Pour la dernière apparition de moteurs Turbo en catégorie reine, Sébastien Loeb remporte en 2010 un septième titre mondial consécutif dans le championnat WRC, le dernier au volant de la Citroën C4. Arborant à son actif douze podiums sur les treize manches de la saison, il échappe aux coups du sort ayant caractérisés sa saison précédente et retrouve la régularité qui lui avait fait défaut, seul le handicap du balayage sur les épreuves terre perdurant. Avec la refonte du barème de points permettant de mettre davantage en valeur les victoires, il décroche sa nouvelle couronne à deux manches de la clôture sur un écart de points record par rapport à son dauphin Jari-Matti Latvala. Aux côtés de ses coéquipiers Dani Sordo et Sébastien Ogier, il participe également à la conquête du sixième titre Constructeurs de la marque aux chevrons. Il poursuit enfin ses piges annuelles en GT lorsque son agenda le lui permet et achève son année sportive en accédant pour la septième fois à la finale individuelle de la Course des Champions en autant de participations.

Championnat du monde des rallyes right|thumb|Sébastien Loeb est sixtuple champion du monde en titre au coup d'envoi de la saison 2010.

Avec la fin programmée des moteurs Turbo à compter de la saison 2011, le championnat WRC s’apprête à tourner une page importante de son Histoire en revenant sur une norme inchangée depuis 1987 et la fin des Groupes B. La totalité des voitures engagées en catégorie reine par les différents constructeurs vivent ainsi leurs dernières péripéties mondiales, à commencer par la Citroën C4 WRC de Sébastien Loeb. Désormais sixtuple champion du monde en titre, l'Alsacien poursuit son aventure avec la branche sportive de la marque aux chevrons dans un cadre resté inchangé depuis 2007. L'Espagnol Dani Sordo se retrouve ainsi maintenu dans son rôle de coéquipier tandis qu'en l'absence de nouvel arrivant chez les constructeurs, Ford demeure le principal adversaire avec ses deux pilotes finlandais Mikko Hirvonen et Jari-Matti Latvala. Bien que débutant dans la discipline, le champion du monde de Formule 1 Kimi Räikkönen retient l'attention de nombreux observateurs avec son débarquement au sein de l'équipe satellite de Citroën Racing faisant suite à son éviction de la Scuderia Ferrari. Le calendrier s'enrichit quant à lui d'une date supplémentaire après le point bas enregistré l'année précédente tandis que le barème de points se retrouve profondément modifié de même que celui de tous les championnats du monde sanctionnés par la FIA afin de privilégier davantage les victoires sur la régularité.

58th Rally Sweden Avec l'absence prolongée du rallye Monte-Carlo au calendrier mondial, le rallye de Suède hérite du statut de manche d'ouverture du championnat, place qu'il avait déjà tenu en 1996. Sur l'une des rares épreuves où il ne part pas favori, Sébastien Loeb doit tenir le rôle de balayeur en vertu de son sixième sacre acquis l'année antérieure et craint que les chutes de neige survenues les jours précédents le départ ne le handicapent davantage : . Quatrième à l'issue de la Super-Spéciale d'ouverture, l'Alsacien enregistre les temps scratchs des deux premiers secteurs significatifs et se porte en tête, construisant une avance de quelques secondes sur Mikko Hirvonen et son coéquipier Dani Sordo. La deuxième boucle de la journée se révèle plus délicate pour le champion du monde, les températures plus clémentes de l'après-midi et la mutualisation des tronçons avec d'autres compétitions ayant contribué à faire disparaître la couche de glace en surface et accentuer le phénomène de balayage. Il cède ainsi les commandes à son rival finlandais mais parvient à limiter son déficit à six secondes lors du retour au parc fermé : . La lutte s'intensifie le lendemain entre les deux pilotes. Hirvonen signe le premier scratch du jour et double son avance avant que Loeb ne réplique en enregistrant les trois meilleurs temps restants au programme de la première boucle. C'est finalement lors des deuxièmes passages que le tournant du rallye va se produire. Auteur d'un choix de pneus audacieux en puisant dans son stock de gommes neuves, le Finlandais profite d'un nombre global de clous en meilleur état et opte pour un style de pilotage plus agressif. Il porte son avance sur le champion du monde au-delà de vingt secondes à l'arrivée de Fredriksberg mais lâche six unités dans la courte Super-Spéciale de fin d'étape en raison de pneumatiques fortement détériorés : . Évoluant au maximum de ses possibilités, Loeb décide de prendre des risques significatifs dans le premier secteur de la dernière journée de course. Constatant qu'en dépit de ses efforts le temps repris à son adversaire sur l'ensemble de la spéciale demeure limité à deux dixièmes, il prend la décision d'abandonner à ce stade la lutte pour la victoire et d'assurer sa deuxième place jusqu'à la ligne d'arrivée : .

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 11 fév SS1 20 h 04 SSS Karlstad 1 1 min 33 s 7 12 fév SS2 8 h 18 Likenäs 1 11 min 33 s 7 SS3 9 h 41 Viggen 1 10 min 50 s 7 SS4 10 h 51 Torntorp 1 9 min 55 s 1 SS5 13 h 34 Likenäs 2 11 min 48 s 5 SS6 14 h 57 Viggen 2 10 min 54 s 2 SS7 16 h 30 Torntorp 2 10 min 00 s 3 SS8 20 h 00 SSS Karlstad 2 1 min 34 s 8 Étape 2 13 fév SS9 7 h 58 Vargåsen 1 13 min 23 s 0 SS10 9 h 46 Sägen 1 7 min 13 s 1 SS11 10 h 42 Fredriksberg 1 10 min 27 s 4 SS12 11 h 58 Hagfors Sprint 1 2 min 05 s 1 SS13 13 h 41 Vargåsen 2 13 min 10 s 5 SS14 15 h 29 Sägen 2 7 min 23 s 4 SS15 16 h 25 Fredriksberg 2 10 min 52 s 9 SS16 17 h 41 Hagfors Sprint 2 2 min 18 s 5 Étape 3 14 fév SS17 7 h 52 Rämmen 1 11 min 11 s 3 SS18 8 h 28 Värmullsasen 1 13 min 20 s 5 SS19 10 h 49 Lesjöfors 6 min 01 s 3 SS20 11 h 21 Rämmen 2 11 min 05 s 2 SS21 12 h 58 Värmullsasen 2 13 min 29 s 5

24º Corona Rally Guanajuato México

Absent la saison précédente au nom de l'alternance, le rallye du Mexique retrouve à nouveau le calendrier mondial et marque le début d'une série de cinq manches consécutives disputées sur terre. Sur une épreuve caractérisée par l'altitude élevée de son parcours, contribuant à dégrader la puissance des moteurs en raison du manque d'oxygène, Sébastien Loeb vise avant tout la victoire afin d'empêcher Mikko Hirvonen de construire une avance trop importante au championnat. Aux avant-postes dans les ordres de passage, les deux rivaux se retrouvent pénalisés par le balayage et concèdent un temps significatif sur Petter Solberg et Sébastien Ogier, auteurs de la totalité des scratchs au programme de la première étape et bénéficiant de conditions de route plus avantageuses. Loeb parvient à limiter son déficit sous les trente secondes et accroche la troisième place du général au moment de rejoindre le parc fermé : . L'Alsacien entame la deuxième étape sur un rythme offensif et avoue être à la limite dans ses trajectoires. Il monopolise le haut de la feuille des temps sur l'ensemble des secteurs de la journée et creuse d'emblée des écarts significatifs sur ses adversaires, lui permettant ainsi de s'emparer des commandes dès le deuxième tronçon : . Manquant de confiance, Hirvonen ne parvient pas à profiter de son meilleur ordre de passage et reste cloîtré en cinquième position tandis que Solberg et Ogier se voient tous deux reléguer à près d'une minute. Désormais intouchable à la régulière, le champion du monde choisit de limiter la prise de risques dans la courte dernière étape et d'assurer son rang. Il rejoint l'arrivée sans incidents, décrochant sa première victoire de la saison et reprenant la tête du classement mondial grâce à la quatrième place finale de Mikko Hirvonen, héritée d'une consigne de Ford aux dépens de son coéquipier Jari-Matti Latvala : . L'écurie Citroën réalise quant à elle le triplé, le podium se retrouvant complété par Petter Solberg et Sébastien Ogier.

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 5 mar SS1 7 h 28 Alfaro 1 14 min 19 s 4 SS2 9 h 01 Ortega 1 14 min 00 s 3 SS3 9 h 49 El Cubilete 1 11 min 53 s 2 SS4 10 h 57 Coca-Cola Street Stage 1 1 min 16 s 8 SS5 12 h 17 Alfaro 2 13 min 59 s 2 SS6 13 h 50 Ortega 2 13 min 43 s 1 SS7 14 h 38 El Cubilete 2 11 min 39 s 7 SS8 15 h 58 Super Special 1 1 min 38 s 0 SS9 16 h 03 Super Special 2 1 min 37 s 6 Étape 2 6 mar SS10 7 h 54 Ibarrilla 1 18 min 18 s 3 SS11 9 h 17 Duarte 1 18 min 10 s 2 SS12 10 h 08 Derramadero 1 14 min 03 s 7 SS13 11 h 11 Coca-Cola Street Stage 2 1 min 15 s 3 SS14 12 h 42 Ibarrilla 2 18 min 01 s 6 SS15 14 h 05 Duarte 2 17 min 44 s 9 SS16 14 h 56 Derramadero 2 13 min 50 s 4 SS17 16 h 11 Super Special 3 1 min 39 s 1 SS18 16 h 16 Super Special 4 1 min 38 s 8 Étape 3 7 mar SS19 8 h 43 Guanajuatito 20 min 05 s 8 SS20 9 h 34 Sauz Seco Spéciale annulée SS21 10 h 17 Comanjilla 10 min 31 s 1 SS22 11 h 32 Super Special 5 3 min 15 s 2

28th Jordan Rally Deux ans après sa première édition mondiale, le rallye de Jordanie effectue son retour dans le calendrier WRC en vertu de l'alternance décidée par les instances dirigeantes. Sébastien Loeb décrit une épreuve technique et complexe à aborder en raison du manque de repères visuels dans les étendues désertiques bordant la Mer Morte, et témoigne de sa volonté de remporter la victoire qui lui échappa en 2008 après avoir été percuté en liaison par Conrad Rautenbach. Sur une surface poussiéreuse et recouverte de graviers, l'Alsacien subit significativement le handicap du balayage dû à sa position d'ouvreur lors de la première étape. Cinquième à l'issue de la boucle matinale, il parvient à devancer son principal adversaire Mikko Hirvonen, victime d'un tête-à-queue dans la première spéciale, mais se retrouve impuissant face à Jari-Matti Latvala et Petter Solberg, bénéficiant de conditions de route plus favorables. Il limite les dégâts lors des deuxièmes passages et enregistre son premier temps scratch dans le dernier secteur du jour où les stratégies entreprises par les pilotes pour éviter de balayer la piste le lendemain furent explicites. Solberg prit ainsi la décision de ralentir sciemment, permettant à Loeb d'accrocher la troisième position à plus de trente secondes de Latvala lors du retour au parc fermé : . Profitant désormais d'un ordre de départ moins pénalisant, le champion du monde adopte un rythme offensif dès l'entame de la deuxième étape au moment où Hirvonen se retrouve contraint à l'abandon après avoir arraché une roue. Auteur de quatre temps scratchs sur les six secteurs au programme, il creuse des écarts significatifs dans les deux passages de Jordan River, la spéciale la plus longue du rallye, et s'empare de la tête après l'assistance de mi-parcours. Il conserve son rang jusqu'au soir de la deuxième journée, estimant que l'écart d'environ trente secondes établi sur Sébastien Ogier et Jari-Matti Latvala est suffisant pour ouvrir à nouveau la route : . Le lendemain, constatant que l'écurie Ford se préparait à bouleverser les ordres de passage en faisant pointer Mikko Hirvonen en avance afin d'assurer une route plus nettoyée à Latvala, toujours en course pour la victoire, Citroën décide d'imiter son adversaire en plaçant Ogier en position d'ouvreur devant Loeb. Sanctionné d'une pénalité de plus de huit minutes, le Gapençais perd sa deuxième place et permet au sixtuple champion du monde de lutter à armes égales face aux Finlandais. L'Alsacien maintient son rythme de la veille et signe quatre temps scratchs sur les six premières spéciales. Désormais détenteur d'une avance impossible à combler à la régulière, il réduit la prise de risques à compter du deuxième passage de Shuna et remporte la victoire sur l'une des rares épreuves qui manquaient encore à son palmarès. La fin du rallye est marquée par des voix s'élevant contre les différentes stratégies mises en œuvre par les deux camps, pointant du doigt les limites de la réglementation en vigueur et appelant à une refonte complète de la part de la FIA. Principale victime du système, Sébastien Loeb se positionne dans ce sens : .