de Bretagne, né le ou le et mort le à Lyon, filsGénéalogie de sur le site Medieval Lands. du duc de Bretagne et de Blanche de Navarre, est duc de Bretagne de 1286 à 1305. Il est aussi comte de Richmond de 1268 à 1305 et devient pair de France en 1297.

Longtemps proche du roi d'Angleterre de la maison Plantagenêt Édouard , il participe à ses côtés à la huitième (1270) et à la neuvième (1271-1272) croisades. Il s'éloigne de lui au cours de la guerre de Guyenne (1294), au cours de laquelle son fils cadet Jean commande pourtant les forces anglaises en Guyenne, puis il s'allie au roi de France Philippe le Bel, aux côtés de qui il participe à la guerre contre les Flamands (1297-1304). Il meurt accidentellement lors du sacre du pape Clément V à Lyon.

C'est sous son règne que vit Yves Hélory de Kermartin (mort en 1303), canonisé sous le nom de saint Yves.

Biographie

Origines familiales et jeunesse

Jean II de Bretagne est le fils de Jean (1217-1286), duc de 1221 à sa mort, lui-même fils de Pierre (dit Pierre Mauclerc), baillistre (régent) du duché de Bretagne de 1213 à 1237, membre de la maison de Dreux, d'origine française, qui règne sur la Bretagne de 1213 à 1341.

Sa mère est Blanche de Navarre (1226-1283), fille de Thibault , comte de Champagne et roi de Navarre.

Jean II a une sœur, Alix (1243-1288), mariée à partir de 1254 avec Jean de Blois-Châtillon (mort en 1279), à qui elle donne une fille, Jeanne (morte vers 1292La date de naissance de Jeanne ne semble pas connue avec précision. Compte tenu de la date de mariage de ses parents en 1254, elle ne peut pas être née avant 1255.).

Lui-même épouse en 1260 une fille du roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt, Béatrice (1242-1275), qui apporte en dot le comté de Richmond (ou honneur de Richmond), un puissant fief situé dans le Nord du royaume d'Angleterre (dans l'actuel Yorkshire du Nord).

Avant le début de son règne (1270-1286)

Huitième et neuvième croisades (1270-1272) Il est très proche de son beau-frère, le prince anglais (1239-1307), futur roi Édouard . Encore seulement comte de Richmond, Jean de Bretagne l'accompagne pour la huitième croisade (1270), rejoignant à Tunis son père ainsi que le roi de France , qui y meurt le , ce qui met fin à l'expédition.

Alors que son père rentre dans son duché, Jean suit Édouard d'Angleterre en Terre sainte, objectif traditionnel des croisades. Après la mort de Louis IX, les musulmans attaquent durement les États latins d'Orient. Édouard décide donc de se mettre à la tête d'une neuvième croisade, qui va permettre aux croisés de Terre sainte de résister dans l'immédiatLa disparition totale des établissements latins a lieu en 1291..

En 1272, sur le chemin du retour, Édouard apprend la mort de son père survenue le : il devient roi d'Angleterre, mais aussi duc d'AquitaineLe duché d'Aquitaine (capitale : Bordeaux) est le seul fief encore tenu par les Plantagenêt en France, après la perte de la Normandie, de l'Anjou, du Maine au début du et du Poitou un peu plus tard. et seigneur d'Irlande.

Guerre contre le roi d'Aragon (1285) En 1285, il accompagne le roi , fils de Louis IX, en guerre contre le roi d'Aragon Pierre III (croisade d'Aragon).

Durant son règne (1286-1305)

La guerre de Guyenne (1294) et ses conséquences , devenu duc, a laissé en Angleterre plusieurs de ses enfants, dont son fils cadet Jean de Bretagne. Celui-ci est nommé par Édouard capitaine général du duché d'Aquitaine (ou duché de Guyenne), fief du royaume de France détenu depuis 1152 par la maison Plantagenêt (originaire de l'Anjou) qui règne sur l'Angleterre depuis 1154.

Le , le roi (depuis 1286) Philippe le Bel, petit-fils de Louis IX, prononce la confiscation féodale du duché d'Aquitaine au prétexte d'incidents ayant eu lieu entre marins normands et anglais. Il lance vers le duché une armée sous le commandement de Charles de Valois. Jean de Bretagne doit donc diriger la défense de ce territoire contre l'armée française, durant la guerre de Guyenne (1294-1297).

C'est à l'occasion de ce conflit que le duc convoque à la mi- à Ploërmel ses vassaux directs et qu'est rédigé le célèbre « Livre des Ostz » (Livre des armées) qui répertorie en détail les fiefs du duché de Bretagne et leurs seigneurs, répartis en sept baillies. La présence de directs du duc, seigneurs laïcs et ecclésiastiques, est certaine : 8 pour la baillie de Rennes, 20 pour celle de Nantes, 10 pour Ploërmel & Broërech, 6 pour le Penthièvre, 9 pour celle de Tréguier, 20 pour la Cornouaille et enfin 6 pour le Léon.. Ce recensement indique aussi le nombre d'hommes de guerre attachés à chacun : au total , et Jean Kerhervé et Frédéric Morvan (dir.), Noblesse de Bretagne du Moyen Âge à nos jours, chapitre « Le Livre des Ostz (1294) », Rennes, PUR, 1999 , 37-88..

En Guyenne, Jean de Bretagne subit revers sur revers Jean Favier, Philippe le Bel, Paris, Fayard, 1978, « la Guerre de Guyenne », 255-257.. Les Anglais cherchant à se ravitailler en Bretagne pillent l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre. En 1296, abandonne la cause anglaise, mais se voit privé en conséquence du comté de Richmond par .

Rapprochement avec la cour de France (1296) Il marie alors son petit-fils (futur duc ), avec Isabelle, fille de Charles de Valois, et son duché est érigé en pairie en par roi de France.

Dans la guerre de Flandre (1297-1304) De 1297 à 1304, il joint sa bannière à celle du roi de France dans sa lutte contre les Flamands révoltés. Le comté de Flandre, où se trouvent les villes de Lille, Bruges et Gand, fait alors partie du royaume de France.

Lorsqu'en 1302 l'armée royale est vaincue à Courtrai, le duc de Bretagne n'y est pas présent. Mais deux ans plus tard le , jour où le roi de France venge le désastre de Courtrai à Mons-en-Pévèle, est sur le champ de bataille.

Le , le roi d'Angleterre lui restitue le comté de Richmond, qui après sa mort sera transféré à son second fils et homonyme Jean de Bretagne.

Mort (accidentelle) et funérailles En , la paix revenue, il part à Lyon afin d'assister au sacre du pape et de régler avec les évêques de Bretagne.

Le , au retour de l'église Saint-Just de Lyon, alors que le duc tient la bride de la mule pontificale, un mur sur lequel se trouve une foule de spectateurs s'effondre, renversant le souverain pontife et ensevelissant . Il en est retiré dans un état catastrophique et meurt quatre jours plus tard, le .

Son corps est placé dans un cercueil de plomb, transporté dans le Forez où passe la haute vallée de la Loire et ramené en bateau en Bretagne.

Il est inhumé le aux monastère des Carmes de Ploërmel, qu'il avait fondé.

Le gisant du duc Jean II, ainsi que celui de , a été transféré en 1821 dans l'église Saint-Armel de Ploërmel.

Succession L'inventaire de ses coffres est réalisé dans ses châteaux de Nantes et de Suscinio ainsi que dans sa demeure de Longjumeau non loin de Paris.

Il en reste deux documents, l'un de 1303 et l'autre de 1306, montrant que son trésor s'élevait à près de .

Son testament, d'un mètre carré, est conservé aux Archives départementales de la Loire-Atlantique. Dans ce testament, effectue plusieurs legs. Pour une future croisade, il fait un don de ; sont pourvues pour des familles nécessiteuses ; doivent être données à des filles nobles pour les aider à se marier ; des sommes diverses sont données à différents établissements religieux. Le testament attribue aussi une part des richesses du duc à ses domestiques en raison de leurs « loyaux services ».

Ascendance

Mariage et descendance En , à Saint-Denis, il épouse Béatrice d'Angleterre (1242-1275), fille du roi d'Angleterre , qui lui apporte en dot le comté de Richemont. Ils ont six enfants : ( - † 1312), duc de Bretagne ; Jean (1266 – † ), comte de Richmond (1306-1334). Il sert en Écosse contre . Il est fait prisonnier lors de la bataille d'Old Byland, livrée près de l'abbaye de Byland en 1322. Il n'est libéré qu'en 1324 ; Marie (1268 – † ), mariée en 1292 à , comte de Saint-Pol ; Pierre (1269 – après ), vicomte de Léon jusqu'en 1294. C'est un prince passionné par les chevaux, et qui s'endette si bien pour satisfaire sa passion qu'il est obligé de vendre la vicomté de Léon à son frère . Il participe aux guerres de Flandre avec son pèreMarjolaine Lémeillat, « Pierre, fils de , duc de Bretagne ou l’existence mouvementée d’un noble cadet dissipateur », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 2015, , , . ; Blanche (1270 – † ), mariée à Philippe d'Artois (1269 - 1298) ; Aliénor (1275 – † ). Religieuse en 1286, de Fontevraud (1304-1342), elle lègue à son abbaye le Graduel d'Aliénor de Bretagne.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1972, « Le duc » 359-381. . Barthélémy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé Les Papes et les Ducs de Bretagne COOP Breizh Spézet (2000) . Frédéric Morvan, « 1297 : La Bretagne de devient un duché de France », 2009, Frédéric Morvan, « 1213 : un capétien, Pierre de Dreux, devient duc de Bretagne », 2009, , consulté le . Frédéric Morvan la Chevalerie de Bretagne et la formation de l'armée ducale 1260-1341 Presses Universitaires de Rennes, Rennes 2009, « Généalogie : ducs de Bretagne de la maison de Dreux ».

Articles connexes Liste des héritiers du trône de Bretagne

Liens externes

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