vignette|Amazing Stories, premier magazine de science-fiction américain. La science-fiction est un genre narratif, principalement littéraire (littérature et bande dessinée), cinématographique et vidéo-ludique. Comme son nom l'indique, elle consiste à raconter des fictions reposant sur des progrès scientifiques et techniques obtenus dans un futur plus ou moins lointain (il s'agit alors également d'anticipation), parfois dans un passé fictifPar exemple, les films de la série Star Wars se déroulent, selon le texte du générique de début, . ou dans un univers parallèle au nôtre. Elle met ainsi en œuvre des progrès physiquement impossibles, du moins en l'état actuel de nos connaissances, donnant les thèmes classiques du voyage dans le temps, du voyage interplanétaire ou interstellaire, de la colonisation de l'espace, de la rencontre avec des extra-terrestres, de la confrontation entre l'espèce humaine et ses créations, notamment les robots et les clones, ou de la catastrophe apocalyptique planétaire.

L'intrigue des récits de science-fiction peut se dérouler sur Terre (utopies, dystopies qui sont souvent des contre-utopies), dans l'espace interstellaire (vaisseau spatial dans le , exoplanètes dans le ) ou les deux.

La , notamment le biopunk, le cyberpunk et le postcyberpunk (qui met en scène des robots), extrapole des connaissances actuelles scientifiques, technologiques et ethnologiques.

Ce genre peut parfois être associé à d'autres, comprenant une dimension inexplicable ou imaginaire comme la religion, le fantastique (surnaturel et réalisme fantastique : mythologie, extra-terrestre, monde perdu, mondes parallèles), la fantasy (science fantasy ou space fantasy, faisant souvent intervenir la magie), ainsi que la guerre ou l'humour.

Étymologie et origine vignette|redresse|Couverture du () illustrée par Philippe Legendre-Kvater.

Le terme français a pour origine le terme anglais , qui est apparu en 1851 sous la plume de William Wilson dans un essai intitulé William Wilson, , , disponible sur Google Livres.. Il s'agissait alors d'un usage isolé. En , on trouve dans les colonnes du courrier dAmazing Stories la phrase suivante : Citations de cette expression sur le site .. En 1929, à la suite de l'éditorial d'Hugo Gernsback dans le premier numéro du pulp magazine intitulé , le terme commence à s'imposer aux États-Unis, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant de facto d'autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme « » ou « scientifiction »Roger Bozzetto, La Science-fiction, Armand Colin, 2007..

Dans son essai intitulé , publié en 1947 dans , l'auteur américain Robert A. Heinlein plaide en faveur du concept de « »Citations de cette expression sur le site Science Fiction Citations., ou fiction spéculative réalisteRobert A. Heinlein, "Grandeur et misères de la science-fiction", in Robert A. Heinlein et la Pédagogie du réel, Éditions du Somnium, 2008. pour se démarquer des récits de fantasy qui paraissaient encore à l'époque sous l'étiquette générale de science fiction. Si le néologisme de Robert A. Heinlein connait un grand succès jusque dans les années 1960, le terme de science fiction se maintient toujours comme référence. Ainsi, Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley est un roman de type science-fiction.

Dans le monde francophone, le terme de science-fiction s'impose à partir des années 1950Voir « Le nouveau petit Robert, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française », Éditions du Dictionnaire Le Robert, 1993., ayant pour synonyme et concurrent direct le mot anticipation. Précédemment, il s'agissait plutôt de ou de voyages . Si le mot anglais original s'écrit le plus souvent science fiction, le mot français s'orthographie avec un trait d'union : science-fiction. L'abréviation française S.F., ou SF, est devenue courante à partir des années 1970.

Définitions et fonctionnement Une représentation répandue que l'on trouve dans les dictionnairesVoir, par exemple, . dépeint la science-fiction comme un genre narratif qui met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles ou non avérés en l’état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science, et qui correspondent généralement à des découvertes scientifiques et techniques à venir.. Cette description générale recouvre de nombreux sous-genres, comme la , qui propose des conjectures plus ou moins rigoureuses à partir des connaissances scientifiques actuelles, les uchronies, qui narrent ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent, le cyberpunk, branché sur les réseaux, le , la , le , le policier/science-fiction et bien d’autres. Cette diversité de la science-fiction rend sa définition difficile. Bien qu'il n'existe pas de consensus à propos d'une (presque tous les écrivains ont donné leur propre définition), on admet généralement que certains mécanismes narratifs caractéristiques doivent être présents dans une œuvre pour que l'on puisse la classer dans ce genre. Ainsi, The Cambridge Companion to Science Fiction, Cambridge University Press, 2003, . synthétise ces caractéristiques par la formulation de plusieurs réquisits :

l'expérience de pensée : le récit de science-fiction est toujours un « que se passe-t-il si… ? ». C'est une fiction spéculative qui place les idées au même plan que les personnages ; la distanciation cognitive : le lecteur doit être embarqué dans un monde inhabituel ;

l'activité de compréhension du lecteur : elle fait suite à la distanciation. Le lecteur doit reconstruire un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories ou de spéculations scientifiques, même s'il s'agit de connaissances qui violent les principes de nos connaissances actuelles. Ce monde inhabituel n'étant pas donné d'un coup, le lecteur doit se servir pour cela d'éléments fournis par l'auteur (objets techniques spécifiques, indices de structures sociales particulières). Ainsi, elle se distingue nettement de la fantasy, genre qu'elle côtoie dans les rayons des librairies, ce qui n'empêche pas l'écrivain Terry Pratchett de déclarer avec humour : « La science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons »Anne Besson, La Fantasy, Klincksieck, 2007. ; les références à un bagage culturel commun : le vocabulaire et les thèmes de la science-fiction font partie d'une culture familière au lecteur qui lui permet de s'y reconnaître. Les magazines de science-fiction contribuent à la popularité du genre.

La science-fiction peut être un matériau pour la prospective, puisqu'elle construit et diffuse des représentations de l'avenir. Elle aide les prospectivistes à imaginer les conséquences et implications des développements techniques. La science-fiction est plus à l’aise dans l’exploration imaginaire et moins sujette à des préventions. La mise en récit ou la mise en images facilite les expressions et alerte sur des tendances jugées inquiétantesRumpala Yannick, « Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique », Raisons politiques, 4/2010 (), .Philippe Durance (sous la direction de), La Prospective stratégique en action, Odile Jacob, 2014, à 389..

Sous-genres

Hard science-fiction

vignette|redresse|Couverture du Galaxie , par Philippe Legendre-Kvater ().

Une définition de la hard science fiction, ou hard SF, fut proposée par l'écrivain américain Allen Steele en 1992Cf. John CLUTE & Peter NICHOLLS, The Encyclopedia of Science Fiction, Orbit, 1994, . : « La hard SF est une forme de littérature de l'imaginaire qui se construit autour de la science établie ou de son extrapolation prudente ». L'expression fut utilisée pour la première fois en 1957 par P. Schuyler Miller dans un compte-rendu de Islands of Space de John W. Campbell, publié dans la revue Astounding Science FictionWestfahl, Gary, "Introduction", , Greenwood Press, . .. Ce genre est représenté par exemple par les œuvres d'Arthur C. Clarke, Stephen Baxter et Greg Egan.

L'adjectif (dur en anglais) fait références aux sciences « dures » (en opposition aux sciences humaines et sociales, désignées comme « molles »). En effet, la vraisemblance scientifique de la hard science-fiction repose sur la spéculation scientifique et technologique dans les domaines tels que la physique, les mathématiques, la chimie, la biologie ou encore l'exobiologie et se distingue ainsi d'une forme de science-fiction plus populaire où la rigueur scientifique est plus secondaire (un des exemples les plus courants de telles contradictions techno-scientifiques pouvant être le fameux sabre laser). La science-fiction du système solaire

La science-fiction du système solaire (ou SFSS) est un sous-genre du science-fiction dur. Le SFSS est un mouvement littéraire de niche au sein de la science-fiction, apparu au début des années 2000. Ses principes sont codifiés par le "Mundane Manifesto" (“Manifeste du 'Mundane'» de Geoff Ryman et al. (2004)Ce manifeste, initialement publié sur un site web aujourd'hui disparu, est disponible à plusieurs endroits, notamment sur SFGenics (consulté le 9 novembre 2021 https://sfgenics.wordpress.com/2013/07/04/geoff-ryman-et-al-the-mundane-manifesto/ ). . Il a été signé en 2004 par l'auteur Geoff Ryman et autres participants en 2004 à l'atelier d'écriture Clarion West. Le mouvement propose la « science-fiction du système solaire » comme son propre sous-genre de la science-fiction, généralement caractérisée par son cadre sur la Terre ou au sein du système solaire ; une absence de voyage interstellaire, de voyage intergalactique ou de contact humain avec la vie extraterrestre ; et une utilisation crédible de la technologie et de la science telles qu'elles existent au moment où l'histoire est écrite ou une extension plausible de la technologie existante.

Voyage dans le temps

Le voyage dans le temps peut être un genre à part entière ou l'un des thèmes d'une œuvre. Ce genre affronte les problèmes liés aux paradoxes temporels, comme le paradoxe du grand-père, mais peut amener à des réflexions sur certains événements historiques lorsque, par exemple, un personnage crée l'histoire qu'il voulait en fait observer, comme dans Voici l'homme de Michael Moorcock. Le classique du genre est La Machine à explorer le temps de .

Uchronie

L’uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Un exemple est Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, qui décrit un situation par laquelle l'Allemagne et le Japon ont gagné la deuxième guerre mondiale et ces deux pouvoirs occupent les États-Unis.

Le Steampunk est, par exemple, une forme d'uchronie rétro-futuriste, principalement caractérisée par les œuvres de Jules Verne ou de H. G. Wells, ainsi que par le roman L'Ève future d'Auguste de Villiers de l'Isle-Adam.

Cyberpunk

L’appellation cyberpunk est apparue dans les années 1980. Elle désigne un sous-genre de l'anticipation, elle-même sous-genre de la science-fiction, décrivant un monde futuriste de manière dystopique (négative). Le cyberpunk met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l'information et la cybernétique).

Parmi les principaux écrivains cyberpunk, on peut citer William Gibson, et plus particulièrement son roman Neuromancien (1984), ou Neal Stephenson.