Mireille Porte, dite OrlanSi elle-même écrit son nom d'artiste en lettres capitales, de nombreuses sources l'écrivent « Orlan ». (), pseudonyme qu'elle écrit en lettres capitales, est une plasticienne transmédia et féministe française, née le à Saint-Étienne... Elle vit et travaille entre Paris, New York et Los Angeles.

Elle pratique la peinture, la sculpture, la photographie et la vidéo, et réalise des installations et des performances. Elle utilise également les médias numériques, la robotique, l'intelligence artificielle et les biotechnologies.

Biographie Née en 1947., Mireille Suzanne Francette Porte, dite Orlan., est une artiste s'exprimant à travers différents supports : peinture, sculpture, installations, performance, photographie, images numériques, intelligence artificielle, robotique, réalité augmentée, biotechnologies et holographie. En tant que performeuse, c'est une des artistes françaises de l'art corporel. Son œuvre se situe dans divers contextes provocateurs, légitimée par son engagement personnel.

Travaux autour du corps Dès les années 1960 et 1970, Orlan interroge le statut du corps et les pressions politiques, religieuses, sociales, traditionnelles qui s'y inscrivent. Son travail dénonce la violence faite aux corps et en particulier aux corps des femmes, et s'engage ainsi dans un combat féministe. Elle fait de son corps l'instrument privilégié où se joue notre propre rapport à l'altérité. Ce travail d'Orlan sur le corps se fait notamment par le biais de la photographie. En 1976, par exemple, elle parcourt les rues parée d'une robe sur laquelle est représenté son corps nu. Dans la même période, au Portugal, elle propose sur un marché des photos collées sur bois et détourées correspondants à des morceaux d'elle-même : un bras, un bout de poitrine, etc.. En 1977, lors de la Foire internationale d'art contemporain (FIAC), au Grand Palais à Paris, elle est vêtue de son torse représentant là encore une photo d'elle, nue, des épaules au bas du bassin, et propose, aux visiteurs, pour une somme modique à glisser dans une fente prévue à cet effet, un Baiser de l'artiste..

En 1978, elle crée le Symposium international de la Performance, à Lyon, qu'elle anime jusqu'en 1982. Son manifeste de « l'art charnel » (Carnal Art Manifesto) est suivi d'une série d'opérations chirurgicales réalisées entre 1990 et 1993. La série comporte neuf opérations et chaque opération est une performance filmée. Orlan, sous anesthésie locale, lit des textes littéraires ou philosophiques dans une mise en scène préparée. L'opération en elle-même consiste à reproduire sur son corps des morceaux de visage de différentes oeuvres artistiques, comme le front de Mona Lisa ou le menton de la Vénus de Botticelli. L'objectif d'Orlan est de dénoncer l'absurdité des normes de beauté imposées aux femmes.. Avec cette série, le corps de l'artiste devient un lieu de débat public. Ces opérations chirurgicales - performances ont été largement médiatisées et ont provoqué une vive polémique, bien qu'elles ne représentent qu'une infime partie de son œuvre intégrale.

Dans son travail de la fin des années 1990 et du début des années 2000, les Self-Hybridations, l'artiste, par le biais de la photographie numérique et des logiciels de retouches infographiques, hybride des visages de cultures différentes (amérindiens, pré-colombiens, africains).

Orlan tente ensuite d'élargir encore les frontières de l'art contemporain en utilisant les biotechnologies pour créer une installation intitulée Manteau d'Arlequin, faite à partir de cellules de l'artiste et de cellules d'origines humaine et animale.

Parallèlement, elle enseigne à l'École nationale supérieure d'arts de Cergy-Pontoise. En 2005, l’artiste obtient une résidence d'un an à l'ISCP, à New York, par l'Association française d'action artistique (AFAA), et en 2006, elle est invitée à Los Angeles en résidence au Getty Research Institute, laboratoire de recherche du Getty Center.

Art-Accès-Revue (1982) En 1982, avec Frédéric Develay, elle crée le premier magazine en ligne d'art contemporain, Art-Accès-Revue, sur minitel.. Cette revue. convie des artistes internationaux travaillant in situ et/ou avec des problématiques conceptuelles à créer des œuvres originales spécialement conçues sur Minitel, par le Minitel et pour le Minitel. De nombreuses œuvres jouent avec le style graphique Vidéotex ou imitent de manière ironique les services Minitel (Bernard Venet, Vera Molnar, Ben, François Morellet, Daniel Buren…). Les œuvres sont accompagnées d'essais critiques. Le service donne également régulièrement la parole au public. Une présentation publique de cette banque de données a eu lieu au Centre Georges Pompidou dans le cadre de l'exposition Les immatériaux de Jean-François Lyotard. Le service Art-Accès a été distribué gratuitement par le serveur de la Ville de Metz : MIRABEL.

ORLAN, une artiste multi-récompensée. Elle reçoit le grand prix de l'e-Réputation 2013, organisé par Alexia Guggémos, catégorie « arts plastiques », qui récompense les personnalités les plus populaires sur internet, aux côtés de Philippe Starck et de Yann Arthus-Bertrand.

Depuis le , Orlan est représentée en France par la galerie Ceysson & Bénétière à Paris..

En 2019, elle est membre du jury du Opline Prize, le premier prix d'art contemporain en ligne ..

Pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19, elle écrit son autobiographie, Strip-Tease tout sur ma vie tout sur mon art, publiée par Gallimard dans la collection « Témoins de l'art ».

Le , elle est décorée de l'Ordre national de la Légion d'honneur au rang de chevalière au titre du ministère de la Culture alors dirigé par Roselyne Bachelot.

Procès contre Lady Gaga (2013) En , elle porte plainte contre Lady Gaga pour plagiat. Pour Orlan, la star américaine, dans l'album Born This Way sorti en 2011, s’inspire trop librement de ses « hybridations ». De plus, le début du clip de la chanson homonyme montre Lady Gaga fardée et décapitée et rappelle sa Femme avec tête exécutée en 1996. L'artiste demande un dédommagement de de dollars. L'audience de plaidoirie avait été fixée au au tribunal de grande instance de Paris. Un premier verdict est annoncé en la défaveur d'Orlan qui doit alors verser euros à la chanteuse mais l'artiste décide de faire appel..... En , la cour d'appel de Paris déboute Orlan en confirmant l'absence de caractère parasitaire du clip vidéo incriminé.. Orlan est condamnée à verser , au titre des frais exposés, à Lady Gaga..

Œuvres Œuvres récentes ORLAN et l'ORLANoïde strip-tease artistique électronique et verbal, 2018, Exposition Artistes et robots, Grand Palais, Paris, France : un humanoïde à l'image d'Orlan (mais mettant à nu son armature mécanique) chante ou parle en utilisant sa voix, danse, en utilisant des informations récoltées collectivement et en lien avec des algorithmes de deep learning... Tangible Striptease en Nanoséquences , 2016, Centre des Arts, Enghien-les-Bains et Université Paris Diderot, Paris, France : Orlan en collaboration avec Mael Le Mée créent une performance dans laquelle l’ORLAN-corps, sous forme d'échantillons biologiques et de cultures de son microbiote circule entre les spectateurs.. Expérimentale mise en jeu, 2015 : jeu vidéo dans lequel le spectateur, au moyen de bracelets MYOS, contrôle un avatar de l’artiste. Le but du personnage est de restaurer des œuvres qui ont été détruites ; à chaque progression dans la restauration, le personnage central construit son humanité et finalement le paysage en ruine se reconstruit. Ce jeu est basé sur l’idée que « tuer n’est pas jouer ».. Self-hybridations Masques de l’Opéra de Pékin, Facing Design et réalité augmentée, 2014 : série de self-hybridations la plus récente de l’artiste dans laquelle elle hybride son visage avec des masques typiques de l’Opéra de Pékin. Cette série photographique interactive fait intervenir la réalité augmentée. Le spectateur, en scannant l’œuvre comme un code QR, voit apparaître sur son écran un avatar d’Orlan réalisant des acrobaties de l’Opéra de Pékin ; il peut alors se photographier ou photographier d’autres spectateurs avec l'avatar et partager ses clichés en ligne.. La liberté en écorchée, 2013 : cette vidéo 3D. Robes sans corps, Sculptures de plis, 2010 : sculptures de drapés sans corps, en résine doré à la feuille ou en platinium. Robots en objets recyclés et animaux en voie de disparition , 2021 Le Slow de l'artiste, 2021

Œuvres emblématiques Parmi les œuvres les plus emblématiques de sa carrière, on peut citer :

Orlan accouche d'elle-m'aime, 1964 : sur cette photographie en noir et blanc, Orlan donne naissance à un personnage tel un corps inerte et androgyne, ni homme ni femme. Cette œuvre constitue symboliquement la volonté de l'artiste de se donner naissance, de s'inventer une nouvelle identité. Cette série fait partie des Corps-sculptures. Elle est créée quelques mois après un avortement de l'artisteOrlan, interviewée par Emmanuelle de Boysson, « Le jour où j'ai choisi de ne pas avoir d'enfants », Paris Match, semaine du au 7 mars 2018, .. MesuRages (1974-2011) : l'appellation choisie pour cette série d'actions insiste sur le mot « Rage », puisque l'artiste refuse de jouer le rôle qu'on veut lui imposer. À l'aide de l'« Orlan-corps », nouvelle unité de mesure, l'artiste mesurera la place Saint-Pierre de Rome, la rue Chateaubriand, à Nice, le Centre Georges Pompidou, à Paris, le musée Saint-Pierre, à Lyon, le musée Andy Warhol à Pittsburgh, le Musée d'art contemporain d'Anvers ou encore le musée Guggenheim de New York. Sur la place Saint-Lambert à Liège, le « MesuRage » d'Orlan prend un caractère politique, puisque l'artiste est invitée par une association qui milite pour la défense de cette place menacée par une opération d'urbanisme. Le Baiser de l'artiste, Performance de 1977 au Grand Palais où se déroulait la Foire internationale d'art contemporain : assise derrière une photographie grandeur nature de son buste nu traité comme un guichet automatique bancaire, Orlan interpelle le public : « Approchez, approchez, venez sur mon piédestal, celui des mythes : la mère, la pute, l'artiste. » Sur une estrade noire, elle monnaye ses baisers tandis qu'à sa droite une autre silhouette photographique collée sur bois la montre en Vierge à qui l'on peut, pour le même prix, offrir un cierge. Cette action a fait grand scandale et a été très médiatisée. Cette œuvre a été exposée en 2008 dans le cadre de l'exposition WACK! Art and the Feminist Revolution au National Museum of Women in the Arts de Washington, D.C., à la Vancouver Art Gallery, au MOCA Gefen de Los Angeles et au P.S. 1 Contemporary Art Center de New York. Le Drapé-le Baroque (1979-1986) : cette série de photographies constitue une iconographie complexe et assez suggestive sur le plan spirituel, avec des personnages inspirés de l'iconographie chrétienne tels que sainte Orlan, la vierge blanche et la vierge noire. Ce travail s'inscrit dans la continuité de la quête d'Orlan de l'identité féminine, de sa critique des pressions religieuses et de sa mise en scène du baroque. L’Origine de la guerre, en 1989, fait pendant au célèbre tableau de Gustave Courbet, L'Origine du monde : un phallus, des jambes écartées avec tête, bras et jambes coupées reprenant et « travestissant » l'iconographie féminine de Courbet, illustre le titre en un geste qui ne se départ pas du féminisme..