Alpha Pegasi (α Pegasi / α Peg), également nommée Markab, est la troisième étoile la plus brillante de la constellation boréale de Pégase. Elle est l'une des quatre étoiles composant l'astérisme du Grand carré de Pégase.
Propriétés Alpha Pegasi est classée comme une étoile sous-géante blanche de type spectral . Dans le passé, elle a également été classée comme une étoile bleu-blanc de la séquence principale de type spectral B9, ou encore comme une géante bleue de type B9,5. Elle apparaît être en tout cas à la fin de son évolution sur la séquence principale, et va probablement entrer dans la phase de géante rouge d'ici quelques millions d'années, avant de finir sa vie en tant que naine blanche.
On estime que l'étoile est 2,5 fois plus massive que le Soleil et qu'elle est âgée de d'années. Elle tourne relativement rapidement sur elle-même, montrant une vitesse de rotation projetée de et il lui faut un peu moins d'un jour et demie pour compléter une rotation. Le rayon de l'étoile est 4,6 fois plus grand que le rayon solaire, elle est 171 fois plus lumineuse que le Soleil et sa température de surface est de .
Nomenclature et histoire α Pegasi, latinisé , est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de .
Du ciel des Grecs et des Arabes aux catalogues internationaux Markab est le nom aujourd’hui approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI). Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de l’arabe مركب markab, soit la « selle [du Cheval] », mais, à l’origine l’arabe الفرس منكب Mankib al-Faras, « l’Épaule du Cheval », nom qui s’applique, dans le ciel gréco-arabe, c’est-à-dire le ciel formaté par les Grecs et adpoté par les astronomes arabes au , à Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, .. Figurant sur l’astrolabeRoland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, ., ce nom devait naturellement passer dans les textes latins concernant cet instrument, et il fut introduit par Jean de Gemunden (ca. 1430) sous la forme Markeb alferam : humerus equi (de) Paul Kunitzsch, « Typ XVII », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, ..
Ce nom glisse, dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603), à sous la forme Markab, à côté de Yed Alpheras Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r., suivi par la plupart des cataloguesRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, ..
Autres noms Yed Alpheras. C’est l’arabe يد الفرس Yad al-Faras, « la Main du Cheval », introuvable dans les textes arabes connus, mais qui devait figurer sur l’astrolabe puisque le nom est noté Yedalferatz chez Jean de Londres (ca. 1246) Paul Kunitzsch, « Typ VI », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, . . Ce nom glisse, dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) à sous la forme Yed Alpheras, mis à côté de Markab Johann Bayer, Uranometria…, op. cit. fol. 19r., suivi de nombreux catalogues Richard Hinckley Allen, Star-names., op. cit., ., qui ont souvent raccourci ce nom en Yad ou en Alpheras.
Matn al Faras. C’est l’arabe متن الفرس Matn al-Faras, « le Paleron du Cheval », signalé sur l’astrolabe pour par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī(ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, (fr.).. Uluġ Bēg utilise, dans son زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), ce nom que Thomas Hyde (1665) transcrit ‘Matn Alpháras’, ce qui donne ‘Matn al Faras’ chez Richard Hinckley Allen (1899), ce qui lui permet de passer dans des catalogues du .
En Mésopotamie Les Mésopotamiens connaissaient plusieurs figures sur l'espade de Pégase. Au départ, AŠ.IKU = ikû, « le Champ cultivé », est le nom donné à l’étoile dans la Liste de Boghazkoï, datée du milieu du millénaire av. J.-C.. On a longtemps considéré, par fausse évidence analogique, que la constellation développée correspondait au Carré de Pégase, mais en fait est l’étoile qui se tient sur le point oriental de la figure (šá ina Zi im.sadî izzazu) constituée par le groupe α, ψ, 72 et 78 Peg Johannes Koch, « Neue Untersuchungen zur Topographie des babylonischen Fixsternhimmels », Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1989, .
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Constellation de Pégase Catégorie:Étoile de type spectral AIV Pegasi, Alpha Pegasi, 54 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 218045 113963 8781