L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église romane située sur le territoire de la commune d'Anzy-le-Duc dans le département français de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.

Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1851..

Historique Une longue histoire

L'église d'Anzy-le-Duc, qui était anciennement dédiée à la Trinité-Sainte-Croix et Sainte-Marie, est placée de nos jours sous le vocable de Notre-Dame-de-l'AssomptionBrochure de présentation de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Anzy-le-Duc éditée par la pastorale des réalités du tourisme et des loisirs du diocèse d'Autun (PRTL 71)..

Elle est l'ancienne église priorale du prieuré d'Anzy-le-Duc, et a été édifiée entre la fin du et le début du . Quelques bâtiments du prieuré jouxtent l'église et sont encore visibles.

La fondation du monastère d'Anzy-le-Duc remonte à l'époque carolingienne. C'est l'un des plus anciens du pays brionnais. Un noble, nommé Lethbald, et son épouse Altasie firent donation de leur villa d' « Enziacum » à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun en 876. L'un des premiers prieurs fut le moine Hugues de Poitiers, mort en odeur de sainteté vers 930 à Anzy-le-Duc. Son tombeau fut l'objet d'une grande vénération, et l'affluence croissante des pèlerins qui empruntaient la grande route de la Loire rendit nécessaire la construction d'une église plus vaste au . L'église actuelle semble avoir été construite en deux campagnes. Le chevet et le transept datent de la seconde moitié du (vers 1080), tandis que la nef et les collatéraux datent du début du (vers 1110)Site Bourgogne romane.

En 1415, Jean Petitjean, seigneur de Chamilly et de Chanceau les Marcigny, père de Jean Petitjean, abbé de l'abbaye de Saint- Martin d'Autun, rédige son testament et

Il lègue aussi à :

L'abbé de l'abbaye de Vézelay donne un certificat le , constatant que l'abbaye de Saint-Martin d'Autun est exemptée de la juridiction de l'évêque d'Autun, au sujet d'Anzy. Le , un accord intervient entre Jean Petitjean et l'évêque d'Autun Jean V Rolin, qui décident de le gouverner et de l'administrer ensemble, l'évêque en restant le PrieurCartulaire de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte 151.. Robert Huraut, abbé de Saint-Martin, ordonne le au prieur d'Anzy de recevoir dans son établissement le frère Jean de Marry, religieux de Saint-MartinCartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte 158..

Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte n°XVII, supplément., rapport signé de François Popelin de Semur-en-Brionnais, sacristain religieux de Saint-André et Anthouard, aussi religieux d'Anzy, et Triollet curé d'Anzy. Au bas de ce manuscrit est écrit :

Monseigneur Roch-Étienne de Vichy, ancien prieur, dernier titulaire et évêque d'Autun, fait sa fondation, avec l'autorisation de l'ordonnance royale du . Sa famille possédait près d'Anzy, le château de Monceau-l'Étoile. Il fit donc à l'église la fondation suivante :

En 1808, l'édifice, jusque-là église priorale, est choisi pour devenir église paroissialeAu fil des chemins de Saint-Jacques : Anzy-le-Duc, article de Raymond Oursel paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 154 de juin 2008, pages 7 à 11..

L'église a été classée monument historique en 1851.

Liste des prieurs et religieux connus Cette liste n'est pas exhaustive. 928 - Hugues d'Anzy dit de Poitiers, Bienheureux, fondateur de l'hôpital du prieuré, conseiller spirituel et fondateur de monastères, architecte, à l'origine de l'attractivité du lieu de son vivant par l'accueil des malades et indigents et après sa mort pour ses reliques objet de pèlerinages.. 1400 - Un frère utérin de Jean Petitjean, sacristain et religieux de ce lieu, inhumé en la chapelle Saint-HugonCartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte n° XIV, supplément, 1415.. 1457 - Louis de Montjournaut, religieux de Saint-Martin d'Autun, promu à l'office de sacristain du Prieuré le Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte 153.. 1652 - François Popelin de Semur, sacristain et religieux de Saint-André, décède au prieuré le , âgé de 76 ans, ayant joui du bénéfice pendant 50 ans - Anthouard, religieux - Philippe Bouton, seigneur, prieur et baron d'Anzy, chanoine en la sacristie et chapelle du roi, seigneur de Joursanvault, Mirmande et autres lieux, âgé de 46 ans, décède le , à Dijon, le même jour que l'incendie et au dit jour est décédée à Chalons, Mme la comtesse de ChamillyCartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte n° XVII, supplément.. 1824 - Monseigneur Roch-Étienne de Vichy, dernier titulaire du prieuré d'AnzyCartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte n° XVIII, supplément..

Architecture vignette|Le clocher de style Lombard éclairé.

La prieurale Notre-Dame-de-l'Assomption est considérée comme l'une des plus belles églises romanes du Brionnais. et de la Bourgogne du Sud, par la qualité de son décor sculpté et par ses proportions harmonieuses.

L'édifice, avec son élévation à deux étages, se rattache à l'ancienne tradition architecturale de Bourgogne. C'est l'antithèse des principes architecturaux illustrés à Cluny III.

Le plan de l'église

L'église prieurale Notre-Dame-de-l'Assomption est, classiquement, orientée vers l'est, vers le soleil levant symbole de la résurrection.

La construction est en moyen appareil de calcaire blond, irrégulier et jointoyé. La différence des maçonneries du chevet et du transept, par rapport à celle de la nef, rappelle que l'église d'Anzy-le-Duc a été réalisée en deux campagnes, entre le milieu / fin du et le début du .La nef initiale était une simple nef sous charpente, l'élévation de la nef en deux niveaux et cinq travées sous arêtes est une des premières de ce type en Bourgogne, remarquable par son élévation ce modèle sera repris à l'abbatiale de Vezelay.

Architecture extérieure

Au flanc sud de la prieurale, les modillons qui supportent l'entablement des corniches sont presque tous figuratifs. « Les modillons de la prieurale d'Anzy-le-Duc sont incontestablement d'un niveau technique très supérieur à ceux des autres églises de ce territoire : ils sont l'œuvre de sculpteurs, alors que tous les autres peuvent être attribués à des tailleurs de pierre ayant mis leur habileté au service de ces décors de marge. » a expliqué Anelise NicolierAnelise Nicolier, « Les modillons des églises romanes du Brionnais », revue Images de Saône-et-Loire, n° 201, mars 2020, pages 14-17..

Les bras du transept et la façade principale sont mis en valeur par leurs pignons surhaussés.

Le clocher L'église Notre-Dame-de-l'Assomption possède un remarquable clocher roman octogonal« Clochers octogonaux », article de Fernand Nicolas paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 138 de juin 2004 (pages 17 à 19)..

L'élégance de ce clocher en fait l'un des plus beaux clochers romans du Brionnais. Sa haute silhouette donne de l'élancement à l'ensemble de l'édifice. Sa construction octogonale ornée de trois étages d'arcatures lombardes rappelle les clochers romans d'Italie du Nord.

Il est orné aux trois étages supérieurs de baies cintrées géminées séparées par des colonnettes et surmontées de bandes lombardes.

Ce clocher abrite l'une des plus anciennes cloches du diocèse d'Autun, fondue en l'an 1514 et pesant environ 730 kg, classée au titre des monuments historiques en 2021Par arrêté du 11 mars 2021. Source : Michaël Vottero (conservateur des monuments historiques) et Sabine Caumont (chargée de la protection des monuments historiques), 2020-2023 : un patrimoine mieux connu, mieux protégé, revue « Images de Saône-et-Loire » (juin 2025), pages 29 à 34..

La façade occidentale La façade occidentale est percée d'un remarquable portail dont le linteau, le tympan et l'archivolte à double voussure présentent une décoration sculptée très riche.

Le tympan date du . L'église Notre-Dame-de-l'Assomption en possédait trois à l'origine. Aujourd'hui, l'un d'eux se trouve au musée Hiéron de Paray-le-Monial. Le tympan visible sur l'édifice figure le Christ en gloire dans une mandorle. Il est assis sur son trône. La mandorle qui est un symbole de renaissance, est soutenue par deux anges aux ailes déployées et dont les pieds sont ancrés au sol. Cette iconographie symbolise le retour du Christ sur terre, à la fin des temps, pour juger les vivants et les morts.

Le linteau représente la scène de l'Ascension.

Sur la voussure inférieure très endommagée ainsi que sur les quatre chapiteaux, les 24 vieillards de l'Apocalypse, tête couronnée, tenant en main une coupe et la cithare, célèbrent la gloire du Christ ressuscité. Les 24 vieillards représentent les 12 Prophètes ou Patriarches et les 12 Apôtres. Ils symbolisent la réunion de l'Ancien et du Nouveau Testament. Cette image est tirée d'une vision de saint Jean décrite dans l'Apocalypse.

Les voussures ont été restaurées.

Les sculptures ont été martelées durant la période de la Révolution française.

La façade sud Le portail sud du prieuré raconte l'histoire du salut de l'humanité. Son tympan représente l'Adoration des mages ainsi que le Péché originel. L'architrave illustre les supplices imposés aux damnés en Enfer, et à son extrémité gauche, une courte allusion à la Jérusalem céleste. Les figures pourraient porter l'influence de l'atelier de Gislebertus d'Autun, bien que leur souplesse s'éloigne quelque peu de l'élan impétueux qui caractérise les sculptures de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Le style y est beaucoup plus fruste. Peut-être faut-il y voir la main d'un artiste qui est intervenu à l'église de Neuilly-en-Donjon, située de l'autre côté de la Loire.

Le chevet A l'instar de la seconde abbatiale de Cluny, l'église d'Anzy-le-Duc possède un chevet en échelon comportant cinq chapelles absidiales.

Architecture intérieure

La nef

L'église d'Anzy-le-Duc est régulièrement orientée.

L'architecture de la nef est à deux étages avec de grandes arcades surmontées de fenêtres hautes.

Les travées de la nef portent des voûtes d'arêtes séparées par des arcs doubleaux qui donnent naissance à des lignes architecturales simples et d'une grande harmonie. La qualité du voûtement témoigne du savoir-faire maitrisé des artisans et des architectes. Ce parti pris de construction se retrouve dans d'autres églises romanes de Bourgogne, notamment à Vézelay. Toutefois, il n'y a pas, ici, cet élan de verticalité qui caractérisera les édifices ayant adopté les principes de Cluny III. Les lignes verticales et horizontales s'équilibrent pour engendrer une impression de paisible sérénité.

Les chapiteaux Les chapiteaux de la nef principale datent du . Ils comptent parmi les exemples les plus anciens de cette forme d'art typiquement romane.

Ils sont sculptés pour la plupart de motifs végétaux ou animaux, et sont d'une grande valeur esthétique. On en compte une quarantaine parmi lesquels une tête de bovin, Daniel et les lions, un acrobate, un ange combattant un démon, Samson maîtrisant un lion… Voici quelques exemples, parmi les plus remarquables :

Le chapiteau du à gauche, en entrant dans la nef, représente Saint Michel combattant le démon. Dans son bouclier, le diable monstrueux a planté son trident dont le manche et le bras droit qui le tient ont été brisés. Le chapiteau du à gauche, en entrant dans la nef, semble représenter l'homme dans sa lutte contre le Mal. Nu (la nudité dans l'art roman peut représenter l'innocence des origines), il s'accroche des deux mains à l'anneau qui sert de base au chapiteau. L'anneau serait un symbole d'une branche de l'Arbre de Vie de la Genèse. Deux serpents monstrueux aux anneaux entrelacés s'apprêtent à lui mordre le torse et le talon.