ou Alexandre Pavlovitch Romanov (en ), né le à Saint-Pétersbourg et mort le à Taganrog, fils de et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg, est empereur de RussieLa plupart des informations de ce chapitre sont extraites de La grande histoire des tsars de Henri Troyat. du à sa mort ainsi que grand-duc de Finlande et roi de Pologne.

En politique extérieure, il se heurte aux ambitions de l'empereur , contre lequel il est en guerre à plusieurs reprises. Il combat également sur ses frontières nord contre la Suède, et sud contre l'Empire ottoman et la Perse. Ces guerres victorieuses lui permettent d'agrandir l'Empire russe qui devient une grande puissance. Il est l'instigateur de la Sainte-Alliance qui se donne pour rôle de maintenir la paix en Europe en neutralisant les mouvements révolutionnaires. En politique intérieure, il tente dans un premier temps d'appliquer des idées libérales, mais reste malgré tout un autocrate. Les dernières années de son règne sont marquées par un mysticisme très fort qui l'amène à renier ses idées de jeunesse.

Enfance et jeunesse Naissance et éducation vignette|redresse|gauche|

Dès sa naissance, il est pris en charge par sa grand-mère l'impératrice , qui le sépare de ses parents. En effet, , qui ne partage pas les opinions politiques et sociales de son fils Paul Ierhttps://bibliotheques.ctguyane.fr/PRET/doc/UNIVERSALIS/_b64_b2FpLXVuaXZlcnNhbGlzLmZyLWFyay0tMzQ4ODUtYXNhZVQzMTgxNzc%3D/paul-ier-1754-1801-empereur-de-russie-1796-1801 [archive], veut que ce soit son petit-fils Alexandre qui lui succède directement. Paul Ier éprouvera beaucoup de rancune contre Catherine en raison de la décision de le séparer de son fils, mais le projet visant à écarter Paul de l'ordre de succession ne fonctionnera pas, car c'est bien ce dernier qui deviendra empereur à la mort de la tsarine en 1796.

Lorsqu'Alexandre atteint sa sixième année, l'impératrice écarte les femmes de son entourage pour charger différents précepteurs de son éducation. Puis elle le confie principalement à un précepteur vaudois, Frédéric-César de La Harpe, républicain dans l'âme, qui lui inculque des idées libérales, et auquel il reste toute sa vie attaché. Il dit de lui :

Comme son précepteur, il est membre de la franc-maçonnerieNina Berberova, Les franc-maçons russes du , Actes Sud, Arles, 1990, ..

Relations familiales Il est tiraillé entre l'admiration pour sa grand-mère, la « grande Catherine », qui prône des idées libérales, et le respect dû à son père, , détesté par l'impératrice, qui est un ardent admirateur des méthodes prussiennes. Cette situation délicate pour un jeune homme l'oblige à louvoyer et explique le caractère dissimulé qu'il montrera par la suite.

L'impératrice lui trouve sa femme, une princesse de Bade, Louise Augusta de Bade (1779-1826), qu'il épouse en 1793 après que celle-ci se fut convertie à la religion orthodoxe et eut pris pour nom Élisabeth Alexeïevna.

Héritier du trône impérial voulait faire de lui son successeur direct mais lorsqu'elle meurt en 1796, bien qu'il ait été au courant de la volonté de l'impératrice, Alexandre reconnaît son père comme successeur de .

En 1801, l'empereur est assassiné. Alexandre, qui avait été informé du complot, mais qui pensait que le but était uniquement de déposer , sera très affecté par la mort de son père, et il en éprouvera une culpabilité persistante, estimant qu'il aurait dû empêcher que cela se produise.https://www.themoscowtimes.com/archive/investigating-the-disappearance-of-a-tsar.

Quoi qu'il en soit, il lui succède sur le trône.

Empereur de Russie Début du règne (1801-1804) Politique intérieure Les premières mesures prises consistent à annuler les lois autoritaires prises par son prédécesseur et à rappeler ceux qui avaient été écartés. Il reprend ainsi des serviteurs de et s'appuie sur un comité privé (appelé « le comité secret ») constitué de ses compagnons aux idées libérales et chargé de le guider dans sa politique.

Quelques mois après son avènement, il encourage un projet de constitutionnalisation du gouvernement russe et octroie au Sénat un droit de remontrance. Sa tentative de régler le problème du servage n'aboutit pas et il se contente de quelques mesures qui ne règlent pratiquement rien.

Perpétuellement hésitant sur les décisions à prendre, il décourage ses amis, et son pouvoir prend un aspect plus personnel.

Politique extérieure De 1801 à 1804, il se contente d'observer les événements et la montée en puissance de . L'exécution du duc d'Enghien, enlevé en territoire badois par des troupes françaises, le fait basculer dans le camp des ennemis de .

Les guerres napoléoniennes (1804-1815) Cette période sera marquée essentiellement par les guerres menées contre l'Empire français, notamment par la campagne de Russie, ou les guerres de Coalitions.

Affrontement avec (1804-1807) En 1805, s'engage dans la guerre de la Troisième Coalition dirigée contre l'Empire français et prend la tête de l'armée russe. Il connaît un cinglant échec en affrontant les troupes de à Austerlitz qui est un désastre militaire pour les Russes et leurs alliés autrichiens.

En 1807, prenant part à la guerre de la Quatrième Coalition contre , il intervient pour aider la Prusse envahie par , mais ses armées abandonnent le terrain le après un combat acharné à Eylau, et sont à nouveau défaites le à Friedland.

Vaincu, il signe le traité de Tilsit et devient, contre son gré, l'allié de la France.

La Tsar trouve tout de même momentanément de l'intérêt à son alliance avec l'Empereur des Français, puisque que celui-ci se montre enclin à un partage de l'Empire ottoman, ennemi héréditaire des Russes, alors plongé dans une grave crise politique, au profit de la France, de la Russie, et de l'Autriche. Alexandre, qui entretient des relations cordiales avec Armand de Caulaincourt, ambassadeur de France à Saint Pétersbourg, espère être en mesure d'obtenir, à la faveur d'une action commune contre les Turques, les Principautés de Valachie et de Moldavie, ainsi que la Bulgarie, voire l'essentiel de la péninsule des Balkans, afin d'affermir sa position de protecteur de la religion Orthodoxe. Napoléon, alors empêtré dans la guerre d'Espagne, retarde cependant le lancement de ce projet, d'autant plus qu'il se méfie des ambitions de son homologue russe, qui cherche à s'emparer de Constantinople et donc du détroit de Bosphore, ce qui donnerait à l'Empire russe le contrôle de l'ensemble de la Méditerranée orientale. L'offensive est donc ajournée puis annulée, ce qui renforce la méfiance d'Alexandre envers Napoléon.thumb|350px|Adieux de Napoléon et d'Alexandre après la paix de Tilsit (), Gioacchino Serangeli, 1810, musée de l'Histoire de France (Versailles).On peut constater sur cette œuvre que les deux souverains se sont échangé leurs ordres respectifs : porte l'écharpe bleue de l'ordre de Saint-André tandis qu' arbore l'écharpe rouge de la Légion d'honneur. En 1808, une nouvelle entrevue a lieu à Erfurt pour régler les divergences qui apparaissent entre la Russie et la France, notamment au sujet de la question polonaise. ne cède rien à la suite d'une entrevue avec le prince de Talleyrand, qui trahit Napoléon à ce moment. L'empereur russe s'arrange pour différer sa réponse à la demande de désireux d'épouser une sœur d'Alexandre après son divorce avec l'impératrice Joséphine.

Agrandissement de la Russie (1808-1809) Alexandre tourne alors ses ambitions vers le nord et déclare la guerre à la Suède, son ancienne alliée. Par le traité de Fredrikshamn qui met fin à cette guerre, il s'empare de la Finlande, qui devient un grand-duché autonome en union personnelle avec l'Empire russe. Il crée à cette occasion ce qui deviendra ultérieurement la Banque de Finlande, devenue l'une des plus anciennes banques centrales du mondehttps://publications.bof.fi/bitstream/handle/10024/45857/112723.pdf;jsessionid=2419D6FA0EB063F170F36D3B89921AF2?sequence=1.

Il s'attaque ensuite à la Turquie lors de la guerre russo-turque de 1806-1812. Par le traité de Bucarest qui met fin à cette guerre, il forme le gouvernement de Bessarabie, qui regroupe la Moldavie et la Valachie, mécontentant .

En 1809, tenu par le traité de Tilsit, il n'intervient pas dans l'affrontement entre la Cinquième Coalition menée par l'Autriche et l'Angleterre contre l'Empire français.

La Guerre patriotique (1812) En 1812, met fin au blocus continental de l'Angleterre qui lui avait été imposé par Napoléon et se dresse contre la politique polonaise de l'empereur des Français. Cette situation amène Napoléon à lancer la campagne de Russie qui tourne au désastre pour la Grande Armée. Pour l'Europe, devient le vainqueur de Napoléon.

L'Empire russe au sommet (1812-1815) thumb|200px|left| (1812) par Franz Krüger. Pendant la campagne d'Allemagne de 1813, rallie d'abord la Prusse par le traité de Kalisz et détache l'un après l'autre les États allemands vassaux de Napoléon. Il prend la tête de la Sixième Coalition réunissant les adversaires de la France, qui est finalement vaincue. Les troupes russes entrent en 1814 dans Paris et s'installe le temps des négociations chez le prince de Talleyrand, rue Saint-Florentin. Il charme les Français par son amabilité et Paul Guériot, , Édition Payot, .. Il rend visite à l'ex-impératrice Joséphine, à la Malmaison, et rencontre Eugène de Beauharnais, sa sœur Hortense, ainsi que ses deux fils, parmi lesquels le futur ..

Bien qu'il méprise les BourbonsEmmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le Prince immobile, Fayard, 2003, ., Alexandre contribue à installer le roi sur le trône.

Au congrès de Vienne, , contrairement aux autres souverains européens, n'envoie pas de diplomate et se représente lui-même. Devant son instabilité lors des négociations, notamment sur la question polonaise et saxonne, Klemens Wenzel von Metternich, représentant autrichien, ministre des affaires étrangères autrichien et futur chancelier d'État, le surnommera « le plus gros bébé de la terre ». L'Empire russe obtient ainsi, lors du Congrès, une grande partie du territoire polonais, l'ancien duché de Varsovie ; Alexandre devient roi du « royaume du Congrès », une monarchie constitutionnelle dont il ne se privera pas de violer continuellement la Constitution.

Lors de l'occupation de la France par les alliés de la Septième Coalition après la deuxième abdication de , de retour à Paris, c'est à l'Élysée qu'il s'installe. Il s'oppose aux exigences prussiennes réclamant des territoires français comme l'Alsace ou les Flandres et préserve la France d'un dépeçage.

En , il est à l'origine de la Sainte-Alliance signée entre la Russie, la Prusse, et l'Autriche, destinée à faire régner l'ordre en Europe. Ce pacte perdurera jusqu'à sa mort en 1825.

Réorientation de ses politiques (1815-1825) vignette|Portrait d' par Thomas Lawrence, v. 1818, musée de l'Ermitage. Tout au long de cette période, connaît une crise mystique, qui le pousse à réorienter sa politique intérieure et extérieure. Peu avant 1815, rencontre la baronne von Krüdener, qui le convertit à un piétisme œcuménique.

Roi de Pologne En , arrive dans son nouveau royaume, la Pologne. Sur le conseil de son ministre polonais Adam Jerzy Czartoryski, il donne au « royaume du Congrès » une charte constitutionnelle relativement libérale et use de toute sa diplomatie pour séduire la noblesse polonaise qui l'acclame. Après avoir nommé comme vice-roi un général polonais ayant servi sous Napoléon, le prince Józef Zajączek, il rentre en Russie.

Politique intérieure gauche|vignette|305x305px| (1818) par Thomas Lawrence. Il subit rapidement l'influence dévote de ses ministres les plus proches, le prince Alexandre Nikolaïevitch Golitsyne et Kochelev, fondateur de la Société biblique russe dont le but est de combattre la superstition et de révéler la vérité évangélique. Les sociétés mystiques se multiplient sous l'œil conciliant d'.