Bapaume est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Bapalmois et Bapalmoises. La commune est le siège de la communauté de communes du Sud-Artois et sur le plan administratif, elle fait partie de l'arrondissement d'Arras, et sur le plan électoral, elle est bureau centralisateur de son canton.

La commune s'inscrit dans les « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages.

La commune de Bapaume (nom officiel depuis 1801) est située dans le sud-est du département du Pas-de-Calais à , à vol d'oiseau, au sud de la commune d’Arras. C’est une commune de type bourg rural avec une population de au dernier recensement de , elle a connu un pic de population en 1999 avec .

La commune a été marquée par les différents conflits. Durant la guerre franco-allemande de 1870 eut lieu la bataille de Bapaume qui opposa le général Louis Faidherbe à la tête de l'Armée du Nord aux Prussiens. À la suite des destructions subies pendant la Première Guerre mondiale, la commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918. Sur le territoire communal se trouve le Bapaume Australian Cemetery, cimetière militaire australien de la Première Guerre mondiale. Durant la Seconde Guerre mondiale, le maire Abel Guidet, qui faisait partie de la Résistance, est arrêté et déporté au camp de Groß-Rosen où il meurt le .

Géographie Localisation Localisée dans le sud-est du département du Pas-de-Calais, Bapaume est une commune située, à vol d'oiseau, à au sud de la commune d’Arras (chef-lieu d'arrondissement et préfecture du Pas-de-Calais)..

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de sept communes.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de . La commune est située au cœur du seuil du Cambrésis, aussi appelé seuil de Bapaume.

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie.. Il n'est drainé par aucun cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BapaumeLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Wancourt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ...

Ces « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », qui concernent , sont constitués de 80,36 % de cultures, de 8,01 % d'espaces artificialisés avec les communes principales de Cambrai, Caudry, Bapaume et Avesnes-le-Comte, de 7,25 % de prairies naturelles, permanentes, de 3,19 % de forêts et de milieux semi-naturels, 0,77 % de friches industrielles, de 0,38 % de cours d'eau et plan d'eau et de 0,04 % d’espaces industriels. Ces paysages sont dominés par les « grandes cultures » de céréales et de betteraves industrielles qui représentent de la surface agricole utilisée (SAU)..

Urbanisme Typologie Au , Bapaume est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BapaumeUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Bapaume comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bapaume, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (58,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (72,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,6 %), zones urbanisées (24 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (17,4 %), zones agricoles hétérogènes (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Le seuil de Bapaume La ville de Bapaume a été marquée par sa position que certains ont appelé le « seuil de Bapaume », point de passage entre l'Artois, la plaine de Flandre d'une part et la vallée de la Somme et le Bassin parisien d'autre part. Dès le milieu du , on parle du péage de Bapaume, qui fut révisé en 1202 puis en 1442.

Beaucoup de voies passent par Bapaume, d'anciennes routes entre les deux régions puis l'autoroute (1965) et le TGV (1993). Cependant au , le conseil municipal s'opposa au passage sur son territoire de la voie ferrée Paris-Lille.

Cette position fut regrettée car dès 1859 la municipalité réclamait la création d'une voie ferrée reliant Achiet-le-Grand (voie Paris-Lille) à Bapaume à traction animale. La voie ferrée reliant ces deux communes ne fut mise en service qu'en 1871, avec traction à vapeur.

Voies de communication Bapaume est desservie par : la RD 917, ancienne route nationale 17 (ex-RN37), axe routier Paris-Lille ; la RD 929 et la RD 930, ancienne route nationale 30, et toutes les deux ex-RN 29 (avant 1974) entre Albert et Cambrai sur l'axe routier Amiens Valenciennes ; l'autoroute A1 Paris-Lille via Arras..

Transports

La commune, qui est traversée par la ligne LGV Nord, se trouve, à de la gare TGV Haute-Picardie, implantée sur la LGV Nord, à mi-distance entre Amiens et Saint-Quentin. Elle est desservie par des TGV reliant l'agglomération lilloise et Bruxelles aux grandes métropoles régionales françaises, via les gares TGV de la périphérie de Paris (dont celle de l'aéroport Charles-de-Gaulle), et à de la gare d'Achiet, située sur la ligne de Paris-Nord à Lille, qui est une halte voyageurs de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des trains TER Hauts-de-France.

Jusqu'en 2010, la commune disposait de la gare de Bapaume, une ancienne gare ferroviaire de la ligne d'Achiet à Marcoing, située près du centre-ville de Bapaume, ainsi qu'à proximité de la commune d'Avesnes-lès-Bapaume. Son bâtiment voyageurs est détruit en 2015.

Toponymie vignette|gauche|redresse=1|

Le nom de la localité est attesté sous les formes Baetpalmæ en 1155 ; Bathpalmæ en 1156 ; Batpalmes, Batpaumes, Bapalmæ, Batpalmæ au ; Bappalmæ en 1247 ; Bepaumes en 1250 ; Batpamæ en 1255 ; Bapaumes en 1256 ; Bappaumes en 1273 ; Bappalmes en 1287 ; Baupaumes en 1298 ; Bappamez en 1311 ; Baipames en 1322 ; Bappammez en 1363 ; Beaupaumes en 1376 ; Babapmes, Bepaumes au ; Balpammes en 1462 ; Bappames en 1469 ; Bapaulmes en 1477Dictionnaire topographique du Pas-de-Calais : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Bibliothèque nationale de France. ; Bapaume en 1793 et depuis 1801.

Bapaume, d'abord attestée sous la forme « Batpalmis » en 1142, et « Batpalmas » dès 1127, également . ou en flamand, signifie « bats tes paumes » dans le sens « afflige-toi », à cause de la pauvreté du terrain ou de quelque dévastation passée.. Jadis, l'expression « battre ses paumes » était un signe de désespoir, d'affliction et a donné quelques noms de lieux du type Bapaume, évoquant le désespoir du paysan qui travaillait pour peu.

Histoire vignette|gauche|500px|Vue générale, porte de Péronne.

Premiers Bapaume

La ville actuelle n'est pas à son emplacement primitif. Pendant la période gauloise, la ville est située à environ à l'ouest, à proximité immédiate d'une source abondante, la source de la Sensée. Pendant le haut Empire romain cette ville prospéra en bordure de la voie reliant Bavay à Amiens. Cette période dura environ trois siècles. Les invasions barbares de 255 à 280 environ détruisirent totalement ce premier Bapaume.

Sous le Bas-Empire romain, la ville est reconstruite au même endroit par les colons bataves enrôlés en tant que soldats-paysans. Des buttes défensives sont construites tout autour dont une à l'emplacement de l'actuel Bapaume, la route reliant Arras à Saint-Quentin et à Péronne est déviée pour être implantée à proximité de la butte.

Cette ville s'appelait Helena et fut le lieu où Aetius repoussa la tentative d'invasion des Francs en 448. Cette invasion fut réussie en 454 et mit fin à la présence romaine.