Pierre-Antoine Cousteau, né le dans le , et mort le dans le ., est un journaliste et polémiste français.
Collaborationniste convaincu et rédacteur en chef de l'hebdomadaire antisémite et pronazi Je suis partout à partir de 1943 après Robert Brasillach, il est condamné à mort lors de l'épuration. Sauvé par son frère Jacques-Yves Cousteau qui intercéda auprès du général de Gaulle, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité, puis il est finalement gracié par le président Vincent Auriol en 1953. Il reprend ensuite sa carrière dans des journaux comme Rivarol.
Fils de Pierre Daniel Cousteau et d'Élisabeth Marie Jeanne Cousteau, née Duranthon, il est le frère aîné de l'océanographe Jacques-Yves Cousteau.
Carrière D'abord homme (selon ce qu'il dit lui-même dans En ce temps-là), « le plus voltairien de nous tous », selon Lucien Rebatet, il est un pacifiste convaincu.. Il évoluera peu à peu vers le fascisme, avec la rencontre de plusieurs journalistes de droite, en particulier Pierre Gaxotte, son mentor de l'époque (Gaxotte ensuite coupera tout lien avec ses anciens amis en 1944, et témoignera à charge lors des procès de l'épuration). Il renoue dans les années 1930 avec la tradition des canulars, promouvant par exemple Édouard Herriot, alors que celui-ci est en visite officielle en URSS, au grade fantaisiste de . Cette farce poursuivra l'ancien Président du Conseil longtemps après (cf. Mines de rien).
En , Pierre Gaxotte le fait entrer à Je suis partout, journal auquel il participera activement, en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach. En 1941, de retour de captivité en Allemagne, il publie dans Je suis partout plusieurs articles antisémites consacrés aux juifs des États-Unis : « L'Amérique juive », « Promenade dans le ghetto de New York », « L'Amérique juive : Roosevelt ou Rosenfeld ? » et « L'Amérique juive : sur le sentier de la guerre », pays qu'il connaît bien pour y avoir vécu de 1920 à 1923, puis en 1929 et 1930Robert Klein, Je suis partout : les Juifs, 1941, édité par Amazon, 2018, . Le livre contient une partie de ces quatre articles..
En 1943, il succède à Robert Brasillach en prenant la direction de l'hebdomadaire Je suis partout. Antisémite, c'est un jusqu'à la fin de la guerre. Il est proche d’Otto Abetz.. Il s'engage dans la Milice d'abord, puis dans le corps militarisé de cette dernière, la Franc-garde, en ., qui traque les résistants et assiège les maquis. Il participa notamment à une expédition contre des résistantsPascal Ory, Les collaborateurs : 1940-1945, Paris, Éditions du Seuil 1976, .. S'en défendant, il prétendit à son procès qu'il avait suivi ses compagnons de la Milice pour un reportage en Bretagne couvrant l'arrestation de trois résistants..
Il considérait que l'Allemagne nazie représentait à l'époque, Extrait du testament politique de Pierre-Antoine Cousteau, confié à Rebatet peu avant sa mort.. Lors de son procès pour ses actes de collaboration, en 1946, il apparaît ainsi comme un des rares inculpés à assumer ses actesLe Parisien Libéré, , sous la signature d'Armand Gatti et sous le titre : « Après deux lâches [Rebatet et Jeantet, NdR], enfin un dur » : .. Il recevra toutefois le soutien du futur écrivain Jacques Yonnet, résistant, qui témoignera à décharge et écrira : Le Figaro, ..
Il est condamné à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, après l'intervention d'un certain nombre de personnalités du monde littéraire qui veulent leur éviter, à lui et Lucien Rebatet, la peine de mort (Marcel Aymé, Jean Anouilh, Jean Galtier-Boissière, André Gide et Albert Camus, par exemple), ainsi que de son frère Jacques-Yves..
Il purge sa peine à la prison de Clairvaux en même temps que Rebatet. Tous deux y avaient été transférés depuis Fresnes, où ils attendaient leur exécution, avant que leur peine capitale soit commuée vers la Pâques 1947 par le président de la République Vincent Auriol..
Pierre-Antoine Cousteau est finalement gracié en 1953 par Auriol et libéré la même année. Il collabore ensuite à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol et à la revue Lectures françaises. Il publiera à nouveau quelques ouvrages, toujours dans un style détaché et ironique, notamment sur ses arrestations successives lorsqu'il est traqué dans toute l'Europe après la Libération (Les Lois de l'hospitalité).
Vie privée Fils de Daniel Cousteau, il est le frère aîné de l'océanographe Jacques-Yves Cousteau. Marié en 1932 à Augusta Semaille (1908-1954) en premières noces et à Thérèse Gauzman en secondes noces (1954)Pierre-Antoine : l'autre Cousteau, Via Romana, 2016, ., Pierre-Antoine Cousteau a trois enfants : Jean-Pierre Cousteau (né le ), cardiologue et auteur d'une biographie de son pèrePierre-Antoine : l'autre Cousteau, Via Romana, 2016 ., Françoise Cousteau, puis Perrine Cousteau née de sa deuxième union.
Ouvrages Pierre-Antoine Cousteau est l'auteur d'environ . On compte parmi ses ouvragesBibliographie tirée de Intra muros ; suivi de Pensées et aphorismes, Paris, Via Romana, 2017, . :
Livres L'Amérique juive, Paris, Les Éditions de France, 1942. Les grandes Mystifications du siècle, Paris, Les Éditions de France, 1943. Hugothérapie ou Comment l'esprit vient aux mal-pensants, Bourg, Éditions Touristiques et Littéraires, 1954 (rééd. Via Romana, 2015). Mines de rien ou Les grandes Mystifications du demi-siècle (préf. Lucien Rebatet, ill. Ralph Soupault), Paris, Éditions Touristiques et Littéraires, 1955. Après le déluge : pamphlets, Paris, La Librairie Française, 1956. Les Lois de l'hospitalité, Paris, La Librairie Française, 1957. En ce temps-là, Paris, La Librairie Française, 1959.
Posthumes Dialogue de vaincus (prison de Clairvaux, janvier-), texte inédit présenté par Robert Belot, (avec la collab. de Lucien Rebatet), Paris, Berg International, 1999. Proust digest, posthume, préf. Lucien Rebatet, Versailles, Via Romana, 119 p., 2014 . Intra muros, posthume, préf. de Ghislain de Diesbach, Versailles, Via Romana, 486 p., 2017. Pensées et aphorismes, posthume, avant-propos de Jean-Pierre Cousteau, préf. Xavier Éman, Paris, La Nouvelle Librairie, coll. Éternel Retour, 122 p., 2021. Portraits et entrevues, posthume, préf. Pierre-Alexandre Bouclay, Versailles, Via Romana, 410 p., 2023 Jehanne au trou, pièce de théâtre posthume, Paris, Éditions Livr'Arbitres, 160 p., 2023 . Mon Amérique à moi : de la prohibition à l'après-guerre, posthume, Versailles, Via Romana, 335 p., 2025
Écrits non encore édités (hors articles)
Écrits perdus
Notes et références
Annexes Bibliographie Jean-Pierre Cousteau, Pierre-Antoine : l'autre Cousteau, Versailles, Via Romana, 2016 Pierre-Marie Dioudonnat, Les 700 rédacteurs de « Je suis partout », éd. Sedopols, 1993 Michaël Lenoire, sous la direction de Pierre-André Taguieff, L'antisémitisme de plume : 1940-1944, Paris, Berg International, 1999 Benoît Loeuillet, Pierre-Antoine Cousteau : un journaliste engagé (1932-1944), publications Henry Coston, 2001
Liens externes
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