Soignies (prononcé , en néerlandais Zinnik, en wallon Sougniye) est une ville francophone de Belgique, située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Hainaut. La ville de Soignies est une cité millénaire fondée au par Vincent Madelgaire (saint Vincent). L'entité de Soignies est composée depuis la fusion des communes en 1977 des villages d'Horrues, de Naast, de Thieusies, de Casteau, de Neufvilles et de Chaussée-Notre-Dame-Louvignies. Soignies est considérée comme le centre européen de la pierre de taille.

Toponymie Attestations anciennes thumb|left|Sceau aux causes de la ville de Soignies. Sennonagus pagus ou sennonicus mentionnés au dans la chronique de Frédégaire (Chron. c. 48) ou Sengaw sont les noms primitifs et Gaulois du territoire de la Senne. Le nom de la localité est attesté sous les formes Sunniacum [in Hannonia] en 870 (traité de Meerssen), Soniacas au (copie ), Sonegias au et vers 1070, Sungeias vers 1040, Sognies en 1149 - 1153, Soignies en 1198, Sonnies en 1199 - 1204, Soingnies au Théophile Lejeune, « Histoire civile et ecclésiastique de la ville de Soignies » in Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, Concours, 1868-1869Maurits Gysseling, Toponymisch Woordenboek van België, Nederland, Luxemburg, Noord-Frankrijk en West-Duitsland (vóór 1226), 1960, - 199 (lire en ligne) .

Étymologie Diverses hypothèses, considérées aujourd'hui comme fantaisistes, ont été émises au cours des siècles qui ont précédé le début du . Elles ont été formulées avant le développement de la toponymie méthodique en tant que branche de l'onomastique, elle-même reposant sur les travaux des lexicographes et des philologues, qui ont utilisé la linguistique, et dont l'initiateur en Belgique est Auguste Vincent.

Au , Jacques de Guyse et, à sa suite, Jacques de Leussach dit LessabéIacobus Lessabaeus, Hannoniae urbium et nominatorium locorum, Anvers, 1534 () affirmaient que Soignies devait son nom au séjour qu'y firent les Sénons sous la conduite de Brennus, 4 siècles in J. B. J. Breton, Voyage Dans La Ci-Devant Belgique et sur La Rive Gauche Du Rhin, Paris, 1802. Cette explication est incompatible avec les formes anciennes et basée sur des faits historiques non vérifiés. Au , l'historien Pontus Heuterus prétendait qu'il fallait rapprocher Soignies du peuple des Sègnes, qui selon lui donnèrent également leur nom à la Senne et à la forêt de Soignes. (Les Sègnes étaient un petit peuple de la région de Spa). Jean de Petit, quant à lui, rapproche le nom de la ville de celui de la forêt de Soignes (en dialecte brabançon : Sonie bosch), la racine sonne serait une référence au soleil dans la mythologie germaniqueJean de Petit, Recherches historiques sur la ville de Soignies, Mons, 1852. Au , Amé Demeuldre souligne que Soignies était habité depuis des siècles avant que Madelgaire y fondât son monastère. À l'époque romaine, Sennona désignait la Senne et Sennonagus pagus, le pays de la Senne.. Pour Demeuldre, les formes de Sougnies, en patois, et de Soignies ont une origine celtique : sunak (sun « soleil », ak « habitation »). Ces hypothèses, qui ne reposent pas sur des connaissances en linguistique et en onomastique, sont aujourd'hui toutes abandonnées.

En revanche, d'autres sources anciennes ont rapproché avec pertinence Soignies du nom de la Senne (Sunna, Senna). C'est déjà le cas au , avec Lodovico GuicciardiniGuicciardin, Description de tous les Pays-Bas, Amsterdam, 1625, comme Alexandre-Guillaume Chotin qui, au , explique que Sunniacum signifie ville sur SenneA. Chotin, Études étymologiques sur les noms des villes, bourgs, villages et hameaux de la province de Hainaut, Tournai, 1857. De même Charles Grandgagnage remarque que si Sunniacum désigne Soignies, il faut admettre que la forme Sunniacas devait exister parallèlement pour évoluer en SonnegiasCharles Marie Joseph Grandgagnage, Vocabulaire des anciens noms de lieux de la Belgique orientale, Gnusé, 1859, 241 p., remarque phonétique tout à fait juste.

Plus récemment, Albert Carnoy rattache Soignies au nom de la Senne qui avait deux formes : Sinna et Sunna. Maurits Gysseling considère qu'il s'agit de la formation romano-germanique *Suniacas « qui appartenait aux riverains de la Suna » et également que Suna désignait la Senne. Enfin, plus récemment Jean-Jacques Jespers, s'appuyant sur les travaux de Gysseling, , le suffixe d'origine celtique -(i)acas marquant l'appartenance et Suna (du germanique Suna, néerlandais Zenne ou dialectalement Zinne) désignant la Senne, d'où le sens global de « propriété des riverains de la Senne »Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Éditions Racine, Bruxelles, 2005.

Normalement, le suffixe -(i)acum à l'accusatif pluriel -(i)acas plus tardif, caractéristique des régions septentrionales du domaine d'oïl (Wallonie, Picardie, Haute-Normandie…), est précédé d'un anthroponyme, le plus souvent germanique. C'est en effet ce que notent Albert Dauzat et François de Beaurepaire à sa suite dans des exemples comme Landrecies (Nord, Landrecias 1142, nom de personne germanique Landerik), Romeries (Nord, Romerias [*Romeriacas] 1046, nom de personne germanique Hrotmar), Guiseniers (Eure, Gisimacas lire *Gisiniacas, Gisiniacus 1025, Guisegnies 1235, Gysegnies 1237, nom de personne germanique Giso), etc.François de Beaurepaire, Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, p. 25.. En outre, il existe des homophones tels que Soigny (Marne, Soigni 1131), sans doute à rapprocher de Sogny-en-l'Angle (Marne, Sugniacum 1152) ; Sonnay (Isère, Sunnayo avec -(i)acum au nominatif singulier. Ces auteurs considèrent qu'il s'agit d'un nom d'homme latin Sonius ou germanique Sunna, Sunna que l'on rencontre également dans Sonneville (Charente, Sonovilla 1151).

Remarque : Au Moyen Âge, soigne, soignée, soignies, sougnie, sougne, sougnie, et seignies étaient des termes juridiques qui revêtaient plusieurs acceptions : ce pouvait être une redevance qui se payait originairement en cire ou en chandelles et qui fut ensuite étendue à tous types de redevance (). Une soignie était également un droit de gîte que les habitants d'un lieu étaient tenus d'offrir à certains dignitaires. Enfin, une soignies était une redevance due par une église à une autreEncyclopédie méthodique, jurisprudence, T. 7, Paris, Liège, 1787, mais il s'agit d'une coïncidence sans rapport avec l'étymologie de Soignies.

Géographie

L'entité de Soignies Hormis la ville de Soignies, la commune est constituée depuis la fusion des communes du , des villages de Casteau au sud, Chaussée-Notre-Dame-Louvignies, Horrues, Neufvilles à l'ouest, Naast et Thieusies au sud-est. L'altitude de la commune varie entre plus ou moins 70 et (100 à pour le centre-ville)Atlas topographique de Belgique - Échelle 1 :50.000 - et 186 - - (Source IGN). Malgré l'évolution urbanistique, la ville a gardé sa structure médiévale. En effet, on perçoit encore aisément sur une vue aérienne la structure circulaire qu'occupaient les remparts ainsi que, intra-muros, les axes courbes formés par les principaux accès qui, au départ des portes, convergent vers la collégiale.

Sections de commune

# Nom Superf.(km)https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10 Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Soignies 22,89 15.105 660 55040A 2 Naast 13,79 2.997 217 55040B 3 Thieusies 11,80 1.022 87 55040C 4 Casteau 10,48 3.170 302 55040D 5 Neufvilles 18,47 3.529 191 55040E 6 Chaussée-Notre-Dame-Louvignies 12,13 944 78 55040F 7 Horrues 21,70 2.482 114 55040G

Communes limitrophes

Hydrographie Soignies est traversée par la Senne qui prend sa source sur le territoire de la commune dans le village de Naast et qui arrose également Bruxelles. Différents ruisseaux, affluents de la Senne, traversent également la ville, dont le Calais, le Perlonjour, la Cafenière, le Saussois, la Gageole, le Plantin, le Cognebeau… 500px|vignette|centré|Carte hydrographique de Soignies (1880-1885) - (voir en grand).

Géologie vignette|Lever du soleil sur l'étang communal de la Cafenière. Le sous-sol de Soignies est constitué de couches datant du Tournaisien (Carbonifère), il y a environ d'années. La pierre calcaire (teinte gris-bleu) est très dure et est appelée « Pierre Bleue » ou « petit granit » ou encore, tout simplement, « pierre de Soignies ». Elle est composée à plus de 93 % de CaCO. C'est une excellente pierre de construction. Ces pierres ont été utilisées lors de la construction de grands édifices en Belgique et à l'étranger (hall des expositions à Bruxelles, promenade en front de digue à La Panne, fontaine place Saint-Michel à Paris). Voir la carte géologique.

Climat Le climat de la région de Soignies est un climat tempéré océaniqueSite de l’Institut Royal de Météorologie (IRM) comme pour l'ensemble de la partie occidentale de la Belgique et cela grâce à la proximité de l'océan Atlantique qui régule le temps grâce à l'inertie calorifique de ses eaux. Le climat peut-être influencé par des zones humides et douces en provenance de l'océan mais aussi par des zones sèches (chaudes en été et froides en hiver) en provenance de l'intérieur du continent européen. En moyenne (moyenne faite sur une période couvrant les années), on observe environ de pluie par an dans la région de Soignies tout comme dans la majeure partie de la Belgique (plus dans les Ardennes et moins à la côte)..

+ 20px|Données météo Climat de la région de Soignies (Source IRM)Mois J F M A M J J A S O N D Moyenne annuelleTempératures (°C) 1,8 2,7 4,8 8,0 11,7 14,9 16,5 16,3 13,9 9,7 5,4 2,4 9,0Précipitations 58 47 50 54 66 72 78 76 70 70 66 65 772

Évolution démographique Ces chiffres reprennent toutes les personnes inscrites dans la commune le premier janvier écoulé, dans le registre de la population ou le registre des étrangers sans le registre d'attente. 1784 1806 1825 1830 1846 1860 1870 1880 1890 1900 1910 1915 1920 1930 1939 1945 1950 1960 1965 1970 1975 1976 1977* 1980 1991 2001 2008 ** 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 --*1977 : fusion des communes** extrapolationSources : Théophile Lejeune, histoire civile et ecclésiastique ; Soignies, ville millénaire, bulletin communal officiel 1975-1976, Union des villes et des communes de Wallonie.

Démographie : Avant la fusion des communes

Source : DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de recensements population ; à partir de nombre d'habitants chaque .https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,61994100,81995101,41996101,71997102,01998102,01999102,62000102,62001103,32002103,32003103,52004103,82005105,22006106,12007107,32008108,02009108,62010109,22011109,62012110,62013111,32014111,92015112,72016113,82017114,62018115,22019117,02020118,02021118,22022119,12023120,02024121,22025122,12026122,7

Histoire Néolithique et Période gallo-romaine