Arles est une commune française, sous-préfecture du département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur en France. La ville, chef-lieu de l'arrondissement d'Arles, est la commune de France métropolitaine la plus étendue avec quelque hectares (malgré plusieurs réductions successives), et la plus peuplée de la CamarguePlus grande superficie de France. La ville est traversée par le Rhône.
Cette ville, dont les habitants sont appelés Arlésiens, a plus de . Ville emblématique de la Gaule chrétienne, elle fut l'évêché d'Hilaire d'Arles et de Césaire d'Arles. Des monuments remarquables ont été construits pendant l’Antiquité à l’époque romaine, comme le théâtre antique, les arènes, les Alyscamps, les thermes de Constantin ou encore le cirque romain. En 2004, un bateau antique, le chaland Arles-Rhône 3 datant de la Rome antique est découvert dans le Rhône entre les deux ponts de la ville. Il est aujourd’hui exposé au musée départemental d’Arles antique, agrandi pour mettre en valeur cette découverte et permettre son exposition. En 2007, c’est un buste en marbre ressemblant à Jules César qui est découvert dans le Rhône, lui aussi exposé dans le même musée. En raison de son important patrimoine, la cité est classée Ville d'art et d'histoire et ses monuments romains et romans sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981, par l'UNESCO.
Ouverte au tourisme qui est la première activité de la villeArles rêve d'une révolution culturelle, dans le mensuel régional le Ravi, novembre 2007, elle accueille de nombreuses festivités tout le long de l'année : les Feria d'Arles en avril et septembre, les Rencontres internationales de la photographie, Les Suds, Arelate, le Festival du dessin ainsi que les Calend'Arles en hiver.
La commune a obtenu deux fleurs au concours des villes et villages fleurisPalmarès 2008 du des villes et villages fleuris. Consulté le 23 septembre 2009. ainsi que trois libellules au label des villes nature.
Géographie Localisation La ville d’Arles se trouve dans le Sud-Est de la France. Les campagnes arlésiennes sont très étendues et représentent la majeure partie du territoire communal. Elles sont organisées en quatre ensembles naturels bien distincts : au nord, la plaine du Trébon et les Alpilles, à l’est, la Crau et au sud, la Camargue dont la commune d’Arles possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, troisième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu’Arles qui s'étend sur ).
Communes limitrophes
Topographie La ville et ses territoires Arles est le lieu où commence le delta du Rhône et qui constitue la porte de la Camargue. La ville initiale construite au sur un rocher dominant la rive gauche du Grand-Rhône (coordonnées géographiques : ) s’est développée ensuite à l’ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au nord (quartiers Montplaisir et du Trébon). La présence de marais à l’est a limité son développement dans cette direction. Durant l'âge du fer (), Arles constitue un oppidum, l'un des principaux de la Celtique méditerranéenneDominique Garcia, La Celtique méditerranéenne. Habitats et sociétés en Languedoc et en Provence. , éditions Errance, Paris, 2004, .
La ville d’Arles est fortement marquée par la présence du Rhône qui coupe la ville en deux et qui reste, encore même de nos jours, une menace comme lors de la crue de 2003.
La commune d’Arles est, de très loin, la plus étendue de toutes les communes de France métropolitaine. Avec sa superficie d'environ , elle est grande comme trois fois Marseille (), quasiment sept fois Toulouse () ou Paris (), dix fois Saint-Étienne ou Strasbourg (), quinze fois Bordeaux () ou Lyon (), vingt-et-une fois Lille ().
Son territoire comprend trois espaces naturels remarquables : au nord les Alpilles, au sud la Camargue dont elle possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, troisième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu’Arles) et à l'est la Crau avec Saint-Martin-de-Crau qui faisait partie de la commune d'Arles jusqu'en 1925Entre steppe et oasis : Saint-Martin-de-Crau .
Outre la ville proprement dite située au nord du territoire, la commune d'Arles inclut de nombreux bourgs et hameaux éloignés, notamment Albaron, Gageron, Mas-Thibert, Moulès, Raphèle-lès-Arles, Saliers, Salin-de-Giraud et Le Sambuc.
Les Alpilles vignette|Les Alpilles, près de Maussane les Alpilles. Les Alpilles arlésiennes, qui correspondent au sud de ce petit massif, commencent à partir du monastère de Montmajour, bâti sur un îlot surplombant une plaine marécageuse asséchée à plusieurs reprises sous les Romains, au puis aux et enfin au . Elles longent du nord à l’est, les villages de Fontvieille, avec le moulin de Daudet, du Paradou, de Maussane-les-Alpilles et de Mouriès.
Il s’agit essentiellement d’une zone rocailleuse vallonnée avec un habitat clairsemé, principalement orientée vers le tourisme et des productions agricoles comme les plantations d’oliviers.
La Crau
centré|vignette|Paysage de la Crau à Saint-Martin-de-Crau. La Crau est située à l’est d’Arles et s’étend jusqu’à l’étang de Berre. C'est une zone alluviale constituée par la Durance avant que celle-ci ne soit capturée par le Rhône vers .
La Crau arlésienne comprend les villages de Pont-de-Crau, Raphèle et Moulès et jouxte à l’est la commune de Saint-Martin-de-Crau. Elle s’étend sur environ de terres agricoles consacrés aux cultures maraîchères et fruitières, à la production de foin et à l’élevage ovin.
La Camargue
vignette|Sansouire et étang en Camargue. vignette|Plage de Piémanson (Salin-de-Giraud, Arles).
La Camargue arlésienne, terre deltaïque, dépend administrativement du canton d'Arles-Ouest de l'arrondissement d'Arles. Elle s'étend environ sur du nord au sud-est du delta du Rhône et sur la rive gauche du Grand-Rhône.
Elle est constituée de trois Camargues bien distinctes : la Camargue (proprement dite), la petite Camargue et le plan du bourg.
La Camargue est comprise entre les deux bras du Rhône (le delta du Rhône). La petite Camargue est située dans le département du Gard, à l'ouest du Rhône. Le plan du bourg se situe dans le département des Bouches-du-Rhône à l'est du grand Rhône.
Véritable île, la Camargue ne dispose que de six ponts et deux bacs qui la relient au Languedoc et au reste de la Provence : le pont de Saint-Gilles, le pont de l'A54 entre Fourques et Arles, les deux ponts de Fourques, les deux ponts d'Arles au nord, le bac du Sauvage sur le Petit Rhône et le bac de Barcarin sur le Grand Rhône (pour lequel un projet de pont se fait toujours attendreEn Camargue, le bac est une espèce protégée, article paru dans le mensuel provençal le Ravi, janvier 2012). Un septième pont, le pont de Sylvéréal (à la limite sud de Vauvert) permet la traversée du Petit Rhône.
En raison des risques d'inondation, l'habitat camarguais est clairsemé, constitué principalement de mas et de quelques villages pour la plupart très anciens bâtis sur les ségonnaux ou des buttes artificielles datant généralement de l'époque romaine. L'agglomération la plus importante Salin-de-Giraud, la seule à avoir une vocation industrielle, est récente : elle n'a été créée qu'en 1856 pour loger la population exploitant les salins.
Pendant longtemps, de l'époque grecque au , les Arlésiens y construisent des tours pour contrôler le commerce et les navires remontant les bras du RhôneLa tour la plus récente, dite la tour Saint-Louis, est visible dans la commune voisine de Port-Saint-Louis-du-Rhône ; elle date du début du ..
La Camargue arlésienne est structurée du nord-ouest au sud-est en fonction de la nature des terrains et de leur salinité. On trouve ainsi des terres céréalières, maraîchères et d'élevage, des rizières, des zones marécageuses, des salins et les lagunes côtières. L'avenir économique de cette région dépend de l'aménagement de la Camargue : la gestion des ressources, notamment de l'eau douce du Rhône entre des acteurs aux intérêts parfois opposés (producteurs de riz et exploitants des salins, par exemple), en sera un défi majeur.
Géologie Historique L’histoire géologique des territoires arlésiens commence avec les formations sédimentaires déposées à la fin du secondaire qui constituent l’ossature des Alpilles et de la Montagnette.
À l’ère tertiaire, l’ouverture de l’axe rhodanien fracture ces structures. Ce fossé rhodanien permet plusieurs invasions marines et le dépôt de sédiments aux faciès variés, tels les grès jaunes, riches en coquilles, du quartier de l’Hauture. Sur une période s'étendant entre 6 et 5 millions d’années, les assèchements successifs de la mer Méditerranée entraînent une érosion considérable tout autour de ce qui sera l'emplacement de la cité, puis le dépôt de nouveaux sédiments.
Au quaternaire, l’émersion définitive du golfe rhodanien laisse place aux dépôts caillouteux fluviatiles, notamment ceux de la Crau apportés par la Durance qui s’écoulait jusqu’à dans le golfe de Fos avant sa capture par le Rhône. La physionomie du delta avec la Camargue actuelle est très récente . Initialement plus à l’ouest, les bras du Rhône se sont progressivement déplacés vers l’est façonnant un littoral très mouvantSource : Jean-Maurice Rouquette (sous la direction de) - ARLES, histoire, territoires et cultures, p. 33-35, d’où sont issues toutes ces informations..
Morphologie actuelle Cette histoire explique les principales structures du territoire arlésien. Les contreforts des Alpilles au nord-est de la ville datent ainsi du secondaire ; la butte sur laquelle est construite la cité antique, du tertiaire ; et le reste de son territoire, du quaternaire, en distinguant la Crau au sud/sud-est formée par la Durance, et la plaine du Trébon au nord et la Camargue au sud-ouest, par le Rhône. Parmi ces derniers territoires, ceux à l’extrémité du delta sont très récents, datant parfois de moins de deux siècles.
Hydrographie
Le Rhône traverse la ville d'Arles en y entrant par le nord-ouest et en sortant par le sud-ouest. Son régime hydraulique est caractérisé par des maxima automnaux liés aux pluies méditerranéennes, et printaniers en raison de la fonte des glaces. L'hiver présente souvent des débits soutenus, mais moins marqués et le régime hydraulique minimum est estival.
En raison du bassin fluvial du Rhône, il en résulte un régime hydrologique complexe, et une grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivantsTerritoire Rhône - Safege - Étude globale des crues du Rhône - volet « hydrologie » - 2001 : les crues océaniques, dans lesquelles la Saône joue un rôle prépondérant ; les crues méditerranéennes extensives (janvier 1994), avec une forte contribution des affluents méditerranéens de rive gauche (Durance, notamment) ; les crues cévenoles (septembre 2002) avec un rôle prépondérant des affluents méditerranéens de rive droite (Ardèche, Cèze, Gardon) ; les crues généralisées (type mai 1856).
Le Rhône est un fleuve dangereux avec qui les Arlésiens ont su autrefois compter. Toutefois, depuis le début du , l'expansion urbaine favorisée par un affaiblissement temporaire des crues s'est réalisée essentiellement sur des zones inondables, nécessitant désormais une surveillance renforcée.
En , une importante inondation, de type centenaire, touche la commune avec des conséquences économiques pour de nombreuses entreprises, dont la fermeture de l’usine Lustucru, marque de PanzaniDalila Kerchouche, .. En effet, à la suite d'une rupture de digues, près de ont été évacués et plus de et inondés. C'est principalement le nord de la ville qui a été affecté, notamment les quartiers du Trébon, Monplaisir et la zone industrielle Nord..