites de son internement à la Libération. Il est inhumé au cimetière de PordicCimetières de France et d'ailleurs.
Vie de famille James Bouillé se marie en 1926 avec Françoise Paturel.
Son œuvre vignette|James Bouillé (dessin) et René Desury (orfèvrerie), Calice et patère de l'abbé Riou, vers 1929 Bouillé est l'un des rénovateurs de l'art sacré breton : crosses, croix et tous objets cultuels mais aussi du patrimoine artisanal : faïencerie, céramique, broderie et ébénisterie. Il est aussi l'illustrateur des Sketla SegobraniMémoires apocryphes du mercenaire celte Segobranos. Voir l'article sur le spécialiste de la culture bretonne Meven Mordiern..
Architecture Sa première commande architecturale lui est passée en 1923 pour la réalisation d’un monument commémoratif pour Joseph Parker.
Dans ses débuts, il construit notamment des villas ou des magasins jugés pour leur éclectisme stylistique. Revendiquant justement cet éclectisme, Bouillé s'emploie dans ses premiers projets à mettre en avant un style personnel entre influences traditionnelles bretonnes et celtiques tout en mêlant des références assumées néo-gothiques.
En 1929, il fonde lAtelier breton d'art chrétien avec Xavier de Langlais. Ensemble, ils bâtiront notamment la chapelle du collège Saint-Joseph de Lannion.
Principales constructions vignette|Île Tristan : la chapelle des aviateurs de style néobreton (famille Richepin). 1928 : villa Mer et Falaise à Trébeurden, rue du Traou-Meur 1930 : chapelle des aviateurs (dénommée ainsi en l'honneur de Dieudonné Costes) sur l'île Tristan à Douarnenez 1932 : collège Notre-Dame de CampostalCliché du réfectoire. à Rostrenen 1932 : église Sainte-Thérèse à Saint-BrieucÉglise Sainte-Thérèse, place Sainte-Thérèse (Saint-Brieuc), Base Gertrude, notice . 1932 : église Notre-Dame de l'Armor à Pleubian 1933 : maison de villégiature dite Kelenn. 1935 : chapelle du collège Saint-Joseph de Lannion. vignette|Vue intérieur de la chapelle Saint-Joseph de Lannion vignette|Carte postale de la chapelle de Koat-Keo à Scrignac1937 : chapelle de Koat-Keo. 1937 : église Saint Ivy de de Loguivy-de-la-Mer 1938 : agrandissement de la chapelle Saint-Guirec. 1939 : maison de villégiature dite Avel Dro.
Publications Sketla Segobrani. 3 levr moulet e ti René Prud'homme. Saint-Brieuc, (1923), 3 volumes (avec François Vallée, Meven Mordiern, Émile Ernault) Sketla segobrani kenta nevrenn : dis atir, teutatis. Prud'homme - Saint-Brieuc (1923). Sketla segobrani eil kevrenn : trede levr : lugus. Prud'homme - Saint-Brieuc (1923). De l'art celtique et de l'utilité de son étude pour la création d'un art breton moderne. Buhez Breiz - Quimper (1924). Conférence faite au congrès de Bleun Brug à Lesneven le . L'art en Bretagne. Éditions de Buhez Breiz (1924). Conférence faite au congrès panceltique de Quimper, . Sketla segobrani pevare [trede] kevrenn : tanaris, esus. Prud'homme - Saint-Brieuc (1925). Habitation bretonne. Massin Ch. et Cie - Paris (1926). L'art régional en France L'architecture bretonne moderne, Éditions Romanance, Paris (1936)
Postérité
Archives Les archives du cabinet de l’architecte James Bouillé ont été déposées en 1967 aux Archives départementales, par sa veuve Françoise Bouillé.
Hommages Plusieurs villes de Bretagne ont donné son nom à une rue. C'est le cas de :
Lannion ; Saint-Brieuc.
Photographie Raphaël Binet est l'auteur d'un cliché de l'architecte, pris en 1935Musée de Bretagne..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Daniel Le Couédic, « Audaces et hésitations d'un militant : James Bouillé », in Modernité et régionalisme : Bretagne : 1918-1945 Pierre Mardaga - Liège, 1986
Brigitte Saulais-Helloco. James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945). Côte-d'Armor. HAL CCSD, Archives départementales de Côte-d'Armor, 2006
Liens externes
Liste des réalisations de James Bouillé sur le site de l'inventaire de la région Bretagne
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