vignette|alt=Un ordinateur beige en forme de pavé vertical, affichant quelques icônes.|Le Macintosh 128K qui constitue le premier succès commercial pour un ordinateur personnel utilisant une souris et une interface graphique.

(, en anglais : ) ou Mac est une série de différentes familles d'ordinateurs personnels conçus, développés et vendus par Apple. Le premier Macintosh est lancé le (il a été rebaptisé Macintosh 128K dès le lancement du Macintosh 512K). Il constitue le premier succès commercial pour un ordinateur utilisant une souris et une interface graphique (au lieu d'une interface en ligne de commande).

Le Macintosh remplace l'Apple II comme principal produit d'Apple. Cependant les parts de marché d'Apple baissent, avant un renouveau des Macintosh en 1998, avec la sortie de l'ordinateur grand public tout-en-un iMac G3, qui permet à Apple d'échapper à une probable faillite et marque un succès pour la firme.

En 2021, les Macintosh visent principalement les marchés des professions artistiques, de l'éducation et des particuliers, avec les modèles suivants : l'iMac (gamme d'ordinateurs tout-en-un pour grand public et professionnel) ; le Mac mini (un tout petit ordinateur familial ou de bureau d'entrée de gamme) ; le Mac Pro (une station de travail orientée vers l'usage professionnel) ; et les ordinateurs portables (MacBook Pro et MacBook Air) ;

Le principe de production des Mac repose sur le classique modèle d'intégration verticale : Apple se charge de la conception de ses machines et de certains de leurs composants et des logiciels de base en pré-installant son propre système d'exploitation sur tous les Mac. Ceci contraste avec la principale concurrence des Mac, les compatibles PC vendus avec des systèmes d'exploitation différents, pour lesquels plusieurs constructeurs se chargent de créer du matériel conçu pour utiliser le système d'exploitation d'une autre entreprise. Entre 1984 et 1994, les Macintosh fonctionnaient avec des processeurs de la famille 68000 de Motorola, avant d'utiliser entre 1994 et 2006 des processeurs PowerPC de l'Alliance AIM. En 2006, les Mac migrent vers les processeurs x86 d'Intel. Fin 2020 est annoncé le passage de tous les Mac à la puce Apple M1 d'architecture ARM (première puce Apple Silicon pour Mac) pour 2022. Les Mac ayant actuellement déjà migré vers M1 sont le MacBook Air, le MacBook Pro 13", le Mac mini. et l’iMac 24 pouces qui, fin avril, s’offre aussi la puce M1 et par la même occasion une cure de jeunesse en adoptant un nouveau design

Pour faire fonctionner son ordinateur Mac, Apple a développé une famille de systèmes d'exploitation spécifiques. Basés sur une interface utilisateur graphique, ils sont connus sous le nom de Système (versions de 1 à 7), avant de devenir Mac OS (7.6, 8, 9 et 10). À l'aube des années 2000, cette lignée est remplacée par Mac OS X, développé à partir de NeXTSTEP, rebaptisé OS X en 2012 puis macOS en 2016. Sur les Macintosh à microprocesseur Intel, il est possible d'installer des systèmes d'exploitation comme Microsoft Windows, Linux, FreeBSD ou bien d'autres. Avec les processeurs PowerPC ou même 68k, il était cependant déjà possible d'installer des systèmes d'exploitation UNIX tournant sous ces plates-formes matérielles.

Histoire De 1979 à 1984 : le développement

Le projet Macintosh débute à la fin des années 1970. Jef Raskin, employé d'Apple depuis 1978, avait dans l'idée de créer un ordinateur simple d'utilisation et peu cher et donc accessible aux consommateurs moyens. Il présente son idée à Mike Markkula, l'un des trois fondateurs d'Apple Computer, en . Celui-ci lui donne son feu vert en pour embaucher quelques personnes et monter une équipe au sein d'Apple, projet qui porte le nom de Macintosh, du nom de la pomme préférée de Raskin, la McIntosh. Il faut cependant modifier pour des raisons légales l'orthographe du nom, trop proche de McIntosh Laboratory, constructeur de matériel Hi-Fi.. Raskin rassemble toutes les idées récoltées pour cet ordinateur dans un recueil qu'il nomme (Le Livre du Macintosh).. À la recherche d'un ingénieur pour monter un prototype de la machine, Raskin engage, sur recommandation de Bill Atkinson du projet Apple Lisa, Burrell Smith, qui, selon Atkinson, faisait un travail remarquable dans le département maintenance de l'Apple II Owen W. Linzmayer, « », dans , No Starch Press, janvier 2004, 323 p. , 88. Au fil des années, il rassemble une grande équipe spécialisée dans le développement du Macintosh et de ses logiciels. Aux côtés de Raskin et Smith, on retrouve Atkinson, Chris Espinosa, Joanna Hoffman, George Crow, Bruce Horn, Jerry Manock, Susan Kare, Andy Hertzfeld et Daniel Kottke.

vignette|gauche|La carte mère du Macintosh 128K avec un microprocesseur cadencé à .

Raskin était contre l'utilisation de deux éléments qui se sont avérés décisifs pour le succès du Macintosh : le microprocesseur Motorola 68000 et la souris. Il voulait une machine coutant pièce en utilisant un microprocesseur Motorola 6809, coutant $12 au lieu des du 68000, mais aussi moins performant car ne pouvant adresser plus de , ce qui l'aurait rendu rapidement limité. Il voulait que la mémoire vidéo et celle du modem soient situées sur des puces externes développées par Apple plutôt que mappées en mémoire viveThe macintosh project: selected papers page 24. À la souris, Raskin préférait des touches du clavier affectées au pointage. Bud Tribble, à la tête de l'équipe des développeurs du Macintosh, intéressé par l'évolution que prenaient les programmes du Lisa, demande à Burrell Smith d'essayer d'incorporer le du Lisa dans le Macintosh tout en essayant de maintenir les coûts le plus bas possible. Smith relève ce défi en , en concevant un circuit imprimé embarquant le 68000, tout en portant de 5 à 8 mégahertz (MHz) sa fréquence. Le circuit comporte moins de puces de mémoire vive, ce qui permet de le rendre moins onéreux. Le modèle final, sorti en 1984, dispose de de mémoire morte et de mémoire vive constituée de 16 puces de . L'écran de est monochrome et affiche ..

L'écran est entièrement « mappé en mémoire », chose assez rare pour un ordinateur grand public de l'époque : à chaque pixel de l'écran correspond un bit en mémoire, ce qui permet au Macintosh d'afficher simultanément des graphismes et du texte, pour un cout d'une vingtaine de kilo-octets, soit 20 % de la mémoire vive, et de se contenter d'un affichage purement en noir et blanc. La mémoire vive contient également les données et le code machine du programme en cours d'exécution, tandis que la mémoire morte contient toutes les routines nécessaires pour dialoguer avec les périphériques, gérer les fenêtres du bureau, afficher des formes géométriques ou du texte grâce à la librairie Quickdraw ou encore gérer l'impression avec l'imprimante Apple Image Writer spécialement développée pour le Macintosh. Les programmes qui n'ont pas besoin d'être exécutés peuvent être placés dans une mémoire secondaire plus lente d'accès et amovible sous la forme de mini disquettes 3,5 pouces. Il faut les glisser sur le bureau pour les placer dans la mémoire principale.

Fin 1980, Michael Scott, CEO d'Apple Computer à l'époque, procède à une restructuration de l'entreprise. Steve Jobs est alors contraint de quitter le projet Lisa. Envoyé par Scott pour représenter l'entreprise à son introduction en bourse le , il ne convainc pas comme manager. C'est alors qu'il se tourne vers le projet Macintosh de Jef Raskin. Il y voit une revanche à son exclusion du projet Lisa. Jobs et Raskin ont à plusieurs reprises été en conflit. La souris fut un des sujets de discorde : Raskin ne voulait pas de la souris, Jobs au contraire ne voyait pas le Macintosh sans souris. Steve Jobs sortit vainqueur de la confrontation, puisque la souris a bien fait son apparition chez Apple avec le Macintosh. Ces confrontations répétées et le grand ego des deux personnages ont mené au départ de Jef Raskin du projet Macintosh et d'Apple Computer, officiellement le , presque deux ans avant le lancement officiel du Macintosh en . Selon Andy Hertzfeld, le , tel que le connaît le public aujourd'hui, n'a plus grand-chose à voir avec l'ordinateur qu'avait imaginé initialement Jef Raskin dans son . Il affirme aussi dans Revolution in The Valley: The Insanely Great Story of How the Mac Was Made, co-écrit avec Steve Capps, que Steve Jobs souhaitait engager Jean-Michel Folon, pour créer un personnage représentatif de la marque, Mr. Macintosh..

1984 : le lancement vignette|alt=dessin de Macintosch dans le style de Picasso|Le logo « Picasso » du Macintosh pour son lancement.

Le lancement du premier Macintosh est accompagné d'une vaste campagne de publicité. Sa présentation à la presse en est suivie par une brochure de 18 pages publiée dans divers magazines en . Deux jours avant son lancement officiel, Apple fait diffuser le spot 1984 réalisé par Ridley Scott, au début du troisième quart temps, à la première coupure publicitaire après la mi-temps du Super Bowl XVIII. Ce spot dépeint un futur dystopique où le monde est dirigé par un , monde inspiré par le roman 1984 de George Orwell. Une athlète inconnue, incarnant le Macintosh (illustré par la présence du logo « Picasso » du Macintosh), vient libérer à l'aide de son marteau le monde de sa conformité et de , représentant IBM. Lors de la présentation du spot en 1983, Steve Jobs met en rapport le Big brother d'Orwell et la tentative d'IBM (selon Jobs) de dominer l'industrie informatique.

Le Lisa 2 et le Macintosh sont lancés le . Pour mettre en valeur la nouvelle interface en attendant l'arrivée des premières applications tierces, ce dernier est livré avec les applications MacPaint et MacWrite. Ce jour-là, Apple tient au Flint Center au De Anza College son assemblée générale des actionnaires. Steve Jobs y présente pour la première fois le Macintosh, et on y voit l'ordinateur dessiner sur son écran (« Macintosh, follement génial »), ainsi que raconter une blague à l'aide de son synthétiseur vocal intégré Apple Shareholder meeting, Présentation du Macintosh, 24 janvier 1984. Vidéos disponibles ..

Les réactions qui suivent le lancement du Macintosh sont globalement positives. Sa facilité d'utilisation, son interface graphique, son prix relativement bas sont appréciés. Pour John J. Anderson du magazine Creative Computing par exemple, le Macintosh représente une avancée importante autant du côté matériel que du côté logiciel. Cependant, la machine n'est pas sans défaut. Anderson, comme beaucoup d'autres, notent un manque de mémoire vive, d'évolutivité (pas de port d'extension par exemple). Comme la machine est incompatible avec les autres systèmes, peu de logiciels sont disponibles.

En , Microsoft porte Multiplan de MS-DOS vers le Macintosh, suivi par Microsoft Word en .. La même année, Lotus Software lance Lotus Jazz après le succès de Lotus 1-2-3 sur l'IBM PC ; c'est cependant un échec.. De son côté, Apple lance Macintosh Office avec la publicité Lemmings diffusée lors de la Super Bowl XIX. Contrairement à 1984, celle-ci est un échec car elle est perçue comme insultante envers les acheteurs potentiels.

Apple fait évoluer son Macintosh en . Les modèles initiaux, qui ne disposent que de de mémoire vive et renommés pour cette raison Macintosh 128K, sont rejoints par les Macintosh 512K équipés, comme leur nom l'indique, de de mémoire vive..

De 1985 à 1989 : l'ère de la publication assistée par ordinateur vignette|Un Macintosh SE, premier Macintosh compact qu'il était possible d'améliorer.