Le Club Social y Deportivo Colo-Colo, couramment abrégé en CSD Colo-Colo, est un club chilien de football, basé dans le quartier de Macul à Santiago.
Fondé le par David Arellano, Colo-Colo est le seul club du pays à avoir participé à toutes les éditions de la Primera División, dont il est le club le plus titré. C'est le seul club chilien à avoir remporté la Copa Libertadores, en 1991. En 2009, l'IFFHS élit Colo-Colo comme le meilleur club chilien du et le place dans les 20 meilleurs clubs d'Amérique du sudLe Club du Siècle en Amérique du Sud, International Federation of Football History & StatisticsIFFHS.
Club le plus populaire du pays, Colo-Colo est depuis 1975 résident de l'Estadio Monumental David Arellano. Il nourrit une rivalité historique avec l'autre grand club de la capitale, Universidad de Chile, avec lequel il dispute le célèbre Superclásico.
Histoire Fondation et années amateur (1925-1932)
thumb|left|Les « invincibles » de Colo-Colo, en 1925. Au début de l'année 1925, le Club Deportivo Magallanes traverse une grave crise institutionnelle, provoquée par des conflits entre les dirigeants et certains de ses footballeurs. Les joueurs les plus jeunes de l'équipe, menés par David Arellano, exigent une série de réformes concernant la gestion administrative et financière du club. Parmi celles-ci figurent l'exonération des joueurs de l'équipe première du paiement des cotisations mensuelles exigées par l'institution, la mise en place de régimes d'entraînement hebdomadaires, la fourniture d'un équipement sportif complet, ainsi que l'amélioration des infrastructures et des services médicaux. L'opposition de la direction du club, d'anciens joueurs et de plusieurs membres à ces revendications conduit les footballeurs contestataires à démissionner du club. Ces joueurs décident alors de fonder une nouvelle équipe. Après plusieurs réunions et négociations, Arellano et les autres joueurs fondent officiellement le club le . Le nom « Colo-Colo » est choisi en référence à Colocolo, chef mapuche ayant combattu les Espagnols au lors de la Guerre d'Arauco. Le club devient ainsi la première équipe chilienne à instaurer un régime de fonctionnement professionnel, bien que sans versement de salaires, avec des entraînements obligatoires, une préparation structurée des actions de jeu et l'application de principes tactiques.
En 1925 l'équipe de Colo-Colo remporte pour sa première saison la de la en étant invaincue, s'imposant sans conteste comme la meilleure équipe de la capitale et devient vite très populaire. Le club ne défend pas son titre la saison suivante mais en 1927, part en tournée en Europe, une première pour un club chilien. La tournée tourne au drame quand David Arellano, fondateur et capitaine du club, se blesse lors d'un match face au Real Valladolid. Victime d'une péritonite, il meurt dès le lendemain. Malgré cette immense perte, le club poursuit sa route, et remporte le championnat unifié de Santiago en 1928, 1929 et 1930.
En 1931-1932 le club traverse une première crise interne quand les dirigeants décident d'investir largement pour recruter des joueurs de l'extérieur, ce qui entraîne des difficultés financières. Celles-ci entraînent une réduction des primes et incitations économiques accordées aux joueurs de l'équipe première, provoquant une forte opposition de la part des footballeurs concernés ainsi que de certains dirigeants du club. De plus, Colo-Colo est marqué par un nouveau drame quand le , lors de la finale du championnat de Santiago disputée face à Audax Italiano, une tribune du stade s'effondre sur des spectateurs faisant 3 morts et 130 blessés. Le match est annulé et le titre non attribué.
Débuts du professionnalisme (1933-1973) thumb|left|Colo-Colo champion du Chili en 1937.
Les années 1930 se poursuivent avec la création de la première Ligue professionnelle du pays, initiative développée conjointement avec d'autres clubs de la capitale. Le premier tournoi d'ouverture de l'histoire, en 1933, est remporté par Colo-Colo, qui bat l'Unión Española en finale. En revanche, lors du premier championnat officiel, l'équipe termine à égalité de points avec Magallanes, ce qui impose la tenue d'un match de barrage, remporté 2 buts à 1 par les Magallánicos. En 1937, Colo-Colo remporte, sans connaître la défaite, le premier titre national de son histoire. En 1939, le club décroche son deuxième championnat, sous la direction technique de l'entraîneur hongrois Franz Platko, et grâce au prolifique attaquant Alfonso Domínguez, auteur de 32 buts en 24 matchs.
Au cours des années 1940, toujours sous la direction de Franz Platko, le club remporte un nouveau titre en 1941. Par la suite, Colo-Colo s'adjuge les championnats de 1944 et de 1947. Pourtant, deux ans plus tôt en 1945, le club réalise l'une des pires saisons de son histoire, en terminant le championnat à l'avant-dernière place, devant le . Le titre de 1947 est l'occasion pour le club d'organiser à Santiago une compétition continentale, le championnat sud-américain des clubs champions, début 1948. Considérée comme l'ancêtre de la Copa LibertadoresColo Colo, FIFA, la compétition est remportée par les Brésiliens de Vasco da Gama.
En 1953, sous la présidence d'Antonio Labán, le club recrute en provenance du club anglais de Newcastle United, l'attaquant Jorge Robledo ainsi que son frère , partis en Angleterre pendant leur enfance. Meilleur buteur du championnat en 1953 et 1954, George Robledo contribue activement aux deux titres de champion en 1953 et en 1956 (l'équipe termine également à la deuxième place du championnat en 1954, 1955 et 1958), et remporte la première édition de la Coupe du Chili en 1958. À cette même période, le club fait l'acquisition d'un terrain de , situé dans la commune de Macul, où débute la construction du futur Estadio Monumental. En parallèle, le club achète en un siège social situé au 41, rue Cienfuegos.
La décennie suivante commence avec le titre de 1960 et la première participation du club en Copa Libartadores l'année d'après. Colo-Colo est cependant éliminé dès le premier tour par les Paraguayens d'Olimpia Asunción, finalistes l'année précédente. Le club est de nouveau champion du Chili en 1963, ce dernier titre restant particulièrement marquant dans l'histoire du club. En effet, deux records y sont établis : le plus grand nombre de buts inscrits par un club sur une saison, avec , et le plus grand nombre de buts marqués par un joueur de Colo-Colo sur une saison, réalisé par Luis Hernán Álvarez, auteur de 37 réalisations. L'année 1963 marque également la fin de la tradition, en vigueur depuis 1944, de n'aligner que des joueurs chiliens, avec le recrutement de l'Argentin . Jusqu'à la fin de la décennie, Colo-Colo enchaîne des campagnes irrégulières dans les compétitions nationales, dominées par Universidad de Chile et Universidad Católica. Cette période sans titre prend fin avec la conquête du championnat de 1970, le dixième de l'histoire du club.
Colo-Colo 73 et domination dans les années 1980 (1972-1990) En 1972, sous la direction de Luis Álamos, et avec des joueurs majeurs tels que Francisco Valdés et Carlos Caszely, Colo-Colo remporte de nouveau le championnat national et établit en outre un record d'affluence moyenne au Chili, avec par match. Cette équipe constitue la base du célèbre « Colo-Colo 73 », premier club chilien à atteindre la finale de la Copa Libertadores, qu'il perd 2-1 après prolongations face à l'Independiente d'Argentine. Cette glorieuse équipe compose la colonne vertébrale de l'équipe du Chili à la Coupe du monde 1974, dont Álamos est le sélectionneur. À la suite de ce titre de vice-champion continental, le club entre dans une crise sportive et institutionnelle et ne parvient pas à reproduire ses succès sur le terrain, restant sans titre de champion jusqu'en 1979. L'équipe sacrée cette année-là s'appuie notamment sur le talent du milieu de terrain brésilien , aux côtés de Carlos Caszely, revenu après une expérience dans le football espagnol. Aussi, en 1975, la construction de l'Estadio Monumental est achevée et le stade est inauguré lors d'un match de championnat contre le , mais en raison de problèmes d'infrastructure et d'autres services de base, le stade est finalement fermé pour une durée indéterminée.
Au cours des années 1980, Colo-Colo remporte les titres nationaux de 1981 et 1983 sous la direction de l'entraîneur , puis ceux de 1986 et 1989 avec Arturo Salah à la tête de l'équipe. Durant cette décennie, le club gagne également la Coupe du Chili à quatre reprises. En revanche, la Copa Libertadores demeure une déception majeure, Colo-Colo ne parvenant à dépasser la phase de groupes qu'en 1988. À la fin de la décennie, le , l'Estadio Monumental est inauguré de manière définitive lors d'un match opposant Colo-Colo au club uruguayen de Peñarol, remporté 2 buts à 1 par le club chilien grâce à des réalisations de Marcelo Barticciotto et , fils de l'ancien défenseur emblématique des années 1970 portant le même nom.
Succès internationaux puis faillite (1991-2005) La décennie des années 1990 entre rapidement dans l'histoire du club en tant que période la plus prolifique en termes de titres remportés et comme celle de l'obtention des premiers trophées internationaux. Au milieu de l'année 1990, le club recrute l'entraîneur croate Mirko Jozić, sous la direction duquel l'équipe décroche son premier bicampeonato en étant sacrée championne cette même année. Le , Colo-Colo remporte la Copa Libertadores 1991 en battant Olimpia du Paraguay sur le score de 3 buts à 0 à l'Estadio Monumental, grâce à deux buts de et un de Leonel Herrera. Il devient ainsi le premier club chilien à remporter une compétition internationale officielle. La même année, le club s'incline en finale de la Coupe intercontinentale à Tokyo, battu 3 buts à 0 par l'Étoile rouge de Belgrade. Sur le plan national, Colo-Colo réalise pour la première fois un triplé de titres consécutifs en remportant également le championnat de 1991. L'année suivante, le club remporte la Recopa Sudamericana en s'imposant aux tirs au but face à Cruzeiro du Brésil, ainsi que la Copa Interamericana en battant Puebla du Mexique. En 1993, Mirko Jozić obtient son dernier titre avec Colo-Colo en remportant le championnat national.
Après le départ de Jozić, Colo-Colo traverse plusieurs années d'instabilité, causées par des luttes internes pour la présidence entre les factions menées par Peter Dragicevic et Eduardo Menichetti, conflit qui se conclut par l'élection du premier, tandis que la dette du club augmente progressivement. Sur le plan sportif, ces difficultés sont en partie compensées par l'arrivée de l'entraîneur paraguayen Gustavo Benítez en 1995. Sous sa direction, le club remporte le championnat de 1996 et la Coupe nationale de la même année, le tournoi de clôture de 1997 et le championnat de 1998, tout en atteignant à deux reprises les demi-finales de la Supercopa Sudamericana et une fois celles de la Copa Libertadores. Toutefois, malgré ces succès sportifs, la mauvaise gestion financière et les dépenses excessives liées aux recrutements plongent progressivement le club dans une grave crise économique.