Vincent de Paul ou Vincent DepaulSelon Hœfer (Nouvelle Biographie générale, 42, 1866), les signatures authentiques du saint portent le nom « Depaul » écrit en un seul mot. C'est cette orthographe qui est utilisée en Amérique du Nord.On trouve aussi quelquefois orthographié Vincent de Paule., né le Saint Vincent de Paul, 1581-1660, Léon Cristiani. Il serait bien né en 1581, mais l'année 1576 n'avait été avancée que pour coïncider avec les décisions du Concile de Trente qui fixait désormais l'ordination à 27 ans, ou 25 avec dispense, au lieu de 19 ans. Selon Marie-Joëlle Guillaume, les applications des décrets de ce Concile ont été retardées en France jusqu'à la fin du . Ouvrage : Vincent de Paul, un saint au Grand siècle, Perrin, 2015.St Vincent de Paul (1576-1660), Emmanuel Broglie.Le Plutarque français : vies des hommes et femmes illustres de la France (?). au village de Pouy (Gascogne)Le Berceau est le lieu natal de saint Vincent de Paul. Vous y découvrirez Ranquines, sa maison natale., près de Dax, et, mort le , à Paris, est un prêtre, et, une figure du renouveau spirituel, apostolique, du catholicisme français, du . Fondateur de congrégations, il œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale. Il a été canonisé en et reconnu comme « patron de toutes les œuvres charitables » en 1885 ; nombre de lieux de cultes, établissements hospitaliers ou scolaires portent son nom.

Biographie Sa naissance Vincent de Paul est né le (en pleines guerres de Religion), à la ferme de Ranquines près du village du Pouy Abelly a donné 1576 comme année de naissance, mais tous les biographes sérieux et actuels acceptent la date de 1581, laquelle a été démontrée par Pierre Coste au début du , dans une étude publiée à Dax sur : « La véritable date de naissance de Saint Vincent de Paul ». (rebaptisé « Saint-Vincent-de-Paul » en son honneur en 1828), situé à environ cinq kilomètres de la ville de Dax dans le département des Landes, dans le sud-ouest de la France.

vignette|Ranquines, maison natale de Vincent de Paul. Le lieu de sa naissance, connu aujourd'hui sous le nom de « Berceau de saint Vincent de Paul », propose un modeste bâtiment de briques et de poutres de bois d'allure maison landaise, très proche de la maison où Vincent serait né en . Il n'existe aucun enregistrement de sa naissance, les registres de catholicité aussi anciens ayant de nombreuses lacunes en raison des destructions volontaires durant les guerres de ReligionBiographes sérieux et actuels acceptent la date de 1581, laquelle a été démontrée par Pierre Coste au début du , dans une étude publiée à Dax sur : « La véritable date de naissance de Saint Vincent de Paul »..

Dans sa biographie le père José-Maria Roman ne doute pas de l'origine landaise et française de Vincent de Paul, le saint parlant lui-même de son origine gasconneJ.-M. Roman, Saint Vincent de Paul, Biographie éd. Alzani.. Un autre lazariste le père Bernard Koch, après des recherches dans les différentes archives françaises, s'est rendu compte que le nom des Depaul ou Paul était courant dans toute la moitié sud, dans le pays de langue d'Oc. Les différents biographes (Abelly, Collet, Maynard, etc.) parlent d'un parent de Vincent de Paul qui était prieur de Poymartet pas très loin de la basilique Notre-Dame de Buglose (sanctuaire marial landais fondé en 1620 sur la commune actuelle de Saint Vincent de Paul). D'après un document de 1567, Étienne Depaul était en possession d'un prieuré sur le chemin de Saint-Jacques, au sud de la commune de Gourbera, relais Jacquaire en fort mauvais état à cause des guerres de religion. Mais cette parenté a été contestéeLes recherches du père Bernard Koch publiées dans le Bulletin des lazaristes de France, numéros de 2001, 2002 et 2003, puis l'ouvrage de Bernard Pujo Vincent de Paul le précurseur, éditions Albin Michel..

Une enfance pieuse et laborieuse Il est le troisième d’une fratrie qui comprend quatre garçons et deux filles. Vincent aime se présenter comme un « misérable porcher », fils d'un « pauvre laboureur ». En réalité, son père Jean de Paul est un exploitant agricole (agriculteur et éleveur) appartenant à une vieille lignée de « capcazaliers », paysans propriétaires de leurs terres, certes roturiers, mais que certaines franchises fiscales apparentaient à la noblesse.. Sa mère, Bertrande de Moras, appartient à une famille d'une lignée bourgeoise, peut-être de la petite noblesse locale..

Si Vincent est amené très tôt à apporter son aide à ses parents qui peinent à nourrir une famille nombreuse et passe ses premières années comme berger à garder des moutons, des vaches et des cochons, il quitte toutefois son foyer familial pour Dax où son père l’inscrit au collège des Cordeliers, tenu par les franciscains. Son père espère ainsi le préparer à obtenir quelques « bons bénéfices » grâce auxquels il pourra compléter les revenus familiaux.

Vincent y reste trois ans pendant lesquels il suit avec succès des cours de grammaire et apprend le latin. Il est pour ses camarades un exemple de travail acharné, si bien qu’au bout de peu de temps, Monsieur Comet (juge de Pouy et avocat au présidial de Dax), un ami de famille, lui demande de devenir le précepteur de ses fils. À quinze ans, le , il reçoit dans l'église collégiale de Bidache, des mains de l'évêque de Tarbes Salvat d'Iharse, la tonsure et les ordres mineurs..

La prêtrise

En 1597, il rejoint l'université de Toulouse où il étudie la théologie pendant sept ans.

En 1598, il reçoit le sous-diaconat puis, deux mois plus tard, le diaconat en la cathédrale Notre-Dame de la Sède à Tarbes, en Bigorre (aujourd'hui, département des Hautes-Pyrénées), par l'évêque de cette ville dans laquelle il séjourne quelque temps. Le , il est ordonné prêtre à Château-l'Évêque (Dordogne) par l'évêque de Périgueux François de Bourdeilles dans la chapelle du château épiscopal. Il est nommé par le vicaire général de Dax curé de la paroisse de Tilh mais ne semble pas s'y être rendu., étant au début plus en quête des avantages de cette condition sacerdotale que de son exercice.

Il continue ses études et obtient, le le diplôme de bachelier en théologie..

L'expérience de l'esclavage Enseignant à l'université de Toulouse en prévision d'un doctorat, il est capturé en 1605 au large d'Aigues Mortes, par des Barbaresques sur la voie du retour d'un voyage pour Marseille où il se rend pour recueillir un modeste héritage. Il a été vendu à plusieurs maîtres successifs (notamment à un alchimiste pour lequel il marque un intérêt profond.) pendant deux ans d'esclavage en Afrique du Nord. Il a convaincu son dernier maître, un renégat originaire de Nice , de se repentir et de se sauver avec lui de Tunis. Il l'a emmené avec ses trois femmes à Rome, pour qu'ils se fassent pardonner par le pape. Cet épisode compte parmi la légende de Vincent de Paul dans le cadre des dossiers et témoignages apportés à Rome dans le cadre de sa béatification et de sa canonisation. Louis Abelly, son premier biographe en 1664 en fait l'éloge. mais l'authenticité de cet événement, pour célèbre qu'il soitCette histoire rocambolesque semble avoir été connue en son temps, et aurait inspiré à Cyrano de Bergerac une scène de sa pièce Le Pédant joué, écrite en 1654, scène reprise plus tard par Molière dans Les Fourberies de Scapin avec la célèbre réplique, passée à la postérité : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? », que l’on retrouve jusque par exemple dans l'expression triviale actuelle « Quelle galère ! », est débattue par les historiens.https://archive.wikiwix.com/cache/20050129000000/http://www.famvin.org/fr/AchivDocEnleves/Lefebvre-Fil.html...

Aumônier, curé, confesseur alt=L'église Saint-Médard, à Clichy.|vignette|left|180px|L'église Saint-Médard à Clichy. Grâce aux recommandations du Saint-Siège, il devient en 1610 aumônier de l'ancienne reine de France Marguerite de France, qui, depuis son vaste hôtel particulier parisien consacre alors un tiers de ses revenus à des œuvres de charité, notamment à la Confrérie des frères de Saint-Jean-de-Dieu connus sous le nom de « Frères de la Charité ». Il s'en inspirera pour créer les « Filles de la Charité »..

vignette|Fresque représentant saint Vincent de Paul à Clichy. vignette|Place Saint-Vincent-de-Paul à Clichy, curé de Clichy.

En 1612, il remplace à Clichy le curé François Bourgoing qui souhaite rentrer à l'Oratoire. Âgé de 31 ans, il devient donc le curé de Saint-Sauveur-Saint-Médard à Clichy (aujourd'hui dans les Hauts-de-Seine), où il fait ses débuts en pastorale paroissiale.

Il reconstruit l'église qui tombe en ruine avec les deniers du culte, des paroissiens et des notables de 1622 à 1630. Cette église existe toujoursUne plaque gravée accrochée au-dessus des fonts baptismaux mentionne : « Dans cette église bâtie par Saint Vincent de Paul, on vénère un ossement de son bras doit, son crucifix, la chaire où il a baptisé. Dans le jardin du presbytère on voit un arbre qu'il a planté ». Début mai 2017, disparue depuis des décennies, la relique du saint, a été retrouvée à Clichy, en marge des travaux de rénovation par les ouvriers qui travaillaient au chantier de rénovation de l’église Saint-Médard. C’est un tout petit morceau d’os ; En l’occurrence, un os du bras. Précieusement conservé dans un tube de verre, avec dorures et scellés. L’objet était dissimulé sous une latte du plancher du clocher. cette relique a été offerte à Clichy en 1830 par l’archevêché de Paris. Un don en mémoire du passage de saint Vincent de Paul dans la commune, au . Une plaque apposée au-dessus des fonts baptismaux évoque effectivement l’existence de la relique : « Dans cette église bâtie par Saint-Vincent de Paul, on vénère un ossement de son bras droit ». Elle aurait disparu entre 1934 et 1970. La rumeur rapporte qu’elle aurait été subtilisée par une religieuse ou quelqu’un qui craignait pour cet objet sacré Cf. .. Le futur cardinal de Bérulle, représentant majeur de l'École française de spiritualité qui est devenu le directeur spirituel de Vincent depuis 1609., le fait nommer curé. Il prend possession de la cure le .. C'est dans cette période parisienne que Vincent, par l'intermédiaire de Bérulle, rencontre Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran.

Grâce à Bérulle, Vincent de Paul entre en 1613 comme précepteur, dans la maison de Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères de France. Pendant son séjour dans la maison de Gondi, où il doit « faire sa résidence continuelle et actuelle », il peut aussi retourner aisément dans sa paroisse, surtout lorsque les Gondi séjournent à Paris dans leur hôtel de la rue Pavée Saint-Sauveur.

A cette époque, il est le précepteur de l'un des fils, Jean-François Paul de Gondi futur cardinal de Retz. Dans ses mémoires, celui-ci parle avec affection et respect de son ancien précepteur.

Il devient confesseur de Madame de Gondi, qui l'emmène en Picardie pour ses œuvres de charité, où il découvre la misère des paysans. On le trouve également dans la Marne en 1613, à Montmirail, toujours comme précepteur au sein de la famille de Gondy (sic)Ville de Montmirail : https://montmirail.fr/historique/. En janvier 1617, il est appelé auprès d’un vieillard mourant dans le village de Gannes, qui lui fait une confession publique et générale.

Le lendemain, , à la demande de Madame de Gondi, il lance un appel à la confession au cours d'un sermon mémorable dans l'Église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Jean-Baptiste de Folleville. La réponse massive des villageois à cet appel lui fait brusquement prendre conscience de l'importance de sa mission. Les lazaristes font d'ailleurs du sermon du mercredi 25 janvier 1617. l’origine de la fondation de leur Congrégation de la mission en 1625 (ils en célèbrent l'anniversaire.. et réparent en sa mémoire la chaire de l’église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Jean-Baptiste de la commune de Folleville en 1868.).

Le fondateur de congrégations et l'aumônier des galères