Le produit intérieur brut (PIB, créé en 1934 par Simon Kuznets) et le PIB par habitant sont des indicateurs économiques utilisés pour évaluer quantitativement l'activité économique durant une certaine période (généralement de 1 an) dans un territoire donné. D'abord purement marchand, il prend aujourd'hui partiellement en compte la production des administrations publiques.
Description Le PIB est l'indicateur dominant de la mesure de la production quantitative marchande réalisée à l’intérieur d'un pays et l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux. Sa variation d'une année sur l'autre est appelée taux de croissance économique. Il diffère du revenu national brut (RNB), qui ajoute au PIB les entrées nettes de revenus de facteurs en provenance de l'étranger (revenus de facteurs provenant du reste du monde diminués des revenus de facteurs payés au reste du monde).
La composition de cet indice est parfois sujette à caution ou à suspicion, en particulier quand les gouvernements en font un outil de communication politique et qu'ils peuvent influencer la production de cet indicateur..
La pertinence du PIB comme indicateur de production de richesse est contestée par divers économistes, car : il ne considère qu'une partie de la valeur créée par l'activité économiqueVoir par exemple Dominique Méda : Qu'est-ce que la richesse, Aubier, 1999 ou La Mystique de la croissance. Comment s'en libérer, Flammarion, 2013 ; Jean Gadrey : Adieu à la croissance, Les Petits Matins, 2010. et de plus qu'une valeur déterminée de façon comptable ; il mesure mal le progrès socialGignac, R., et Hurteau, P. (2011). Mesurer le progrès social: vers des alternatives au PIB. Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) . ; des activités « négatives » (par exemple des dépenses induites par les accidents domestiques, industriels, routiers ou environnementaux ou les guerres) sont comptabilisées comme « positifs »., tandis que les activités positives à la fois non marchandes et non administratives, comme l'art (non commercialisé), les activités altruistes (par exemple le logiciel libre) ou les activités bénévoles, ou encore la production domestique assurée au quotidien au sein de la famille (encore souvent par des femmes, et ce qui remet aussi en cause, de façon liée à celle du PIB, la définition du travail.), ne le sont pas. le contenu, l'utilité réelle et la qualité de l'activité économique ne sont pas mesurés. Une citation apocryphe célèbre attribué à l'économiste John Maynard Keynes résume la chose : « Si vous payez des gens pour creuser un trou, et d'autres pour le reboucher, vous créez du PIB ». pour les défenseurs de l'environnement et du développement durable : la production économique surexploite en partie le capital naturel, le PIB ne tient pas compte des effets de cette surconsommation, les externalités négatives n'y étant pas prise en compte, alors qu'un nombre croissant de limites planétaires sont dépasséesVoir par exemple Ernst Friedrich Schumacher : le chapitre 1, « Le Problème de la Production », de Small Is Beautiful (1973) porte essentiellement sur cette problématique.....
D'autres approches sont envisagées, comme la définition d'un produit intérieur brut vert ou d'un Indice de bien-être durable..
Histoire William Petty est le premier à avoir l’idée de mesurer le revenu national, pour critiquer les taxes levées sur les propriétaires fonciers pour financer les guerres anglo-néerlandaises entre 1652 et 1674, qu’il estimait injustes.. Charles Davenant développe cette méthode en 1695..
À la demande du Congrès des États-Unis en 1932, Simon Kuznets crée une comptabilité nationale aux États-Unis, et invente le produit intérieur brut en 1934 afin de mesurer l'effet de la Grande Dépression sur l'économie.Simon Kuznets, le père des comptes nationaux .. On ne dispose en effet à cette époque d'aucun indicateur synthétique. Kuznets met dès cette date en garde contre l’utilisation du PIB comme d’un indicateur de bien-être.. L’adoption de l’indicateur par le département du Commerce des États-Unis, sous la direction de , achève d’intégrer les idées de Kuznets aux institutions. Après la conférence de Bretton Woods, en 1944, le PIB devient le principal outil pour mesurer l’économie d’un pays.. À l’époque, le produit national brut (PNB) est privilégié par rapport au PIB, dont il diffère en cela qu’il mesure la production par les ressortissants du pays à l’intérieur et à l’extérieur du territoire, plutôt que la production sur le territoire national. Le passage du PNB au PIB comme indicateur privilégié a lieu en 1991 aux États-Unis, la plupart des autres pays suivant ensuite cet exemple. Le rôle joué par les mesures du PIB dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale a joué un rôle central dans l’acceptation ultérieure du PIB comme indicateur de progrès et de développement national..
L'histoire du concept de PIB doit être distinguée de l’histoire des changements de son mode de calcul. La valeur ajoutée par les entreprises est relativement facile à calculer à partir de leurs comptes, mais la valeur ajoutée du secteur public, de la finance et de la création de capital immatériel l'est moins. Ces activités sont de plus en plus importantes dans les économies développées, et les conventions internationales régissant leur estimation et leur inclusion ou exclusion du PIB changent régulièrement, afin de suivre au mieux les transformations de l’économie. Ainsi, selon les termes de Diane Coyle,
En France, au milieu des années 1970, la mise en place d'un système élargi de comptabilité nationale alimente un débat sur les indicateurs de richesse, qui suscite des propositions de ratios supposés corriger les ambiguïtés du PIB.
En 1990, le Centre de prospective économique organise un séminaire de recherche de quatorze mois au ministère de la Recherche et de la Technologie avec pour sujet « une nouvelle approche de l’économie », questionnant les limites des concepts utilisés en économie et les champs d’activité où ces situations limites étaient atteintes. Peu après, en 1996, Jean Gadrey publie un travail sur la notion de productivité dans le secteur des services.. Puis en 2001, Patrick Viveret, pour le secrétariat d’État à l’Économie solidaire, résume dans un rapport les critiques faites aux notions de productivité et de PIB depuis vingt ansPatrick Viveret (2001). Rapport d’étape de la mission « Nouveaux facteurs de richesse », Paris, Secrétariat d’État à l’Économie solidaire...
Depuis 2017, l'Institut national de la statistique et des études économiques (France) intègre le trafic de stupéfiants dans le calcul du PIB ; celui-ci contribue au PIB à hauteur de 0,12 %..
Prospective En 2024, une étude publiée par des chercheurs de l'université Harvard et de l'université Northwestern cherche, pour la première fois selon eux, à mieux tenir compte des effets globaux et synergiques du réchauffement climatique (canicules, sécheresses, incendies, hausse de la température des océans, précipitations intenses, tempêtes plus intenses et plus fréquents) dans le calcul prospectif du PIB. Au lieu de se contenter de principalement additionner les évaluations de répercussions locales du climat sur l'économie, ils cherchent aussi à y intégrer les effets globaux du dérèglement climatique). Selon ce travail, une hausse de de la température en 2100 pourrait réduire le PIB mondial d'environ 50 %. Cette estimation est approximativement six fois plus élevée que celles obtenues auparavant..
Définition
L'agrégat PIB mesure l'activité économique d'un pays au cours d'une période donnée.. Il représente le résultat final de l'activité de production des unités productrices résidentes d'un pays. Cette notion peut se définir de trois manières : Le PIB est la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d'activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d'activité) ; Le PIB est la somme des emplois finaux intérieurs de biens et de services (consommation finale effective, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les importations ; Le PIB est la somme des emplois des comptes d'exploitation des secteurs institutionnels : rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions, excédent brut d'exploitation et revenu mixte.
Modes de calcul L'appellation exacte du PIB est : « le produit intérieur brut aux prix du marché ».
Il ne mesure que le flux de production, et non un stock de capital ou de dettes (comme ladjusted net savings de la Banque mondiale). Il ne prend pas non plus en compte la dépréciation des actifs (d'où le qualificatif « brut »), le calcul de celle-ci nécessitant des imputations faisant intervenir des conventions arbitraires et des données qui ne sont souvent pas disponibles de façon continue sur des durées aussi longues.
Le PIB mesure la valeur de l'ensemble des biens et services produits sur le territoire d'un pays donné au cours d'une période donnée (en général, une année, parfois un trimestre), quelle que soit la nationalité des producteurs présents sur ce territoire.
Le PIB (produit intérieur brut) se distingue : du PIB « au coût des facteurs », qui ne tient pas compte des impôts indirects ou des subventions d'exploitation ; du produit national brut (PNB). Rappel : PNB = PIB + revenus des facteurs en provenance de l'extérieur − revenus des facteurs versés à l'extérieur. Les revenus issus des avoirs détenus à l'extérieur ne sont pas inclus dans le PIB, mais sont en revanche ajoutés au PNB pour former le revenu national brut.
Détermination des composantes du PIB
Composantes marchandes ou non marchandes Le PIB recense à la fois la production marchande et la production non marchande, composée exclusivement de services.
Composantes vues sous l'angle de la production Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées des agents économiques résidents, calculée aux prix du marché, à laquelle on ajoute la part de la valeur ajoutée récupérée par l'État (taxe sur la valeur ajoutée et droits de douane) et de laquelle on soustrait les subventions ;PIB = Somme des valeurs ajoutées + TVA + Droits et taxes sur les importations – Subventions sur les produits
Si potentiellement trois méthodes coexistent pour calculer le PIB d'un pays ou d'une région (via la production, la dépense ou le revenu), la première méthode (approche par la production) est utilisée pour des raisons pratiques. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées issues des comptes de résultats fournis par les entreprises, et les administrations publiques.
Composantes vues sous l'angle des dépenses Le PIB est égal à la somme des emplois finaux intérieurs de biens et de services, c'est-à-dire : la consommation finale effective (CF), l'investissement (formation brute de capital fixe (FBCF)) et les variations de stocks (VS). Cette définition se déduit de l'égalité comptable entre les ressources de l'économie (PIB) et les emplois qui sont faits de ces ressources.
En situation d'autarcie, on a (équilibre Ressources - Emplois) : PIB = CF + FBCF + VS
Dans une économie ouverte les importations (notées M) s'ajoutent aux ressources, les exportations (notées X) aux emplois, si bien que la relation ci-dessus devient : PIB + M = CF + FBCF + VS + X
La dernière relation peut se réécrire : PIB = CF + FBCF + VS + X - M
Ou, en omettant les variations de stock et en développant la consommation finale : PIB = C + G + I + (X - M) Consommation (C) Investissements (I) Dépenses publiques courantes (G) Exportation (X) Importation (M)
À titre d'exemple, en 2004 dans l'Europe des Vingt-Cinq, 59 % du PIB était consacré aux dépenses de consommation finale des ménages, 21 % aux dépenses de consommation finale des administrations publiques, et 19 % à l'investissementL'Europe en chiffres - Eurostat, .