vignette|220 px|Carte représentant Paris et les trois départements de la petite couronne.

Le Val-de-Marne (prononcé : Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français inclus dans la métropole du Grand Paris et qui fait partie de la région Île-de-France. Il doit son nom à la Marne, rivière qui coule sur son territoire. Sa préfecture est Créteil, et ses deux sous-préfectures sont L'Haÿ-les-Roses et Nogent-sur-Marne.

Le Val-de-Marne est limitrophe des départements de la Seine-Saint-Denis au nord-est, de Seine-et-Marne à l'est, de l'Essonne au sud, des Hauts-de-Seine à l'ouest et de Paris au nord-ouest.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et la Poste lui attribuent le code 94.

Histoire

vignette|gauche|Ancien département de la Seine dont une partie a permis de créer le Val-de-Marne (en orange ).

Le département du Val-de-Marne a été créé le , en application de la loi du Loi du 10 juillet 1964 sur legifrance.fr., conformément au décret d'application du , à partir de la partie sud-est de l'ancien département de la Seine (29 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (18 communes).

Le département du Val-de-Marne, à la différence de la Seine-Saint-Denis, est un département très contrasté qui comprend des territoires que tout oppose, et qui compte à la fois nombre de communes de l'ancienne banlieue rouge et des communes beaucoup plus résidentielles (bords de Marne) ou beaucoup plus péri-urbaines, marquées par l'histoire de la ruralité et des espaces forestiers (des communes issues de l'ancienne Seine-et-Oise)Film documentaire en ligne de 2015, réalisé à l'occasion de la parution du livre « Val-de-Marne : Anthologie 1964–2014 » aux Éditions de l'Atelier en 2014, livre dirigé par Emmanuel Bellanger (chercheur au CNRS) et Julia Moro (archiviste aux archives départementales du Val-de-Marne). Avec la participation dans le film de Marie-Andrée Corcuff, directrice des archives départementales du Val-de-Marne.. À la création du département, ce dernier compte , principalement logés dans de petits pavillons de banlieue construits entre la fin du et les années 1930, et dans de grands ensembles dont la mise en chantier débute au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La préfecture de Créteil bénéficie d'un programme d'urbanisme particulier : le « Nouveau Créteil ».

Le pari politique à la création du département était de mélanger populations aisées, sur les franges du territoire, et populations ouvrières, au centre, afin de laisser une chance aux partis de droite de contrôler le conseil généralsd Mishi et Bellanger, « Les Territoires du communisme », Paris, Armand Colin, 2013, texte en ligne.. Il s'agit donc d'une « construction politique ».

Le pari est gagné lors des élections cantonales de 1970 avec la victoire des listes gaullistes aux élections cantonales. L'UDR Roland Nungesser devient président du Conseil général à la place du communiste Gaston Viens (premier président du conseil général, élu à la surprise générale). Le département bascule pourtant à gauche lors des élections cantonales de 1976 avec l'élection du communiste Michel Germa le à la présidence du Conseil général. Le poids du PC s'érode, mais reste fort dans le département avec encore 21,18 % pour les listes communistes lors du premier tour des élections cantonales de 1992. Le PC se maintient ainsi comme la première force politique d'un département qui penche clairement à gauche. Michel Germa est remplacé par le communiste Christian Favier le . En 2021, la droite remporte de nouveau le conseil départemental avec à sa tête Olivier Capitanio.

Toutefois, jusqu'aux lois de décentralisation de 1982 au moins, le vrai pilote du département, dans ce contexte de régionalisation, est le préfet : Paul Camous, préfet délégué du Val-de-Marne (1964–1967), puis Lucien Lanier, préfet du Val-de-Marne (1967–1974), et les préfets qui lui succéderont.

Ce département possède également une histoire commune avec le Portugal. En effet, elle a accueilli beaucoup de portugais fuyant la dictature dans les années 1960–1970, et un bidonville portugais qui était le plus grand de France a émergé à Champigny-sur-Marne, on y comptait entre et .

Géographie

vignette|220px|Le pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne. thumb|220px|Les bords de Marne.

Le territoire du Val-de-Marne est situé dans la partie nord de la France. C'est une plaine alluviale où se situe la confluence du fleuve Seine et de la rivière Marne entre Charenton-le-Pont et Alfortville. Outre la Seine et la Marne, la Bièvre, le Réveillon et le Morbras coulent également sur ce territoire. L'altitude moyenne est de , avec environ au niveau de Paris et au niveau du plateau de Villejuif.

Ce département de la banlieue parisienne est très urbanisé, mais conserve quelques rares espaces agricoles au sud-est, sur le versant du plateau de la Brie. En 2013, la densité de population culmine à à Vincennes et à Saint-Mandé contre seulement à Noiseau, à Périgny et à Santeny.

Une revue géographique (« Images du Val-de-Marne ») a été consacrée à l'étude de ce département pendant les années 1970 : ont été abordés de nombreux sujets touchant à la locale et départementale, au milieu naturel, à l'agriculture, à l'urbanisme, à l'industrie, à l'histoire, aux services (transports, informatique, téléinformatique)Voir: Henry Bakis (2018), La revue « Images du Val-de-Marne » – une des premières revues géographiques française à avoir publié sur les télécommunications, Netcom, https://journals.openedition.org/netcom/2858..

Climat

Le climat du Val-de-Marne est un climat océanique dégradé avec des nuances semi-continentales. Les températures moyennes sont presque toujours supérieures à l'hiver et inférieures à l'été. Cette douceur des températures est un caractère océanique. Le Val-de-Marne reçoit moins de d'eau par an en moyenne. Les pluies tombent en automne et les maxima se situent en été sous forme d'orages. La neige est rare : moins de 11 jours par an en moyenne. La forte urbanisation influe sur le climat en réchauffant les températures, et la pollution atmosphérique est cause d'une perte de 15 à 20 % du rayonnement solaire global.

Parmi les derniers épisodes météorologiques qui touchèrent le département, citons la tempête de 1999 avec des pointes de à Orly vers 6 heures du matin le et la canicule de 2003 avec une surmortalité de 171 % en , soit le plus haut taux en France.

Démographie

Les habitants du Val-de-Marne sont les « Val-de-Marnais ».

En 2013, 25,7 % de la population avait moins de 20 ans, 55,8 % avaient de 20 à 59 ans et 13,8 % avaient 65 ans ou plusINSEE – Évolution et structure de la population en 2013 Département du Val-de-Marne (94).. Avec immigrés en provenance de l'Union européenne et venus d'un pays hors Union européenne, le Val-de-Marne compte 20,0 % de population immigrée en 2013INSEE – Étrangers et immigrés en 2013 Département du Val-de-Marne (94)..

Communes les plus peuplées

Transports

vignette|Le donjon du château de Vincennes.

Historiquement, à sa création en 1964, le Val-de-Marne était très clivé. Les communes de l'ancien département de la Seine étaient beaucoup mieux équipées que les communes de l'ancien département de Seine-et-Oise. En dépit d'une volonté de résoudre ce déséquilibre, cette ligne de fracture existe toujours, et les équipements de transport en sont caractéristiques.

Par autobus Concernant les autobus, par exemple, deux types de transporteurs traversent le département du Val-de-Marne : la Régie autonome des transports parisiens (RATP) traversait les communes de l'ancien département de la Seine, tandis que des réseaux privés (comme le réseau de bus Marne et Seine par exemple) traversaient les communes de l'ancienne Seine-et-Oise. Les élus du Val-de-Marne, qui s'efforcent d'effacer ce clivage, se sont heurtés aux pouvoirs publics et à l'État. Un compromis a été trouvé dans les années 1980 : le TVM, le Trans-Val-de-Marne, inscrit au schéma directeur de la région parisienne. Cette ligne de bus exploitée par la RATP permet de rejoindre les différentes gares RER et zones d'activité et d'emploi du département. Mais le Trans-Val-de-Marne (TVM) confirme la ligne de fracture, puisqu'il traverse essentiellement les villes de l'ancienne Seine-et-Oise qui connaissent une expansion démographique importante, mais qui ne bénéficient pas d'un réseau de transport en commun adéquat, notamment les villes de Villeneuve-Saint-Georges, de Valenton, de Limeil-Brévannes ou de Sucy-en-Brie.

Par rail Transport marchandises Dans le département du Val-de-Marne, où le trafic de marchandises est le plus important de la petite couronne, un enjeu particulier concerne la gare ferroviaire de triage de Villeneuve-Saint-Georges. La politique de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) depuis le début des années 2000 vise à une reconfiguration du secteur du fret et remet en cause l'activité de triage de Villeneuve-Saint-Georges. Or la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges occupe une place symbolique et stratégique dans le paysage val-de-marnais. Cette menace pesant sur l'activité liée au trafic ferroviaire de marchandises sonne comme un désaveu pour l'État et le conseil général qui ont pris des engagements en faveur des transports alternatifs, moins polluants que le transport routier..

Dans le département, 90 % des transports de marchandises s'effectuent par la route contre moins de 10 % par voie d'eau et voie ferrée. Cette disproportion est d'autant plus étonnante que d'autres équipements ferroviaires traversent le Val-de-Marne : le chantier combiné de Valenton, les installations ferroviaires de Rungis ou celles du port de Bonneuil. Intégré en 2007 dans le périmètre de l'opération d'intérêt national (OIN) Orly-Rungis-Seine-Amont (Orsa).

Mais en , le gouvernement et la direction de la SNCF ont annoncé la fermeture d'une partie de l'activité du site de Villeneuve-Saint-Georges, enclenchant aussitôt, la mobilisation autour d'un collectif « pour la sauvegarde et le développement du triage », Présidé par le conseiller général (PCF) du canton de Valenton-Villeneuve-Saint-Georges chargé des transports et des déplacements, et regroupant des syndicats (CGT, CFDT, SUD Rail), des associations de défense de l'environnement (réseau Action Climat, WWF, etc.), des partis et des cheminots. Leur action commune est à la croisée de deux enjeux : la défense de l'emploi et la défense de l'environnement. Elle affiche un impératif politique : la transition écologique de l'économie.

Transports en commun Lignes de métro desservant le département : ligne (3 stations) : communes de Saint-Mandé et de Vincennes ; ligne (6 stations) : communes d'Ivry-sur-Seine, de Le Kremlin-Bicêtre et de Villejuif ; ligne (9 stations) : communes de Charenton-le-Pont, de Maisons-Alfort et de Créteil ; ligne (5 stations) : communes du Kremlin-Bicêtre, de Gentilly, de Villejuif, de Chevilly-Larue, de L'Haÿ-les-Roses, de Thiais, de Rungis et d'Orly.

Lignes de RER desservant le département : ligne (12 gares) : communes de Vincennes, de Fontenay-sous-Bois, de Nogent-sur-Marne, de Joinville-le-Pont, de Saint-Maur-des-Fossés, de Sucy-en-Brie, de Boissy-Saint-Léger et de Bry-sur-Marne ; ligne (4 gares) : communes de Gentilly, d'Arcueil et de Cachan ; ligne (10 gares) : communes d'Ivry-sur-Seine, de Vitry-sur-Seine, de Choisy-le-Roi, de Villeneuve-le-Roi, d'Ablon-sur-Seine, d'Orly, de Thiais et de Rungis ; ligne (5 gares) : communes d'Alfortville, de Maisons-Alfort, de Créteil et de Villeneuve-Saint-Georges ; ligne (4 gares) : communes de Fontenay-sous-Bois, de Nogent-sur-Marne, de Le Perreux-sur-Marne, de Villiers-sur-Marne, de Champigny-sur-Marne.

Lignes de tramway desservant le département : ligne (15 stations) : communes de Villejuif, de Chevilly-Larue, de Vitry-sur-Seine, de Thiais, de Rungis et d'Orly ;