Chemillé-sur-Indrois (prononcé ) est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. Station préhistorique attestée dès le Moustérien, le site de Chemillé-sur-Indrois est continuellement occupé par l'homme depuis le Néolithique. Chemillé commence à se développer sous les comtes d'Anjou. Henri Plantagenêt est probablement à l'origine de l'essor de la paroisse quand il fonde la chartreuse du Liget en expiation du meurtre de Thomas Becket. Jusqu'à la Révolution française, l'histoire de Chemillé se confond avec celle de cette riche abbaye.
Comme beaucoup d'autres communes, Chemillé-sur-Indrois voit une baisse importante de sa population au cours du , conséquence d'un exode rural massif ; mais, à la différence d'autres localités environnantes, la reprise démographique ne se manifeste pas et la population communale évolue autour de à l’approche du . La vocation agricole du territoire se maintient malgré tout, mais n'est plus un facteur de développement local ; l'industrie n'est pas installée et les artisans et commerces sont rares. Un important projet touristique voit le jour dans les années 1970 avec la création d'un plan d'eau de qui permet de développer le secteur tertiaire via les offres de services attachées à ce type d'aménagement (camping, pêche, loisirs nautiques, etc.).
Le patrimoine communal bâti repose principalement sur les vestiges de l'ancienne chartreuse du Liget et de ses dépendances, mieux conservées, situées à la Corroirie, et sur l'église Saint-Vincent, partiellement inscrits ou classés au titre des monuments historiques. La forêt de Loches au sud de la commune et une zone de pelouses calcaires près du plan d'eau ont été listées comme zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).
Géographie Localisation et communes limitrophes La commune de Chemillé-sur-Indrois se trouve dans le quadrant sud-est du département d'Indre-et-Loire, dans la région historique de Touraine. À vol d'oiseau, Chemillé-sur-Indrois se situe à au sud-est de Tours. (préfecture du département) ; à à l'ouest de Montrésor (les deux communes étant limitrophes, la distance retenue est celle séparant les chefs-lieux communaux)., chef-lieu de l'ancien canton auquel la commune était rattachée jusqu'en 2014 ; et à au nord-est de Loches., une des deux sous-préfectures du département et chef-lieu du nouveau canton de rattachement de Chemillé. La commune fait partie du bassin de vie de Loches..
Chemillé-sur-Indrois est limitrophe de six autres communes, dont Genillé pour près d'un tiers de la longueur de ses limites communales.
vignette|redresse=0.74|alt=Vue d'une carte de l'Indre-et-Loire indiquant l'emplacement de Chemillé-sur-Indrois.|Chemillé-sur-Indrois en Indre-et-Loire. vignette|gauche|redresse|alt=Vue d'une carte dessinant des limites territoriales communales|Limites administratives de Chemillé-sur-Indrois.
Géologie et relief vignette|redresse=1.2|alt=Vue d'une carte répartissant un territoire communal en grandes zones géologiques|Carte géologique simplifiée de Chemillé-sur-Indrois.(en orange, limites et chef-lieu communaux) Le territoire communal de Chemillé-sur-Indrois, comme l'ensemble de la Touraine, fait partie du bassin parisien au sens géologique du terme, vaste zone sédimentaire s'étendant vers le sud jusqu'aux confins du Massif central. La géologie de la commune est fortement marquée par des couches sédimentaires déposées par des avancées maritimes successives datant du Crétacé supérieur.
La plus ancienne de ces strates sédimentaires est constituée par les sables du Cénomanien () ; elle est présente sur l'ensemble du territoire, mais n'affleure pas. Le tuffeau jaune du Turonien supérieur () la recouvre ; il est affleurant sur le flanc des vallées des cours d'eau qui l'ont mis à nu par érosion.. Sur les plateaux, cette formation s'est peu à peu dégradée pour donner les argiles à silex de la Gâtine de Loches et de Montrésor. Elles sont localement recouvertes de dépôts limoneux quaternaires, au nord-est comme au sud-ouest du territoire. Page accessible sur Archive.is..
Les vallées de l'Indrois et de ses affluents, sont recouvertes d'alluvions fluviatiles récentes donnant des sols à tendance nettement hydromorphe ; ce caractère est renforcé par la présence fréquente, à faible profondeur sous le lit de la rivière d'une nappe alluviale d'accompagnement. Les affleurements argilo-siliceux et les dépôts limoneux ou caillouteux érodés prédominent sur les pentes de raccordement entre le sommet des plateaux et le fond des vallées.. Ce type de sol est appelé « perruche » dans la vallée de la Loire où il se prête particulièrement bien à la culture de la vigne..
L'aire du territoire de Chemillé-sur-Indrois est de (au ), très au-dessus de la superficie moyenne d'une commune de France métropolitaine qui s'établit à . Page accessible sur Archive.is.. Page accessible sur Archive.is..
Son altitude varie entre 82 et . Page accessible sur Archive.is..
Hydrographie et hydrologie vignette|gauche|alt=Vue d'un lac artificiel|L'Indrois au niveau du plan d'eau. Le territoire communal est arrosé par la rivière Indrois (affluent de l'Indre et sous-affluent de la Loire), qui traverse la commune de l'est-sud-est vers l'ouest-nord-ouest. Ce cours d'eau décrit plusieurs méandres au fond d'une vallée qu'il a creusée d'environ dans le substrat calcaire du plateau. Les flancs des coteaux peuvent être très abrupts sur le côté concave des méandres, comme sur la rive droite qui fait face au chef-lieu communal ou, un kilomètre plus en aval, sur la rive gauche au niveau du Moulin des Roches.. Un plan d'eau artificiel, créé en 1978 grâce à une digue barrant en aval une cuvette recreusée, occupe à la hauteur du bourg. Sur la commune, l'Indrois reçoit deux affluents notables. À l'est du bourg de Chemillé, le ruisseau d'Olivet, sur la rive droite, capte les eaux d'un bassin versant s'étendant sur la commune d'Orbigny, jusqu'aux limites du Loir-et-CherUne crête orientée du nord-ouest au sud-est et recouverte par la forêt de Brouard, constitue, outre la limite départementale entre l'Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, la ligne de partage des eaux entre le bassin de l'Indrois et de l'Indre au sud-ouest et celui du Cher au nord-est.. Sur la rive gauche, le ruisseau d'Aubigny, grossi de plusieurs ruisseaux secondaires venant de la forêt de Loches, traverse la partie sud-est du territoire de Chemillé avant de se jeter dans l'Indrois en limite de Genillé, après avoir alimenté, au passage, l'étang de la Corroirie. Deux autres petits ruisseaux temporaires confluent avec l'Indrois en rive droite, l'un en amont et l'autre en aval du plan d'eau.
Le débit de l'Indrois est suivi depuis 1977 à Genillé, en aval de Chemillé-sur-Indrois. Le module de cette rivière moyennement abondante y est de , calculé sur , mais les fluctuations saisonnières sont très marquées. En hiver, les hautes eaux ont un débit mensuel moyen entre 3,44 et de janvier à mars inclus, avec un maximum en janvier. Fin mars, le débit chute progressivement. Les basses eaux d'été vont de juin à octobre ; le débit moyen mensuel peut alors descendre jusqu'à en août. Des crues occasionnelles peuvent provoquer des variations brutales de régime, comme le avec un débit instantané de alors que le débit moyen pour cette même journée était de .. Ces observations à Genillé incluent les contributions de plusieurs affluents supplémentaires.
Trois zones humidesD'après l'article L. 211-1 du Code de l'environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée du ruisseau de l'Olivet d'Orbigny à la confluence », « la vallée de l'Indrois de Montrésor à la Bergerie » et « la vallée du ruisseau d'Aubigny de Guche Pie à la Courroierie »...
Paysages naturels Le réseau hydrographique compartimente le territoire communal en ensembles paysagers assez homogènes.
La partie située au sud-ouest du ruisseau d'Aubigny est occupée par la forêt de Loches, en grande partie privée sur Chemillé, installée sur les argiles à silex. Cette partie de la forêt de Loches est l'une des plus belles, car les moines de la chartreuse du Liget, dont cette partie du territoire dépendait, en ont amélioré le boisement avec des semis et des plantations raisonnées de chênes. Le plateau de la rive droite de l'Indrois accueille des terres agricoles de valeur moyenne où la culture de céréales domine, mais quelques zones boisées subsistent, sur le plateau ou aux flancs des vallons des ruisseaux. Il est en de même de la zone comprise entre l'Indrois et l'Aubigny, sur laquelle on retrouve toutefois, également, les dernières vignes de la commune.
La vallée de l'Indrois, composée d'alluvions, est réservée aux prairies naturelles ou artificielles, aux cultures de maïs exigeantes en eau et aux peupleraies.
Les pentes entre coteau et plaine, quand elles ne sont pas trop abruptes, ont pu accueillir par le passé des vignes ; mais les taillis, puis les bois ont recolonisé ces espaces. Là où la pente est trop abrupte, les bois ont toujours été dominants, avec parfois quelques pelouses calcaires d'une grande diversité floristique.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Moyenne vallée de la Loire » et « Centre et contreforts nord du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sublaines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transport Liaisons aériennes À un peu plus d'une heure de trajet routier depuis Chemillé-sur-Indrois., l'aéroport de Tours Val de Loire propose en 2015 des dessertes régulières à destination de Figari, Marseille, Dublin, Londres-Stansted, Marrakech et Porto. D'autres dessertes saisonnières ou occasionnelles sont également assurées..
Infrastructure routière