vignette|droite|160px|Un escalier typique de Montmartre. Montmartre est un quartier du arrondissement de Paris (France) dominé par la basilique du Sacré-Cœur. Depuis le , il a accueilli de nombreux artistes tels que Picasso ou Modigliani et est devenu le symbole d'une vie rurale et autonome au sein même de la mégapole.
Jusqu'en 1860, Montmartre est une commune du département de la Seine. Cette année-là, en vertu de la loi d'extension de la capitale, la commune est annexée par Paris à l’exception d’une petite partie qui est attribuée à la commune de Saint-Ouen.
La majorité du territoire de l'ancien Montmartre est donc intégré dans ce qui devient le , baptisé « des Buttes-Montmartre » et constitué des quartiers administratifs des Grandes-Carrières, de Clignancourt, de la Goutte-d'Or et de la Chapelle. De même que le quartier du Marais, Montmartre n'a aujourd'hui aucune limite géographique précise : c'est un quartier parisien « historique » et non un « quartier administratif », délimité traditionnellement au nord par la rue Custine, à l'ouest par la rue Caulaincourt, au sud par les boulevards de Clichy et de Rochechouart, et à l'est par la rue de Clignancourt.
Connu pour ses rues étroites et escarpées flanquées de longs escaliers, ce secteur très touristique du nord de Paris abrite le point culminant de la capitale sur la butte Montmartre, une des buttes-témoins gypseuses formées de part et d'autre de la Seine et dénommées les « collines de Paris ». À , altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière du Calvaire, il jouxte l’église Saint-Pierre de Montmartre, plus ancienne église du Paris actuel.
Elle est reconnaissable à sa couleur blanche caractéristique qu'elle doit à ses pierres de Château-Landon qui ont la particularité de blanchir au contact de l'eau.
Situation et accès Le funiculaire de Montmartre permet l'accès au Sacré-Cœur depuis la place Saint-Pierre, évitant ainsi de gravir l'escalier de la rue Foyatier qui le longe et compte avec paliers.
Quatre lignes du métro de Paris sillonnent le quartier : Place de Clichy, Blanche, Pigalle, Anvers, Barbès - Rochechouart, Stalingrad et La Chapelle ; Barbès - Rochechouart, Château Rouge, Marcadet - Poissonniers, Simplon et Porte de Clignancourt ; Pigalle, Abbesses, Lamarck - Caulaincourt, Jules Joffrin, Marcadet - Poissonniers, Marx Dormoy et Porte de la Chapelle ; Place de Clichy, La Fourche, Guy Môquet et Porte de Saint-Ouen.
Les lignes de bus RATP 30, 31, 54, 67, 74, 80, 85, 95 traversent également le secteur., ainsi que la ligne 40 (autrefois Montmartrobus), la seule à circuler sur la butte Montmartre.
Enfin, le Petit-train de Montmartre propose également une visite guidée de cette dernière en Le Petit Train de Montmartre, Office du tourisme de Paris..
Toponymie vignette|Les quartiers administratifs parisiens des Grandes-Carrières, de Clignancourt, de la Goutte-d'Or et de la Chapelle qui composent le , dit « des Buttes-Montmartre».
Une étymologie de Montmartre veut que ce toponyme se rattache à un mons Martis car, à l'époque gallo-romaine, un temple dédié à Mars (dieu de la guerre) jouxtait un temple dédié à Mercure (dieu du commerce) à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre..
gauche|vignette|Chapelle des Martyrs de l'abbaye de Montmartre., construite en 1133 et détruite en 1794 (gravure du )
Une autre étymologie serait mons Martyrum, le « mont des Martyrs », une des rues historiques menant à Montmartre s'appelant d'ailleurs « rue des Martyrs » : victime des persécutions antichrétiennes, saint Denis y fut décapité avec deux autres coreligionnaires, Rustique et Éleuthère..Les lieux des noms de France et Les environs de Paris illustrés (1856)..
Le « mont de Mars » a donc pu être réinterprété vers le en « mont des Martyrs », ou mons Martyrum et ensuite, par dérivation populaire, en mont de « martre », martre signifiant martyr en ancien françaisChristian Montésinos, Éléments de mythologie sacrée aux en France, Éditions de la Hutte, coll. « Les veilleurs », 2011, , ..
La substitution toponymique de la dénomination païenne par la dénomination chrétienne reste cependant hypothétique et la double étymologie (mont de Mars et mont des Martyrs) est encore actuellement proposée. Il faudrait, ..
Histoire Ancien Régime
L'église Saint-Pierre de Montmartre est fondée au , mais elle n'est mentionnée pour la première fois qu'en 850 dans le Liber miraculorum S. Dionysii (Recueil des miracles de saint Denis). Lors du siège de Paris en 885, les Normands pillent le village.
En 1133-1134, le roi Louis VI fonde l'abbaye royale des Dames de Montmartre située en haut de la butte près de l'église Saint-Pierre, « l'abbaye d'en haut »..
En 1686, l'abbaye d'en haut est abandonnée au profit de nouveaux bâtiments édifiés à mi pente autour de l'emplacement de l'actuelle rue Yvonne-Le-Tac, « l'abbaye d'en bas ». Le cloître de l'abbaye d'en haut qui jouxtait l'église Saint-Pierre est détruit et les autres bâtiments utilisés comme granges ou écuries.
Le territoire de la seigneurie de l'abbaye s'étend sur la partie ouest de l'actuel , la partie nord du et une partie des Batignolles. La limite de la paroisse de Montmartre avec la paroisse de Saint-Eustache était fixée au chemin du Roule à Saint-Lazare, c'est-à-dire à la rue des Porcherons actuelle rue Saint-Lazare, les rues Coquenard et Notre-Dame-de-Lorette, actuelle rue Lamartine, et rue d'Enfer, actuelle rue Bleue.
Deux chapelles annexes avaient été fondées, Notre-Dame-de-Lorette avant 1646 pour desservir le quartier des Porcherons et Sainte-Anne en 1656 pour le quartier de la Nouvelle France. Cette chapelle est à l'origine de l'église Saint-Vincent-de-Paul.
upright=3|center|vignette|alt=Limite de la paroisse de Montmartre sur plan de Jean Junié de 1786
Lors du siège de Paris en 1590, Henri IV fit installer deux batteries d'artillerie : Histoire du siège de Paris sous Henri IV en 1590 d'après un manuscrit par M.-A. Dufour, 1881, ..
Une vue de la butte Montmartre peinte à la fin du XVIIe siècle, est vendue le par l'étude Prunier, commissaire-priseur à Louviers..
Au milieu du est fondée la manufacture de porcelaine de Clignancourt, hameau dépendant de Montmartre, à laquelle est notamment destiné l'albâtre issu des carrières de Montmartre..
1789-1860 : commune de Montmartre
Lors de la formation des communes et des départements français (décret du de l'Assemblée nationale), Montmartre devint une commune du département de la Seine en . Celle-ci se constitua avec difficulté, le mur de l'octroi, ou mur des Fermiers généraux, ayant peu de temps avant coupé l'ancienne paroisse en deux.
Le Haut-Montmartre procéda à l'élection de son propre conseil, qui se déclara favorable à la séparation entérinée le , Paris annexant le Bas-Montmartre (dans l'actuel ). Son premier maire fut Félix Desportes, un bourgeois originaire de Rouen, qui s'installa place du Tertre en 1788. Il transforma son domicile en mairie et établit solidement cette municipalité jusqu'en . Patriote zélé, il donne les prénoms de Flore Pierrette Montmartre à sa fille née en .
Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de « Mont-Marat ».
La commune était délimitée par : au nord, la commune de Saint-Ouen (y compris une partie des puces de Saint-Ouen et la partie sud-est du cimetière parisien de Saint-Ouen) ; à l'est, le chemin des Poissonniers (limite avec la commune de La Chapelle) ; au sud, le mur des Fermiers généraux (limite avec la commune de Paris) ; à l'ouest, la commune de Clichy, puis après 1830, celle des Batignolles-MonceauCadastre napoléonien des communes annexées (1808-1825), Montmartre, Clichy, La Villette, Montmartre, tableau d'assemblage, cote PLANS/3394..
La commune était constituée de deux pôles principaux : le village de Montmartre proprement dit sur le sommet de la colline et son versant méridional où s'étendait le domaine de l'abbaye de Montmartre, de l'église Saint-Pierre qui jouxtait l'« abbaye d'en haut » abandonnée en 1685 jusqu'à l'« abbaye d'en bas » près de la rue des Abbesses avec ses jardins limités par un mur à l'emplacement de l'actuelle rue d'Orsel. Ce domaine est vendu en 1794 comme bien national après l'expulsion des religieuses en 1790.. Les bâtiments de l'abbaye d'en bas autour de l'actuelle rue Yvonne-Le-Tac, les vestiges de ceux de l'abbaye d'en haut qui jouxtait l'église et la galerie couverte qui reliait ces deux pôles sont détruits et la plus grande partie de ces terrains est exploitée en carrières de gypse au début du . Les carrières à l'emplacement de l'ancienne abbaye d'en bas sont remblayées vers 1820. La rue Yvonne-Le-Tac et le prolongement de la rue des Martyrs de la rue d'Orsel à la rue La Vieuville sont tracées sur ce terrain. Les carrières à mi-pente creusées à l'emplacement des anciens jardins de l'Abbaye sont remblayées vers 1840 pour créer un lotissement où sont ouvertes les rues des Trois-Frères, Berthe, André-Barsacq, Gabrielle, Drevet et Chappe.
dans la plaine plus au nord et à l'est, le village de Clignancourt qui formait une agglomération à part se développant le long du chemin des Bœufs (actuellement rue Marcadet).
Au , un nouveau hameau se développa devant la barrière de Rochechouart, le long de l'actuelle rue de Clignancourt, et la barrière Poissonnière (section de la rue des Poissonniers absorbée par le boulevard Barbès et grande rue Royale, actuellement rue de Sofia). Ce village se développa avec le lotissement du domaine du Château Rouge à partir de 1844 : rues Poulet, Frédéric (actuelle rue Myrha), Charles-Henri (actuelle rue Doudeauville), du Château (actuellement rue de Clignancourt) et Neuve-Poissonnière (élargie en 1863 pour former l'actuel boulevard Barbès)Atlas historique de Paris, les grands lotissements de 1820 à 1850, le lotissement du Château-Rouge..
En 1840-1845, la construction de l'enceinte de Thiers laisse à l'extérieur de celle-ci une petite partie du territoire de la commune qui sera rattaché à Saint-Ouen en 1860.
Liste des maires
Depuis le rattachement à Paris en 1860 Lors de l'extension de Paris du mur des Fermiers généraux à l'enceinte de Thiers, la commune de Montmartre est supprimée par la loi du et son territoire est réparti comme suit« Loi sur l'extension des limites de Paris (du 16 juin 1859) », dans le Bulletin des lois de l'Empire français, , série, , 3 novembre 1859, , . : la plus grande partie, située à l'intérieur de l'enceinte de Thiers, est rattachée à Paris au sein du , appelée « Butte-Montmartre » et répartie entre les quartiers des Grandes-Carrières, de Clignancourt, de la Goutte-d'Or et de la ChapelleDécret du 3 novembre 1859 qui fixe les dénominations des vingt arrondissements municipaux de la ville de Paris, dans le Bulletin des lois . ; la petite partie restante, située hors des fortifications de l'enceinte de Thiers, est rattachée à la commune de Saint-Ouen.
C'est à Montmartre que se déclenche la Commune de Paris en 1871Kilien Stengel et Loïc Bienassis, Montmartre en 200 questions, Éditions Alan Sutton, 2012, ., après la volonté d'Adolphe Thiers et de son gouvernement de récupérer les canons de la Garde nationale qui étaient alors stationnés dans le quartier. Après l'arrestation et l'exécution de deux généraux dont l'un commandant une brigade chargée de les récupérer, plusieurs quartiers, dont celui de Montmartre se révoltent : c'est le début de la Commune qui durera du jusqu'à la Semaine sanglante à la fin du mois de .
Le 18 mai 1930, manifestation à Montmartre contre l’implémentation d’une nouvelle usine. Ils souhaitent conserver le mode de vie du quartier.
Le Montmartre contemporain