vignette|Balestrand. Église anglicane Saint-Olaf, de style dragon. vignette|Balestrand. La villa Holmen.

Le drakstil ou style dragon est un style architectural et décoratif apparu au début du dans les pays nordiques, notamment en Norvège, et qui a connu son apogée au tournant des ; il est inspiré par le souvenir de la civilisation de l'âge des VikingsCe souvenir était ravivé par les découvertes archéologiques telles que le navire viking de Gokstad en 1880 et celui d'Oseberg en 1904. et l'art médiéval des pays scandinaves. Il apparaît comme une forme scandinave du nationalisme romantique. Il s'est exprimé dans le mobilier, la céramique, l'orfèvrerieUn bel exemple de réalisation est le coffret offert par la cour de Norvège au roi Oscar II en 1897 pour le de son avènement., mais aussi dans l'architecture. Le drakstil se rapproche par certains aspects du courant contemporain de l'Art nouveau.

Parmi les motifs qui caractérisent ce style, on trouve les têtes d'animaux, réels ou fantastiques, les éléments de navires vikings, et les motifs d'entrelacs. En architecture, les caractéristiques en sont le choix du bois comme matériaux de construction (particulièrement en rondins horizontaux), les fenêtres à arcades en plein-cintre, le premier étage en encorbellement et des têtes d'animaux aux sommets des pignons.

Ce style s'est surtout répandu en Norvège, néanmoins, il est possible de trouver des bâtisses et maisons en drakstil ou façon drakstil en Suède et en Allemagne, particulièrement dans le Brandebourg et la Thuringe en raison de l'engouement de l'empereur allemand Guillaume II pour la culture nordique.. Le bâtiment des douanes allemandes pendant l'annexion de l'Alsace-Lorraine au col de la Schlucht dans le massif des Vosges comportait quatre têtes de dragon pour la décoration du toit et du faîte. Cela aurait été une grande exception en France, mais le bâtiment a été détruit par les obus en 1916..

Une exposition organisée en 1996 à Caen par le musée de NormandieDragons et drakkars : le mythe viking de la Scandinavie à la Normandie, XVIII siècle-XX siècle, du 22 juin au 25 août 1996 à l'Abbaye aux Dames., avec l'aide des musées de Stockholm et de Göteborg, a contribué à mieux faire connaître en France ce style artistique.

Terminologie vignette|, à Dalen, commune de Tokke, dans le Telemark (Norvège). En français la terminologie oscille entre les termes et . Le faible nombre de publications francophones relatives à ce sujet fait que la terminologie n'est en effet pas encore totalement fixée.

La dénomination de ce courant artistique en français diffère des termes employés dans les langues scandinaves et en anglais : domine en suédois, et (bokmål) et (nynorsk) en norvégien, tandis que les termes et sont en concurrence en anglais.

On remarque que la forme française « drakestil » est unique et est une déformation de « drakestil ». Le terme « drakestil » fait écho à celui de « drakkar », qui est également un mot français construit à partir d'un terme scandinave déformé.

Architecture Le village de Balestrand, en Norvège, donne un bon exemple du style dragon dans la construction des maisons, à la fin du Dominique Auzias, Norvège 2015 Petit Futé, Petit Futé, 2014, p. 214 (en ligne).. La source principale de l'inspiration du style dragon dans l'architecture se trouve dans les « églises en bois debout » (stavkirke) de Norvège.

Le pavillon de la Suède et de la Norvège à l'exposition universelle de Paris en 1878, œuvre de l'architecte norvégien (1833-1910), apparaît comme un manifeste du drakstilDragons et drakkars, cité en bibliographie.. Parmi les architectes représentatifs de ce style, on peut citer (1848-1898) et Balthazar Lange (1854-1937).

En Suède, le Biologiska Museet à Stockholm est particulièrement représentatif du drakstil dans le cadre d'un bâtiment public. Dans le domaine de l'architecture privée, la villa Sagatun (environs de Stockholm) et les villas Curman (Lysekil) en sont des exemples.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Dragons et drakkars : le mythe viking de la Scandinavie à la Normandie, , Caen, Conseil régional de Basse-Normandie et Musée de Normandie, 1996, 137 p. Stephan Tschudi-Madsen, Veien hjem, Norsk arkitektur 1870–1914, Oslo, Norges kunsthistorie, 1981. Stephan Tschudi-Madsen, Dragestilen, Oslo, Honnør til en hånet stil, 1993. Barbara Miller Lane, National romanticism and modern architecture in Germany and the Scandinavian countries, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, 416 p. Laurence Rogations, « Résurgence de l’art viking à l’époque moderne. L'exemple du mouvement Art nouveau en Scandinavie », Nordiques, , printemps 2015, .

Articles connexes Architecture en Norvège Gothicisme Décoration de pignon en Scandinavie, notamment les chapitres consacrés à la comparaison avec les bateaux, au drakstil en Norvège et en dehors de la Norvège Têtes de chevaux (décoration de toit)

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